2021 - 2022

SÉMINAIRE DE PSYCHANALYSE ACTUELLE

LES INCIDENCES DU CONTEMPORAIN DANS LES PROCESSUS DE SUBJECTIVATION


EN VISIOCONFÉRENCE PAR ZOOM

Suivre ce lien - ID de réunion : 867 0752 9631 - Code : 619221


OUVERT A TOUS

*contribution libre* : détails à lire ci-dessous


mercredi 15 JUIN 2022 de 21h à 23h


Benjamin Lévy

Enseignant à l’École des Psychologues praticiens de Paris, psychologue et psychanalyste


autour de son livre

L’Ère de la revendication

Manifester et débattre en démocratie

(paru en 2022 aux éditions Flammarion)


Le ressentiment, l’indignation, la colère, la défiance et l’anxiété semblent omniprésents dans l’espace public, mais certaines voix s’élèvent pour réclamer le droit à un avenir meilleur. Se mettre à l’écoute des revendications collectives, aussi hétérogènes qu’elles puissent sembler (féministes, antiracistes, écologistes, etc.), c’est devenir sensible à des trajectoires de vie, à des désirs singuliers qui incitent des femmes et des hommes à se montrer inventifs pour transformer la société. D’un autre côté, la frustration prend parfois un chemin mortifère, s’inscrivant dans une dynamique complotiste ou dans une radicalisation des pensées. Comment la revendication reste-t‐elle porteuse d’avenir, et en vertu de quels mécanismes risque-t-elle au contraire de se retrouver du côté de la haine, de la destructivité voire du meurtre ?


CE MERCREDI 15 JUIN

OUVERTURE DU DÉBAT ET DISCUSSION

PAR HELENE GODEFROY, JEAN-JACQUES MOSCOVITZ…

*contribution libre* : Une cagnotte en ligne, permet de contribuer aux divers frais d’organisation - montant suggéré 10€ par personne et par séance - cliquer ici. Merci !

PROGRAMME DES MERCREDIS DU SÉMINAIRE MENSUEL À PSYCHANALYSE ACTUELLE

chaque troisième mercredi du mois d'octobre 2021 à juin 2022 de 21h - 23h

Séminaire animé par

Jean-Jacques Moscovitz (psychanalyste, psychiatre) - 06 16 29 51 89 - jjmoscovitz@gmail.com

Benjamin Lévy (enseignant, psychanalyste, psychologue) - 06 47 52 80 10 - benjamin.levy@outlook.fr


POUR PROPOSER UNE INTERVENTION VEUILLEZ NOUS CONTACTER

Les intervenants pressentis : Dimitri LORRAIN, Valérie MARCHAND, Luis Eduardo PRADO DE OLIVEIRA, Jérémie CLEMENT, Nathalie MOSHNYAGER (Genève), Lysiane LAMANTOWICZ, David ALLEN, Zhao MIN (Chengdu)…

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Pour les nouveaux groupes de travail, on s'adresse à Muriel Aptekier : muriel.aptekier@orange.fr

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PARTICIPATION et INSCRIPTION À L’ASSOCIATION

PRATICIENS : 200€ -- CORRESPONDANT : 70€ -- AUDITEUR LIBRE (étudiant ou autre) : 35€

Règlement par virement bancaire à l'ordre de Psychanalyse actuelle

IBAN FR76 1751 5900 0008 5671 0607 835 - BIC : CEPAFRPP751

Ou bien, veuillez envoyer votre chèque libellé à l’ordre de PSYCHANALYE ACTUELLE

En indiquant vos nom, prénom, adresse postale, numéro de mobile et votre e-mail

À adresser à Mme Muriel Aptekier : 94 AV. Emile Zola 75015 Paris - 00 33 (0) 6 82 37 66 37 - muriel.aptekier@laposte.net


mercredi 20 octobre 2021 de 21h à 23h

ouverture du séminaire de l'année par

Maria LANDAU

psychiatre psychanalyste

L’accès à la rupture de l’Histoire : le nazisme - ou comment la psychanalyse des enfants introduit la parole sur la Shoah dans les cures.

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mercredi 17 novembre 2021 de 21h à 23h

Nathalie MOSHNYAGER

psychanalyste et sinisante nous présentera son dernier ouvrage

Lacan, le chinois et le moulin

La lecture minutieuse des passages concernant l’écriture chinoise et la calligraphie dans les séances du 6 décembre 1961 et du 24 janvier 1962 du séminaire l’Identification de Lacan nous a fait découvrir un lien spécifique entre les caractères chinois choisis par Lacan dans ce séminaire et la métaphore du moulin qu’il évoque dans le même temps et qui semble en découler. L’étude approfondie de chacun des caractères chinois nous mène à entendre de façon très concrète cette métaphore du moulin de la parole, son nouage à l’inconscient, et le rapport de la lettre au langage.

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mercredi 15 décembre 2021 de 21h à 23h

Maria Eunice SANTOS

psychanalyste à Salvador de Bahia


La communauté de la petite différence

Le narcissisme de la petite différence est un concept freudien plein d'amertume et d'ironie : il parle de la haine du prochain. Au contraire de la vision chrétienne du partage, humilité et compassion face au visage qui me voit, s'érige l'arrogance qu'on dégage par un trait, un petit trait ! Un trait suffit pour soutenir mon orgueil contre l'autre qui est mon voisin, trop proche, dangereusement, ce qui me permet voir les taches de ses dents, ses pauvres souliers, l'accent de sa langue qui peut me faire me confondre avec lui et me faire découvrir comme cet imposteur, Moi !, qui me prétends unique et in-confondable !

Au contraire aussi de l´idée de la haine pour l'étranger, le barbare, c'est mon collègue, mon frère, la nuance de la couleur de sa peau, de ses yeux, le modèle d'une nouvelle version de mon auto, cet arrondissement où j'habite, et la catégorie de ma place dans l´avion, qui incarnent cette proximité du circuit de la reconnaissance comme un lieu infâme où je risque de glisser, oh le pauvre ! Société de la reconnaissance dans l´ordre du mépris dirait le philosophe Axel Honneth à ce sujet.

Mais je veux vous amener à un autre ordre de choses, qui en ce moment se construit ici à Bahia, ville noire du Brésil, où je suis née. Construction lente, on peut en rechercher les commencements en remontant dans les siècles passés, jusqu'à l'invasion des terres du peuple indigène, leur ravage, qu'on appellerait leur "découverte", l'hybridation obligée des origines, entre corps qui se mêlent en se tuant, en jouissant des enfants, de notre futur. La cruauté sans fin, des navires emplis de personnes, des femmes, des enfants, des hommes arrachés de leur terre, de leur langue, de leurs lieux de partage et de lutte quotidienne, torturés, jetés dans l'océan cet énorme tombeau d'azur, de flammes et de sang. Vous savez déjà ce qu'est la servitude.

Tout en ce moment renaît entre les communautés des villes les plus pauvres, des quartiers hantés, avec leur population qui appartient à cette diaspora africaine. Par hasard, de façon insolite, je suis devenue une témoin de la construction d'un réseau énorme qui valorise les petits, la culture locale, les artisans, les musiciens, l´information donnée sur la tradition, la cuisine, les fruits, et les herbes, et les feuilles qui ont été découverts dans cette recherche continue, et qui a sauvé la mémoire et ses pratiques qui indiquent des siècles de vie et de faire ensemble. Faire ensemble, parce que tout seul il n'y a pas de grâce. Ce n'est pas seulement la face de l'autre qui m'interroge, mais son au-delà qui s´inscrit dans l'ordre de l´invention du temps commun construit par des actes.

Comme me l'a enseigné le compositeur ghanéen Nketia, quand il parlait à mes côtés lors d'un congrès, ici à Bahia, au sujet de la création, tandis que moi je mettais l'accent sur la douleur et le désarroi de la création, complètement enveloppée dans ce Zeitgeist des Occidentaux avec sa solitude qui guette la génialité, ainsi que Blanchot l’avoue : « J'écris avec la guillotine descendant sur mon cou. » Hélas on le dirait tellement français ! Par contraste Nketia, nous dit avec son beau sourire, « Dans notre lointain village, nous avons un groupe de créateurs musiciens : et si quelqu'un a envie d'inventer une musique, il convoque ce groupe, et ils la font ensemble. »

Combien des fantômes narcissiques sont chassés par ce dispositif ? Quelle épargne de vie ! Ici, en ce moment, ce sont les villages les plus pauvres qui utilisent l´internet et les rencontres dans des lieux publiques, par exemple une lagune sauvée pour la population, un « terreiro de macumba », sont en train de redécouvrir une communauté où on respecte les petites différences. Ce n'est pas la culture universitaire qui est l´unique référence de valeur des gens, mais les bienfaits dans la communauté. La langue est estropiée, mais personne n'est traité comme un abruti s'il est capable de partager sa maison et son pain, avec amitié, danse et samba.

Ainsi, nous sommes sous l´égide de l'amour, ce fruit de la ruse de la pauvreté, de sa hardiesse, et de la décision de l'acte, comme nous l'a appris le Banquet de Platon, dans le discours prononcé par l´absente Diotime, elle si inconnue, peut-être noir.

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mercredi 19 janvier 2022 de 21h à 23h


Robert William Higgins

psychanalyste à Paris

(Société de psychanalyse freudienne)ancien enseignant en Soins Palliatifs dans les Facultés de Médecine de Paris 13-Bobigny, de Brest et de l’Université Pierre et Marie Curie Sorbonne . Animateur de groupes de parole avec des équipes d'éducateurs et des équipes hospitalières, notamment en soins palliatifs.


Nous, la mort, le soin

Freud, en 1915 dans les deux parties des Considérations sur la guerre et sur la mort ( La désillusion causée par la guerre, Notre relation à la mort ), déconstruisant cette désillusion à l’égard des développements de la civilisation et des acquis moraux, se montre très pessimiste. Il y maintient pourtant l’espoir qu’un remaniement pulsionnel continu pourra permettre la venue d’un nouveau rapport à la mort. Il n’y fait aucune allusion à ce qu’il avait pu écrire 20 ans plus tôt dans l’Esquisse (1895) du Nebenmensch, de l’être proche dont l’indispensable secours permet au nourrisson de trouver une issue aux tensions extrêmes entraînées par les excitations tant d’origine externe qu’interne qui l’assaillent. Et y formule une conception de l’origine de l’Éthique qu’il ne cessera de réaffirmer, la concevant comme une réaction à nos désirs meurtriers, prenant naissance auprès de cadavre de la personne aimée… une des racines de la culpabilité qu’ils suscitent, mais sans même donner le moindre argument pour réfuter– il ne la cite même pas ! – celle, totalement différente, qu’il affirmait en 1895, voyant dans L’impuissance originelle de l’être humain – son Hilflosigkeit que le Nebenmensch vient secourir, la source première de tous les motifs moraux. Freud répudiera l’Esquisse, en interdira la publication, alors même paradoxalement, que nous apparaît aujourdhui – et particulièrement avec ce que nous apporte le mouvement du Care, du Soin, qu’il aurait pu trouver dans ses premières intuitions de 1895 de quoi étayer, soutenir son espoir d’un nouveau rapport entre « Nous et la Mort ». Lire ce texte intégralement ici

Lire également le texte : "L'attente croyante" Freud médecin de J-J Moscovitz

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mercredi 16 février 2022 de 21h à 23h


Hélène Godefroy

psychanalyste à Paris, psychologue clinicienne, enseignante de psychanalyse et chercheur associée à l’Université de Paris


Malaise dans le genre

Quand la libération du « Féminin » révèle quelques erreurs d’interprétation


La notion de genre met notre monde contemporain sens dessus dessous, en faisant de la binarité sexuelle un modèle peu à peu obsolète. Or, il semble que les femmes n’y soient pas pour rien.

Un trouble flagrant est en effet devenu particulièrement perceptible aussi bien dans le rapport entre les sexes, qu’à l’endroit de l’identité de genre. Et tout a commencé avec la libération du féminin, lorsque les femmes en ont imposé la légitimité au côté du masculin… Dès lors, la bisexualité de structure psychique, depuis toujours puissamment réprimée dans l’inconscient, a fait un retour fracassant vers la lumière de la conscience, bousculant la scène sociale et ses traditions, réformant la vie conjugale et ses réflexes de domination, mais réinterrogeant également l’intime du sujet, qui en peu de temps s’est mis à penser autrement sa sexualité et son identité sexuelle.

Le phénomène mérite qu’on s’y arrête sérieusement. Il suscite aujourd'hui des oppositions et des débats inédits dans le champ même de notre discipline. La nécessité de remettre en chantier certains dictats psychanalytiques figés dans leur prescription théorique, prend parfois aussi le risque d’en négliger le sujet de l’inconscient et sa réalité clinique.

Le temps est donc venu de faire le point sur la question et de saisir par quelle voie clinico-théorique la pensée psychanalytique peut sereinement aborder cette notion de genre.

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mercredi 16 mars 2022 de 21h à 23h

Céline Masson

Professeure à l'Université de Picardie Jules Verne, Centre d’Histoire des Sociétés des Sciences et des Conflits,

Psychanalyste à l'OSE (l'Œuvre de Secours aux Enfants)


Interviendra en visioconférence ZOOM

autour de son livre co-écrit avec Caroline Eliatcheff

La fabrique de l'enfant-transgenre


Aux États-Unis, mais aussi en Europe, les demandes de changement de sexe chez les enfants et surtout les adolescents augmentent depuis plusieurs années. Les psychanalystes Caroline Eliacheff et Céline Masson alertent sur les dérives du « transgenrisme » chez les mineurs. Le poids de la culture LGBTQI et l’influence des réseaux sociaux ont donné une visibilité nouvelle à la « dysphorie de genre », ou sentiment d’être né dans le « mauvais corps ». Émancipation progressiste ou phénomène d’embrigadement idéologique ? Outre que les traitements hormonaux et chirurgicaux feraient d’un enfant sain un patient à vie, la réponse affirmative trop rapide à ce désir de changement de sexe risque aussi de porter atteinte à sa construction psychique. Nombreuses sont les voix (trop souvent étouffées) qui avouent regretter cette transition tandis que plusieurs pays reviennent sur la prescription précoce de bloqueurs de puberté et d’hormones antagonistes. Au nom de la protection de l’enfant, Caroline Eliacheff et Céline Masson dénoncent un prétendu « droit à l’autodétermination » qui occulte et instrumentalise les souffrances des adolescents.

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samedi 12 avril 2022 de 15h à 19h


Après-midi en compagnie de Luis Izcovich et des auteurs de la maison d'édition Stilus autour du thème

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mercredi 18 mai 2022 de 21h à 23h

François ARDEVEN

Psychanalyste, enseignant de lettres classiques,

attaché culturel et président de la commission culture au centre Medem – Arbeter Ring

Auteur de Pour un midrash laïque : Job, Jonas, Esther, Joseph (Imago, 2021)

Sur le principe filioque de la théologie orthodoxe

et du meurtre paternel impossible

À l'origine du grand schisme qui a séparé catholicisme et orthodoxie un point de traduction par Saint Augustin de l'Évangile selon Saint-Jean (15, 26). « Fiolioque » ou « per filium » déterminent deux destins et deux Œdipe théologiques. La Russie choisit le premier et l'occident romain le second. On se propose de regarder ces destin, les nôtres encore.

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