SÉMINAIRE À PSYCHANALYSE ACTUELLE 2018 - 2019

LES INCIDENCES DU CONTEMPORAIN DANS LES PROCESSUS DE SUBJECTIVATION

Séminaire animé par

Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste (psychiatre)

Benjamin Lévy, psychanalyste, enseignant, ancien élève de l’ENS

RÉUNIONS les 3éme MARDI du mois À 21H

À L’École Normale Supérieure

45 rue d’ULM 75005 PARIS

SALLE DES RÉSISTANTS

OUVERT À TOUS

PAF 5€

huitième réunion

MARDI 21 MAI 2019 À 21H


David Allen

Maître de conférences à l'Université Rennes 2

Pour un exposé

William & William : Naissance et mort de la subjectivité à partir des œuvres de William Shakespeare et William S. Burroughs

Dans Hamlet et Macbeth déjà, on trouve une vision du sujet divisé, de l’espace entre lui et lui-même. Macbeth est possédé par les prophéties des trois sorcières. Macbeth et Hamlet font des choix raisonnés à partir d’une subjectivité assumée et affirmée.
Chez Burroughs, on ne trouve que des fragments d’hommes. Le besoin et l’idéologie du besoin se sont combinés pour façonner un monde bâti sur le signe du miroir comme limite du sujet. La fausse conscience généralisé (stalinisme, nazisme, capitalisme moderne) coexiste avec une série de situations micro-totalitaires devenues « normalité ».

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POUR PROPOSER UNE INTERVENTION

Veuillez contacter l’un des organisateurs :

B. Lévy, 0647528010 benjamin.levy@outlook.fr

J.J. Moscovitz 0616295189 jjmoscovtz@gmail.com 

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INSCRIPTION ANNUELLE A PSYCHANALYSE ACTUELLE AU 1ER OCTOBRE 2018 JUSQU’À FIN OCTOBRE 2019

MEMBRE PRATICIEN : 180 EUROS - CORRESPONDANT : 80 EUROS - AUDITEUR LIBRE (étudiant ou autre) : 35 EUROS 

VEUILLEZ ENVOYER VOTRE CHÈQUE LIBELLE A L’ORDRE DE PSYCHANALYSE ACTUELLE AU SECRÉTARIAT

Mme Muriel APTEKIER 94 AV EMILE ZOLA 75015 PARIS - En indiquant votre nom, adresse postale et votre email


septième réunion

MARDI 16 AVRIL 2019 À 21H

Nous recevons : Jean-Jacques Rassial

Psychanalyste - Professeur des universités

autour de son livre : Manifeste déiste d'un psychanalyste juif 

L’influence des religions, en particulier sous une forme intégriste voire sectaire, et les limites des athéismes associés à des sociétés totalitaires relancent la question de Dieu dans le monde contemporain. Depuis Freud, « juif infidèle », comme il se définit, jusqu’à Lacan, pour qui la « religion vraie », c’est la catholique, la question de la religion, de la religiosité mais aussi de la fonction psychique et sociale de Dieu traverse la psychanalyse à partir du fondement de la relation à l’Autre, qu’il soit représenté par la Mère, le Père ou le Maître.
Jean-Jacques Rassial associe cette figure de l’Autre, restée énigmatique chez Lacan, au Dieu paradoxal des juifs, conçu comme irrémédiablement à la fois immanent et retiré du monde. Dieu serait alors le nom de l’Autre en tant qu’il n’a pas besoin d’existence ni de présence et sans incarnation possible.

sixième réunion

MARDI 26 MARS 2019 À 21H

NOUS RECEVONS : MICHEL ARDITI

Informaticien (Expert en sécurisation des systèmes d'information)

Qui fera un exposé critique sur l’enjeu actuel de l’intelligence artificielle en posant la question suivante « LES GROSSESSES PROLONGEES DONNENT - ELLES NAISSANCE À DES ADULTES ? »

 (déjà avancée, récemment, par notre invité lors de son exposé à Schibboleth/Actualités freudiennes)

Soit le constat critique suivant : que dire des « 20 ans de latence entre les découvertes d’Alan Kay**, et le développement grand public de l'Intelligence Artificielle, au carrefour des enjeux philosophiques, industrielles, et politiques ». Et psychanalytiques ajoutons-nous... Par quoi l’impact entre le parlable et le visualisable ont assez tardé à ne pas se confronter l’un l’autre face au terme de semblant de tout discours: comment ce terme avancé en psychanalyse mérite-t-il ici de prendre place...

**Alan Kay


cinquième réunion

MARDI 19 FÉVRIER 2019

NOUS RECEVONS : ELIE BUZYN

POUR SON LIVRE

"J'avais 15 ans, vivre, survivre, revivre" 

éditions Alisio, mars 2018 (lire des extraits du livre)

 « …Ce qui m’a sauvé, ce sont les paroles de sa mère » qui lui a dit : 

« Tu dois survivre, car tout le monde va mourir sauf toi, tu dois retrouver le reste de la famille en France.  Cette phrase m’a permis de survivre même dans les moments les plus difficiles » …

Nous évoquerons avec lui l'histoire, la médecine, le souvenir, le politique, avant pendant et après sa déportation au Ghetto de Lódz en Pologne puis à Auschwitz, la marche de la mort…

Et après : « En juin 45, quand je suis revenu des camps, je ne parlais pas encore français, j’avais mon numéro sur le bras, je couvrais mes bras car je sentais que les gens me regardaient avec pitié » ….


MARDI 15 JANVIER 2019 À 20H45

NOUS RECEVRONS : AGNÈS GRIVAUX

 philosophe, enseignante en philosophie à l'Université de Nantes


Dialogues et non-dialogues entre politique, philosophie et psychanalyse sur


Theodor Adorno et la vérité de la psychanalyse


AVEC COMME DISCUTANT EMMANUEL BRASSAT


ARGUMENT

Cette intervention présentera un nouage singulier qui s’est établi entre politique, philosophie et psychanalyse au début du XXe siècle, au moment où ont émergé divers dispositifs théoriques, hâtivement rassemblés et unifiés sous des étiquettes comme celle de psychologie sociale ou de freudo-marxisme.
Ce nouage singulier est celui qu’ont proposé les théoriciens de la première génération de ce qu’on a pu appeler par la suite l'École de Francfort (Theodor Adorno, Max Horkheimer, Erich Fromm, Herbert Marcuse) et il a revendiqué une double perspective : du point de vue politique, au moment de l’émergence de phénomènes sociaux et politiques nouveaux et notamment au moment de l’apparition du fascisme, il fallait soutenir que plusieurs aspects de ces phénomènes n’étaient intelligibles que si l’on convoquait la théorie psychanalytique freudienne. Inversement, la psychanalyse semblait être interpellée dans ses concepts par cette situation politique, susceptible de la conduire à transformer ses propres catégories.
Nous nous intéresserons au fait que ce nouage singulier n’a pas simplement impliqué que certains penseurs de la Théorie critique, et notamment Adorno, ont défendu la nécessaire convocation de la psychanalyse à un moment donné de l’histoire politique et de sa théorisation. Au-delà de cet usage qui n’aurait pu être qu’instrumental ou local, Adorno s'est philosophiquement confronté à ce rapport entre psychanalyse et politique, jusqu’à rencontrer et thématiser ce qu'il considérait être la vérité de la psychanalyse.
Nous tenterons de reconstruire cette approche philosophique de la vérité de la psychanalyse, en étudiant comment elle reformule, en même temps qu’elle déplace voire force, le sens de certains concepts centraux de la pensée freudienne.


EXCEPTIONNELLEMENT LE VENDREDI 21 DÉCEMBRE 2018


 À 20H15 AU CINÉMA LES 3 LUXEMBOURG 75006 PARIS


DÉBAT DANS LE CADRE DE PSYCHANALYSE ACTUELLE/LE REGARD QUI BAT

http://www.psychanalyseactuelle.com/le-regard-qui-bat


PROJECTION DE VERTIGO

FILM D'ALFRED HITCHCOCK (1958) 

Avant propos : « L’amour face à notre vertige du vide intérieur se filme, se vit, les racines infantiles d’habitude  incriminées dés lors qu’il y a douleur, rupture, échec, ici le cinéaste fait un acte de génie, il inverse cette donne , c’est la peur la plus archaïque qui unit magnifiquement les passions de nos deux immenses acteurs Kim Novak et James Stewart… » JJM

Modéré par Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste Benjamin Lévy, psychanalyste, enseignant, ancien élève de l’ENS
Animé par Fred Siksou, Simone Wiener,  Pascal Kané,Vannina Micheli-Rechtman Laura Kofler. 
En présence de Christine Laurent, cinéaste, Martine Dugowson, cinéaste,  Paul Zawadzki, philosophe..

NOUS RECEVONS : VINCENT CALAIS

 Qui nous propose une réflexion sur la représentation cinématographique du transfert


Le vertige de l'amour

Le cinéma est un espace de représentation du transfert : c'est à partir de cette thèse que Vincent Calais proposera une lecture de « Vertigo » d'Alfred Hitchcock. Présenté parfois comme l'un des dix meilleurs, voir le meilleur film de l'histoire, « Vertigo » met en scène un ancien enquêteur de police, que la culpabilité a isolé de la scène sociale, et qu'un ami manipule pour maquiller un meurtre en suicide. L'amour s'invite dans l'histoire, confirmant qu'avec lui on ne badine pas.

Consultant, ancien juriste, Vincent Calais avait développé sur le même registre l'analyse d'un autre film, « Le discours d'un roi », dans un article publié en décembre 2011 dans la revue « La Célibataire »…


MARDI 20 NOVEMBRE 2018

 

MOUSTAPHA SAFOUAN POUR SON OUVRAGE : Le puits de la vérité , La psychanalyse et la science

 

Moustapha Safouan est psychanalyste, il a été parmi les premiers à suivre l'enseignement de Lacan dès ses débuts en 1951

 

Argument : « En réalité nous ne savons rien, car la vérité est au fond du puits », rappelle Démocrite, qui souligne la nature mouvante et insaisissable de la vérité. Elle est pourtant ce que le sujet demande dès qu'il parle. En somme, la vérité est une passion infantile autant dire primordiale. La vérité ici ne désigne pas un objet. On en fait usage comme un attribut qui caractérise certains énoncés en les distinguant de leurs contraires, taxés de mensonges. Lacan a pourtant substantivé la vérité et lui a même prêté sa bouche : « moi, la vérité, je parle » ; mais son discours ne semble pas avoir contribué à faire revenir les analystes sur la conception qu'ils se font de leur tâche comme recherche de la vérité. Recherche de la vérité qui ne peut qu'être en même temps une délimitation du réel. C'est ce double mouvement que Moustapha Safouan suit ici, au travers des figures de la science et de la psychanalyse dans leur dialogue avec le lieu où la vérité s'étreint puis se dérobe sans cesse.

VOICI LES CHAPITRES QUE L’AUTEUR NOUS PROPOSE

-I- Einstein épistémologue / -II- La question de l’Un. La foi d’un rationalisme croyant  / -III- De Newton aux quanta / -IV- L’épistémologie de Niels Bohr   / -V- Théorie physique et philosophie du langage / -VI- Savoir et vérité   / -VII- La raison selon le freudisme 


MARDI 16 OCTOBRE 2018 À 21H

EMMANUEL BRASSAT - SUR « RAPPORT(S) ET NON-RAPPORT(S) DE LA PSYCHANALYSE ET DU POLITIQUE

Emmanuel Brassat est docteur en philosophie, formateur et chercheur à l’Université de Cergy-Pontoise/ESPE de l’académie de Versailles, et membre de l’association Dimension de la psychanalyse.

Beaucoup a été dit et écrit sur les relations (ou pas) de la psychanalyse et de la politique ; voire à la fois trop peu et pas assez, quand cela n’a pas été en actes et en paroles la saturation de l’un par l’autre. Une telle question dépend à la fois de la définition globale que l’on se donne de la psychanalyse et des postions singulières prises par chacun des psychanalystes en la matière, ainsi que des pratiques sociales et professionnelles menées. De ce triple point de vue, les orientations sont très divergentes et la compréhension de ce que la psychanalyse apporte (ou pas) à la réflexion sur la chose politique très diversifiée dans les productions théoriques qui en sont issues.

Freud soutenait fermement que la psychanalyse n’était pas une conception du monde, et qu’en cela elle ne pouvait ni ne devait donner lieu à une philosophie politique, bien que son œuvre ait véhiculé et déployé des éléments d’analyse sociale et politique et aussi exprimé des positions. De ce point de vue, très souvent, les psychanalystes ne se sont pas tenus engagés sur le plan politique. Mais l’inverse est également vrai, certains auront toujours pensé leur pratique de psychanalyste comme des plus politique et auront participé à des actes politiques.

Au reste, la psychanalyse est une pratique professionnelle libérale qui ne se confond pas avec l’exercice de la citoyenneté, quelle que soit la façon dont chacun des psychanalystes met cette seconde en pratique personnellement et collectivement, indépendamment de son exercice de la psychanalyse. Néanmoins, il y a des associations d’analystes qui sont aussi en elles-mêmes des formes politiques. En tant que telles, elles ne se limitent pas à de simples corps professionnels – et s’y expriment des positionnements politiques.

De nombreux problèmes en découlent : le décalage de la pratique de la psychanalyse sur l’histoire politique collective, le fait que la psychanalyse subit plus le politique qu’elle ne l’influence, l’hétérogénéité de la psychanalyse à l’ordre social commun ou, au contraire, la participation active des psychanalystes à la gestion de la société dans les institutions politiques, scientifiques et médicales, au risque d’une dénaturation de leur pratique, sans oublier un certain traitement politique de la psychanalyse par les pouvoirs institués, favorable ou répressif.

Le problème du rapport (ou du non-rapport) se voit redoublé par celui de la définition même du politique, ou de la politique, non seulement en tant que tels, mais aussi du point de vue de la psychanalyse. En quelque sorte, on peut soutenir que la psychanalyse entraine une redéfinition originale du politique et des rapports sociaux depuis Freud, au moins en compréhension, prolongeant ici la philosophie et les sciences sociales dans leur critique des formes politiques traditionnelles et modernes. Mais si c’est le cas, quelles devraient en être les conséquences sociales et politiques ?

C’est autour et à travers un tel ensemble de thèmes et de questions que je présenterai mes réflexions sur le rapport et/ou le non-rapport de la psychanalyse et du politique, sans oubli de la distinction des quatre discours chez Lacan.