Le courrier de Jean-Jacques Moscovitz


« le présent est un instant qui a de la chance »

L’actuel du temps qui passe, au fait passe-t-il ? Stagnation…

Qui va bien, qui va mal vient et revient aujourd’hui sur la scène et pas seulement sur celle du médical quelque peu enfin à sa place. Aujourd’hui cette scène devient le bien et le mal, de telle sorte qu’aller mal c’est être une victime, aller bien quasiment un bourreau ! Ce couple, scène de notre actuel, est directement issu du retour de la rupture de l’Histoire des années quarante, au point de nous faire de plus en plus participer passivement à cette scène de l’actuel de notre temps où la morale devient un objet de consommation de masse ! Puissent nos démocraties y remédier, grâce à ses valeurs de la parole, de la responsabilité et de la liberté, celle qui, dans les ténèbres comme le dit le Chant des Partisans, c’est elle qui nous écoute.

Contre voire parfois avec toutes sortes d’intégrismes suraigus, flous, passagers…

En attendant, ce couple victime/bourreau trop fusionnel prolifère et ne serait-il pas en train de se mettre à l’aise chez les « psy » sur les questions de notre formation, question pourtant toujours vivante et majeure à l’évidence.

Nous en sommes à un présentisme, mot nouveau dans les réseaux sociaux, sorte d’arrêt sur la Covid et ses dangers. Stagner à un poste avancé du retard du temps mou de nos jours. Immobilité d’un soi-disant JE innocent subissant sa marche sur place et en alertes, fausses ou pas.

En pénurie de pensée en tous les cas, telle que la psychanalyse ici n’a rien de révolutionnaire comme certains le chantent sur l’air de La Marseillaise… La peur de la psychanalyse chez certains psychanalystes est à noter. La séance Covid à distance, appelons-la téléphonia par rapport à celle, préférée, la présentia. La Covid ne provoque pas un changement radical dans un tournant irréversible de la psychanalyse, mais simplement de l’adaptation à la situation que tout le monde subit. La psychanalyse par son origine même fondée sur le langage et le sexuel freudien permet que le corps soit présent dans les échanges des présents, il est évoqué, réclamé, récusé, il est là en séance, par téléphone ou pas.

La psychanalyse ne ressort pas amoindrie mais toujours là, présente, et toujours proche de faire scandale pour le simple citoyen qui n’accepte pas l’existence de l’inconscient et de ses effets sur la subjectivité contemporaine.

Comme praticiens, nous tenons bon, et c’est tout à fait impressionnant que cela puisse avoir lieu aussi bien -tout le monde en conviendra - sauf certains psychanalystes probablement phobiques de la psychanalyse elle-même, rassurés par la présence corporelle de leurs analysants plutôt que d’en écouter les signifiants qui structurent leur discours. La séance au smartphone ou en scaphandre soulève la question de la phobie, c’est-à-dire du carrefour nosographique psychiatrico-psychanalytique : névroses, perversions, psychoses, et quelques autres syndromes. Rien de nouveau donc sinon d’être averti tel le phobique que le surplace du temps guette, mais ce temps est aussi bien intérieur au dedans de soi, comme toujours. Et rien n’empêche justement de l’écouter en séance individuelle, ou en Zoom dans des petits colloques d’analystes comme cela se fait de plus en plus.

Et au fait rêvons nous ? C’est très réparateur, les rêves, et très indicatifs de nos désirs de rencontrer le pire et le meilleur. L’amour et le désir n’y sont pas absents, c’est bien pourquoi, avec ce tournant que nous prenons du fait de cette réalité adaptative, nous proposons un enseignement adressé aux tous venants en faisant des rencontres avec tous ceux que l’inconscient concerne. Il en va là de l’histoire du mouvement analytique . Comment la psychanalyse fonctionne-t-elle depuis 1981, du côté de ceux se référant à Lacan et aussi bien de l’IPA, depuis la dissolution de l’École Freudienne de Paris et la disparition de Jacques Lacan et de beaucoup d’autres ?

De nombreuses associations de psychanalystes comprenant aussi des psychothérapeutes formés à la psychanalyse, se regroupent souvent en réseaux informatiques très actifs ; dont on sait qu’ils s’appuient et ont des échanges constructifs avec les groupes analytiques existants ayant pignon sur rue. Les résistances à l’analyse trouvent ainsi à qui s’affronter, le paratonnerre de le haine de la psychanalyse après Freud et Lacan n’est pas absent, il nous incombe, désormais, d’où le sous-titre au nom de Psychanalyse Actuelle /Actuel de la psychanalyse « Freud, Lacan, et Nous ». Ce nous s’indexe aux réseaux internationaux, L’inter-associatif Européen de Psychanalyse et de Convergencia/Mouvement freudien de la Psychanalyse lacanienne, regroupant des associations des Amériques, de Chine, d’Europe…