ARCHIVES DES SEMINAIRES DE PSYCHANALYSE ACTUELLE


2022 - 2023

SÉMINAIRE DE PSYCHANALYSE ACTUELLE

LES INCIDENCES DU CONTEMPORAIN DANS LES PROCESSUS DE SUBJECTIVATION


OUVERT À TOUS


Séance d'ouverture le mercredi 19 octobre 2022 de 21h à 23h

En salle Cavaillès, à l’École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm 75005 Paris


Marc Weitzmann,

Écrivain, essayiste et journaliste

Marc Weitzmann nous parlera ce 19 octobre de la crise du cosmopolitisme et de l'universalisme, notamment à travers le récit de son amitié avec Philip Roth et d’autres écrivains comme Aharon Appelfeld :


En 2016, si vous cherchiez quelqu'un pour prononcer la notice nécrologique du libéralisme, Aharon Appelfeld était certainement dans le rôle. Né à Bucovine en 1932, parlant huit langues, ayant écrit 40 livres, il était l'un des derniers rejetons de ces familles juives européennes petites-bourgeoises urbaines et suréduquées que les Juifs appellent "assimilées" mais qui, en fait, étaient surtout cosmopolites. Ces juifs s'identifiaient aux aspects les plus idéalistes du monde occidental, jouaient un rôle central dans sa définition et ont été trahis par lui - tout en continuant à jouer un rôle crucial dans sa redéfinition, même après la Seconde Guerre mondiale, tant en France qu'en Amérique. « Les Juifs assimilés ont construit une structure de valeurs humanistes et ont regardé le monde à partir de celle-ci », a déclaré Appelfeld dans une interview avec Philip Roth en 1985. « Je les ai toujours aimés, car c'est là que le caractère juif, et aussi peut-être le destin juif, se concentrait avec le plus de force. »


Intitulé The Vanishing (La disparition), le texte de Marc Weitzmann dont est issu cet extrait a été publié dans la revue Tablet en 2021. Traduction française sur demande : benjamin.levy@outlook.fr


DISCUTANTS :

Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste (psychiatre),

Benjamin Lévy, enseignant, psychanalyste (psychologue)

Margaux Merand, enseignante, docteure en psychopathologie et psychanalyse, ancienne élève de l’ENS


2021 - 2022

SÉMINAIRE DE PSYCHANALYSE ACTUELLE

LES INCIDENCES DU CONTEMPORAIN DANS LES PROCESSUS DE SUBJECTIVATION


EN VISIOCONFÉRENCE PAR ZOOM

Suivre ce lien - ID de réunion : 867 0752 9631 - Code : 619221


OUVERT A TOUS

*contribution libre* : détails à lire ci-dessous


mercredi 15 JUIN 2022 de 21h à 23h


Benjamin Lévy

Enseignant à l’École des Psychologues praticiens de Paris, psychologue et psychanalyste


autour de son livre

L’Ère de la revendication

Manifester et débattre en démocratie

(paru en 2022 aux éditions Flammarion)


Le ressentiment, l’indignation, la colère, la défiance et l’anxiété semblent omniprésents dans l’espace public, mais certaines voix s’élèvent pour réclamer le droit à un avenir meilleur. Se mettre à l’écoute des revendications collectives, aussi hétérogènes qu’elles puissent sembler (féministes, antiracistes, écologistes, etc.), c’est devenir sensible à des trajectoires de vie, à des désirs singuliers qui incitent des femmes et des hommes à se montrer inventifs pour transformer la société. D’un autre côté, la frustration prend parfois un chemin mortifère, s’inscrivant dans une dynamique complotiste ou dans une radicalisation des pensées. Comment la revendication reste-t‐elle porteuse d’avenir, et en vertu de quels mécanismes risque-t-elle au contraire de se retrouver du côté de la haine, de la destructivité voire du meurtre ?


CE MERCREDI 15 JUIN

OUVERTURE DU DÉBAT ET DISCUSSION

PAR HELENE GODEFROY, JEAN-JACQUES MOSCOVITZ…

*contribution libre* : Une cagnotte en ligne, permet de contribuer aux divers frais d’organisation - montant suggéré 10€ par personne et par séance - cliquer ici. Merci !

PROGRAMME DES MERCREDIS DU SÉMINAIRE MENSUEL À PSYCHANALYSE ACTUELLE

chaque troisième mercredi du mois d'octobre 2021 à juin 2022 de 21h - 23h

Séminaire animé par

Jean-Jacques Moscovitz (psychanalyste, psychiatre) - 06 16 29 51 89 - jjmoscovitz@gmail.com

Benjamin Lévy (enseignant, psychanalyste, psychologue) - 06 47 52 80 10 - benjamin.levy@outlook.fr


POUR PROPOSER UNE INTERVENTION VEUILLEZ NOUS CONTACTER

Les intervenants pressentis : Dimitri LORRAIN, Valérie MARCHAND, Luis Eduardo PRADO DE OLIVEIRA, Jérémie CLEMENT, Nathalie MOSHNYAGER (Genève), Lysiane LAMANTOWICZ, David ALLEN, Zhao MIN (Chengdu)…

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Pour les nouveaux groupes de travail, on s'adresse à Muriel Aptekier : muriel.aptekier@orange.fr

* * *

PARTICIPATION et INSCRIPTION À L’ASSOCIATION

PRATICIENS : 200€ -- CORRESPONDANT : 70€ -- AUDITEUR LIBRE (étudiant ou autre) : 35€

Règlement par virement bancaire à l'ordre de Psychanalyse actuelle

IBAN FR76 1751 5900 0008 5671 0607 835 - BIC : CEPAFRPP751

Ou bien, veuillez envoyer votre chèque libellé à l’ordre de PSYCHANALYE ACTUELLE

En indiquant vos nom, prénom, adresse postale, numéro de mobile et votre e-mail

À adresser à PSYCHANALYSE ACTUELLE : 77 rue Monge 75005 Paris


mercredi 20 octobre 2021 de 21h à 23h

ouverture du séminaire de l'année par

Maria LANDAU

psychiatre psychanalyste

L’accès à la rupture de l’Histoire : le nazisme - ou comment la psychanalyse des enfants introduit la parole sur la Shoah dans les cures.

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mercredi 17 novembre 2021 de 21h à 23h

Nathalie MOSHNYAGER

psychanalyste et sinisante nous présentera son dernier ouvrage

Lacan, le chinois et le moulin

La lecture minutieuse des passages concernant l’écriture chinoise et la calligraphie dans les séances du 6 décembre 1961 et du 24 janvier 1962 du séminaire l’Identification de Lacan nous a fait découvrir un lien spécifique entre les caractères chinois choisis par Lacan dans ce séminaire et la métaphore du moulin qu’il évoque dans le même temps et qui semble en découler. L’étude approfondie de chacun des caractères chinois nous mène à entendre de façon très concrète cette métaphore du moulin de la parole, son nouage à l’inconscient, et le rapport de la lettre au langage.

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mercredi 15 décembre 2021 de 21h à 23h

Maria Eunice SANTOS

psychanalyste à Salvador de Bahia


La communauté de la petite différence

Le narcissisme de la petite différence est un concept freudien plein d'amertume et d'ironie : il parle de la haine du prochain. Au contraire de la vision chrétienne du partage, humilité et compassion face au visage qui me voit, s'érige l'arrogance qu'on dégage par un trait, un petit trait ! Un trait suffit pour soutenir mon orgueil contre l'autre qui est mon voisin, trop proche, dangereusement, ce qui me permet voir les taches de ses dents, ses pauvres souliers, l'accent de sa langue qui peut me faire me confondre avec lui et me faire découvrir comme cet imposteur, Moi !, qui me prétends unique et in-confondable !

Au contraire aussi de l´idée de la haine pour l'étranger, le barbare, c'est mon collègue, mon frère, la nuance de la couleur de sa peau, de ses yeux, le modèle d'une nouvelle version de mon auto, cet arrondissement où j'habite, et la catégorie de ma place dans l´avion, qui incarnent cette proximité du circuit de la reconnaissance comme un lieu infâme où je risque de glisser, oh le pauvre ! Société de la reconnaissance dans l´ordre du mépris dirait le philosophe Axel Honneth à ce sujet.

Mais je veux vous amener à un autre ordre de choses, qui en ce moment se construit ici à Bahia, ville noire du Brésil, où je suis née. Construction lente, on peut en rechercher les commencements en remontant dans les siècles passés, jusqu'à l'invasion des terres du peuple indigène, leur ravage, qu'on appellerait leur "découverte", l'hybridation obligée des origines, entre corps qui se mêlent en se tuant, en jouissant des enfants, de notre futur. La cruauté sans fin, des navires emplis de personnes, des femmes, des enfants, des hommes arrachés de leur terre, de leur langue, de leurs lieux de partage et de lutte quotidienne, torturés, jetés dans l'océan cet énorme tombeau d'azur, de flammes et de sang. Vous savez déjà ce qu'est la servitude.

Tout en ce moment renaît entre les communautés des villes les plus pauvres, des quartiers hantés, avec leur population qui appartient à cette diaspora africaine. Par hasard, de façon insolite, je suis devenue une témoin de la construction d'un réseau énorme qui valorise les petits, la culture locale, les artisans, les musiciens, l´information donnée sur la tradition, la cuisine, les fruits, et les herbes, et les feuilles qui ont été découverts dans cette recherche continue, et qui a sauvé la mémoire et ses pratiques qui indiquent des siècles de vie et de faire ensemble. Faire ensemble, parce que tout seul il n'y a pas de grâce. Ce n'est pas seulement la face de l'autre qui m'interroge, mais son au-delà qui s´inscrit dans l'ordre de l´invention du temps commun construit par des actes.

Comme me l'a enseigné le compositeur ghanéen Nketia, quand il parlait à mes côtés lors d'un congrès, ici à Bahia, au sujet de la création, tandis que moi je mettais l'accent sur la douleur et le désarroi de la création, complètement enveloppée dans ce Zeitgeist des Occidentaux avec sa solitude qui guette la génialité, ainsi que Blanchot l’avoue : « J'écris avec la guillotine descendant sur mon cou. » Hélas on le dirait tellement français ! Par contraste Nketia, nous dit avec son beau sourire, « Dans notre lointain village, nous avons un groupe de créateurs musiciens : et si quelqu'un a envie d'inventer une musique, il convoque ce groupe, et ils la font ensemble. »

Combien des fantômes narcissiques sont chassés par ce dispositif ? Quelle épargne de vie ! Ici, en ce moment, ce sont les villages les plus pauvres qui utilisent l´internet et les rencontres dans des lieux publiques, par exemple une lagune sauvée pour la population, un « terreiro de macumba », sont en train de redécouvrir une communauté où on respecte les petites différences. Ce n'est pas la culture universitaire qui est l´unique référence de valeur des gens, mais les bienfaits dans la communauté. La langue est estropiée, mais personne n'est traité comme un abruti s'il est capable de partager sa maison et son pain, avec amitié, danse et samba.

Ainsi, nous sommes sous l´égide de l'amour, ce fruit de la ruse de la pauvreté, de sa hardiesse, et de la décision de l'acte, comme nous l'a appris le Banquet de Platon, dans le discours prononcé par l´absente Diotime, elle si inconnue, peut-être noir.

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mercredi 19 janvier 2022 de 21h à 23h


Robert William Higgins

psychanalyste à Paris

(Société de psychanalyse freudienne)ancien enseignant en Soins Palliatifs dans les Facultés de Médecine de Paris 13-Bobigny, de Brest et de l’Université Pierre et Marie Curie Sorbonne . Animateur de groupes de parole avec des équipes d'éducateurs et des équipes hospitalières, notamment en soins palliatifs.


Nous, la mort, le soin

Freud, en 1915 dans les deux parties des Considérations sur la guerre et sur la mort ( La désillusion causée par la guerre, Notre relation à la mort ), déconstruisant cette désillusion à l’égard des développements de la civilisation et des acquis moraux, se montre très pessimiste. Il y maintient pourtant l’espoir qu’un remaniement pulsionnel continu pourra permettre la venue d’un nouveau rapport à la mort. Il n’y fait aucune allusion à ce qu’il avait pu écrire 20 ans plus tôt dans l’Esquisse (1895) du Nebenmensch, de l’être proche dont l’indispensable secours permet au nourrisson de trouver une issue aux tensions extrêmes entraînées par les excitations tant d’origine externe qu’interne qui l’assaillent. Et y formule une conception de l’origine de l’Éthique qu’il ne cessera de réaffirmer, la concevant comme une réaction à nos désirs meurtriers, prenant naissance auprès de cadavre de la personne aimée… une des racines de la culpabilité qu’ils suscitent, mais sans même donner le moindre argument pour réfuter– il ne la cite même pas ! – celle, totalement différente, qu’il affirmait en 1895, voyant dans L’impuissance originelle de l’être humain – son Hilflosigkeit que le Nebenmensch vient secourir, la source première de tous les motifs moraux. Freud répudiera l’Esquisse, en interdira la publication, alors même paradoxalement, que nous apparaît aujourdhui – et particulièrement avec ce que nous apporte le mouvement du Care, du Soin, qu’il aurait pu trouver dans ses premières intuitions de 1895 de quoi étayer, soutenir son espoir d’un nouveau rapport entre « Nous et la Mort ». Lire ce texte intégralement ici

Lire également le texte : "L'attente croyante" Freud médecin de J-J Moscovitz

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mercredi 16 février 2022 de 21h à 23h


Hélène Godefroy

psychanalyste à Paris, psychologue clinicienne, enseignante de psychanalyse et chercheur associée à l’Université de Paris


Malaise dans le genre

Quand la libération du « Féminin » révèle quelques erreurs d’interprétation


La notion de genre met notre monde contemporain sens dessus dessous, en faisant de la binarité sexuelle un modèle peu à peu obsolète. Or, il semble que les femmes n’y soient pas pour rien.

Un trouble flagrant est en effet devenu particulièrement perceptible aussi bien dans le rapport entre les sexes, qu’à l’endroit de l’identité de genre. Et tout a commencé avec la libération du féminin, lorsque les femmes en ont imposé la légitimité au côté du masculin… Dès lors, la bisexualité de structure psychique, depuis toujours puissamment réprimée dans l’inconscient, a fait un retour fracassant vers la lumière de la conscience, bousculant la scène sociale et ses traditions, réformant la vie conjugale et ses réflexes de domination, mais réinterrogeant également l’intime du sujet, qui en peu de temps s’est mis à penser autrement sa sexualité et son identité sexuelle.

Le phénomène mérite qu’on s’y arrête sérieusement. Il suscite aujourd'hui des oppositions et des débats inédits dans le champ même de notre discipline. La nécessité de remettre en chantier certains dictats psychanalytiques figés dans leur prescription théorique, prend parfois aussi le risque d’en négliger le sujet de l’inconscient et sa réalité clinique.

Le temps est donc venu de faire le point sur la question et de saisir par quelle voie clinico-théorique la pensée psychanalytique peut sereinement aborder cette notion de genre.

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mercredi 16 mars 2022 de 21h à 23h

Céline Masson

Professeure à l'Université de Picardie Jules Verne, Centre d’Histoire des Sociétés des Sciences et des Conflits,

Psychanalyste à l'OSE (l'Œuvre de Secours aux Enfants)


Interviendra en visioconférence ZOOM

autour de son livre co-écrit avec Caroline Eliatcheff

La fabrique de l'enfant-transgenre


Aux États-Unis, mais aussi en Europe, les demandes de changement de sexe chez les enfants et surtout les adolescents augmentent depuis plusieurs années. Les psychanalystes Caroline Eliacheff et Céline Masson alertent sur les dérives du « transgenrisme » chez les mineurs. Le poids de la culture LGBTQI et l’influence des réseaux sociaux ont donné une visibilité nouvelle à la « dysphorie de genre », ou sentiment d’être né dans le « mauvais corps ». Émancipation progressiste ou phénomène d’embrigadement idéologique ? Outre que les traitements hormonaux et chirurgicaux feraient d’un enfant sain un patient à vie, la réponse affirmative trop rapide à ce désir de changement de sexe risque aussi de porter atteinte à sa construction psychique. Nombreuses sont les voix (trop souvent étouffées) qui avouent regretter cette transition tandis que plusieurs pays reviennent sur la prescription précoce de bloqueurs de puberté et d’hormones antagonistes. Au nom de la protection de l’enfant, Caroline Eliacheff et Céline Masson dénoncent un prétendu « droit à l’autodétermination » qui occulte et instrumentalise les souffrances des adolescents.

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samedi 12 avril 2022 de 15h à 19h


Après-midi en compagnie de Luis Izcovich et des auteurs de la maison d'édition Stilus autour du thème

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mercredi 18 mai 2022 de 21h à 23h

François ARDEVEN

Psychanalyste, enseignant de lettres classiques,

attaché culturel et président de la commission culture au centre Medem – Arbeter Ring

Auteur de Pour un midrash laïque : Job, Jonas, Esther, Joseph (Imago, 2021)

Sur le principe filioque de la théologie orthodoxe

et du meurtre paternel impossible

À l'origine du grand schisme qui a séparé catholicisme et orthodoxie un point de traduction par Saint Augustin de l'Évangile selon Saint-Jean (15, 26). « Fiolioque » ou « per filium » déterminent deux destins et deux Œdipe théologiques. La Russie choisit le premier et l'occident romain le second. On se propose de regarder ces destin, les nôtres encore.

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SÉMINAIRE À PSYCHANALYSE ACTUELLE 2020 - 2021

FREUD LACAN ET…NOUS

LES INCIDENCES DU CONTEMPORAIN

DANS LES PROCESSUS DE SUBJECTIVATION

OUVERT À TOUS

par ZOOM

PROGRAMME DES MERCREDIS DU SÉMINAIRE MENSUEL À PSYCHANALYSE ACTUELLE 2020-2021

À l’École Normale Supérieure

45, rue d’Ulm 75005 Paris

EN 2020 LES MERCREDIS DE 21H à 23H - 14 OCTOBRE -18 NOVEMBRE-16 DÉCEMBRE

EN 2021 LES MERCREDIS DE 21H à 23H - 20 JANVIER -10 FÉVRIER -17 MARS -14 AVRIL - 19 MAI ….

Séminaire animé par

Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste (psychiatre)

Benjamin Lévy, enseignant, psychanalyste (psychologue)

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Mercredi 16 décembre 2020 de 21h à 23h

Florence FREDOUILLE

Gynécologue, docteure en psychopathologie, psychanalyste

Lectures de Charles LASÈGUE, des anorexies au délire à deux

A la demande de JJ Moscovitz et de Benjamin Levy, je vais vous parler de Ernest-Charles Lasegue aujourd’hui. Pourquoi la personnalité de Charles Henri Lasègue, comme médecin, m’a-elle autant plue ?

C’est la lecture introductive à un essai mettant en scène des personnalités connues de l’histoire pour évoquer un symptôme d’anorexie féminine, essai écrit en 1989 par Ginette Raimbault et Caroline Eliacheff, LES INDOMPTABLES, que j’ai été séduite par la personnalité médicale de Charles Ernest Lasegue, telle qu’elle est décrite par Ginette Raimbault et Caroline Eliacheff.

A propos de l’anorexie, toutes les deux décrivent le travail clinique de Lasègue dans son étude de la prise en charge de l’hystérie anorexique, en avril 1873, et en soulignent la modernité. De Charles Henri Lasègue, elles font l’éloge de son travail de médecin, de clinicien mais aussi de fin connaisseur des noeuds et des connexions du psychisme humain dans la névrose, dont l’hystérie névrotique est un modèle, le symptôme hystérique tenant lieu de mode d’existence du sujet , venant dire sa vérité .

La personnalité de Lasègue comme médecin m’a immédiatement rappelée celle de ce médecin espéré par Lacan pour tout médecin, décrit dans son allocution au Collège de médecine en 1966, ce médecin qui, pour Lacan, ne pourrait maintenir sa place de médecin qu’à la condition, non seulement qu’il ait suivi l’enseignement de Freud, mais surtout qu’il se soit approprié cet enseignement, pour en faire ressortir un médecin nouveau qui aurait compris, comme Lasègue lui

même, un siècle auparavant, , la faille qui existe immanquablement entre la demande et le désir du sujet qui s’adresse au médecin tout en formulant une demande, demande de guérison, mais au fond, qui, dans le cas de la névrose, demande qui ne vise qu’à mettre le médecin à l’épreuve de le sortir de sa condition de malade. Un médecin qui aurait repéré , comme Lasègue lui-même, l’alacrité qui anime l’anorexique, au stade où la place le summum du forçage exercé sur son corps et de l’épreuve qu’elle fait éprouver à son corps. Il avait donc saisi la jouissante inhérente au symptôme. Lasègue avait perçu que la vraie faute médicale aurait été de se comporter en médecin justement. Faute impardonnable, disait-il, qui aurait tout fichu par terre.

Ce qui n’ empêchait pas Lasègue de redevenir un médecin scientifique s’il devait percevoir que sa patiente anorexique arrivait au stade 3, c’était à dire ce stade à partir duquel sa vie était menacée. Lasègue savait donc passer d’un discours à un autre, et ça, c’est terriblement moderne, modernité au sens de ce qu’espérait Lacan pour tout médecin.

Lasègue avait enfin compris que dans le domaine du psychisme, le savoir est du côté du patient, tout en ayant besoin, pour le patient, du médecin pour exprimer ce savoir : c’est là qu’intervient la place du transfert, qui permet au sujet de s’adresser à cet Autre, auquel est supposé un savoir sur son propre symptôme.

Lasègue avait enfin saisi ce qui fait la spécificité du symptôme névrotique, c’est à dire que chaque symptôme vient particulariser le sujet, et qu’il n’est pas possible de faire d’un cas général, un cas particulier.

Au fond, si pour Lacan un siècle plus tard, la psychanalyse devenait nécessaire à la médecine, la psychanalyse est la queue de la médecine lui est-il arrivé de dire, c’était parce que, pour le médecin, la chance de survie de la position proprement médicale, est d’être un médecin qui s’est approprié la science, le savoir, de ce que la psychanalyse a appris du sujet. Il semblerait que Lasègue ait totalement illustré , à la fin du XIXème siècle, cette figure-là d’un médecin résolument moderne.

FlorenceFredouille

mercredi 20 janvier 2021 de 21h à 23h

LES FEMMES, LE NOM, FREUD

Eduardo PRADO DE OLIVEIRA

Psychanalyste, professeur de psychopathologie

éditeur international de la Revista Brasileira de Psicanálise

Discutante sollicitée

par l’invité, Lina Mellul-Cohen

Lacan avance ceci : « Freud, dans la vie courante, je le vois très peu père. Il n’a vécu le drame œdipien, je crois, que sur le plan de la horde analytique. Il était, comme dit quelque part Dante, la Mère Intelligence. » Lacan n’a pas été le premier à penser que Freud était plutôt une mère et, pour tout vous dire, une mère juive, comme dans les comédies de Woody Allen. Lors de ses premières vacances loin de la famille, Martin Freud envoie à son père une carte postale adressée à « Chère Maman… ». Comme Freud se refusait à lui admettre son côté maternel, Groddeck lui envoyait des lettres adressées à « Chère Amie… » en lui priant de les conserver. C’était le Livre du Ça. Freud s’en est beaucoup amusé, cela lui plaisir énormément. « Chère amie, vous souhaitez que je vous écrive, rien de personnel, pas de potins, pas de phrases, mais des choses sérieuses, instructives, voire scientifiques. C’est grave », commence la première lettre. Comme Walter Benjamin écrivait que Lénine était une véritable grand-mère qui prodiguait ses textes au peuple russe, nous devons dire autant de Freud, fondatrice, grand-mère de la psychanalyse, qui abreuvait les enfants de la psychanalyse des friandises de ses écrits ? Eduardo Prado de Oliveira


mercredi 10 février 2021

Jean-Jacques MOSCOVITZ

Psychanalyste

« HYPOTHÈSE AMOUR » VINGT ANS APRÈS (2001-2021)

Hypothèse amour, la nouvelle…, l’autre *

Je fredonne Aragon, Brassens, puis je hurle, sur ma mobylette, ma rupture amoureuse du moment : « …la vie est un étrange divorce entre l’amour et la force d’inertie qui le guette », lui l’amour. Ça m’arrête net et, aussitôt, j’accorde confiance à ce genre d’intuition pour rejaillir au cœur de la défaite sentimentale en émettant l’idée, l’hypothèse, oui, qu’une inertie tourne où elle veut, vers ou contre soi, l’amour, la haine, le corps, l’autre. Ah oui, l’autre !

Oui, intuition, mais de quoi ? Et désirer et aimer et jouir sont des fils sans cesse qui se retordrent, se détordrent, se forgent toujours nouvellement. Comme sans faire exprès. Contre la mort. Tous ces liens dont nous sommes responsables font naître ce genre d’hypothèse, Hypothèse Amour où séjournent ces forces qui filent si vite vers le mal d’aimer, et si facilement s’éteignent.

Cela a trait à la transmission entre les générations et au risque de subir la défaite de la culture. L’Hypothèse Amour est ici à soutenir dans une nécessité historique, vitale, d’aller vers la vie…Rencontres de paroles et de corps entre force de l'amour, sa folie, et l’inertie et le silence du temps qui passe, et ça nous pose toujours présents à l’hypothèse amour…

*Ouvrage de J.-J. Moscovitz publié aux Editions Calmann-Lévy, le 1ER janvier 2001... 1ER jour du 3e millénaire…. Une nouvelle édition est en cours.

de façon exceptionnelle

dimanche 14 mars 2021

Luis Eduardo PRADO DE OLIVEIRA

psychanalyste

proposera

une suite aux discussions initiées le 20 janvier dernier sur le thème

LES FEMMES, LE NOM, FREUD

(>le texte de Prado de Oliveira est à découvrir ici<


mercredi 17 mars 2021

de 21h à 23h

CLAUDE-NOËLE PICKMANN

psychanalyste, membre d'Espace Analytique

présentera

DE L’ESSENTIEL À L’INESSENTIEL

LES PARADOXES DU SUJET

mercredi 14 avril 2021

Michel-Gad WOLKOWICZ

psychanalyste, professeur de psychopathologie

« ET TU CHOISIRAS LA VIE … ! » UNE APPROCHE PSYCHANALYTIQUE

mercredi 19 mai 2021 de 21h à 23h

Éric Marty

essayiste, écrivain, professeur des universités

À partir de son dernier ouvrage, publié aux éditions du Seuil :

LE SEXE DES MODERNES

PENSÉE DU NEUTRE ET THÉORIE DU GENRE

Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l’est plus encore. Ce livre est d’une certaine manière l’histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu’au triomphe contemporain de la théorie du genre. Il s’agit ici non seulement d’éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d’explorer ce qui s’est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ? Car le moment est venu d’interroger le partage du sexe et du genre sous l’angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.

Avec comme co-discutants pressentis

Emmanuel Brassat, Vincent Calais, Laurence Croix, Pascal Laethier, Dimitri Lorrain, Simone Wiener.

mercredi 16 juin 2021 de 21h à 23h

André ABOULKHEIR

thérapeute, psychosomaticien, anesthésiste-réanimateur, spécialiste en évaluation et traitement de la douleur

Pour une intervention intitulée :

« L'ennemi intérieur ? Réflexions sur les maladies auto-immunes »

La question de l'ennemi intérieur se pose au sujet confronté à la maladie et d'autant plus lorsque qu'il s'agit d'une maladie auto-immune, où il peut se ressentir comme trahi par lui-même, attaqué par son propre système immunitaire. Le vécu de la maladie dans sa subjectivité, animé d’idées de perte, de culpabilité, nourri par l’incompréhension de ce qui se passe, va agir sur son évolution et à fortiori sur les effets des traitements proposés. Donner au sujet malade des éléments d’explication, d’éclaircissement, des phénomènes organiques mais aussi psychiques à l’œuvre, questionner l’histoire de sa vie, depuis et avant même sa naissance, dans le cadre globalisant de l'analyse de l'unité somatopsychique, et pas seulement l’histoire de la maladie comme cela se fait en médecine, se servir du signifiant des symptômes, et faire en sorte de renforcer ses défenses psychiques, sont des éléments qui font partie d’une démarche dont on peut démontrer la valeur thérapeutique.


14 octobre 2020 de 21h à 23h

FRANÇOIS ARDEVEN

PSYCHANALYSTE, LECTEUR DU MIDRASH LAÏQUE AU CENTRE MEDEM

VARIATIONS CYBERNÉTIQUES

L’homme est un animal technique depuis que, dans le Jardin d’Eden, Adam a découvert sa nudité. L’habillement (et la pudeur) coordonne la technique, comme l’expérimente Jacques Derrida dans L’animal que donc je suis. L’habillement - la couverture - numérique croît depuis trente ans pour atteindre aujourd’hui, avec la crise sanitaire de la Covid, une dimension nouvelle. On examinera quelques aspects de la « vie » numérique. On s’appuiera entre autres sur sa « loi des robots » d’Isaac Asimov.


18 novembre 2020 de 21h à 23h

PASCAL LAETHIER

PYCHANALYSTE, RÉALISATEUR

PSYCHANALYSE ET PSYCHANALYSTES AU TEMPS DU CONFINEMENT

Un débat sera proposé à partir du film documentaire réalisé par Pascal LAETHIER et Clovis STOCCHETTI sur la pratique analytique en période de confinement.


SÉMINAIRE À PSYCHANALYSE ACTUELLE 2019 - 2020

FREUD LACAN ET… NOUS

LES INCIDENCES DU CONTEMPORAIN DANS LES PROCESSUS DE SUBJECTIVATION

Séminaire animé par

Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste (psychiatre)

Benjamin Lévy, psychanalyste, enseignant, ancien élève de l’ENS

Nous vous proposons donc de vous joindre à nous lundi prochain, 18 mai, de 20h30 à 22h30

pour une réunion virtuelle par visioconférence Zoom:

Bruno VINCENT

psychanalyste et enseignant,

présentera son livre "Lacan, Style des écrits " et discutera avec nous,

Lire des extraits du livre de Bruno Vincent

ainsi qu'avec :

Jean-Yves SAMACHER

chercheur en lettres (Le Mans Université)

qui présentera l'avancée de ses travaux sur l’œuvre d’Antonin Artaud


SÉMINAIRE À PSYCHANALYSE ACTUELLE 2019 - 2020

FREUD LACAN ET… NOUS

LES INCIDENCES DU CONTEMPORAIN DANS LES PROCESSUS DE SUBJECTIVATION

Séminaire animé par

Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste (psychiatre)

Benjamin Lévy, psychanalyste, enseignant, ancien élève de l’ENS

À L’École Normale Supérieure

45, rue d’Ulm 75005 PARIS - Salle Samuel Beckett au rez-de-chaussée


PROGRAMME 2019 - 2020

Les mercredis à 21h jusqu’à 23h

MERCREDIS EN 2019 : 23 OCTOBRE - 20 NOVEMBRE - 18 DÉCEMBRE

MERCREDIS EN 2020 : 15 JANVIER - 26 FÉVRIER


Mercredi 23 octobre 2019 de 21h jusqu’à 23h

Bernard TOBOUL

Psychanalyste, membre de l’association Espaceanalytique et des Forums du champ lacanien

PEUT-ON PARLER D’ASPERGER….

Il est désormais connu qu’Hans Asperger a étéun des participants au programme national-socialiste d’assassinat de masse desenfants souffrant d’une affection psychique.

Il est important pour nousaujourd’hui de retracer la genèse du syndrome d’Asperger et de sa mise enpratique dans la psychiatrie ; en un mot de saisir les présupposésthéoriques et pratiques de cette notion.


Mercredi 20 novembre 2019 de 21h jusqu’à 23h

Miguel SIERRA RUBIO

psychologue, psychanalyste, chercheur associéà l'université de Rennes viendra nous parler de son ouvrage

LES STRUCTURES CLINIQUES

publié aux Presses universitaires de Rennes(2019)


Mercredi 18 décembre2019 de 21h jusqu’à 23h

FlorenceFREDOUILLE

Gynécologue, psychanalyste, docteure en psychanalyse etpsychopathologie abordera

La Procréationmédicalement assistée

et les enjeux de passageentre médecine et psychanalyse


Mercredi 15 janvier 2020 de 21h jusqu’à 23h

LUIS IZCOVICH

psychiatre psychanalyste, membre de l'Internationale des Forums du Champ lacanien, nous présentera son dernier livre

L’Identité, choix ou destin ?


Mercredi 26 février 2020 de 21h jusqu’à 23h

PATRICK LANDMAN

psychiatre psychanalyste, membre d'Espace Analytique

Logique scientifique, logique de la psychanalyse

À l’heure de l’imagerie cérébrale triomphante et de la neuromania, quels sont les risques et les enjeux d’un décloisonnement entre neurosciences et psychanalyse ?


MERCREDI 29 MAI 2019 À 21H

À L’École Normale Supérieure

45, rue d’Ulm 75005 Paris

OUVERT À TOUS

CONFÉRENCE DÉBAT DE MARIA EUNICE SANTOS

Psychanalyste et psychologue à Salvador de Bahia

SUR L’ACTUEL AU BRÉSIL

Argument de l’auteure

« Je veux parler sur l'attente… »

« Le Brésil dans son moment actuel m’a fait arrêter. Mes patients ont arrêté, de même ma famille, mes amis. C'est une grossesse sans issue, avec le danger de l' engendrement d'un monstre. Nous sommes figés, aux aguets.Alors il faut faire avec. le risque majeur, c’est trouver un bouc émissaire, d’un ennemi. Une guerre a besoin d'un ennemi. Pour arracher de lui la solution dans la destruction. Pour se calmer et jouir des ‘ramassements ‘ des corps. Pour arrêter l'attente insupportable et foncer un chemin avec les pieds tachés du sang qui nous rappelle à la vie.Je veux parler sur l'attente, cette figure du temps tellement nié dans notre société où les actes en toute hâte sont accélérés pour la promesse et la dette avec l'accomplissement à tout prix. L’idée d’un temps précis, le meilleur temps - KAYRÒS pour les grecs- le conseil et les avis pour la meilleure attente, dans le taoïsme, dans notre vie actuelle est suspendu et nié par la voie encombrée de la paralisation, voire par la multiplication insensée des actes et des paroles. Dans la littérature nous pouvons lire cette question chez Kafka - L'homme devant la loi. La bête dans la jungle de Henry James, dans les Cantiques de Salomon, dans les Mille et une nuits, seulement pour commencer. Dans la lettre de Freud à Romain Rolland en guise de célébration d’un anniversaire, d’une vie d'un destin. On fait face à l’attente, on la dénie, on creuse sur elle. Et pourtant elle est le tissu du temps, de la création, de l'amour et la mort. Le hasard la déchire et nous bouleverse. Nous l'attendons - le HASARD. »


MARDI 21 MAI 2019 À 21H

David Allen

Maître de conférences à l'Université Rennes 2

Pour un exposé

William & William : Naissance et mort de la subjectivité à partir des œuvres de William Shakespeare et William S. Burroughs

Dans Hamlet et Macbeth déjà, on trouve une vision du sujet divisé, de l’espace entre lui et lui-même. Macbeth est possédé par les prophéties des trois sorcières. Macbeth et Hamlet font des choix raisonnés à partir d’une subjectivité assumée et affirmée. Chez Burroughs, on ne trouve que des fragments d’hommes. Le besoin et l’idéologie du besoin se sont combinés pour façonner un monde bâti sur le signe du miroir comme limite du sujet. La fausse conscience généralisé (stalinisme, nazisme, capitalisme moderne) coexiste avec une série de situations micro-totalitaires devenues « normalité ».


septième réunion

MARDI 16 AVRIL 2019 À 21H

Nous recevons : Jean-Jacques Rassial

Psychanalyste - Professeur des universités

autour de son livre : Manifeste déiste d'un psychanalyste juif

L’influence des religions, en particulier sous une forme intégriste voire sectaire, et les limites des athéismes associés à des sociétés totalitaires relancent la question de Dieu dans le monde contemporain. Depuis Freud, « juif infidèle », comme il se définit, jusqu’à Lacan, pour qui la « religion vraie », c’est la catholique, la question de la religion, de la religiosité mais aussi de la fonction psychique et sociale de Dieu traverse la psychanalyse à partir du fondement de la relation à l’Autre, qu’il soit représenté par la Mère, le Père ou le Maître. Jean-Jacques Rassial associe cette figure de l’Autre, restée énigmatique chez Lacan, au Dieu paradoxal des juifs, conçu comme irrémédiablement à la fois immanent et retiré du monde. Dieu serait alors le nom de l’Autre en tant qu’il n’a pas besoin d’existence ni de présence et sans incarnation possible.


sixième réunion

MARDI 26 MARS 2019 À 21H

NOUS RECEVONS : MICHEL ARDITI

Informaticien (Expert en sécurisation des systèmes d'information)

Qui fera un exposé critique sur l’enjeu actuel de l’intelligence artificielle en posant la question suivante : « LES GROSSESSES PROLONGEES DONNENT - ELLES NAISSANCE À DES ADULTES ? »

(déjà avancée, récemment, par notre invité lors de son exposé à Schibboleth/Actualités freudiennes)

Soit le constat critique suivant : que dire des « 20 ans de latence entre les découvertes d’Alan Kay**, et le développement grand public de l'Intelligence Artificielle, au carrefour des enjeux philosophiques, industrielles, et politiques ». Et psychanalytiques ajoutons-nous... Par quoi l’impact entre le parlable et le visualisable ont assez tardé à ne pas se confronter l’un l’autre face au terme de semblant de tout discours: comment ce terme avancé en psychanalyse mérite-t-il ici de prendre place...

**Alan Kay


cinquième réunion

MARDI 19 FÉVRIER 2019

NOUS RECEVONS : ELIE BUZYN

POUR SON LIVRE

"J'avais 15 ans, vivre, survivre, revivre"

« …Ce qui m’a sauvé, ce sontles paroles de sa mère » qui lui a dit : « Tu dois survivre, car toutle monde va mourir sauf toi, tu dois retrouver le reste de la famille enFrance. Cette phrase m’a permis de survivre même dans les moments lesplus difficiles » … Nous évoquerons avec lui l'histoire, la médecine, le souvenir, le politique, avant pendant et après sa déportationau Ghetto de Lódz en Pologne puis à Auschwitz, la marche de la mort… Et après : « En juin 45, quand je suis revenu des camps, je neparlais pas encore français, j’avais mon numéro sur le bras, je couvrais mesbras car je sentais que les gens me regardaient avec pitié » ….

MARDI 15 JANVIER 2019 À 20H45

NOUS RECEVRONS : AGNÈS GRIVAUX

philosophe, enseignante en philosophie à l'Université de Nantes

Dialogues et non-dialogues entre politique, philosophie et psychanalyse sur

Theodor Adorno et la vérité de la psychanalyse

AVEC COMME DISCUTANT EMMANUEL BRASSAT

ARGUMENT

Cette intervention présentera un nouage singulier qui s’est établi entre politique, philosophie et psychanalyse au début du XXe siècle, au moment où ont émergé divers dispositifs théoriques, hâtivement rassemblés et unifiés sous des étiquettes comme celle de psychologie sociale ou de freudo-marxisme.

Ce nouage singulier est celui qu’ont proposé les théoriciens de la première génération de ce qu’on a pu appeler par la suite l'École de Francfort (Theodor Adorno, Max Horkheimer, Erich Fromm, Herbert Marcuse) et il a revendiqué une double perspective : du point de vue politique, au moment de l’émergence de phénomènes sociaux et politiques nouveaux et notamment au moment de l’apparition du fascisme, il fallait soutenir que plusieurs aspects de ces phénomènes n’étaient intelligibles que si l’on convoquait la théorie psychanalytique freudienne. Inversement, la psychanalyse semblait être interpellée dans ses concepts par cette situation politique, susceptible de la conduire à transformer ses propres catégories. Nous nous intéresserons au fait que ce nouage singulier n’a pas simplement impliqué que certains penseurs de la Théorie critique, et notamment Adorno, ont défendu la nécessaire convocation de la psychanalyse à un moment donné de l’histoire politique et de sa théorisation. Au-delà de cet usage qui n’aurait pu être qu’instrumental ou local, Adorno s'est philosophiquement confronté à ce rapport entre psychanalyse et politique, jusqu’à rencontrer et thématiser ce qu'il considérait être la vérité de la psychanalyse.

Nous tenterons de reconstruire cette approche philosophique de la vérité de la psychanalyse, en étudiant comment elle reformule, en même temps qu’elle déplace voire force, le sens de certains concepts centraux de la pensée freudienne.


EXCEPTIONNELLEMENT LE VENDREDI 21 DÉCEMBRE 2018

À 20H15 AU CINÉMA LES 3 LUXEMBOURG 75006 PARIS

DÉBAT DANS LE CADRE DE PSYCHANALYSE ACTUELLE/LE REGARD QUI BAT

PROJECTION DE VERTIGO

FILM D'ALFRED HITCHCOCK (1958)

Avant propos : « L’amour face à notre vertige du vide intérieur se filme, se vit, les racines infantiles d’habitude incriminées dés lors qu’il y a douleur, rupture, échec, ici le cinéaste fait un acte de génie, il inverse cette donne , c’est la peur la plus archaïque qui unit magnifiquement les passions de nos deux immenses acteurs Kim Novak et James Stewart… » JJM

Modéré par Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste Benjamin Lévy, psychanalyste, enseignant, ancien élève de l’ENS

Animé par Fred Siksou, Simone Wiener, Pascal Kané,Vannina Micheli-Rechtman Laura Kofler.

En présence de Christine Laurent, cinéaste, Martine Dugowson, cinéaste, Paul Zawadzki, philosophe..

NOUS RECEVONS VINCENT CALAIS

Qui nous propose une réflexion sur la représentation cinématographique du transfert

Le vertige de l'amour

Le cinéma est un espace de représentation du transfert : c'est à partir de cette thèse que Vincent Calais proposera une lecture de « Vertigo » d'Alfred Hitchcock. Présenté parfois comme l'un des dix meilleurs, voir le meilleur film de l'histoire, « Vertigo » met en scène un ancien enquêteur de police, que la culpabilité a isolé de la scène sociale, et qu'un ami manipule pour maquiller un meurtre en suicide. L'amour s'invite dans l'histoire, confirmant qu'avec lui on ne badine pas.

Consultant, ancien juriste, Vincent Calais avait développé sur le même registre l'analyse d'un autre film, « Le discours d'un roi », dans un article publié en décembre 2011 dans la revue « La Célibataire »…


MARDI 20 NOVEMBRE 2018

MOUSTAPHA SAFOUAN POUR SON OUVRAGE : Le puits de la vérité , La psychanalyse et la science

Moustapha Safouan est psychanalyste, il a été parmi les premiers à suivre l'enseignement de Lacan dès ses débuts en 1951

Argument : « En réalité nous ne savons rien, car la vérité est au fond du puits », rappelle Démocrite, qui souligne la nature mouvante et insaisissable de la vérité. Elle est pourtant ce que le sujet demande dès qu'il parle. En somme, la vérité est une passion infantile autant dire primordiale. La vérité ici ne désigne pas un objet. On en fait usage comme un attribut qui caractérise certains énoncés en les distinguant de leurs contraires, taxés de mensonges. Lacan a pourtant substantivé la vérité et lui a même prêté sa bouche : « moi, la vérité, je parle » ; mais son discours ne semble pas avoir contribué à faire revenir les analystes sur la conception qu'ils se font de leur tâche comme recherche de la vérité. Recherche de la vérité qui ne peut qu'être en même temps une délimitation du réel. C'est ce double mouvement que Moustapha Safouan suit ici, au travers des figures de la science et de la psychanalyse dans leur dialogue avec le lieu où la vérité s'étreint puis se dérobe sans cesse.

VOICI LES CHAPITRES QUE L’AUTEUR NOUS PROPOSE

-I- Einstein épistémologue / -II- La question de l’Un. La foi d’un rationalisme croyant / -III- De Newton aux quanta / -IV- L’épistémologie de Niels Bohr / -V- Théorie physique et philosophie du langage / -VI- Savoir et vérité / -VII- La raison selon le freudisme

MARDI 16 OCTOBRE 2018 À 21H

EMMANUEL BRASSAT

SUR « RAPPORT(S) ET NON-RAPPORT(S) DE LA PSYCHANALYSE ET DU POLITIQUE

Emmanuel Brassat est docteur en philosophie, formateur et chercheur à l’Université de Cergy-Pontoise/ESPE de l’académie de Versailles, et membre de l’association Dimension de la psychanalyse.

Beaucoup a été dit et écrit sur les relations (ou pas) de la psychanalyse et de la politique ; voire à la fois trop peu et pas assez, quand cela n’a pas été en actes et en paroles la saturation de l’un par l’autre. Une telle question dépend à la fois de la définition globale que l’on se donne de la psychanalyse et des postions singulières prises par chacun des psychanalystes en la matière, ainsi que des pratiques sociales et professionnelles menées. De ce triple point de vue, les orientations sont très divergentes et la compréhension de ce que la psychanalyse apporte (ou pas) à la réflexion sur la chose politique très diversifiée dans les productions théoriques qui en sont issues.

Freud soutenait fermement que la psychanalyse n’était pas une conception du monde, et qu’en cela elle ne pouvait ni ne devait donner lieu à une philosophie politique, bien que son œuvre ait véhiculé et déployé des éléments d’analyse sociale et politique et aussi exprimé des positions. De ce point de vue, très souvent, les psychanalystes ne se sont pas tenus engagés sur le plan politique. Mais l’inverse est également vrai, certains auront toujours pensé leur pratique de psychanalyste comme des plus politique et auront participé à des actes politiques.

Au reste, la psychanalyse est une pratique professionnelle libérale qui ne se confond pas avec l’exercice de la citoyenneté, quelle que soit la façon dont chacun des psychanalystes met cette seconde en pratique personnellement et collectivement, indépendamment de son exercice de la psychanalyse. Néanmoins, il y a des associations d’analystes qui sont aussi en elles-mêmes des formes politiques. En tant que telles, elles ne se limitent pas à de simples corps professionnels – et s’y expriment des positionnements politiques.

De nombreux problèmes en découlent : le décalage de la pratique de la psychanalyse sur l’histoire politique collective, le fait que la psychanalyse subit plus le politique qu’elle ne l’influence, l’hétérogénéité de la psychanalyse à l’ordre social commun ou, au contraire, la participation active des psychanalystes à la gestion de la société dans les institutions politiques, scientifiques et médicales, au risque d’une dénaturation de leur pratique, sans oublier un certain traitement politique de la psychanalyse par les pouvoirs institués, favorable ou répressif.

Le problème du rapport (ou du non-rapport) se voit redoublé par celui de la définition même du politique, ou de la politique, non seulement en tant que tels, mais aussi du point de vue de la psychanalyse. En quelque sorte, on peut soutenir que la psychanalyse entraine une redéfinition originale du politique et des rapports sociaux depuis Freud, au moins en compréhension, prolongeant ici la philosophie et les sciences sociales dans leur critique des formes politiques traditionnelles et modernes. Mais si c’est le cas, quelles devraient en être les conséquences sociales et politiques ?

C’est autour et à travers un tel ensemble de thèmes et de questions que je présenterai mes réflexions sur le rapport et/ou le non-rapport de la psychanalyse et du politique, sans oubli de la distinction des quatre discours chez Lacan.

« HYPOTHÈSE AMOUR » VINGT ANS APRÈS (2001-2021)

Hypothèse amour, la nouvelle…, l’autre *

Je fredonne Aragon, Brassens, puis je hurle, sur ma mobylette, ma rupture amoureuse du moment : « …la vie est un étrange divorce entre l’amour et la force d’inertie qui le guette », lui l’amour. Ça m’arrête net et, aussitôt, j’accorde confiance à ce genre d’intuition pour rejaillir au cœur de la défaite sentimentale en émettant l’idée, l’hypothèse, oui, qu’une inertie tourne où elle veut, vers ou contre soi, l’amour, la haine, le corps, l’autre. Ah oui, l’autre !

Oui, intuition, mais de quoi ? Et désirer et aimer et jouir sont des fils sans cesse qui se retordrent, se détordrent, se forgent toujours nouvellement. Comme sans faire exprès. Contre la mort. Tous ces liens dont nous sommes responsables font naître ce genre d’hypothèse, Hypothèse Amour où séjournent ces forces qui filent si vite vers le mal d’aimer, et si facilement s’éteignent.

Cela a trait à la transmission entre les générations et au risque de subir la défaite de la culture. L’Hypothèse Amour est ici à soutenir dans une nécessité historique, vitale, d’aller vers la vie…Rencontres de paroles et de corps entre force de l'amour, sa folie, et l’inertie et le silence du temps qui passe, et ça nous pose toujours présents à l’hypothèse amour…

*Ouvrage de J.-J. Moscovitz publié aux Editions Calmann-Lévy, le 1ER janvier 2001... 1ER jour du 3e millénaire…. Une nouvelle édition est en cours.

dimanche 14 mars 2021

Luis Eduardo PRADO DE OLIVEIRA

psychanalyste

proposera

une suite aux discussions initiées le 20 janvier dernier sur le thème

LES FEMMES, LE NOM, FREUD

(>le texte de Prado de Oliveira est à découvrir ici<

mercredi 17 mars 2021

de 21h à 23h

CLAUDE-NOËLE PICKMANN

psychanalyste, membre d'Espace Analytique

présentera

DE L’ESSENTIEL À L’INESSENTIEL

LES PARADOXES DU SUJET

mercredi 14 avril 2021

Michel-Gad WOLKOWICZ

psychanalyste, professeur de psychopathologie

« ET TU CHOISIRAS LA VIE … ! » UNE APPROCHE PSYCHANALYTIQUE

mercredi 19 mai 2021 de 21h à 23h

Éric Marty

essayiste, écrivain, professeur des universités

À partir de son dernier ouvrage, publié aux éditions du Seuil :

LE SEXE DES MODERNES PENSÉE DU NEUTRE ET THÉORIE DU GENRE

Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l’est plus encore. Ce livre est d’une certaine manière l’histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu’au triomphe contemporain de la théorie du genre. Il s’agit ici non seulement d’éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d’explorer ce qui s’est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ? Car le moment est venu d’interroger le partage du sexe et du genre sous l’angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.

Avec comme co-discutants pressentis

Emmanuel Brassat, Vincent Calais, Laurence Croix, Pascal Laethier, Dimitri Lorrain, Simone Wiener.

* * * * * * * * *

cagnotte en ligne, permettant aux non-adhérents, auditeurs irréguliers et à nos soutiens de contribuer aux frais d’organisation

14 octobre 2020 de 21h à 23h

FRANÇOIS ARDEVEN

PSYCHANALYSTE, LECTEUR DU MIDRASH LAÏQUE AU CENTRE MEDEM

VARIATIONS CYBERNÉTIQUES

L’homme est un animal technique depuis que, dans le Jardin d’Eden, Adam a découvert sa nudité. L’habillement (et la pudeur) coordonne la technique, comme l’expérimente Jacques Derrida dans L’animal que donc je suis. L’habillement - la couverture - numérique croît depuis trente ans pour atteindre aujourd’hui, avec la crise sanitaire de la Covid, une dimension nouvelle. On examinera quelques aspects de la « vie » numérique. On s’appuiera entre autres sur sa « loi des robots » d’Isaac Asimov.

***

18 novembre 2020 de 21h à 23h

PASCAL LAETHIER

PYCHANALYSTE, RÉALISATEUR

PSYCHANALYSE ET PSYCHANALYSTES AU TEMPS DU CONFINEMENT

Un débat sera proposé à partir du film documentaire réalisé par Pascal LAETHIER et Clovis STOCCHETTI sur la pratique analytique en période de confinement. Bruno VINCENT psychanalyste et enseignant,

présentera son livre "Lacan, Style des écrits " et discutera avec nous,

Lire des extraits du livre de Bruno Vincent

ainsi qu'avec :Jean-Yves SAMACHER

chercheur en lettres (Le Mans Université)

qui présentera l'avancée de ses travaux sur l’œuvre d’Antonin Artaud


Mercredi 23 octobre 2019 de 21h à 23h

Bernard TOBOUL

Psychanalyste, membre de l’association Espace analytique et des Forums du champ lacanien

PEUT-ON PARLER D’ASPERGER….

Il est désormais connu qu’Hans Asperger a été un des participants au programme national-socialiste d’assassinat de masse des enfants souffrant d’une affection psychique.

Il est important pour nous aujourd’hui de retracer la genèse du syndrome d’Asperger et de sa mise en pratique dans la psychiatrie ; en un mot de saisir les présupposés théoriques et pratiques de cette notion.

Mercredi 20 novembre 2019 de 21h jusqu’à 23h

Miguel SIERRA RUBIO

psychologue, psychanalyste, chercheur associé à l'université de Rennes viendra nous parler de son ouvrage

LES STRUCTURES CLINIQUES

publié aux Presses universitaires de Rennes(2019)

Mercredi 18 décembre 2019 de 21h jusqu’à 23h

Florence FREDOUILLE

Gynécologue, psychanalyste, docteure en psychanalyse et psychopathologie abordera

La Procréation médicalement assistée et les enjeux de passage entre médecine et psychanalyse

Mercredi 15 janvier 2020 de 21h jusqu’à 23h

LUIS IZCOVICH

psychiatre psychanalyste, membre de l'Internationale des Forums du Champ lacanien, nous présentera son dernier livre

L’Identité, choix ou destin ?

Mercredi 26 février 2020 de 21h jusqu’à 23h

PATRICK LANDMAN

psychiatre psychanalyste, membre d'Espace Analytique

Logique scientifique, logique de la psychanalyse

À l’heure de l’imagerie cérébrale triomphante et de la neuromania, quels sont les risques et les enjeux d’un décloisonnement entre neurosciences et psychanalyse ?

***

LE 24 JUIN 2020

CLAUDE-NOËLLE PICKMANN

***

MERCREDI 29 MAI 2019 À 21H

À L’École Normale Supérieure

45, rue d’Ulm 75005 Paris

OUVERT À TOUS

CONFÉRENCE DÉBAT DE MARIA EUNICE SANTOS

Psychanalyste et psychologue à Salvador de Bahia

SUR L’ACTUEL AU BRÉSIL

Argument de l’auteure

« Je veux parler sur l'attente… »

« Le Brésil dans son moment actuel m’a fait arrêter. Mes patients ont arrêté, de même ma famille, mes amis. C'est une grossesse sans issue, avec le danger de l' engendrement d'un monstre. Nous sommes figés, aux aguets. Alors il faut faire avec. le risque majeur, c’est trouver un bouc émissaire, d’un ennemi. Une guerre a besoin d'un ennemi. Pour arracher de lui la solution dans la destruction. Pour se calmer et jouir des ‘ramassements ‘ des corps. Pour arrêter l'attente insupportable et foncer un chemin avec les pieds tachés du sang qui nous rappelle à la vie. Je veux parler sur l'attente, cette figure du temps tellement nié dans notre société où les actes en toute hâte sont accélérés pour la promesse et la dette avec l'accomplissement à tout prix. L’idée d’un temps précis, le meilleur temps - KAYRÒS pour les grecs- le conseil et les avis pour la meilleure attente, dans le taoïsme, dans notre vie actuelle est suspendu et nié par la voie encombrée de la paralisation, voire par la multiplication insensée des actes et des paroles. Dans la littérature nous pouvons lire cette question chez Kafka - L'homme devant la loi. La bête dans la jungle de Henry James, dans les Cantiques de Salomon, dans les Mille et une nuits, seulement pour commencer. Dans la lettre de Freud à Romain Rolland en guise de célébration d’un anniversaire, d’une vie d'un destin. On fait face à l’attente, on la dénie, on creuse sur elle. Et pourtant elle est le tissu du temps, de la création, de l'amour et la mort. Le hasard la déchire et nous bouleverse. Nous l'attendons - le HASARD. »SÉMINAIRE À PSYCHANALYSE ACTUELLE 2018 - 2019

SALLE DES RÉSISTANTS

OUVERT À TOUS

huitième réunion

MARDI 21 MAI 2019 À 21H

David Allen

Maître de conférences à l'Université Rennes 2

Pour un exposé

William & William : Naissance et mort de la subjectivité à partir des œuvres de William Shakespeare et William S. Burroughs

Dans Hamlet et Macbeth déjà, on trouve une vision du sujet divisé, de l’espace entre lui et lui-même. Macbeth est possédé par les prophéties des trois sorcières. Macbeth et Hamlet font des choix raisonnés à partir d’une subjectivité assumée et affirmée.

Chez Burroughs, on ne trouve que des fragments d’hommes. Le besoin et l’idéologie du besoin se sont combinés pour façonner un monde bâti sur le signe du miroir comme limite du sujet. La fausse conscience généralisé (stalinisme, nazisme, capitalisme moderne) coexiste avec une série de situations micro-totalitaires devenues « normalité ».

septième réunion

MARDI 16 AVRIL 2019 À 21H

Nous recevons : Jean-Jacques Rassial

Psychanalyste - Professeur des universités

autour de son livre : Manifeste déiste d'un psychanalyste juif

L’influence des religions, en particulier sous une forme intégriste voire sectaire, et les limites des athéismes associés à des sociétés totalitaires relancent la question de Dieu dans le monde contemporain. Depuis Freud, « juif infidèle », comme il se définit, jusqu’à Lacan, pour qui la « religion vraie », c’est la catholique, la question de la religion, de la religiosité mais aussi de la fonction psychique et sociale de Dieu traverse la psychanalyse à partir du fondement de la relation à l’Autre, qu’il soit représenté par la Mère, le Père ou le Maître. Jean-Jacques Rassial associe cette figure de l’Autre, restée énigmatique chez Lacan, au Dieu paradoxal des juifs, conçu comme irrémédiablement à la fois immanent et retiré du monde. Dieu serait alors le nom de l’Autre en tant qu’il n’a pas besoin d’existence ni de présence et sans incarnation possible.

sixième réunion

MARDI 26 MARS 2019 À 21H

NOUS RECEVONS : MICHEL ARDITI

Informaticien (Expert en sécurisation des systèmes d'information)

Qui fera un exposé critique sur l’enjeu actuel de l’intelligence artificielle en posant la question suivante :

« LES GROSSESSES PROLONGEES DONNENT - ELLES NAISSANCE À DES ADULTES ? »

(déjà avancée, récemment, par notre invité lors de son exposé à Schibboleth/Actualités freudiennes)

Soit le constat critique suivant : que dire des « 20 ans de latence entre les découvertes d’Alan Kay**, et le développement grand public de l'Intelligence Artificielle, au carrefour des enjeux philosophiques, industrielles, et politiques ». Et psychanalytiques ajoutons-nous... Par quoi l’impact entre le parlable et le visualisable ont assez tardé à ne pas se confronter l’un l’autre face au terme de semblant de tout discours: comment ce terme avancé en psychanalyse mérite-t-il ici de prendre place...

**Alan Kay

cinquième réunion

MARDI 19 FÉVRIER 2019

NOUS RECEVONS : ELIE BUZYN

POUR SON LIVRE

"J'avais 15 ans, vivre, survivre, revivre"

éditions Alisio, mars 2018 (lire des extraits du livre)

« …Ce qui m’a sauvé, ce sont les paroles de sa mère » qui lui a dit : « Tu dois survivre, car tout le monde va mourir sauf toi, tu dois retrouver le reste de la famille en France. Cette phrase m’a permis de survivre même dans les moments les plus difficiles » … Nous évoquerons avec lui l'histoire, la médecine, le souvenir, le politique, avant pendant et après sa déportation au Ghetto de Lódz en Pologne puis à Auschwitz, la marche de la mort… Et après : « En juin 45, quand je suis revenu des camps, je ne parlais pas encore français, j’avais mon numéro sur le bras, je couvrais mes bras car je sentais que les gens me regardaient avec pitié » ….

MARDI 15 JANVIER 2019 À 20H45

NOUS RECEVRONS : AGNÈS GRIVAUX

philosophe, enseignante en philosophie à l'Université de Nantes

Dialogues et non-dialogues entre politique, philosophie et psychanalyse sur

Theodor Adorno et la vérité de la psychanalyse

AVEC COMME DISCUTANT EMMANUEL BRASSAT

ARGUMENT

Cette intervention présentera un nouage singulier qui s’est établi entre politique, philosophie et psychanalyse au début du XXe siècle, au moment où ont émergé divers dispositifs théoriques, hâtivement rassemblés et unifiés sous des étiquettes comme celle de psychologie sociale ou de freudo-marxisme.

Ce nouage singulier est celui qu’ont proposé les théoriciens de la première génération de ce qu’on a pu appeler par la suite l'École de Francfort (Theodor Adorno, Max Horkheimer, Erich Fromm, Herbert Marcuse) et il a revendiqué une double perspective : du point de vue politique, au moment de l’émergence de phénomènes sociaux et politiques nouveaux et notamment au moment de l’apparition du fascisme, il fallait soutenir que plusieurs aspects de ces phénomènes n’étaient intelligibles que si l’on convoquait la théorie psychanalytique freudienne. Inversement, la psychanalyse semblait être interpellée dans ses concepts par cette situation politique, susceptible de la conduire à transformer ses propres catégories. Nous nous intéresserons au fait que ce nouage singulier n’a pas simplement impliqué que certains penseurs de la Théorie critique, et notamment Adorno, ont défendu la nécessaire convocation de la psychanalyse à un moment donné de l’histoire politique et de sa théorisation. Au-delà de cet usage qui n’aurait pu être qu’instrumental ou local, Adorno s'est philosophiquement confronté à ce rapport entre psychanalyse et politique, jusqu’à rencontrer et thématiser ce qu'il considérait être la vérité de la psychanalyse.

Nous tenterons de reconstruire cette approche philosophique de la vérité de la psychanalyse, en étudiant comment elle reformule, en même temps qu’elle déplace voire force, le sens de certains concepts centraux de la pensée freudienne.

EXCEPTIONNELLEMENT LE VENDREDI 21 DÉCEMBRE 2018

À 20H15 AU CINÉMA LES 3 LUXEMBOURG 75006 PARIS

DÉBAT DANS LE CADRE DE PSYCHANALYSE ACTUELLE/LE REGARD QUI BAT

PROJECTION DE VERTIGO

FILM D'ALFRED HITCHCOCK (1958)

Avant propos : « L’amour face à notre vertige du vide intérieur se filme, se vit, les racines infantiles d’habitude incriminées dés lors qu’il y a douleur, rupture, échec, ici le cinéaste fait un acte de génie, il inverse cette donne , c’est la peur la plus archaïque qui unit magnifiquement les passions de nos deux immenses acteurs Kim Novak et James Stewart… » JJM

Modéré par Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste Benjamin Lévy, psychanalyste, enseignant, ancien élève de l’ENS

Animé par Fred Siksou, Simone Wiener, Pascal Kané,Vannina Micheli-Rechtman Laura Kofler.

En présence de Christine Laurent, cinéaste, Martine Dugowson, cinéaste, Paul Zawadzki, philosophe..

NOUS RECEVONS VINCENT CALAIS

Qui nous propose une réflexion sur la représentation cinématographique du transfert

Le vertige de l'amour

Le cinéma est un espace de représentation du transfert : c'est à partir de cette thèse que Vincent Calais proposera une lecture de « Vertigo » d'Alfred Hitchcock. Présenté parfois comme l'un des dix meilleurs, voir le meilleur film de l'histoire, « Vertigo » met en scène un ancien enquêteur de police, que la culpabilité a isolé de la scène sociale, et qu'un ami manipule pour maquiller un meurtre en suicide. L'amour s'invite dans l'histoire, confirmant qu'avec lui on ne badine pas.

Consultant, ancien juriste, Vincent Calais avait développé sur le même registre l'analyse d'un autre film, « Le discours d'un roi », dans un article publié en décembre 2011 dans la revue « La Célibataire »…

MARDI 20 NOVEMBRE 2018

MOUSTAPHA SAFOUAN POUR SON OUVRAGE :

Le puits de la vérité , La psychanalyse et la science

Moustapha Safouan est psychanalyste, il a été parmi les premiers à suivre l'enseignement de Lacan dès ses débuts en 1951

Argument : « En réalité nous ne savons rien, car la vérité est au fond du puits », rappelle Démocrite, qui souligne la nature mouvante et insaisissable de la vérité. Elle est pourtant ce que le sujet demande dès qu'il parle. En somme, la vérité est une passion infantile autant dire primordiale. La vérité ici ne désigne pas un objet. On en fait usage comme un attribut qui caractérise certains énoncés en les distinguant de leurs contraires, taxés de mensonges. Lacan a pourtant substantivé la vérité et lui a même prêté sa bouche : « moi, la vérité, je parle » ; mais son discours ne semble pas avoir contribué à faire revenir les analystes sur la conception qu'ils se font de leur tâche comme recherche de la vérité. Recherche de la vérité qui ne peut qu'être en même temps une délimitation du réel. C'est ce double mouvement que Moustapha Safouan suit ici, au travers des figures de la science et de la psychanalyse dans leur dialogue avec le lieu où la vérité s'étreint puis se dérobe sans cesse.

VOICI LES CHAPITRES QUE L’AUTEUR NOUS PROPOSE

-I- Einstein épistémologue / -II- La question de l’Un. La foi d’un rationalisme croyant / -III- De Newton aux quanta / -IV- L’épistémologie de Niels Bohr / -V- Théorie physique et philosophie du langage / -VI- Savoir et vérité / -VII- La raison selon le freudisme


MARDI 16 OCTOBRE 2018 À 21H

EMMANUEL BRASSAT - SUR « RAPPORT(S) ET NON-RAPPORT(S) DE LA PSYCHANALYSE ET DU POLITIQUE

Emmanuel Brassat est docteur en philosophie, formateur et chercheur à l’Université de Cergy-Pontoise/ESPE de l’académie de Versailles, et membre de l’association Dimension de la psychanalyse.

Beaucoup a été dit et écrit sur les relations (ou pas) de la psychanalyse et de la politique ; voire à la fois trop peu et pas assez, quand cela n’a pas été en actes et en paroles la saturation de l’un par l’autre. Une telle question dépend à la fois de la définition globale que l’on se donne de la psychanalyse et des postions singulières prises par chacun des psychanalystes en la matière, ainsi que des pratiques sociales et professionnelles menées. De ce triple point de vue, les orientations sont très divergentes et la compréhension de ce que la psychanalyse apporte (ou pas) à la réflexion sur la chose politique très diversifiée dans les productions théoriques qui en sont issues.

Freud soutenait fermement que la psychanalyse n’était pas une conception du monde, et qu’en cela elle ne pouvait ni ne devait donner lieu à une philosophie politique, bien que son œuvre ait véhiculé et déployé des éléments d’analyse sociale et politique et aussi exprimé des positions. De ce point de vue, très souvent, les psychanalystes ne se sont pas tenus engagés sur le plan politique. Mais l’inverse est également vrai, certains auront toujours pensé leur pratique de psychanalyste comme des plus politique et auront participé à des actes politiques.

Au reste, la psychanalyse est une pratique professionnelle libérale qui ne se confond pas avec l’exercice de la citoyenneté, quelle que soit la façon dont chacun des psychanalystes met cette seconde en pratique personnellement et collectivement, indépendamment de son exercice de la psychanalyse. Néanmoins, il y a des associations d’analystes qui sont aussi en elles-mêmes des formes politiques. En tant que telles, elles ne se limitent pas à de simples corps professionnels – et s’y expriment des positionnements politiques.

De nombreux problèmes en découlent : le décalage de la pratique de la psychanalyse sur l’histoire politique collective, le fait que la psychanalyse subit plus le politique qu’elle ne l’influence, l’hétérogénéité de la psychanalyse à l’ordre social commun ou, au contraire, la participation active des psychanalystes à la gestion de la société dans les institutions politiques, scientifiques et médicales, au risque d’une dénaturation de leur pratique, sans oublier un certain traitement politique de la psychanalyse par les pouvoirs institués, favorable ou répressif.

Le problème du rapport (ou du non-rapport) se voit redoublé par celui de la définition même du politique, ou de la politique, non seulement en tant que tels, mais aussi du point de vue de la psychanalyse. En quelque sorte, on peut soutenir que la psychanalyse entraine une redéfinition originale du politique et des rapports sociaux depuis Freud, au moins en compréhension, prolongeant ici la philosophie et les sciences sociales dans leur critique des formes politiques traditionnelles et modernes. Mais si c’est le cas, quelles devraient en être les conséquences sociales et politiques ?

C’est autour et à travers un tel ensemble de thèmes et de questions que je présenterai mes réflexions sur le rapport et/ou le non-rapport de la psychanalyse et du politique, sans oubli de la distinction des quatre discours chez Lacan.