LE REGARD QUI BAT. . .

C'est l’apport réciproque entre des cinéastes, leurs œuvres et des psychanalystes

Une fois par mois a lieu la projection d’un film suivie d’un débat entre spectateurs, cinéastes, psychanalystes, philosophes, historiens…


PROJECTION SUIVIE D'UN DÉBAT 

Jeudi 11 juillet 2019 à 20H15

Cinéma Beau Regard

22, Rue Guillaume Apollinaire 75006 Paris
M
réalisé par Yolande Zauberman - France 2019 

La projection sera suivie d'un débat avec Yolande Zauberman
Débat animé par : Jean-Jacques Moscovitz, Fred Siksou, Vannina Micheli-Rechtman, Simone Wiener, Laura Koffler, Françoise Moscovitz...

Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs

synopsis : «M» comme Menahem, enfant prodige à la voix d’or, abusé par des membres de sa communauté ultra-orthodoxe qui l’adulait. Quinze ans après il revient à la recherche des coupables, dans son quartier natal de Bnei Brak, capitale mondiale des Juifs ultra-orthodoxes. Mais c’est aussi le retour dans un monde qu’il a tant aimé, dans un chemin où la parole se libère… une réconciliation.


l’avant-propos de Jean-Jacques Moscovitz : « ...une nuit, une voix de chantre en hébreu, une langue, le yiddish, une... caméra sont en place d’acteurs. La geste cinématographique de Yolande Zauberman est magnifique. Elle nous place d’emblée en dehors de l’enthousiasme si fréquent où les médias tentent de nous séduire face à l’horreur du crime de pédophilie. À travers le monde. Ici un milieu ultra-orthodoxe juif très communautaire n’en est pas épargné. Chacun perçoit dès lors l’intime le plus subjectif dans les images, les mots, les visages de ceux qui témoignent de leur douleur d’avoir été objet sexuel de rabbins, adultes si gravement dévoyés et délinquants. Ils nous font entendre une parole apaisée pour eux et apaisante pour nous. Non sans danger aujourd’hui encore de commettre le pire pour certains, eux-mêmes pourtant sans pardon aucun pour ce qu’ils ont subi. Le texte, la torah, les rituels semblent intacts. Et nous rappellent combien il est très s difficile d’être à la hauteur du judaïsme. D’autant plus exacerbé dans ce genre sectaire puisqu’il s’agit de Naturei Kartéi à Bnei Brak au nord de Tel-Aviv. Où le yiddish est la langue vernaculaire pour que l’hébreu ne soit dévolu qu’à la lecture des textes sacrés et à rien d’autre. D’objet « de plaisir des adultes, ceux qui lui apprennent à lire et à écrire », comme « les filles pour les militaires », M. Lang se retrouve subjectivé, sujet face au collectif sadique, et c’est par la créativité de la réalisatrice que cela se produit. Freud est ici invoqué d’avoir enseigné à l’humanité l’émancipation de la sexualité humaine en la sublimant à des fins éducatives. À apprendre l’existence du surmoi pour sublimer nos excitations pulsionnelles. Car une lutte sans merci à lieu entre les motions sexuelles et leurs interdits. Les unes captant la force des autres alternativement. Et à un moment des actes pervers s’ensuivent, enlaidissent la vie psychique au quotidien... C’est irréparable sans la création d’une adresse de la parole, comme le cinéma, l’art, la psychanalyse » ...