LE REGARD QUI BAT. . .  C'est l’apport réciproque entre des cinéastes, leurs œuvres et des psychanalystes

« Il y a en effet un chemin qui permet le retour de l’imagination à la réalité, et c’est l’art » Sigmund Freud

Une fois par mois a lieu la projection d’un film suivie d’un débat entre spectateurs, cinéastes, psychanalystes, philosophes, historiens…

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Cinéma Étoile Saint-Germain-des-Près
22, rue Guillaume Apollinaire - Paris 6ème arrondissement

Dimanche 2 juillet 2017 à 10H30

PROJECTION SUIVIE D'UN DÉBAT

LOU ANDREAS-SALOMÉ
De Cordula Kablitz-Post - Allemagne / Suisse 2016
https://www.etoile-cinemas.com/stgermain/reserver/F196234
Débat animé par : 
Jean-Jacques MoscovitzFred Siksou, 
Vannina Micheli-Rechtman, 
Maria Landau, Simone Wiener, Laura Kofler
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Le Féminin au Regard Qui Bat

Projections - Rencontres - Débats

Ce cycle, Le Féminin au Regard Qui Bat, a commencé en mai avec Je danserai si je veux de Maysaloun Hamoud.
Puis L’Amant d’un Jour de Philippe Garrel. Le troisième film sélectionné est Lou Andreas Salomé de Cordula Kablitz-Post

Lire ici l'argument du cycle sur Le Féminin au Regard Qui Bat


Le synopsis : Esprit rebelle, l'intellectuelle d'origine russe Lou Andreas-Salomé ne peut que déplaire au régime nazi. C'est dans ce contexte qu'elle entreprend de rédiger ses mémoires. Quand elle était plus jeune, elle rencontre Nietzsche qui tombe immédiatement sous le charme de cette femme avant-gardiste. Paul Rée, un riche philosophe allemand, demande en vain Lou en mariage. Il va s'organiser un étrange ménage à trois platonique. Rilke, de quatorze ans son cadet, se meurt d'amour pour elle. De son côté, la jeune femme refuse de renoncer à sa liberté en se mariant. Elle rencontre Freud : l'admiration est réciproque...

L'avant-propos de Jean-Jacques Moscovitz : Göttingen… Visage triste et désemparé, Ernst Piffer demande à Lou de faire une analyse avec elle, elle a 72 ans, toujours belle et souriante. Elle lui propose qu’il sot son scribe, de taper à la machine sa biographie et son œuvre sous l’œil avisé et bienveillant de notre héroïne... Nous voyons le scénario s’écrire devant nous. Nous sommes en 1933, les nazis la menacent, elle est en passe de détruire son œuvre, Ernst P. sauve les textes… et ce sera surtout son dernier compagnon. Ils se le disent, « si tu crois en la vie, lui dit-elle alors je suis d’accord ». St Pétersbourg, Lilya a 16 ans, elle est sur les genoux de Her Pastor, son précepteur fou amoureux d’elle, c’est Henryk Guillot, le premier homme de sa vie, son Dieu, il veut l'épouser, quitte à transgresser tous les codes de son temps, les visages des protagonistes en sont pantois de honte.
Et c'est parti. Des hommes arrivent dans sa vie et non des moindres, Paul Rée, Nietzsche, Rilke. Arrêt sur image de la charrette où elle les mène au fouet. Elle crée autour d’elle passions, désirs de complétude, ils la voient en La femme fatale enfin arrivée bien qu’elle n’en soit pas dupe. (Cf. le texte de Robert Maggiori).
Un orientaliste, Mr Andréas lui donne son nom qu’elle met avant celui de son père, Von Salomé, elle a 26ans, c’est un mariage blanc uniquement pour des raisons pratiques d'évidence. Pendant ce temps-là, des disputes sans fin surgissent dans l’union érotique avec Rilke. Son parcours beaucoup la connaissent et pourtant elle sait protéger son intime. C’est montré dans le film. Au niveau politique, elle ne reste pas muette face à la libération des femmes de la fin du 19e siècle. Freud lui ne succombe pas bien qu’amoureux. Il est sous le charme, dit-il, de cette « compreneuse », de la comprendre de façon heureuse…dirons-nous. Il s’est comme par hasard prévenu lui-même dès 1908 quand il écrit Création littéraire et rêve éveillé alors qu’il n’a pas encore vu Lou... La première rencontre a lieu en 1911. Elle va habiter deux mois chez les Freud fin 1921. Elle y rencontre Anna la fille du père. Un père qu'elle vénère et adore comme si c’était le sien, et Anna a 26 ans est comme sa sœur, Lou 60…Leurs échanges sont intenses sur le choix sexuel. Sur la question du féminin Lou récuse en séance chez Freud, la question du meurtre du père présent pour le garçon, pour la fille ce n’est pas ce qui est au centre du complexe d’Œdipe. Au contraire le Père est un abri, « un port » pour sortir de la tourmente du lien à la mère. (Cf. le texte de Claude Noële Pickmann). Les personnages défilent devant nous en images magnifiques, bien que connues, documentées elles sont novatrices. La mise en en scène des correspondances pose les lettres en place d’acteurs où les images prennent le relais des deux personnages qui nous donnent le sentiment très fort qu'ils savent de quoi il retourne, de ce virage qui est pris ici aussi bien au niveau politique qu’intime. L'émancipation des femmes les sort du dressage masculin pour arriver à une vie intime et libre où le désir féminin apparaît. La pratique de Lou ne cesse de nous montrer combien le désir de l’analyste et le féminin sont liés à l’existence de l’inconscient, quel que soit le sexe dans la vie fantasmatique ou réelle. Dans la vie sexuelle, pensées érotiques, passion et amour et paroles qui sont articulées en ce que ce n'est pas la différence des sexes qui domine les humains mais bien le féminin, Affaire à suivre pour les années qui viennent pour la civilisation de l’homme pour le singulier de l'intime contre le Un toujours trop Un….

Lire ici l'argument du cycle sur Le Féminin au Regard Qui Bat