LE REGARD QUI BAT. . .
C'est l’apport réciproque entre des cinéastes, leurs œuvres et des psychanalystes
Une fois par mois a lieu la projection d’un film suivie d’un débat entre spectateurs, cinéastes, psychanalystes, philosophes, historiens…
Une fois par mois a lieu la projection d’un film suivie d’un débat entre spectateurs, cinéastes, psychanalystes, philosophes, historiens…
Projection au Cinéma Les 3 Luxembourg
67 Rue Monsieur le Prince, 75006 Paris
DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 2026, à 20h
L’Abandon
Un Film de Vincent Garenq
Drame. 13 mai 2026. 1h 40 min
La projection sera suivie d'une rencontre-débat en présence du réalisateur.
Ainsi que :
Jean-Jacques Moscovitz, Simone Wiener, Lysiane Lamantowicz, Laura Koffler, Maria Landau, Françoise Moscovitz, Thomas Moskowitz, Daniel Friedmann, Muriel Prieur, Annie Staricky, Muriel Aptekier, Catherine Erman, Marie Selin, Laurence Croix - David Rofé-Sarfati - Sandra Basch…
SYNOPSIS :
Tout le monde connaît le nom de Samuel Paty, mais peu de gens connaissent réellement son histoire. Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’Histoire-Géographie, est assassiné à la sortie de son collège. À la lumière des enquêtes et des procès, ce film revient sur ses onze derniers jours, et l’engrenage qui a conduit à sa mort tragique.
AVANT-PROPOS DE JEAN–JACQUES MOSCOVITZ :
Des stickers innombrables sur le bureau de Victoire L., la principale du collège en plein désarroi, montrent au spectateur qu’elle cherche en vain une piste contre les menaces croissantes de haine auxquelles les instances responsables font la sourde oreille, et lui font perdre confiance en elle. Nous apprenons que nous sommes à la limite de la responsabilité, voire d’une capitulation subreptice de l’Etat face à l’Islamisme dans notre société démocratique. Déjà en 2002, cela est avancé dans « Les Territoires perdus de la République - antisémitisme, racisme et sexisme en milieu scolaire » est un ouvrage collectif aux Éditions Mille et une nuit.
Le film L’Abandon invite le spectateur face aux 11 derniers jours de Samuel Paty précédant sa mort, lui, le résistant au silence sur l’interdit de dire, de penser, d’enseigner la laïcité. Lui, l’assassiné à la hache tel que le totalitarisme islamiste l’utilise pour éteindre toute altérité singulière en prenant le pouvoir par la cruauté pour l’exercer de plus en plus. L’écho en est fait dans la rigueur des juges énonçant dans leur arrêt en 2024, « la barbarie absolue du crime et l’atteinte irrémédiable portée à la République et au sanctuaire de l’école ». 11 jours mis à l’écran par Vincent Garenq pour nous faire témoins par le cinéma d’un sentiment que Samuel Paty a ressenti d'être petit à petit livré à l’abandon, seul face à l'engrenage ignoré ou voulu des accusations envers lui, -des insultes — par certains membres de sa hiérarchie au sein du lycée où Il enseigne l’histoire et la géographie. Il est aussi soutenu ouvertement par des collègues. Le film nous permet d’évoquer la faillite des institutions en place « d’acteurs collectifs », en un discours-images, que ce soit l'Éducation Nationale à divers échelons prévus pour protéger les enseignants du service public, mais aussi la Police qui savait, et n’a pas ou peu utilisé ses enquêtes. Nous sommes face à l’irresponsabilité de l’Etat face à la situation.
L’assassinat à la hache attaque le corps de Samuel Paty : décapiter enlèverait, aux yeux du monde, toute singularité en détruisant le lieu de la pensée, de la parole, l’échange, l’incomplétude subjective, pour les proscrire par l’usage de la cruauté afin de l’exercer de plus en plus. C’est le propre de l’islamisme et de son totalitarisme à combattre.
Évoquons ici le film très proche par certains points de l’Abandon : Sophie Scholl - Die letzten Tage (Sophie Scholl : les derniers jours), de Marc Rothemund, sorti en 2005. Les deux films se construisent sur les derniers jours d'une personne vouée à disparaître, mais sans raconter sa vie. Rappelons que dans Les six derniers jours de Sophie Scholl, elle est membre du mouvement anti nazi de résistance non-violente La Rose blanche. Arrêtée en février 1943 pour avoir distribué des tracts contre le IIIe Reich à l'université de Munich, elle est jugée et exécutée à la hache immédiatement après le verdict. Le même outil de cruauté barbare assassinant Samuel Paty.
Le film s'appuie sur des minutes d'interrogatoire d’une précision documentaire proche de ce que Garenq revendique pour L'Abandon (dialogues sourcés sur le dossier d'instruction). Les deux films partagent ainsi une unité de temps bien désignée : onze jours pour Paty, six jours pour Scholl ; une rigueur documentaire instaurée par les deux cinéastes, en s'appuyant sur des faits établis par l'enquête ou le procès ; une sobriété de la mise en scène — pas d'effets de l’image, pour laisser le spectateur face à la gravité des faits.
La différence porte sur la violence qui détruit chacun des deux personnages : chez Scholl, c'est un appareil d'État totalitaire agissant en toute légalité ; chez Paty, c'est un engrenage diffus — mensonge, rumeur, réseaux sociaux, défaillances institutionnelles — qui aboutit au même abandon face à une mécanique qui risque de tous nous dépasser si nous ne la combattons pas.
Jean–Jacques Moscovitz
BANDE ANNONCE
Membres de l'Association Le Regard Qui Bat
Lysiane Lamantowicz - Jean-Jacques Moscovitz (jjmoscovitz@gmail.com) - Simone Wiener - Laura Koffler - Maria Landau - Françoise Moscovitz - Thomas Moskowitz – Daniel
Friedmann - Claude-Noële Pickmann - Barbara Didier-Hazan - Martine Linares (La Rochelle) - Muriel Prieur – Annie Staricky - Muriel Aptekier -Catherine Erman - Marie Selin - Laurence Croix - David Rofé-Sarfati - Sandra Basch
« Il y a en effet un chemin qui permet le retour de l’imagination à la réalité, et c’est l’art » Sigmund Freud