LE REGARD QUI BAT. . .

C'est l’apport réciproque entre des cinéastes, leurs œuvres et des psychanalystes

Une fois par mois a lieu la projection d’un film suivie d’un débat entre spectateurs, cinéastes, psychanalystes, philosophes, historiens…


PROJECTION SUIVIE D'UN DÉBAT

Vendredi 29 mars 2019 à 20H15

Cinéma Beau Regard
22, Rue Guillaume Apollinaire 75006 Paris
UNE AFFAIRE DE FAMILLE
réalisé par 

Hirokazu Kore-Eda

 - JAPON - 2018
Palme d'Or du festival de Cannes 2018

Débat animé par : Jean-Jacques Moscovitz, Fred Siksou, Vannina Micheli-Rechtman, Maria Landau, Simone Wiener, 
Laura Kofler, Jean-Jacques Chapoutot, Lysiane Lamantowicz, Françoise Moscovitz...


synopsis : Au retour d’une nouvelle expédition de vol à l’étalage, Osamu et son fils recueillent dans la rue une petite fille qui semble livrée à elle-même. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant pour la nuit, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu‘elle comprend que ses parents la maltraitent. En dépit de leur pauvreté, survivant de petites rapines qui complètent leurs maigres salaires, les membres de cette famille semblent vivre heureux – jusqu’à ce qu’un incident révèle brutalement leurs plus terribles secrets….

l'avant-propos de Jean-Jacques Moscovitz : ... « Rin , 5ans, de la tête dit calmement non, ses yeux en disent long sur ce qu’elle pense de sa vraie mère qui vient de la retrouver alors qu’elle l’avait abandonnée. Par négligence... Shôta, 12ans, tourne la tête, regarde son père...en arrière. Comme William Burroughs l’écrit pour nous tous : « J’ai appris à parler et à penser en arrière à tous les niveaux ». Une séparation d’avec son père coopté/adopté vient d’avoir lieu. Son origine était d’avoir été trouvé dans une voiture, ailleurs, dans une autre ville. Les autres « membres » de cette famille-là se sont choisis spontanément. Tendresse, désir voulu d’être ensemble, générosité, vérité des échanges sont là en acte. Mise en scène au cinéma de notre quotidien en apparence mais ici il tourne au tragi-comique : droit de la famille et loi du désir jouent aux dés ! Dont on sait que le hasard n’en ressort pas pour autant aboli. Des rencontres immensément fortuites ont lieu à l’ombre de la loi. Ombre qui ici fait loi du langage, instaure une dimension du semblant inhérent à toute métaphore dans l’acte de parole. Où paroles et regards se conjuguent. Ici rien de normal, rien de pathologique. Ce sont d’anciens et de plus récents enfants toujours actuels au présent au passé et au futur. Surgit à chaque instant une sensation de loi dans la loi qui ne gère rien d’autre que le fonds de l’humain parlant. Qui est désir de savoir le désir et cela s’appelle l’amour. La remise en cage de Rin retrouvant son nom de Yuri fait écho au bonhomme de neige que Shôta construit en lieu et place de père pour une séparation effective où ni rupture ni fusion n’ont lieu. La justice évoquée dans le film exerce le droit en sachant écouter les visages pleins de silences… Des paroles vivantes qui nous enseignent que le biologique n’est pas le roi du temps où nous sommes. Ce film est anti-trans-humaniste, celui qui veut augmenter l’homme pour compléter ce que les dieux ont raté ... « Une affaire de famille » de Hirokazu Kore-Eda est un film anti robot, anti marchandise humaine… La vérité de ce qui cloche en chacun de nous est ici l’acteur principal. C’est la vérité du désir ...Enfin »…