LES ARCHIVES DU REGARD QUI BAT

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Janvier 2011

Cinéma La Pagode

Dimanche 16 janvier 2011 à 10h30
PROJECTION DU FILM
LE NOM DES GENS
De Michel Leclerc - France 2010
Projection suivie d'un débat avec Michel Leclerc & Baya Kasmi
Débat animé par : J-J Moscovitz, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, A-M. Houdebine,  N. Farès, D. Friedman, M. Landau, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...

Lire le document : MÉMOIRE FREUDIENNE MÉMOIRE CITOYENNE

synopsis : Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause - ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont ses ennemis. En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin - comme celui des cuisines - quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu'avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses...

avant propos au débat : « D’où vient mon nom, d’où viennent les parents, d’où suis-je ? Pris dans notre génération, au un par un nous venons et allons aussi vers et depuis l’autre, des autres, de la Cité, du collectif, du registre politique qui se laisse si facilement corrompre et dériver vers le rejet de l’étranger. Qui lui, comme tel, le voilà dés lors à soutenir un ‘c‘est d’ici que je suis puisque je suis ici ‘… Toutes questions qui renvoient chacun à ce moment d’exil, non pas seulement celui de l’émigré venu d’un autre pays, mais bien de cet exil oublié et très enfoui au dedans du plus profond de soi-même, celui qui m’a fait désirer qui je suis moi-même pour le meilleur et pour le pire. Exil qui vient là se rejouer quand quelqu’un, du fait d’être porteur de son nom est soumis à ce collectif pour dire qui il est , d’où il vient, se soumettre à un « vos papiers !», à la haine sourde voire à la violence. Nom singulièrement marqué, caché, attaqué, détruit, par l’histoire toujours récente de la France, Vichy, Drancy, la déportation de juifs et de toute l’Europe, et aussi les crimes pendant la guerre d’Algérie, avec la présence depuis des décennies, d’arabes émigrés, français parmi d’autres français. Voilà un face à face devenu nécessaire entre une mémoire intime, « freudienne » et une autre mémoire, celle-là citoyenne : elles ont à se faire de la place mutuellement, sans cesse. Là un film de cinéma , « Le Nom des gens », œuvre à nouveau pour cet enjeu, pour tenter de cicatriser encore et encore un passé douloureux et encore actuel, pour les plus anciens d’entre nous, avec des blocs-de-mots figés par Auschwitz "silenciant" la bouche qui allait dire et qui souvent se tait pour toujours ; et pour les plus jeunes qui ont à vivre leurs amours et qui pour faire le deuil du propre deuil infaisable de leurs parents se mettent en un sur-vivre la vie, l’amour, la jouissance dans le plus profond respect de notre temps qui passe, pour construire leur époque, leur avenir de désirants. Ce sont eux, des gens de tous âges, qui dans la lumière de cette comédie enchanteresse nous font espérer le meilleur pour chacune, chacun d’entre nous, contre la massification rampante de notre sensibilité, de notre subjectivité, de notre poésie ». J-J M


Février 2011

Cinéma La Pagode

Lundi 28 février 2011 à 20 h 30
PROJECTION DU FILM
LE DISCOURS D'UN ROI
- Angleterre, Australie, USA 2010
Projection suivie d'un débat 
Avec nos invités : 
A-M. Houdebine (linguiste sémiologue), Isi Beller (rééducation audio-phonatoire dite sémiophonique), Hervé Icovic (directeur artistique de la v.f. du film)
Débat animé par : J-J Moscovitz, F. Siksou, 
V. Micheli-Rechtman, 
 N. Farès, 
Olivier Douville,
 D. Friedman, 
M. Landau, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...
synopsis : D’après l’histoire vraie et méconnue du père de l’actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l’abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pearce). D’apparence fragile, incapable de s’exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme (Helena Bonham Carter) et d’affronter ses peurs avec l’aide d’un thérapeute du langage (Geoffrey Rush) aux méthodes peu conventionnelles. Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l’Allemagne nazie.
avant propos au débat : « …L’autorité du pouvoir passe par celle de la parole sous toutes ses formes, y compris le corps  en tant que lieu de l’acte de parler, et surtout s’il fait signe  de la difficulté dans l’expression verbale elle-même.  Parole du roi George VI, celui de l’Empire britannique pendant la deuxième guerre mondiale, elle a guidé bon nombre de nations vers la paix.
Pour celui qui va parler, comme pour son entourage, c’est aussi une parole en lutte contre la part de symptôme qui atteint l’usage de dire au point que le risque  de son suspens  guette  et tourmente à chaque instant. Et néanmoins la vérité de l’énonciation porte juste et loin l’autorité éminente du roi habité par sa souveraineté et la responsabilité de l’actuel où il se trouvait.   Bon nombre de gouvernants  de par le monde devraient l’entendre aujourd’hui : ce n’est pas seulement la situation exceptionnelle des années 1939-45 qui a exigé une telle exactitude  dans l’acte de gouverner, mais  bien  aussi que gouverner est de fait une exception en soi.  Il s’agit ici de la rencontre profonde entre l’intime d’un homme, et rien moins que la politique mondiale.  Rencontre entre l’usage du pouvoir et celui de la parole -dévoilée ici dans sa nature même d’être vraie dans la voix et ses silences. N’est-ce pas  ici montrer que dés lors que pouvoir et parole sont dans une éthique protectrice du genre humain, les gouvernés que nous sommes savent se conduire pour aller à la victoire quel qu’en soit le prix ?… » J-JM.

Cinéma La Pagode

Mars 2011

Dimanche 3 avril 2011 à 10h30
PROJECTION DU FILM
MARY et MAX
De Adam Elliot - Australie 2009
Projection suivie d'un débat avec notre invité : 
Jean-Claude Grumberg - 
voix de Max de la version française du film - 
"l'Auteur tragique le plus drôle de sa génération" (Claude Roy)
Ouverture du débat par Pierre Smet (membre de Psymage et de l’association L’Acte Analytique de Bruxelles), Fabienne Ankaoua, Barbara Didier-Hazan, Fred Siksou, J.-J. Moscovitz…
synopsis : 
Sur plus de vingt ans et d'un continent à l'autre, Mary et Max raconte l'histoire d'une relation épistolaire entre deux personnes très différentes : Mary Dinkle, une fillette de 8 ans joufflue et solitaire, vivant dans la banlieue de Melbourne, en Australie, et Max Horowitz, un juif obèse de 44 ans, atteint du syndrome d'Asperger et habitant dans la jungle urbaine de New York. 
Note du réalisateur : "Avec Mary et Max., j'espère avoir conservé mon style visuel, mais en racontant l'histoire de façon plus dynamique pour alimenter l'intérêt des spectateurs sur la durée. Ce film explore lui aussi notre désir d'acceptation et d'amour, par-delà toutes nos différences ! 
J'ai toujours évité de m'auto-analyser, par peur de rendre mon travail trop prévisible et trop construit. J'écris avec le coeur, animé du désir d'une compassion partagé avec le spectateur. Je n'écris pas en visant une niche de public spécifique, j'essaye plutôt de raconter des histoires universelles." 
avant propos au débat : 1)
Sur plus de vingt ans et d'un continent à l'autre, Mary et Max raconte l'histoire d'une relation épistolaire entre deux personnes très différentes : Mary Dinkle, une fillette de 8 ans joufflue et solitaire, vivant dans la banlieue de Melbourne, en Australie, et Max Horowitz, un juif obèse de 44 ans, atteint du syndrome d'Asperger et habitant dans la jungle urbaine de New York. Ce film d’animation nous fait découvrir non seulement un autre visage de la souffrance psychique mais également un autre regard ,un autre cinéma de ce qui est difficile à montrer. Tout au long de ce film se dessine peu à peu un parcours qui n’est pas sans lien avec celui d’une analyse. Pierre Smet
2)« …Film …d’animation, oui, de la vie psychique de celle et de celui qui ont une existence psychotique, telle que tout échange notamment lors d’une évocation de l’amour, ne peut pas s’instaurer en conflit de désirs soutenables pour accepter la réalité. S’organise alors de loin, de très loin, aussi loin que le sont le Nord et le Sud de notre planète, une mise à distance protectrice contre une souffrance immense, irreprésentable. Ce que pourtant une telle création d’images et de voix propres à l’art du cinéma rend transmissible pour nous émouvoir mais aussi nous enseigner, que l’on soit praticien ou non, jusqu’où peut aller parfois la douleur morale d’une femme, d’un enfant, d’un homme.. » J-J. Moscovitz

Mai 2011

Cinéma La Pagode
Dimanche 1 mai 2011 à 10h45
PROJECTION DU FILM
BLACK SWAN
De 

Darren Aronofsky

 
- USA 2010
Projection suivie d'un débat animé par :
 
J-J Moscovitz, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, A-M. Houdebine,  N. Farès,  D. Friedman, M. Landau, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...
synopsis : 
Rivalités dans la troupe du New York City Ballet. Nina est prête à tout pour obtenir le rôle principal du Lac des cygnes que dirige l’ambigu Thomas. Mais elle se trouve bientôt confrontée à la belle et sensuelle nouvelle recrue, Lily...
avant propos au débat : 
 «… Danseuse étoile  aux mille feux  du désir qui se cherche avec ferveur, une  Nina, celle  de Natalie Portman,  nous enchante  de « sa » musique celle  de Tchaïkovski… La prise de risques est ici aux limites du cinéma, de l’art, de la danse, du féminin… Rêve, Folie, Images accomplissent sa majesté le  Désir dans le réel, au point pour le spectateur de rester longtemps rêvant après avoir vu/entendu et elle et  la musique et le film.  Les miroirs, ceux de la salle de danse du New York City Ballet, s’agencent silencieux pour dire que les doubles ici guettent  en dedans et en dehors du sujet mis au vif de son corps naissant  à la jouissance, peut-être aussi à l’amour et au sexe à l’aune d’un homme qui saurait le féminin. Jusqu’à ce que le miroir-surface à deux dimensions de l’image réclame de passer aux trois, au trois du corps. De surfaces planes et courbes, tout en beauté -et en mutilations - Nina découvre la dimension Autre, celle de la profondeur et du vide, et du vivre à l’excès l’extrême de son double démultiplié qui pulvérise la durée du temps. De plan -de cinéma-  le miroir/mourir se fait coupure, et troue à mort le corps voué à un ineffable sacrifice vers la vie du désir en un présent sans fin…. » J-J. Moscovitz

Juin 2011

Cinéma Le Saint Germain des Près
Mercredi 29 juin 2011 à 20h30
PROJECTION DU FILM
PATER
De Alain Cavalier
 France 2011
Projection suivie d'un débat avec alain cavalier
débat animé par :
 
J-J Moscovitz, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, A-M. Houdebine, N. Farès,  D. Friedman, M. Landau, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...
synopsis : 
Pendant un an ils se sont vus et ils se sont filmés. Le cinéaste et le comédien, le président et son 1er ministre, Alain Cavalier et Vincent Lindon. Dans "Pater", vous les verrez à la fois dans la vie et dans une fiction qu’ils ont inventée ensemble.
avant propos au débat : 
… « Mise en scène d’un visage… un autre arrive, nécessaire, sur fonds d’une fiction , elle contingente, où du père-fils se faufile puis se pose en une rencontre entre deux hommes qui parlent de politique, de salaires, de l’autorité suprême des chefs d’Etat, où le « double corps du roi » dans ses fonctions invisible et visible, tout autant fondatrice de la parole d’un Pater et savourant une délicieuse cuisine de France, se distribue et apparaît mené par une caméra qui, «objet jouant», a les rênes de  l’autorité de direction d’acteurs…. Où les images et l’illusion nous enchantent pendant plus de cent minutes».  
J-J. Moscovitz

Septembre 2011

Cinéma La Pagode
Lundi 26 septembre 2011 à 20h15
PROJECTION DU FILM
HABEMUS PAPAM
De Nanni Moretti
 Italie 2011
projection suivie d'un débat 
débat animé par :
 J-J Moscovitz, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, A-M. Houdebine, N. Farès,  D. Friedman, M. Landau, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...
synopsis : 
Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d’élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s’élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l’apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d’une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l’inquiétude tandis qu’au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise…
avant propos au débat :
«…le Pape, à peine nommé, vient d’entrer en psychanalyse trois fois par semaine pour des années…. Il désire ! Il désire dire « non… !» Il ne pense plus qu’à ça. L’humour atteint ici le sérieux où nous sommes, au delà du moment politique italien, européen, ou encore les commémorations du trentenaire de la mort de J. Lacan qui, lui, en connaissait un bout sur la compatibilité entre psychanalyse et religion. 
Malraux dans les années 1950 avance : « Depuis cinquante ans la psychologie réintègre les démons dans l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connu l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux. » Allons-y d’un des fils de ce film bien plus profond qu’il y paraît : si « le XXI siècle sera religieux ou ne sera pas » lance ‘ou alors la bombe’ ? Ou plutôt ou alors la psychanalyse ?…soit que le Ça de l’Homme soit frappé d’un manque qui le rend humain, « l’infaillibilité » des grands de ce monde est à revisiter calmement, et Nanni Moretti nous y invite. A bon entendeur…» JJM

Octobre 2011

Cinéma La Pagode
Lundi 16 octobre 2011 à 10h45
PROJECTION DU FILM
EN VILLE
De Valérie Mréjen et Bertrand Schefer 
- France 2011
Projection suivie d’un débat avec Valérie Mréjen et Bertrand Schefer
débat animé par :
 
J-J Moscovitz, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, A-M. Houdebine, N. Farès,  D. Friedman, M. Landau, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...
synopsis : 
Iris, seize ans, vit la fin de son adolescence dans une petite ville de province lorsqu'elle rencontre par hasard Jean, un photographe parisien d'une quarantaine d'années. Au fil des rendez-vous, leur relation se transforme en une amitié amoureuse qui bouleverse leurs vies.
avant propos au débat : 
« …En Ville, les paysages sont visages où se  rencontre l’hypothèse amour toujours présente et toujours attendue là même où se perçoit  que  «l’Amour c’est donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas parce que ce n’est pas ça » (J. Lacan) , coté homme ou coté femme, là où l’amour est un manque qui fait loi et se faufile à faire croire à sa maîtrise lors de sa survenue comme de sa fin, en quelque lieu que ce soit, route ou campagne, ville ou banlieue. L’actuel de la nostalgie serait-il le seul temps qui nous échoit ?… » JJM.

Novembre 2011

Cinéma La Pagode
Dimanche 20 novembre 2011 à 10h15
PROJECTION DU FILM
MELANCHOLIA
De Lars von Trier 
- 
France, Danemark, Suède, Allemagne 2011
Projection suivie d’un débat
débat animé par :
 
J-J Moscovitz, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, A-M. Houdebine, N. Farès,  D. Friedman, M. Landau, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...
synopsis : 
À l'occasion de leur mariage, Justine et Michael donnent une somptueuse réception dans la maison de la sœur de Justine et de son beau-frère. Pendant ce temps, la planète Melancholia se dirige vers la Terre...
avant propos au débat : 
« …l’enfant ferme les yeux et le monde disparaît, au dedans de lui, celui des parents et leurs froides histoires de mariage, de golf à 19 trous ; et au dehors, celui de la Terre avalée par une planète immense. Et plus tard alors ? Plus grand, s’il rencontre dans la douleur la chute du sol, la « des-solation », il ne saura même plus où mettre ses pieds, il entendra les mots de bile noire, de mélancolie, d’autodestruction jusqu’à vouloir ‘tuer la mort’ comme le dit Freud dans ‘’Deuil et mélancolie’’… Et s’il rencontre la folie de l’Histoire, là où elle se transmet, au cinéma, il sera LVT,  avec la Destruction qu’il veut nous montrer en montrant sa fascination pour ça au point de se broyer sa Palme d’Or à Cannes.  Est-il comme Benigni, Spielberg, Tarentino, Costa Gavras à vouloir prendre son rendez-vous de réalisateur  depuis l’attaque de l’humain accomplie dans la Shoah, rendez-vous depuis Shoah de Lanzmann ? en évoque-t-il les effets qui le traversent comme artiste ?  Non pas démontrer  tel le philosophe mais montrer des images qui font  de l’effet sur le spectateur qu’il devient lui-même au point de se dire convaincu d’en accepter la fascination ?  Bref symptôme ou création ? Désir ou folie ? Coalescence filmée entre le créateur et sa création ? Là où  le désir de fin du monde le tient : fin du  couple, féminin inatteignable, planète où  le rien doit tout fracasser : désamour au moment de l’amour, le dedans de la cabane fait de quelques branchages sans séparation d’avec le dehors, bile noire de la haine du monde où dedans et dehors sont en fusion. Où le pire du XX ème siècle n ‘est pas loin : horreur et jouissance des crimes sans nom par l’anéantissement des juifs en enlaidissant leur vie et leur mort. LVT se glisse dans le chaos où s’effacent  limite et appui face à l’Autre. Nous choque-t-il au cinéma ?…Melancholia c’est la baudruche du Dictateur de Chaplin qui se fait en dur et écroulement à l’échelle de l’univers...et qui chute à la fin du film. Pour qu’on lui dise ‘’non malgré toi tu n’es pas nazi. Eh  p’tit  Lars  Von Trier, ferme les yeux et écris ton film ! ‘’… » J-J.M.

Janvier 2012

Cinéma La Pagode
Dimanche 8 janvier 2012 à 10h30
PROJECTION DU FILM

Footnote
De Joseph Cedar Israël, France 2011
Projection suivie d’un débat avec nos invités Patrick Landman et Patrick Bantmann
débat animé par : J-J Moscovitz, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, A-M. Houdebine, N. Farès,  D. Friedman, M. Landau, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...
synopsis : 
..."Les Shkolnik sont chercheurs de père en fils. Alors qu’Eliezer Shkolnik, professeur puriste et misanthrope a toujours joué de malchance, son fils Uriel est reconnu par ses pairs. Jusqu’au jour où le père reçoit un appel : l’académie a décidé de lui remettre le prix le plus prestigieux de sa discipline. Son désir de reconnaissance éclate au grand jour..."
avant propos au débat : 
… "comment un texte, et quel texte, le Talmud, résiste à la pression des médias en tous genres, et aux institutions prestigieuses d’un pays moderne, Israël, et cela dans une dimension laïque, pour nous dire avec respect, ce qui lie/délie/relie le lien fils-père à travers trois générations ? Et qui aujourd’hui encore est ce sur quoi se fondent l’existence d’un peuple, son histoire, ses valeurs les plus chères. Voilà ce texte en place d’acteur principal comme le cinéma sait nous l’offrir parfois. Belle rencontre en perspective entre cinéma et psychanalyse puisque entre fils et père surgit un conflit œdipien de la plus belle eau, où un psychanalyste est convoqué, car ce conflit est source d’une transmission entre les âges jamais acquise une fois pour toute"...JJM

Février 2012

Cinéma La Pagode
Dimanche 12 février 2012 à 10h45
PROJECTION DU FILM

L'Arbre
De Julie Bertuccelli  
-  
France 2010
Projection suivie d’un débat avec Julie Bertuccelli
débat animé par :
 J-J Moscovitz, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, A-M. Houdebine, N. Farès, D. Friedman, M. Landau, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...
synopsis : 
En Australie, Dawn et Peter vivent heureux avec leurs quatre enfants à l'ombre de leur gigantesque figuier. Lorsque Peter meurt brutalement, chacun, pour continuer à vivre, réagit à sa manière. Simone, la petite fille de 8 ans, croit que son père vit à présent dans l'arbre. Un jour, elle initie Dawn à son secret... Peu à peu Dawn retrouve des forces, un travail. Peut-être un nouvel amour ? La vie reprend mais l'arbre devient envahissant : ses branches, ses racines, et même son peuple de grenouilles et de chauves-souris se lancent à l'assaut de la maison et menacent ses fondations ! Dawn n'a plus le choix : elle doit le faire abattre...
avant propos au débat : 
« …Comment se séparer d’un père s’il meurt tout à coup, et dés lors le revoir en fantôme qui vous appelle vers lui ?  comment choisir de décider d’aller vers la vie ? comment  la dame Nature peut-elle être empêchée d’envahir à nouveau ce que l’humanité parlante a si chèrement gagné  en instaurant les lois de la parentalité ? Ici nous sommes coté fille, femme , mère qui se nouent de trop près, et de trop loin coté garçon, homme, père. D’où le féminin laisse toute la place à l’ancêtre sous la forme d’un figuier géant qui avec ses branches, ses racines, et le monde qui l’habite, s’allie à un tohu-bohu de la nature pour que revienne la sérénité, que seules d es images de cinéma nous donnent à entendre et voir avec une rare beauté »... JJ.M

Mars 2012

Cinéma La Pagode
Dimanche 25 mars 2012 à 10h30

PROJECTION DU FILM
A Dangerous Method
De David Cronenberg - Canada, Royaume-Uni, Allemagne 2011
Projection suivie d’un débat avec nos invités : Michel Guibal et Marie-Laure Susini (Michel Guibal est avec Jacques Nobécourt l'adaptateur français de l'ouvrage  "Sabina Spielrein entre Freud et Jung")
débat animé par :
 J-J Moscovitz, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, A-M. Houdebine, N. Farès, D. Friedman, M. Landau, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...
synopsis : 
Sabina Spielrein, une jeune femme souffrant d'hystérie, est soignée par le psychanalyste Carl Jung. Elle devient bientôt sa maîtresse en même temps que sa patiente. Leur relation est révélée lorsque Sabina rentre en contact avec Sigmund Freud...
avant propos au débat : 
« …A Dangerous Method est un des noms du scandale freudien : la sexualité infantile existe en nous, elle est source de forces gigantesques et donc de conflits et d’inventions innombrables. Mais des adversaires sans merci usent de forces tout aussi puissantes pour s’opposer à la psychanalyse au point de vouloir la voir disparaître.  David Cronenberg  filme le jaillissement de la découverte de l’inconscient où sexualité, amour, désir,  vie, rapport à la mort sont là mis en scène et en tissages qui nous disent  que la psychanalyse fait ici « progrès quant à l’esprit » : Geistigkeit. Une telle  conquête dans la compréhension du champ de l’hystérie et des psycho-névroses , le discours médical officiel ne peut l’admettre. il lui faut maintenir son empire par de  multiples attaques dés sa naissance à la fin du 19ème siècle.   un texte de Marie-Laure Susini à lire également ici


Mai 2012

Cinéma La Pagode
Dimanche 6 mai 2012 à 10h30
PROJECTION DU FILM
L'Exercice de l'Etat
De Pierre Schoeller - France 2011

Projection suivie d’un débat avec notre invité : Pierre Schoeller 
débat animé par :
 J-J Moscovitz, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, A-M. Houdebine, N. Farès, M. Landau, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...
synopsis : 
Le ministre des Transports Bertrand Saint-Jean est réveillé en pleine nuit par son directeur de cabinet. Un car a basculé dans un ravin. Il y va, il n’a pas le choix. Ainsi commence l’odyssée d’un homme d’Etat dans un monde toujours plus complexe et hostile. Vitesse, lutte de pouvoirs, chaos, crise économique… Tout s’enchaîne et se percute. Une urgence chasse l’autre. A quels sacrifices les hommes sont-ils prêts ? Jusqu’où tiendront-ils, dans un Etat qui dévore ceux qui le servent ?
avant-propos : 
…«Le désir humain a des lois qui, si elles conduisent à l’amour et au pouvoir, mènent aussi à la destruction…Amour/désamour et pouvoir/dé-pouvoir voisinent au cœur du collectif avec la destructivité individuelle, avec ce qui ravage….C’est mis admirablement en images dans L’Exercice de l’Etat. L’humour n’ y est pas absent, ni le rêve : jouissance d’un vrai crocodile tout entier tenté d’avaler joliment la vraie nudité d’une vraie femme en entier. Mais un réveil brutal indique le réel, celui de l’ accident meurtrier d’un transport d’enfants qui vient entamer vraiment tout ce global, en nous montrant l’impossible d’un désir total…de gouverner surtout sa libido sexuelle. 
Le couplage politique-médias est en surbrillance, voire acteur dans le film : la séduction que réclame le peuple cherche un maître mis en place d’idéal inatteignable… Au point que le héros du film, voire son entourage, se séduisent eux-mêmes… Et ce maître, ici un ministre des transports (de passions ? et au nom de Bertrand Saint-Jean, signe même d’une céleste souveraineté en héritage) joue et multiplie entours et contre tours de sa séduction. Mais un de ses raccourcis l’attendait au tournant. Est pris qui croyait prendre : un accident de voiture atteint son corps, son visage, son intime, qui enfin là lui disent sa limite : il n’y pas de sous ou de surcitoyen . 
Ça questionne le spectateur : ne s’agit-il pas de prendre acte que l’intime de chacune, chacun, ne veut ni rival, ni maître, mais garder, retrouver sa singularité en notre actuel… Ce sur quoi le film se termine ouvrant à la question de savoir ce qui se passe dans la "boule" d’un simple citoyen lorsque parvenu avec d’autres à l’exercice laïc et souverain de l’autorité qui suture la République, il en est possédé. Serait-ce que d’avoir le pouvoir, à se mettre à son service, c’est pour se séparer en son for intérieur de l’autorité du Père, et ainsi désirer si ardemment gouverner au delà de la raison pour s’autodétruire soi-même ? Cela porterait alors atteinte au Nom du père, souverain en sa fonction de donner la vie, fût-il celui qu’il porte : « Saint-Jean » en l’occasion, mais n’importe quel autre y serait là en posture d’être mis à mal, au su de cette religion laïque elle aussi, celle d’Œdipe-Roi comme nous le crie Sophocle, si bien audible malgré tout aujourd’hui puisque portée au « sein » des « seins » de l’exercice… de la psychanalyse ?»… J-J Moscovitz - Coauteur avec Yann de l’Ecotais de « ‘’Psychanalyse’’ d’un Président » Ed. de L’Archipel, Paris mai 2008
 

Juin 2012

Cinéma Le Saint Germain des Près
LUNDI 11 JUIN 2012 à 20H30

PROJECTION DU FILM
SUR LA ROUTE
De Walter Salles - France, USA, UK - 2012
Projection suivie d’un débat avec notre invité : Bertrand Leclair : Dans son dernier livre Les rouleaux du temps (Flammarion sept.2011) Bertrand  Leclair, notre invité, consacre un long chapitre d’une trentaine de pages à Sur la route et aux Souterrains, de Jack Kerouac, qui commence ainsi : «Peut-être bien qu’il me faut l’admettre, le reconnaître. A la croisée de toutes mes expériences, de toutes mes lectures, des mille et une vies que je bricole tant bien que mal pour en faire une seule qui « tienne la route », de vie, une vie que je dis mienne par commodité ; à la croisée de ces mille et une vies dont certaines sont d’une pauvreté de désert et d’autres exubérantes comme une jungle, mais dont la plupart sont tout bonnement tempérées, raisonnables, peut-être bien que l’œuvre de Kerouac est un cœur battant : le lieu particulier où va mon désir, où rôde mon fantasme, celui d’une radicale non-séparation de la littérature et de la vie, celui où enfin toucher terre, non pas contre, grâce, avec, mais dans la littérature.»  -  Lire, ici, la biographie de Bertrand Leclair
synopsis :  Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes.
avant-propos : «… "La virée, dans sa bande originale : un long ruban de papier … sur lequel Jack Kerouac a crépité son texte sans s’arrêter (…).Telle est la route, fête mobile, traversées incessantes de la nuit américaine"  est-il écrit dans la présentation du livre "Sur la route, le rouleau original". Où de ses scansions, de son insistance, de son angoisse, le verbe, l’œuvre portés à l’écran questionnent en images cette vérité de Freud que ‘le Moi n’est plus maître en sa demeure’ : le reste-t-elle encore voire même plus affirmée dans l’écriture  filmique. Enjeux entre littérature, psychanalyse et cinéma. Se donne ici à vivre dieVergänlichkeit selon Freud, traduit par destin provisoire, nostalgie, fugitivité, soit l’éphémèrité. Celle du beau qui, regret incessant, crainte, disparition, vient ainsi ressourcer nos désirs de vivre au présent plus que présent… Est-ce pour cette jeunesse libertaire made in USA, d’attendre encore un peu pour s’inscrire dans l’Histoire, celle vécue par la génération d’avant, issue de ce qui vient de se passer pour leur parents en  1939-45 en Europe et au Japon d’Hiroshima. L’immense Amérique, acteur principal dans le film d’Est en Ouest, triomphante partout, 1ère à entrer en scène, dans nos yeux et nos oreilles.  Sont acteurs  aussi le Jazz, l’Underwood, la machine à écrire du héros Sal Paradise, l’image de Jack Kerouac. Où la vraie vie au cinéma double celle de l’écrivain.  Entre ces deux pans de notre actuel -le M.L.M. Musée des lettres et des Manuscrits l’expose en ce moment à Paris- ce rouleau, dont un bout a éé bouffé par un chien…, et  qui n’en finit pas de se dé-rouler : pieds du marcheur dans le film, encres et ratures de ce papier hors-temps, sans paragraphes. "…long comme une phrase de sax ténor dans le noir"… »  J-J. M.

Juillet 2012

Cinéma Le Saint Germain des Près
DIMANCHE 1 JUILLET 2012 à 10H40
PROJECTION DU FILM
La 
grammaire intérieure
De Nir Bergman - Israël - 2010
Projection suivie d’un débat - 
débat animé par :
 M. Landau, J-J Moscovitz, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, A-M. Houdebine, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan.
synopsis :  Un quartier de Jérusalem au début des années 60. Aharon Kleinfeld, est un garçon de onze ans, à l’imagination débordante et dont l’esprit aspire au raffinement et à l’art. A l’aube de l’adolescence, par crainte peut-être de devenir comme ses parents, un couple sans affection ni amour, Aharon décide d’arrêter de grandir. Il entreprend alors un voyage intérieur qui l’éloigne chaque jour un peu plus du monde adulte.
avant-propos :"Le journal de la grammaire intérieure(1991) est l'un des trois très beaux romans que David Grossman a écrit sur l'enfance, l'adolescence ("voir ci dessous-amour"1986, "L'enfant zig zag" 1998). C'est le seul qui a été adapté pour le cinéma par un cinéaste israélien Nir Bergman. En Israël,  dans une petite banlieue, deux mondes s'opposent, celui de l'enfance, les amitiés absolues, les disputes, les jeux, les découvertes: répétition générales des amours et des drames de l'âge adulte et le monde des parents, adultes qui ont vécu la deuxième guerre mondiale et qui s'efforcent d'élever leurs enfants avec les bonnes et les mauvaises paroles,  sous le regard critique et implacable de leurs enfants. La vie, quoi ! Comment grandir quand on descend des rescapés de l'extermination. Maria Landau
"...Tandis que son père casse les murs de l'appartement de la jolie voisine pour qu'elle ait  plus d'espace, lui son fils s'enferme dans une valise, un vieux frigidaire en plein champ...pour s'éprouver face à sa solitude pré-adolescente de 1967 en Israël. À quoi doit-il donc renoncer pour être comme tout le monde et ainsi enfin grandir . Entrer ou pas dans le code social? Va t-il faire comme les autres et aller "déjà" vers la mort... Quelle mort? quels morts? ou? Comment? En  Pologne d'où ses parents sont natifs. Quel immense danger le tient en haleine, virginal d'un savoir en voie d'advenir? sexuel freudien et grande Histoire essaient dans sa "grammaire intérieure"- son histoire intime- de rejoindre -sans y arriver - l'histoire de sa famille, le vécu parental chargé comme un arbre de vers et de souvenirs qui rongent sans être jamais dits.. Écriture filmique lumineuse éclairée pat une œuvre littéraire sans pareille, celle de David Grossman se soumettant au charme d'un cinéaste poète, Nir Bergman qui nous invite à tous le possibles de la création écrite à celles de l'image de cinéma. Ou des psychanalystes d enfants et d'ado de nos  jours ne peuvent qu'être en quête d' en dire leur surprise..." JJM..

Octobre 2012

Cinéma La Pagode
Dimanche 7 octobre 2012 à 10h30
PROJECTION DU FILM
Holy Motors
De Leos Carax - France - 2012
Projection suivie d’un débat avec notre invité Denis Lavant
débat animé par :
 Hervé Icovic, J-J Moscovitz, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, M. Landau, A-M. Houdebine, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...
synopsis : De l'aube à la nuit, quelques heures dans l'existence de Monsieur Oscar, un être qui voyage de vie en vie. Tour à tour grand patron, meurtrier, mendiante, créature monstrueuse, père de famille... M. Oscar semble jouer des rôles, plongeant en chacun tout entier - mais où sont les caméras ? Il est seul, uniquement accompagné de Céline, longue dame blonde aux commandes de l'immense machine qui le transporte dans Paris et autour. Tel un tueur consciencieux allant de gage en gage. À la poursuite de la beauté du geste. Du moteur de l'action. Des femmes et des fantômes de sa vie. Mais où est sa maison, sa famille, son repos ?
avant-propos : « …réalité et rêve se font images l’une l’autre et mutuellement de la place, là s’y glisse le « semblant », le cœur de notre pratique d’analyste toujours trop (é)prise de parce que, de sens pour ne pas accéder à un réel que Holy Motors de Leos Carax nous fait entrevoir par des croisements d’images en clin d’œil, où se met en scène ce prince du semblant Denis Lavant… Images pleines d’une hantise illuminant un gouffre, index de notre temps… , semble-t-il, mais rien n’est sur, tout reste à réinventer sans cesse, espoir inclus…L’enfant en chacun de nous vit/voit quoi ? celui sur-présent dans chaque(s) image(s), appel à l’enfant poète en soi, poétique révélée au fil du film ? ici la matière-image est elle-même acteur, acteur d’artistes. Le cinéma met en théâtre ce qu’i est pour recréer le cinéma. Acteur est le cinéma qui surprend le spectateur à être filmé et acteur à son tour. Crédit immense et insensé à l’image, le regard, si proche de se faire muet de nos jours, s’y régénère. En un « transformisme grotesque », profond. Au un par un de chacun de nous, voilà une grimace au vacarme du monde, poétique d’une mémoire-cinéma au présent… » JJ.M

Novembre 2012

Novembre 2012

Cinéma La Pagode
Dimanche 25 novembre 2012 à 10h30
PROJECTION DU FILM
AUGUSTINE
De Alice Winocour France - 2012
Projection suivie d’un débat avec Alice Winocour
débat animé par :
 J-J Moscovitz, B. Toboul, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, A-M. Houdebine, M. Landau, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...
synopsis :  Paris, hiver 1885. A l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, le professeur Charcot étudie une maladie mystérieuse : l’hystérie. Augustine, 19 ans, devient son cobaye favori, la vedette de ses démonstrations d’hypnose. D’objet d’étude, elle deviendra peu à peu objet de désir
avant-propos : « …le corps d’Augustine est ici filmé en lieu et place de sa parole en cours d’advenue malgré le regard docte de médecIns… Regard en attente de la parole, de la parole qui, elle, écoute, c’est celle de Freud . Regard qui capte aussi, celui de Charcot. Regard acteur tout autant que le corps de cette jeune femme qui représente d’autres corps au féminin. Regard de neuro-psychiatre pour happer un savoir, et parole de Freud pour entendre celle de ces personnes dites hystériques, de par leurs symptômes , qui jusqu’alors n’étaient qu’objets observés. D’autant que la fin du 19e siècle invente la photographie, qui, avec les esquisses dessinées par les médecins, sont des examens complémentaires, préludes de nos IRM d’aujourd’hui. 
Ici la médecine cherche à fêter sa victoire, mais elle s’avère être à la Pyrrhus car la psychanalyse s’invente sur cet échec du vouloir savoir par l’œil. Vive le cinéma qui pousse à son extrême ce désir de voir/regarder et révèle combien c’est un obstacle que la dite hystérique exhibe si méchamment depuis son corps. 
Quel corps ?- voilà le registre du politique, fort bien évoqué dans le film-, entre d’une part le corps observé et touché par le médical, à maîtriser par cette science montante centrée à l’époque sur la « fable neurologique » (Foucault), et, d’autre part, le corps sexué qui appelle à être reconnu chez des Augustine de partout de par le monde. Le coup de génie de Charcot de la psychiatrie académique à la française frôle ce que le génie de Freud recueille pour fonder un savoir sur l’inconscient. Et avec Lacan, le nom de symptôme attribué à ces personnes dites hystériques, devient aussi discours de l’hystérique, soit que chacun d’entre nous, dés qu’il parle est en position hystérique : chacun attend que sa parole soit entendue 5/5 par son interlocuteur mis en place de « maître » sachant entendre tout de la situation… « Maître » qui, ne pouvant pas tenir longtemps à cette exigence, est remplacé par un autre… (Lacan : « L’hystérique est une esclave qui cherche un maître sur qui régner »). 
Nous sommes très souvent dans ce mouvement d’attendre sans perte ce 5/5 dans notre lien à autrui. C’est qu’après avoir libéré l’hystérique de son statut de sorcière à envoyer au bûcher, après que Charcot l’ait nommée malade, la dimension hystérique du parler prévaut sur toute autre approche de ses symptômes névrotiques centrés sur le psycho-sexuel. Entre regard et parole, ce sexuel se fait de la place dans notre monde culturel et en particulier avec des images vues et entendues au cinéma comme celles que nous donne Alice Winocour. Qui laisse évoquer que le refus du féminin que ce soit pour les hommes et pour les femmes reste souvent insistant, notamment à l’heure où entre en scène le mariage pour tous. ….» JJM

Décembre 2012

Cinéma La Pagode

Dimanche 16 décembre 2012 à 18h

PROJECTION DU FILM

AMOUR

De Michael Haneke - France - 2012

Projection suivie d’un débat avec Philippe Rouyer - Auteur avec Michel Cieutat du livre Haneke par Haneke - Ed. Stock 2012 

débat animé par: H. Icovic, J-J Moscovitz, F. Siksou, V. Micheli-Rechtman, A-M. Houdebine, M. Landau, F. Moscovitz, B. Didier-Hazan...

synopsis : Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. L’amour qui unit ce vieux couple va être mis à rude épreuve.avant-propos : « ….Amour, mot ici trop court, à y rajouter aussitôt : de Haneke… Oui nous sommes au cinéma ; et pourtant dans ‘de la vie’,  tant le réel y fait trou, troué qu’il est par où s’inscrit le sujet du désir, quoiqu’il en soit, désir de sa mort , celle à soi, ce qui exige dés lors qu’il y ait de l’Autre plus que jamais. Toi,  Lui,  Moi. Un jour, une nuit, ça se met en place  en un trait  par  quoi lors de la disparition de l’aimé, le désir -un temps- n’est plus que du temps à vivre,  ce trait s’ajoutant aux autres traits qui peuplent le vivant. Universel est notre rapport à la mort, à la limite de l’intime où le « créateur » du film nous dit d’être spectateur initié. Ce que l’on est toujours trop : mais ce qu’il filme -qu’il filmerait-  c’est comme la propre mort de l’être que je suis.  Ce qui reste impossible à représenter : on pense celle de l’autre, mon semblable, mais pas la sienne. Là avec Haneke, ce réel pâtît de l’image de cinéma, il lâche du lest, se dit presque… le corps, la peau, la chair, les yeux, les douleurs, les excréments, le sang, les larmes se font déchets, cause de notre  désir de savoir l’amour. Oui l’amour exige d’être su. Et c’est sa limite qu’on a à se mettre sous la dent, vers l’œil du film Amour comme ce long fleuve d’Asie, et ses méandres immenses… ici la filiation  est comme sacrifiée, exclue du couple qui se maintient tel pour mourir ensemble… Et la seule transmission se fait de maître à élève. Amour de Haneke séjourne entre désarroi, colère  et dignité de l’être parlant pas tout seul, bien que l’ultime de l’intime sait que ce savoir-là est celui de l’existence de soi-même jusqu’à la fin, celle d’attendre, inhérente au réel du jour à jour de tous nos jours… ». JJM