Lumières de la psychanalyse
Ce pourrait être un titre de livre. La psychanalyse éclaire

Benjamin LEVY
PSYCHANALYSTE
ANCIEN ÉLÈVE DE L’ENS


Et pourtant, en France, il est aujourd'hui de bon ton parmi la communauté analytique de récuser l’héritage des Lumières. Certains psychanalystes ne tiennent pas un autre discours que tel ou tel démagogue au pouvoir pas si loin de Paris. Ils répètent les thèses d'intellectuels réactionnaires (sans esprit critique, donc en omettant de se rendre compte que lesdites thèses sont plutôt discutables et, pour la plupart, mal étayées).

La nomenklatura de notre époque l'affirme : les Lumières auraient été du côté d'une soif délirante de transparence.

Mais de qui parle-t-on ? De Rousseau, Voltaire, Diderot ? Et peut-on, s'il vous plaît, décrire un peu mieux ce qui leur est reproché ? J'en ai même entendu qui disaient que la route des Lumières avait conduit au génocide.

Permettez-moi d'en douter.

Il me semble que la pensée des Lumières ne se peut comprendre qu'en référence à un certain exercice autoritaire du pouvoir qu'elle tentait de contrecarrer. C'est sans doute là ce qui gêne une certaine nomenklatura, bien installée.

Une partie de ceux qui se flattent de penser finissent ainsi par bêtement répéter les thèses de démagogues populistes.

Voilà qui est un peu triste, surtout lorsqu’il y a des psychanalystes parmi eux. Car à vrai dire, la psychanalyse existe dans l’exacte mesure où elle éclaire. Les Lumières, pareillement, ne furent pas une structure figée, mais un mouvement.