LE REGARD QUI BAT. . .

C'est l’apport réciproque entre des cinéastes, leurs œuvres et des psychanalystes

Une fois par mois a lieu la projection d’un film suivie d’un débat entre spectateurs, cinéastes, psychanalystes, philosophes, historiens…


PROJECTION SUIVIE D'UN DÉBAT 

Dimanche 2 février 2020 à 19H30

Beau Regard

22, Rue Guillaume Apollinaire 75006 Paris

LA DERNIÈRE D'ENTRE ELLES
réalisé par Pierre Goetschel - France 2019

En partenariat avec Schibboleth/Actualités de Freud

La projection sera suivie d'un débat avec Pierre Goetschel et sera animé par : 
Jean-Jacques Moscovitz, Simone Wiener, Fred Siksou, Michel Gad Wolkowicz...

toutes places à 6€

synopsis : Pierre Goetschel a rencontré miraculeusement Rosette, la dernière survivante d’un petit groupe de femmes rescapées d’Auschwitz-Birkenau, dont sa grand-mère Fernande a fait partie. À partir des fragments exhumés de leurs récits écrits dès leur retour, il retisse la destinée tragique de ces femmes indéfectiblement liées par le destin. Mais Rosette, elle, n’a pas écrit et a préféré se taire pendant plus de soixante ans. Arrivera-t-elle à lire le texte de son amie Fernande ? Entre les premiers témoignages et la présence singulière de Rosette, le film interroge au plus intime ce qu’il s'est passé "là-bas" pour ces femmes à Auschwitz.

l’avant-propos de Jean-Jacques Moscovitz, Simone Wiener, Fred Siksou : « La dernière d'entre elles, c'est d'abord et aussi, "...entre elles", le lien entre ces femmes. Et les images de Pierre Goetschel nous les présentent; et nous sommes avec elles dans l'enfer qu'elles ont vécu, sans que jamais l'intolérable nous oblige à fermer yeux et oreilles. Ainsi ce film fait, permet une écriture, et ce n'est pas son moindre mérite. L'une, est-il dit par une des lectrices, évoque le vol d'une mouche, pour dire l'appel de la liberté..., la lutte contre la solitude. Rosette Lévy est parmi nous, et par son silence qu'elle nous transmet, elle se protège, nous protège de cette laideur immense sur ce qu’il s'est passé "là-bas". Douleurs. Désarroi sans nom et pourtant nommés avec l'élégance de sa présence vis-à-vis d'elle-même comme pour ses amies. Suzanne, Fernande, Hélène et d'autres revivent; elles sont magnifiques de vérité. "Là-bas" est le mot qu'elles utilisent pour désigner le camp. Anne-Lise Stern déportée nous l'enseignait dans ses si nombreuses et inoubliables paroles de témoin sur "Histoire, Camps. Psychanalyse". Impossible de constituer un savoir fini, un objet d'archive sans vie. Ainsi avec ce film, "Là-bas" est actuel. Il se continue, aujourd'hui avec ces images qui nous montre la Marche de la mort où des dizaines de milliers d'internés sont traînés sur les routes, abattus, gardés comme butin, de camp en camp, jusqu'à l'arrivée de l'Armée Rouge à Auschwitz, fin janvier 1945. Peut-on dire libération du camp, fermeture... ? Aucun mot ne convient, sinon sans doute, lieu de sépulture pour tant de disparus, de leur corps, de leur nom, de leur histoire intime. Ce film nous dit l'intime de ces femmes entre elles, "là-bas". Elles apparaissent comme des matriarches. Elles ne peuvent être effacées. Elles sont toutes aussi premières que dernières... Sans fin est la vie, la vie de chacune, sans fin est la force de vivre, malgré tout ... par leurs écrits, par les images de ce film qui, à notre tour, nous font témoins.C'est la force de ce film de constituer une écriture. Ainsi et aussi. Pour nos enfants, les enfants de nos enfants ...  »