PRÉCÉDENTS COLLOQUES

La présence du corps dans la cure psychanalytique
Chengdu - 20 au 22 avril 2012

CONVERGENCIA
Mouvement Lacanien pour la psychanalyse freudienne
Comité de liaison français

Samedi 28 janvier 2012
Institut Protestant de théologie - 83 Bd Arago, 75014 Paris

COLLOQUE JOUIR DE L’IMAGE ? QUESTION POUR UN PSYCHANALYSTE 

« Un bougeoir sur une chaise, un fauteuil de paille verte tressée, et voilà le drame éclairé. 
Qui va entrer ? Sera-ce Gauguin ou un autre fantôme ? » 
(Antonin Artaud, « Van Gogh, le suicidé de la société ») 

Poursuivons dans la voie ouverte lors du précédent colloque d'entendre les artistes, les fous et autres passeurs de réel. Par une lecture comparée de deux visions du monde. Antonin Artaud interroge l'image qui le regarde, cette toile de Van Gogh qui habite l'espace public, et l’analyse en ces termes : « Je crois que Gauguin pensait que l’artiste doit rechercher le symbole, agrandir les choses de la vie jusqu’au mythe, alors que Van Gogh pensait qu’il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre-à-terre de la vie. En quoi je pense qu’il avait foutrement raison. Car la réalité est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité. Il suffit d’avoir le génie de savoir l’interpréter. »
A travers la voix d’Antonin Artaud la peinture de Van Gogh se révèle interprétation... Entre ombre et lumière, il ouvre l’espace du silence dans l’image, et défait le trop-plein et la fixité de l’imaginaire pour appeler la parole résonnante du poète, parole pleine de souffle, lumière qui sonne, ombre qui respire... ouverture à l’inconscient.
Quelles répercussions les ruptures de l’histoire au cours du XXème siècle et l’avènement des nouvelles technologies ont-elles eu sur le statut de l’image et de ses jouissances ? Qu’en est-il de notre rapport contemporain à une image omniprésente ? Quel paradigme lie, alors, l’image, la politique et la psychanalyse ?
L'image de cinéma a-t-elle une place à part ? Dans cette perspective, de quelle jouissance se soutient le spectateur ? Quel rapport au réel le cinéma introduit-il ?
Quel rapport entre l’image et le corps ? Avec Marcel Duchamp l'objet ne prend t-il pas une toute autre place ? 
Le contexte épistémologique du XXème siècle implique l’image au sein de la politique et de la psychanalyse. Dans cette perspective, de quelle jouissance se soutient le spectateur ? Quel rapport au réel introduit le cinéma ? Une politique de l’addiction aux différentes formes d’image en impose donc pour un sujet conforme à un ordre préétabli.

Samedi 28 janvier 2012
10h 
- Le Cercle freudien (Analyse freudienne et Insistance) : Annick Galbiati, Alain Lazare, Variations sur la jouissance de l’image
- Analyse freudienne (Psychanalyse actuelle et Insistance) : Chantal Hagué, La peinture : une réponse au corps brisé
- Invité : Centre psychanalytique de Chengdu (Chine) : Xu Dan, L’image du corps et la lettre, l’écriture chinoise, introduction
14h30
- Insistance : Fabienne Ankaoua, Image dialectique, anachronie et vérité
- Invité : L’Acte psychanalytique (Belgique) : Michel Elias, Pierre Smet, Peter Dyck, Joseph Lê Tavan, Corps et image
- Psychanalyse actuelle (Dimensions de la psychanalyse) : Jeanne-Claire Adida, « Je suis dans une exposition de peinture » ; Barbara Didier-Hazan, Jouir de l’image ; Jean-Jacques Moscovitz, Quelles jouissances dans l’art contemporain et dans le cinéma actuel
- Dimensions de la psychanalyse (Psychanalyse actuelle) : René Lew, Figurer l’échappement et viser à le combler

Selon une organisation inaugurée l’an dernier, chaque association produit un texte écrit, dont seuls les commentaires (effectués par deux autres associations) sont exposés lors du colloque. Cependant les auditeurs auront par avance accès aux textes sur le site du Comité de liaison français : Ces textes seront aussi distribués lors du colloque.

COLLOQUE CONVERGENCIA - PARIS - JANVIER 2012  
QUELLES JOUISSANCES DANS L’ART CONTEMPORAIN ET DANS LE CINÉMA ACTUEL 

LES TEXTES DE PSYCHANALYSE ACTUELLE

Jouir de l’image
Par Barbara Didier-Hazan

La question que soulève Antonin Artaud dans sa lecture comparée des œuvres de Gauguin et de Van Gogh est bien celle de plusieurs types de jouissance à propos de l'image. On reconnaitra dans l’élévation de la réalité au rang du mythe une jouissance imaginaire de type idéal du moi. Cela revient à se raconter une belle histoire. Quelque chose qui est de l’ordre d’un modèle. Il s'agit à proprement parlé de la création d'une image. Les tahitiennes nues avec des colliers de fleurs de Gauguin sont-elles plus que de belles femmes séduisantes, aussi luxuriantes que la nature qui les entoure, généreux miroir. Images exotiques ramenées de là-bas, pour le bonheur des yeux; chairs appétissantes. Objets de fantasme sans aucun doute. La peau, les cheveux abondants, parures chantées par Baudelaire dans le poème A une Malabaraise par Victor Hugo dans les Orientales et Cioran dans le magnifique poème «la chevelure». Qu’est-ce que créer un mythe? Ce n'est pas être touché par les choses dans leur fragilité et dans leur insistance mais jouir de leur agrandissement en vue d'en faire un symbole. C'est l'ère du renforcement et de la duplication. Prenons l'image de Mary Lyne Monroe j’hésitais pour l'évoquer à vous dire Mary Lyne. N'est-ce pas un pur agrandissement de l'image et ça  marche. Ça  a marché avec le cinéma et la publicité confondue, avec le cinéma la publicité et la peinture confondue, dans le pop’art avec Andy Warhol, dans une équivalence où la bouteille de coca ou Mary Line c'est identique; métonymie du désir pour autant que ces images sont élevées au rang d 'un mythe, elles représentent l'Amérique. C'est le symbole lui-même qui devient sujet de l'art. En France au même moment avec Yves Klein l'agrandissement est toujours plus grand. Son premier délire selon l'expression des jeunes aujourd'hui, en 1946 est le suivant: Yves signe "son nom de l'autre côté du ciel durant un fantastique voyage réalistico-imaginaire". Sur la plage de Nice Yves et deux de ses amis décident de se partager le monde. Yves prendra le bleu. Puis  en 1949 il conçoit l'idée d'une "symphonie monoton-silence" composition à un seul ton, suivie par un long silence. En 1950 il réalise ses premiers monochromes. Yves Klein  est un judoka. Il publie" les fondements du judo"  prof de judo jusqu'en 1959 .En 1955 il fait sa première expo intitulée "Yves peintures". L'association avec le critique d'art Pierre Restany est déterminante et va contribuer activement à créer l'image rêvée d'"Yves le monochrome." Conjointement à la déclaration théorique du nouveau concept "le nouveau réalisme " l'idée elle-même est consacrée. 1960 c'est le temps de l'art conceptuel dont la devise est "l'art c'est l'art" devient un logo un drapeau un insigne la couleur unique le bleu Klein du nom de son inventeur vous l'aurez compris du seul fait de s'être attribuée cette couleur et d'en avoir projeté l'agrandissement jusque dans le ciel. Plus besoin de faire de la peinture, n’est-elle pas là devant vous, espace sensoriel beau et pur d'avant toute subjectivité, espace infini et immédiat, image vide dont il nous propose de faire l'expérience. Il suffit de choisir sa couleur comme au jeu des petits chevaux. Il suffisait d'y penser. Oui mais il fallait y penser! Et le mettre en œuvre me direz-vous.
Et ça pourrait vous rapporter beaucoup d'argent. Vous n'allez pas mourir dans la misère comme un misérable artiste comme ces parents artistes ...et l'art du judo qui ne paye pas. Vous avez fait mouche. Vous avez été le premier. Le premier à vous identifier à une couleur…à une seule couleur. Alors pourquoi ne pas devenir "délirant", aller au bout de ce mysticisme. “Je crois que dans le futur on arrivera à ne plus peindre que des tableaux d'une seule couleur à la fois et sans autre chose que la couleur” “le vide a toujours été ma préoccupation essentielle”. Tout ce que je peux dire c'est qu'aujourd'hui je ne me sens plus aussi effrayé qu'autrefois de me trouver face au souvenir du futur" Lacan ne poussait-il pas ses analysants dans leur symptôme. Tout ce que vous allez toucher va devenir bleu Klein, n'est-ce pas votre nom? Y a-t-il une différence entre la névrose et la psychose!
Jouir de l'image. La renommée n'est pas loin.
Sa mort deux ans plus tard  à 34ans va précipiter sa consécration. Le bleu Klein est un beau bleu outremer. Peut-être même une belle idée. Image du vide et vide de l'image. Marcel Duchamp écrivait ..."le choix de ces ready-made ne me fut pas dicté par quelque délectation esthétique. Ce choix était fondé sur une réaction d'indifférence visuelle, assortie au même moment à une absence totale de bon ou de mauvais goût... En fait une anesthésie complète. "Le ready-made est un objet usuel promu à la dignité d'objet d'art par le simple choix de l'artiste". Duchamp libère l'objet de sa signification intrinsèque pour lui conférer une  mobilité signifiante donnée par celui qui regarde, par l'expérimentation du spectateur mais encore faut-il qu'il y ait quelque chose à voir quand l'acte de nommer est déliée de  tout rapport au corps de toute interprétation de l’artiste.
Que révèle l'objet ?
Le 18 décembre 2011 Vaclav Havel est mort. Il faut un minimum d'image pour être élu.
Je dirais, tout simplement pour parler avec son prochain. Mais pour être un artiste ? je risquerais cette question un  peu provocante. Qui est l'artiste? Duchamp, Yves Klein, Vaclav Havel? Ou le peuple tchèque qui a pu et a su se reconnaître dans cet homme de théâtre et produire avec l'aide de Dieu! «La révolution de velours» à laquelle aspirent tant de personnes aujourd'hui à leur tour. Je continue sur ma lancée. Oserais-je mettre en opposition l'homme de théâtre et l'homme de cinéma réalisateur ou  acteur. Cette assertion invite à faire un travail sur les jouissances en jeu dans le théâtre et dans le cinéma impliquant une étude des différents types de théâtre et de cinéma. Je serais portée à croire à priori que le cinéma construit des fictions provisoires sur lesquelles les spectateurs peuvent se caler et même parfois devenir acteurs par leur lecture des images. Les évènements vont y être visibles au lieu d'être dits comme dans la littérature. A l'inverse le  théâtre d'aujourd'hui  s'emploie à déconstruire les fictions pour s'attacher à ce réel du corps qui s'en mêle au-delà ou en deçà du miroir, à traduire cette discontinuité, support du langage et des langues tout en perpétuant et renouvelant la tradition  théâtrale de la tragédie  pour autant qu’elle organise les fictions. L'homme  de théâtre est le lieu par excellence de la liaison de la voix et de la parole.
En ce sens la «joie -sens» s'y trouve articulée, nouée et renvoit dans le miroir une image nommante dont la jouissance est source d'un désir soutenable.
Si nous reportons cette question au théâtre de Robert Wilson que je qualifierais de théâtre d'images voici sa définition du théâtre «Le théâtre est quelque chose que l'on expérimente, et expérimenter est un mode de pensée. On ne peut expérimenter quelque chose seulement par l'esprit, il faut aussi le corps: je suis ému, je suis touché, je ressens quelque chose." Dans le livre" Composition, lumière et couleur, l'expérience comme mode de pensée», l'auteur nous dit de son théâtre qu'il donne souvent l'impression d'une expérience familière, vécue antérieurement de façon inconsciente. A l'instar de la poésie son théâtre exprime des pulsons partagées par tous mais qui dépassent ce que l'individu parvient à formuler seul. “Un rocher une chaise ou une fenêtre sont aussi importants que ce que fait l'acteur. Tous les éléments sont de même importance” “Sans lumière il n'y a pas d'espace, un éclairage structuré architecturalement peut fonctionner comme un acteur”.
Bob Wilson a inauguré son théâtre par "le regard du sourd".
Ce spectacle signait  une rupture totale avec le théâtre de texte, avec la contrainte du langage. Il mettait subitement le spectateur en relation directe avec son  propre monde visuel et sonore par le détour de l'étrangeté des images qu'il nous proposait dans l'intimité d'une relation énigmatique  entre elles comme dans l'espace du rêve. Le temps et le langage du corps s'y déployaient en 3D. Musique,  promeneur, chaise, vélo renvoyaient avant tout autre chose une vibration réelle déposant des images en nous spectateurs, convocables 40 ans après telles quelles, dans la même lumière. Repenser à ce spectacle. C'est inouï. C'est le retrouver éclairé (réellement comme par une lampe) à l'intérieur de soi Bob Wilson a eu une formation de peintre et d'architecte et connu John Cage et Andy Warhol. Il a travaillé en hôpital psychiatrique, adopté un enfant de 13 ans sourd-muet en train de se faire tabassé dans la rue par les flics à New-York. Jeune homme noir hiératique qu'il installe magistralement sur un fauteuil à haut dossier au devant  de la scène dans le "Regard du sourd". Vision d'un enfant noir devenu sourd-muet en voyant sa nourrice égorger deux enfants. Quand vous lisez ce rappel sur ce travail théâtral vous voyez que nous ne sommes pas en peine d'images fortes produites par l'expérience de la rencontre avec l'angoisse avec la brutalité du surgissement des pulsions croisant la brutalité du politique. Le premier manifeste du Théâtre et son double d'Artaud débute par ces mots "0n ne peut continuer à prostituer l'idée de théâtre qui ne vaut que par une liaison magique, atroce, avec la réalité et avec le danger."
Sommes-nous si loin de Van Gogh peignant le fauteuil tressé de Gauguin dans un moment de tension relationnelle exacerbée entre les deux peintres qui s'ouvre sur le geste de Van Gogh de se trancher l'oreille après avoir failli poignarder Gauguin. Et d'apporter son oreille à un pensionnaire de son auberge comme le toréador apportant l'oreille du taureau vaincu à sa belle.
Je voudrais souligner que comme nous le savons, l'argent est au cœur du désarroi de Van Gogh, chose qui le taraude: de la peinture ou de son commerce. Pas de pratique qui ne  soit indexée à la place occupée par l'artiste dans le social, quelque soit l'époque.
Le frayage du désir inconscient  (ici désir du peintre) vers le public, passe nécessairement par la validation d'un regard commercial, validation sociale, production d'une image qui délivre sa jouissance (de la plus-value)
. Les censeurs, jurys de salons de peinture, critiques, journalistes tous les commentateurs qui gravitent autour de l'œuvre pour leur gagne pains ou pour se faire une rente se chargent de transformer le désir  de l'artiste et son message tragique (cf. Nietzsche dans La naissance de la tragédie place du chœur et du dionysiaque) en  une image avant tout nommable et dés lors consommable, support de renforcement, image investie alors pour toute autre chose que sa capacité à véhiculer une charge de  réel. (L’inouï, l'invisible) Opération, fabrique de" plus -de-jouir" que l'image des marchands d'art.
Certaines productions artistiques se confondent avec ces  images mythiques des marchands. A chaque époque des images, des œuvres s'y prêtent plus ou moins.
Mais elles s'y prêteront d'autant moins que le désir de l'artiste issu d'un contexte socioculturel donné s'est réalisé sans calcul, se laissant faire par  ce je ne sais quoi qui le meut au risque de n’'être dévoilé que de manière posthume. La société ne délivrant l'œuvre  au public dans les musées et par l'édification de son histoire de l'art qu'en élevant l'artiste intrigant et son travail questionnant au rang de légende.
Alors  deux types de mythe se recouperaient-ils pour n'en faire qu'un lié aux jouissances de l’image impliquées dans le miroir et  prenant source dans le réel. "Le beau est un voile sur l'horreur" nous dit Lacan ne les avons-nous pas vu à l'œuvre, le beau et l'horreur, se recouvrir dans les œuvres précitées de Van Gogh à Bob  Wilson en passant par Y Klein, Arman ou César, Tapiés et d'autres artistes de l'image encore.
Barbara Didier-Hazan

Jouir de l’image, et l’image face à la parole...

Par Jean-Jacques Moscovitz

Mon propos porte sur le cinéma qui, depuis  sa naissance conjointe avec la psychanalyse, devient aujourd’hui une nouvelle science affine à notre discipline,  ainsi l’écriture de Joyce comme par plans cinéma sans jamais de hors champ,  [exemple  page 1045 Ulysse** coll. folio comme  presque toutes les pages du livre] …..Où se lit/s’entend la caméra stylo où tout est visuellement décrit par un œil qui manquerait de lumière bientôt…Antithèse et métaphore de ce que nous en dit Cocteau : « le cinéma est une écriture dont l’encre est la lumière ».
Où dés lors la lalangue, celle de l’Autre, s’évoque en qui suis-je dans ce voir?
Le lien cinéma-psychanalyse implique le paradigme de notre époque. Quel est-il ? Sans doute la place de l’Autre dans la langage… et donc de sa destructivité imminente… Exemple de film : non pas Shoah de C. Lanzmann, alors lequel ? Ce ne sera  pas non plus  Salo de Pasolini (1975), où, à ne pas reconnaître pour mieux  le détruire  le manque dans la parole, les pulsions restent non soumises au manque phallique. Dés lors au niveau collectif, le politique s’en empare et c ‘est l’attaque des corps, les détruire dans le meurtre de masse. Avec  Salo, son réalisateur se trompe à mon sens, à faire l’abus de dire qu’il s’agit du crime nazi comme tel ; alors qu’il appelle son film les 120j de Sodome… En effet, Sade nous dit Barthes, n’est pas dans le crime contre l’humanité.
La perspective en jeu ici  que nous donne Shoah, son réalisateur le dit, c’est proxime de notre pratique du réel dans les cures que nous menons: « cadrer c’est creuser, creuser  dans le plein du réel », j’ajoute creuser dans le réel des jouissances des crimes non soumises à l’impératif de la parole. Et c’est indicatif de notre éthique d’analyste à l’écoute du dit analysant. Un tel passage entre collectif  et la masse au registre du sujet n’est là que pour indiquer l’indexation de notre désir d’analyste entre Histoire du monde et structure subjective. En tant que spectateur actuel d’un film d’aujourd’hui, si le lien au singulier reste prévalent, non collapsé dans le collectif, c’est que l’on ne peut pas tout comme dans  le rêve s’asseoir à deux dans le même fauteuil, et encore moins  en masse !
« Image et jouir » mettant en lisse sujet et collectif,  tient au fait que :
-d’une part l y a dans le rêve une formidable économie des images, l’image visuelle psychique étant un joyau d’épargne libidinale pour faire sujet dés lors que le rêveur parle son rêve après son réveil,   et le raconte en un dire à écouter par celui à qui son rêve s’adresse
-et d’autre part c’est une gigantesque dépense  de travail et d’argent que le cinéma produit pour y arriver : 20.000 pages  et plus ne suffiraient pas pour écrire un film avec tous ses plans…  Joyce est ici exemplaire dans ce scanning « inouï » quasiment sans hors champ et aussi  pâte à mots qui
nous dit au un par un. L’entre sujet et collectif : le ciné y excelle, et le psychanalyste reste accroché à l’anticipé de l’image sur le sens…
Alors pour en débattre, voilà  un film quelconque  voire plus,  Intouchables le non-touchable du couplage victime-coupable….ce  que l’analyste d’aujourd’hui a à déconstruire dans les cures qu’il mène.

Jean-Jacques Moscovitz

INTOUCHABLES ou l’Intime des corps et le politique

Ce film d’O. Nakache et E. Toledano touche à un intime qui fait son succès, car l’adversité qui s’y déploie entre un riche-tétraplégique et  un pauvre-noir-de-banlieue n’empêche pas la subjectivité de trouver sa place. Le succès tient aussi à la mise en scène depuis un excellent scénario inspiré d’une histoire vraie, doublée d’une excellente direction d’acteurs…
Mais aussi parce qu’un intime, celui du corps est là dans ce film. Pour le méconnaître on le fustige d’une leçon politique, d’une correction citoyenne, et peu importe que le cinéma soit un acte de création et de transmission par les images, et notamment celles  des  corps si pleins de vie de François Cluzet et Omar Sy. Succès de par les images des corps  et non seulement par le scénario utilisé très souvent par une critique trop intellectuelle qui passe à côté du débat actuel sur le couplage victime/coupable en dehors de soi mais aussi en dedans. Voilà, semble-t-il,  ce à quoi est sensible un spectateur d’Intouchables
Le cinéma participe de  plus en plus à construire nos mythes actuels en tenant compte que  notre monde est pris dans des couplages politiques , historiques et aussi singuliers à défaire toujours plus ardemment : nazi/juif, bourreau/victime, et des couplages plus liés à la personne : sain/malade, fort/faible, beau/laid. Voire même intra psychique genre Dr Jekkil et Mister Hyde sous une forme atténuée que le médical, toujours plus vorace sur nos vies, utilisant à go go la psychose maniaco-dépressive, pour qualifier quelqu’un  de Bipolaire où une part de soi veut du mal à l’autre part de soi. Où le handicap est marqué par le politique indicé toujours plus au discours médical pour mieux marqué le statut du citoyen soumis là une « victimérisation » abusive, où le terme de handicap se solidifie dans une aliénation morale sans issue car trop prise dans les recettes et dépenses de la sécurité sociale.
Or, la portée d’Intouchables est qu’un handicapé voit facilement son corps ennemi de sa subjectivité.  Le jeu des acteurs montre que le corps de l’un sert d’invention subjective, voire poétique pour l’autre, comme s’il y avait un corps pour deux, un corps quasiment porteur sain  pour un corps au bord de mourir à chaque instant, Ambiance maternelle à l’évidence.
Notre surmoi collectif actuel depuis Freud change et l’appel au jeune Marx aussi bien qu’à sa maturité  montre qu’il louait activement la « personne humaine », soit que la conscience individuelle n’est pas le seul apanage du bourgeois, qu’il y a là un universel objectif, certes malhonnêtement utilisé par les religions et quelques autres…
Mais ce film à succès n’est pas « social-traitre » car alors il convient de créer le mot intime-traitre…pour saisir l’usage intempestif du mot totalitarisme.
Oui ce film engage à un débat entre intime et politique, c’est notre actuel.
Où se meut un mythe en voie de constitution,  où séjourne le couplage sous tendu par les jouissances de meurtres à symboliser/fantasmatiser/filmer, celui de  victimes-coupables,  et ça tourne ... Et ensuite un effet du succès entraîne le succès et la propagation de la chose, médias obligent ....
Où sexe et mort s’allient pour nous séduire, certes mais aussi parce qu’une nécessaire démarche existe désormais, celle de réparer le symbolique, ce à quoi les psychanalystes deviennent partie prenante au point parfois de faire du politique leur marché public privilégié pour se garantir d’un désir d’analyste pur sucre, sans plus se poser de questions sur leurs certitudes….
À suivre...
** Citation de James Joyce in Ulysse p.1045 qui illustre la lalangue et sa face image dans la parole : notons ainsi  l’emploi du passé et non du présent dans la citation de Joyce :
« …Son action suivante. Dans une boite ouverte sur la table marquée en majolique il prit un minuscule cône noir, d’un pouce de haut, posa sa base circulaire sur une petite assiette en étain, posa son bougeoir sur le coin droit du manteau de la cheminée, sortit de son gilet la feuille pliée d’un prospectus (illustré) intitulé Agendaht Nétaîm, déplia celle-ci, l’examina superficiellement, la roula en un mince cylindre, l’alluma à la flamme de la bougie, l’appliqua une fois allumé au sommet du cône jusqu’à ce que celui-ci atteint le stade de la rutilance, posa le cylindre sur la coupe du bougeoir en installant sa partie non consumée de telle sorte que sa combustion totale en soit facilitée ».
Et ‘plan’ d’après  toujours sans hors-champ, l’objet cône devient acteur et se modifie :
« Par quoi cette opération fut elle suivie ? écrit Joyce : Le sommet de ce cratère tronconique du volcan miniature émit une fumée verticale et serpentine  exhalant un encens aromatique oriental » : l’odeur en hors champ de la caméra-stylo ? Enfin un !, et aussi de l’image/écrit, index du réel …du livre qui, ne l’oublions pas, se lit….
Jean-Jacques Moscovitz


Jouir de l'image ?

Par Jeanne-Claire Adida

Je suis dans une exposition de peinture .
(Vous, mon lecteur, vous assistez à la scène si  vous en continuez la lecture , car les images se succèdent, dans le texte, dans la réalité, dans le langage .)
 Les concepteurs de l'exposition ont privilégié certaines images plutôt que d'autres, en fonction d'un thème , là , les rapports de Klee à la musique. Ou bien ils n'ont réunis de tableaux que ceux qu'ils ont pu faire venir à Paris . Je n'y retrouve aucun des tableaux que j'aime, je m'instruis . Ma réalité n'est pas tout à fait celle du quotidien, je suis en état de disponibilité .
Et, quelque chose surgit. Quelque chose d'inattendu se détache, d'un fond, d'un ensemble. D'un ensemble plutôt monocorde . Tout à coup, la couleur est là . Un tableau relativement petit , magnifique.  La lumière emplit le tableau , emplit mon regard. Que se passe -t -il à ce moment de cette rencontre? L'agencement des couleurs, leur rythme, leur mouvement, rejoint quelque chose qui m'appartient, rejoint  l'intime . Une façon de concevoir le beau , que le tableau révèle , et apporte. Cette façon de mettre en mouvement  chaque couleur , de composer, me saisit . Je suis, un court instant, avec le sentiment d'une présence pleine. D'un accord . Quelque chose de ce monde-là, de ce monde pictural du peintre,  rend ma présence au monde joyeuse, légère. Le monde qui contient ce tableau devient pleinement ma terre, je m'y reconnais, il n'y a plus d'exil, plus d'écart. Il s'agit d'un mouvement de moi, d'aller vers ce tableau, mais c'est le tableau qui m'arrive, que je reçois. Evidemment , je cherche un nom, un titre. Robert Delauney, fenêtres, 1912. Une série, qui inspira Klee . Les mots,  les savoirs, les associations de pensée s'inscrivent avec la sensation reçue . Cette sensation, est au sens premier d'émotion, movere, mouvoir, car elle provoque un mouvement  d'ouverture, un sentiment d'agrandissement de soi, et de jubilation . Il est possible de créer , de se saisir des éléments du réel, de le recomposer, de le restituer . De le donner . Il est possible que quelque chose soit , plutôt que rien . L'art rend possible , ouvre à la possibilité .
L'image perçue est bien plus qu'une image . Elle est au delà d'une représentation du réel, de sa mimesis . Le peintre est allé au delà d'une expression . Car il exprime , il crée du monde ; il n'est pas seulement voyant, il apporte un élément nouveau dans le monde, et fonde . Il fonde une nouvelle façon de regarder , de peindre, de concevoir le monde. En exprimant un bloc de sensations, de perceptions, en un matériau , par des techniques,  il a exprimé une part de son monde intérieur, qu'il communique, et un état historique de l'art , un moment du monde .
Alors, l'image qu'est le tableau du peintre est indissociable de ce qui le précède , de ce qui le suit, nous avons affaire à un monde de signes , que les concepteurs de l'exposition ont fait circuler , ont placés dans l'espace public , et que dans un tout autre contexte, et vers d' autres sens, je fais circuler avec vous. Cette image n'est pas isolée . Mais évidemment, elle dépasse, je peux le penser ou ne pas le penser, et l'auteur, et le moment du monde où elle a été conçue . Car il en va de son trajet propre, de l'histoire imprévisible qu'elle prendra. Cette image a une histoire qui dépasse infiniment son auteur.
S'agit il de jouissance de l'image?  Dans ce  cas, pour moi, incontestablement.
La captation que provoque ce tableau, impression fugace, mais qui laisse une trace, m'a donnée un sentiment d'unité avec le monde. Est ce parce qu'on se perd un instant dans le regard, dans l'espace-temps suspendu de la rencontre? Dans l'autre? Dans la couleur, la forme? Mais c'est tout un pan du monde réel, que Delauney m'a communiqué , et qui , un instant, m'a subjuguée. Il m'a peut-être communiqué de l'intemporel, mais sûrement  quelque chose de l'état d'un monde en 1912. Je le rencontre aujourd'hui, dans l'actuel de 2012 . Et pour l'instant, je ne sais pas ce qu'il adviendra de cette rencontre. Le tableau est introuvable sur internet .
Jouir d'une image restitue l'intensité d'être, et arrête un instant l'écoulement fluide successif de nos images intérieures. L'irrémédiable absence s'évanouit, et de l'un apparaît . Notre tendance à la plénitude, malgré tous les anathèmes surmoïques  interdicteurs, qui nous mettent en garde  vis à vis d'une fétichisation de l'image, de son adoration païenne , de ce qu'elle cacherait en son revers d' horreur de la mort, notre tendance à la plénitude du regard, à sa saturation heureuse, est vive.
Ne serait ce pas aussi, au delà d'une restitution imaginaire d'une unité perdue, qui laisserait donc toute sa place à la mélancolie, de ce que nous savons , parfois, de la fabrication de l'image ? Quand nous sortons de notre désir de trouver des situations médusantes, crées par l'imago de déesses toutes puissantes, mortelles et pétrifiantes, le monde des images est un monde vivant , un monde où nous pouvons trouver et créer de nouveaux agencements . La circulation des images , leur restitution à l'espace public , crée un espace d'échange et constitue la cité. Constitue un monde habitable, où le réel est continûment symbolisé, recrée, pensé avec un outil plasticien.  La jouissance de l'image, comme tendance à l'Un,  participe de notre désir, elle est ce qui nous meut pour découvrir bien d'autres dimensions que le beau et le bien, pour accepter la réalité du monde, et avec les outils de l'information et de l'art,  nous y retrouver .
Il me semble donc que nous ne pouvons constituer nos objets qu'en jouissant de leur image,  que c'est la voie première, nécessaire, de notre accès à la connaissance et à l'action, à la présence au monde, et à l'acceptation d' irréductibles absences .
La psychanalyse ne serait pas possible sans cette jouissance ; car dans une séance, en réevoquant une scène passée, l'analysant reconvoque sa jouissance ; peut-être son dire n'existerait pas sans ce désir. Sans la jouissance des images parentales (précises), de la composition générale de la scène ; de sa répétition, de sa sidération. Or, c'est le seul moyen pour entendre , en prendre connaissance , en mesurer les effets, leur fonction , éventuellement y effectuer une coupure signifiante, y ouvrir des sens.
Accepter de laisser surgir en soi des images aussi, de se laisser porter par leur émergence , en résonance, ne serait pas possible sans une jouissance minimale pour l'analyste à l'imaginaire, à la poiésis, qui dans les mots constitue la métaphore ou la métonymie.
L'instant où nous jouissons d'une image tient de la magie : car tout manque phallique miraculeusement disparaît, l'illusion est totale d'un  monde où se trouverait l'Objet, d'un plein Etre; l'effet effectif, opérateur de  son image est garante de son semblant, de sa puissance d'être . En ce sens, la création de l'art , comme la création phantasmatique , comme la création langagière, apaisent, et nous permettent par l'illusion crée, une réconciliation d' avec la réalité . Avec ce semblant, avec ces mouvements de faire advenir de l'être,  la vie et son souffle deviennent viables, car en devenir, et nous advient , comme sentiment d'être, alors même que nous la créons ou laissons une création nous atteindre. Il a été reproché à l'image-fétiche, l'image eidolon, d'arrêter le mouvement incessant de circulation des images, pour en installer une, à l'instar d'un Dieu. C'est croire que nous pourrions arrêter le mouvement désirant toujours à l'oeuvre, de trouver, ou retrouver  dans l'absolu du visible, sa captation de l'invisible . 
La jouissance de l'image me paraît la manière première dont nous accaparons , sommes saisis et saisissons ce qui nous échappe, en l'incorporant dans une sensation fusionnelle avec l'objet. Il me semble que c'est notre manière de supporter notre séparation d'avec l'objet, d'en être empli(e), avant d'en constituer la distance , d'où pouvoir le voir, le penser, le théoriser, ou le perdre de vue.
Jeanne-Claire Adida

Organisé par Psychanalyse Actuelle 
Séminaire de l’Inter-Associatif Européen de Psychanalyse
Les samedi 4 et dimanche 5 décembre 2010
Sur le thème : « L’analyse avec les enfants. L’enfant… le psychanalyste, l’enfance comme traumatisme»

Des psychanalystes face à la politique française à l’égard des Roms et des Gens du Voyage
Dimanche 21 novembre 2010, de 13h30 à 19h

Journées d’Espace Analytique La Rochelle

Samedi et dimanche 19 et 20 Juin 2010

Subversions du Féminin

Comité organisateur :Marine Linares,  Hélène Godefroy,  Gorana Bulat-Manenti, Claude-Noële Pickmann,  Christian Hoffmann,  Jean-Jacques Moscovitz


RENCONTRE/SÉMINAIRE DE L’INTER-ASSOCIATIF EUROPÉEN DE PSYCHANALYSE (I-AEP)

«  COMMENT SOUTIENT-ON LA PSYCHANALYSE LAÏQUE DANS NOS INSTITUTIONS ? 

Samedi et dimanche 5 et 6 Juin 2010  de 9h30 à 13h et de 14h30 à 18h

Hôtel de l’Industrie au 4, place Saint-Germain des Prés, 75006 Paris


CONVERGENCIA - Mouvement lacanien pour la psychanalyse freudienne

COLLOQUE 12 et 13 juin 2010 DE 9H à 18H

SYMPTÔME, CORPS, INTERPRÉTATION ET ÉCRITURE

Hôtel de l’Industrie au 4, place Saint-Germain des Prés, 75006 Paris


Centre Européen de Ressources pour la Recherche et l’Enseignement sur la Shoah à l’Est (CERRESE) 
Cycle de conférences mensuelles ayant pour thème « la Shoah et le monde contemporain »
Le Jeudi 21 janvier 2010 à 19h30
Au Centre Européen de Ressources pour la Recherche et l'Enseignement sur la Shoah à l'Est (CERRESE) de Yahad - In Unum : 114 boulevard Magenta, 75010 Paris.
Avec Patrick Desbois et Jean-Jacques Moscovitz
La première séance des « jeudis du CERRESE » sera consacrée au regard du psychanalyste Jean-Jacques Moscovitz sur la Shoah, qui s'entretiendra avec Patrick Desbois de la question du témoin et du rapport à la vérité.
En raison du nombre de places limité, l'entrée (participation de 5 euros, gratuite pour les étudiants) se fera uniquement sur réservation auprès de Johanna Lehr à l'adresse e-mail suivante: j.lehr@yahadinunum.org Tél : 01 42 88 40 54

Les 8, 9 et 10  mai  2009
Convergencia, Mouvement Lacanien pour la Psychanalyse Freudien
Faculté de Droit, Université de Buenos Aires - IVème Congrès  International à Buenos Aires
«  L´ expérience de la  psychanalyse. Le sexuel: inhibition, corps, symptôme »

RENCONTRE AVEC ZEEV STERNHELL  SUR SON OUVRAGE : « LES ANTI LUMIERES, DU XVIIEME SIECLE A LA GUERRE FROIDE »
LE 27 JUIN 2009, A L’ECOLE NORMALE SUPÉRIEURE
SALLE DUSSANE, 45 R. D’ULM 75005 PARIS DE 14H30 À 18H 
Edition Fayard (2006) Collection « L'espace du politique » dirigée par Pierre Birnbaum IV‑2006

Que J. Lacan dans ses Ecrits, nous le dise d’emblée « que s’y poursuit un seul débat, toujours le même, et qui, dût-il paraître dater, se reconnaît pour être le débat des Lumières (…) et dont l’aurore tarde », voilà qui oriente notre rencontre avec l’ouvrage de Zeev Sternhell.
« La déliquescence dans nos sociétés et nos organisations politiques des valeurs universelles que nous devons aux Lumières ‘’ franco‑kantiennes’’ ne procède pas de la génération spontanée. Dès le 11e siècle et tout au long des deux cents dernières années s'est édifiée une autre tradition ‑ une autre modernité. Sur une argumentation similaire, elle a fait la guerre aux Lumières. L'une des raisons de la cohérence interne de cette pensée qui s'en prend aux Lumières tient au fait que tous ses hérauts se lisent les uns les autres avec une grande attention » (Extraits 4e de couverture).
Les anti-Lumières, ce sont certes d’abord ceux dont Z. Sternhell déplie la généalogie tout au long de son livre : Burke, Vico, Maistre, Herder, et plus proche de nous Maurras, Croce. La confrontation entre ces penseurs du nationalisme et du communautarisme et ceux des Lumières, soulèvent des questions cruciales pour notre époque que nous souhaitons déplier. La première est le sionisme, elle touche Sternhell directement comme historien, citoyen et militant : historien (Aux origines d’Israël -Entre nationalisme et socialisme, 1995), citoyen – donc aussi soldat – israélien, militant de Shalom Arshav, « La paix maintenant ». La seconde est le néoconservatisme américain, qui prend son essor dans les années 1960, en réaction à la lutte pour les Droits civiques, à celle contre la guerre du Vietnam et au mouvement étudiant. Les néoconservateurs font leur jonction avec la révolution conservatrice et libérale de Ronald Reagan, au début de années 1980. Et ils reviennent en force quand Georges W. Bush est élu président en 2000. A travers eux, les anti-Lumières sont impliqués dans le cycle néolibéral des 30 dernières années, marqué par les deux guerres d’Irak, l’essor de l’obscurantisme religieux de l’ « Intelligent Design », et par la dérégulation financière à l’origine de la plus forte crise économique depuis 1929.
C’est dire l’impact actuel des thèmes traités dans l’ouvrage de Zeev Sternhell. Parmi les enjeux de ce travail essentiel, pourrait être débattus lors de la rencontre avec l’auteur : le devenir du sionisme sous la condition de la paix, au Moyen –Orient ; la politique nationaliste et des néoconservateurs américains et l’inscription de leur défaite dans la politique d’Obama ; le gouvernement néolibéral de l’ « argent organisé », la crise financière et la possibilité d’une « refondation » du New Deal ; l’avenir des Lumières dans un discours de la science moins parasité par le registre du « phallique » – et tout particulièrement dans le discours du psychanalyste, tel que Lacan en formule la structure.
Zeev Sternhell, professeur d'histoire des idées, occupe la chaire Léon­ Blum de science politique à l'université hébraigue de Jérusalem.
La rencontre est à l’initiative de Psychanalyse Actuelle et d’Espace Analytique avec la participation de : Judith Cohen-Solal, Henri Cohen-Solal, Marcel Drach, Nabile Farès, Patrick Landman, J-.J.Moscovitz, Bernard Toboul, Alain Vanier.


Corps et symptôme dans la culture »
Le samedi 31 janvier 2009 de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h et le dimanche 1er février de 10h à 12h30 et de 14h à 18h.
Mairie du IXème arrondissement, 6 rue Drouot, 75009 Paris
Un des fondements métapsychologiques du symptôme est pour Freud la pulsion, soit chez lui l’effet du somatique sur le psychique. Lacan prend la chose à l’envers, considérant que c’est l’impact sur le corps du fait qu’il y a un dire.
Cela se manifeste par l’inscription de sa trace : effet de lettre sur l’organisme.
Quoi qu’il en soit, le sujet est le même dans l’économie politique et dans l’économie subjective inconsciente, malgré leurs champs d’opération distincts, du fait de leur identité de structure. En effet le sujet de la science, sous des tournures différentes, permet de souligner la communauté de place structurale qui existe tant pour la plus-value que pour le plus-de-jouir. Comme l’objet a, le plus-de-jouir prend fonction d’être à la fois mirifique et abject. C’est parce que l’objet a renvoie au corps — objet partiel freudien, objet de la pulsion, de l’angoisse, de la jouissance ou du désir (mais il faudra dépasser cet aspect essentialiste qu’induit le singulier de ces termes) — qu’il est aussi l’ancrage du symptôme dans le corps. C’est parce que le fantasme ne se réalise pas que certains symptômes s’y substituent, soit pour tenter de le réaliser, soit pour témoigner de son défaut. Souscrire au symptôme est alors payer sa livre de chair au regard de l’aliénation, mais pour en sortir. Aussi convient-il de penser, avec ou sans Foucault, cet ancrage du symptôme dans le corps en référence à la culture actuelle dans son fondement de néo-libéralisme économique. Le nom même du symptôme évolue selon l’ambiance culturelle et ses variations. Il est « tendance » et produit de nouvelles formes de communautarisme.Mais parler de biopolitique ne va pas sans la réassurance des définitions conduisant à constamment spécifier l’éthique de la psychanalyse qui fonde jusqu’à la pratique clinique, sans qu’il soit pour autant nécessaire d’en chambouler les catégories freudiennes. Bien plus : vouloir supprimer ces catégories, c’est évacuer la clinique de la parole. René Lew

À l’occasion du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme

«Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.» [art.1] 

Mémorial de la Shoah - Auditorium Edmond J. Safra, niveau 1- 17 rue, Geoffroy - l’Asnier 75004 Paris - Entrée libre sur réservation, tél:  01 53 01 17 42
Dimanche 14 décembre 2008, 14 h 30

Rencontre et lecture : La Déclaration universelle des droits de l’homme et les procès de Nuremberg
Le Mémorial présente un projet de mise en scène théâtrale sous forme de rencontre et lecture : 
« Et pendant ce temps là, les crimes… ou comment se construit la justice…»
Proposition de Claire Ambroselli, et de Anne-Marie Houdebine, Maria Landau, Jean-Jacques Moscovitz, Nabile Farès, Muriel Aptekier, membres de l’association Psychanalyse actuelle
Les apports des procès de Nuremberg et de la Déclaration universelle des droits de l’homme seront confrontés aux difficultés et aux engagements toujours actuels pris par les peuples des Nations Unies pour construire une justice internationale et un droit commun de l’humanité. Les textes lus seront présentés avec des œuvres d’artistes et d’autres témoins de la résistance à cette criminalité contre l’humanité indissociable de la construction de cet « idéal commun » exprimée dans la Déclaration universelle des droits de l’homme. La participation de psychanalystes en sera une ouverture au questionnement actuel ente le sujet individuel et le collectif, et poursuivre un tel projet théâtral présenté ce jour-là au Mémorial.

LE SÉMINAIRE INTER-ASSOCIATIF EUROPÉEN DE PSYCHANALYSE EN CHINE CHENGDU 7-11AVRIL 2004
Par Maria Landau   
Depuis plusieurs années, Michel Guibal a noué des liens de travail et d’amitié avec les membres de « Centre de la Psychanalyse de Chengdu » (département du Sichuan, Chine), et en particulier avec Huo Datong. Lui-même ainsi que d’autres psychanalystes parisiens (Richard Abibon, Laurent Cornaz et Pascale Hassoun) sont allés à Chengdu, dans le campus (20000 personnes) qui abrite le jeune groupe des psychanalystes chinois. Ils sont allés à Chengdu pour faire un cycle d’enseignements et de discussions cliniques. La naissance du Centre de Chengdu est assez particulière. Il y a trois ans Michel Guibal, un des quatre membres européens faisant partie du Centre de Psychanalyse de Chengdu, demande l’affiliation de ce groupe à l’Inter-Associatif Européen de Psychanalyse qui donnera une assise géopolitique et scientifique au groupe. Au bout de trois ans de partenariat de travail, dont Guibal sera le représentant, le Centre de Chengdu a organisé le séminaire de l’I-AEP (qui a lieu deux fois par ans) et qui se tiendra à Chengdu (capitale du Sichuan)
9 membres de l’association Psychanalyse Actuelle ont participé à ce séminaire. Deux d’entre nous ont fait des communications sur la psychanalyse avec les enfants, qui était plus au moins le thème de la rencontre, question qui intéresse beaucoup les chinois et qu’ils commencent à aborder. L’organisation du séminaire était très précise : 4 demi-journées, 8 interventions mi chinoises, mi européennes, avec deux heures de discussions pour chaque intervention.
La particularité passionnante était la traduction. Hua Datong traduisait le français pour les chinois et Renée Ejzenberg, française qui vit en Chine traduisait le chinois en français. Cette procédure rendait les débats très précis, chaque phrase comptait, le style des paroles est devenu plus attentif, chacun allait à l’essentiel. Le paysage était bouddhiste. Chaque participant européen retrouvait dans ses traces personnelles son intérêt très particulier pour la Chine.
Les rencontres entre chinois et européens ont bien fonctionné, là aussi proches et intéressés par les efforts et l’enthousiasme des jeunes psychanalystes et psychanalysants chinois. Y a-t- il un inconscient chinois (à cause de la question de la langue idéographique) et un inconscient occidental ? Ce thème provocateur du séminaire n’a pas trouvé de réponse. Mais en dehors de toutes les questions culturelles, familiales, politiques, il semble que les humains sont semblables. « L’armature de l’édifice freudien : à savoir l’équivalence maintenue par Freud de la fonction imaginaire du phallus dans les deux sexes…. Le complexe de castration trouvé comme phase normative de l’assomption par le sujet de son sexe propre, le mythe du meurtre du père rendu nécessaire par la présence constituante du complexe d’Oedipe dans toute histoire personnelle… L’objet à retrouver en tant qu’unique » J. Lacan in « De la question préliminaire à tout traitement possible des psychoses » Excusez-moi pour cette longue citation, mais elle résume ce qui est étudié cette année au séminaire d’accueil : le champ de la psychanalyse et de l’inconscient, ici, là-bas.