LE REGARD QUI BAT . . . d'un bord à l'autre [entre cinéma et psychanalyse]

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Juin  2007

Réflexions sur le film Bełźec De Guillaume Moscovitz (2005)

Par Bénédicte Reynaud

lire ici un entretien avec G Moscovitz

 

Après Shoah de Lanzmann, il fallait beaucoup de courage pour se lancer dans un film sur la Shoah, qui revendique explicitement une même éthique de l’image que Lanzmann, tout en réalisant une œuvre originale. Effet du temps et des générations – vingt  ans séparent les deux films – Belzec dit autre chose et pose d’autres questions.

 

Guillaume Moscovitz filme un lieu où il n’y a rien à voir : ni traces matérielles, ni survivant[1] de la mort de masse. En forçant le trait, la connaissance historique de Bełźec – pourtant l’un des trois premiers centres de mise à mort de l’Aktion Reinhard avec ceux Treblinka et de Sobibor - se réduit à une liste de nombres : 600 000 juifs gazés, dates de construction du camp, de son extension, de sa destruction, superficies, nombre et disposition des chambres à gaz, nombre de mois de « fonctionnement », localisation exacte du camp : dans le village.

 

À partir de là commence, me semble-t-il, le questionnement du réalisateur : Que veut dire, pour toutes les générations vivantes aujourd’hui, qu’un camp d’extermination a existé lorsqu’il n’y a plus qu’un sol bosselé, et encore, seulement pour l’arpenteur attentif ? La force du film de Guillaume Moscovitz est de réussir à réintégrer le camp de Belzec dans l’Histoire, alors que juste après la guerre, les historiens polonais l’avaient considéré comme une « affaire classée ». Affaire sur laquelle nul n’est censé revenir pour mettre en doute des certitudes établies. La représentation du camp d’extermination de Belzec, initialement réduite à des nombres et une superficie, se transforme avec les différents témoignages.

Le camp de Belzec n’existe que par la violence des effets dans le présent des disparitions collectives.

Non seulement, l’estimation du nombre de juifs gazés varie de 600 000 à 800 000, mais aussi la superficie du camp : l’extension de la clairière à mesure des coupes sombres faites dans la forêt.

Aux dires de quatre adolescents adossés à leurs vélos, le camp de Belzec est un lieu qu’ils apprécient pour son calme. Pour eux, c’est un terrain de jeu. Ils savent que des juifs ont été exterminés, mais pensent que des polonais l’ont été aussi. Combien de juifs ? Quel ordre de grandeur ? Ils n’ont aucune certitude : 600 000 ou 600. Leur savoir scolaire sur la question est plus que vague, à l’image des contradictions de l’enseignement officiel sur la Shoah. Silence de plomb, sous le soleil. Les adolescents regardent la caméra en silence, d’un air un peu inquiet ou interrogateur : Sont-ils en train de prendre conscience des raisons pour lesquelles cet endroit est si calme ?

À ce lieu plombé par le ‘il n’y a rien à voir’, fait écho le silence des habitants actuels du village de Belzec, plongés dans un silence collectif qui, avec le temps, s’est asséché et durci comme une sculpture en terre : la parole – celle qui tend à la vérité de l’être – devenant de plus en plus difficile à dire. Ce silence collectif, pris individuellement, n’en est pas un. Les habitants de Belzec « partagent » pour ainsi dire, le même secret sans lequel la vie dans ce petit village serait impossible, intenable. Secret qui permet aussi à chacun de retarder le plus longtemps possible le moment de la confrontation avec la question du témoignage.

L’existence actuelle du camp de Belzec ne dépend pas de la transmission ou non du secret des anciens du village aux plus jeunes générations. Cette transmission a nécessairement lieu, même dans un silence absolu. L’existence actuelle du camp de Belzec dépend du désir et de la façon de témoigner.

 

Du camp d’extermination de Belzec, les habitants ne savent rien parce qu’en réalité, ils savent tout. Tellement habitués et habités par ce savoir, la plupart présente le meurtre de masse comme normal : c’était ainsi. Ils n’ont pas déménagé, même si l’odeur les gênait. L’un des polonais qui a travaillé à la construction du camp et des fours crématoires, dessine sur le sol la disposition du lieu en donnant force détails puis une fois son histoire terminée, c’est sa chaussure – et non lui – qui efface tout. Impression étrange de voir ce geste nonchalant comme pour exprimer que l’effacement des traces de la mort peut se produire ainsi, c’est-à-dire : comme si de rien n’était.

D’autres cependant ont agi : un ancien du village, âgé alors de 15 ans, raconte avoir caché une femme juive et son enfant, à l’insu de son père qui les découvre et les chasse. Réfugiés dans la forêt, ils sont assassinés peu de temps après. Tout le village le savait et le sait.

Braha Rauffman, l’enfant cachée pendant 20 mois, dont 15 jours dans une tombe parmi les morts du cimetière de Belzec, n’a rien vu, pas même le ciel. Braha Rauffman qui avait alors 8 ans, n’est pas un témoin de l’effacement des traces de la mort, au sens strict du terme. Son récit poignant exprime l’effet en elle des disparitions collectives : elle narre son propre cheminement vers l’acceptation de sa propre disparition du monde, de l’extinction de sa propre parole pour survivre. Savoir se taire au nom de la vie, sans pourtant mourir. Sa délivrance est d’une violence inouïe. Même les repères naturels se sont effondrés : elle ne reconnaît pas le ciel. Transformée en « mur de silence », à sa sortie de captivité, progressivement elle « murmure le silence ».

Un autre homme parle sans aucune retenue de la jouissance quotidienne à aller voir l’embrasement, en grimpant en haut des arbres. Son petit-fils, l’un des quatre ados à vélo, est là et écoute. Alors que le grand-père est un témoin oculaire, en réalité, il ne témoigne de rien – sauf de sa propre jouissance -, le petit-fils dont le visage exprime une honte infinie[2] ou une sidération, témoigne pour ainsi dire, en creux, du désastre. Bien que ce grand-père fût loin d’être le seul spectateur de l’extermination, Guillaume Moscovitz n’insiste pas. Il s’arrête au seuil de l’impudeur. C’est un point fondamental qui contribue à ce qu’une pensée éthique, rigoureuse au sujet de la Shoah, ne dérive pas – sans que nous ne nous en apercevions nécessairement -, vers une complicité avec les assassins.

 

Belzec - le film - pose la question - non pas théorique et abstraite - mais pratique du témoignage. Tout d’abord, il y a différentes façons d’être témoin. Ce n’est pas l’œil qui fait le témoin, mais le regard porté sur l’évènement. Ainsi, en est-il du petit-fils d’un habitant de Belzec pendant la destruction et de Braha Rauffman. Ils transmettent dans la singularité de leur être, l’atteinte que l’extermination des juifs a produite en eux. À ce moment, il devient lui aussi, un témoin de la Shoah.

Témoigner après la Shoah, c’est aussi revivre ou découvrir selon les cas, un conflit intime d’une prise de position vis-à-vis des nazis, qui parfois s’oppose à celle du père ou du grand-père. Comment grandit-on après un tel conflit avec son père sur le fait de cacher des juifs ? De même, comment vit celui qui, après avoir œuvré à la construction du camp, découvre un jour l’effacement de toutes les traces de la mort ? Il sait désormais que le camp a existé. À partir de ce moment précis, il devient un témoin possible de l’existence du camp. Le réalisateur questionne cet homme. Le ton de sa voix donne l’impression qu’il s’agit pour lui d’un travail normal, tandis que l’expression de son visage traduit une gêne profonde. L’image transmet ce que la parole ne pourra peut-être jamais prononcer.

 

Toutes ces interrogations en ouvrent d’autres qui, elles, sont historiques : Qu’ont fait les habitants de Belzec après le désastre ? Rien. La plupart des historiens, hormis ceux qui font de la micro histoire comme Christopher Browning dans ‘Des Hommes ordinaires’, ont souvent clos le sujet[3]. Belzec – le film- participe à la micro histoire, le réalisateur ne s’appuie pas sur des archives - iconographiques ou manuscrites - mais sur le témoignage des habitants de ce lieu. Ainsi, Belzec ouvre de nouvelles perspectives. La micro histoire, fondée sur l’être humain pris dans sa singularité, peut faire apparaître ce que les archives de la macro histoire ne peuvent pas détenir : le désir de jouissance de voir les juifs gazés ; ce même désir a peut-être soutenu le désir de meurtre, sans pouvoir l’arrêter ? Le désir de meurtre, présent dans l’extermination des juifs, qui se trouve aussi en chacun de nous, a peut-être été soutenu par la jouissance du meurtre. Est-ce la conjugaison désir de meurtre et de jouissance devant les meurtres de masse qui conduit au génocide (sans explication causale) ? Or, nous avons tous un désir de meurtre, et nous faisons tous parti – les assassins aussi - de L’Espèce humaine pour reprendre le principal enseignement de Robert Antelme.

Entre le désir de meurtre et l’acte lui-même, il y a un chaînon manquant inintelligible, un reste inexplicable et inexpliqué que l’on retrouve dans les procès jugés en cours d’assisse. Toute recherche causale pour trouver le chaînon manquant, est hors de propos. De plus elle obligerait à emprunter le langage des assassins, à se mettre à leur place. Il s’agit moins de refuser de comprendre comme le soutient Lanzmann – si je ne me trompe pas - que d’accepter la discontinuité entre le désir de meurtre et le passage à l’acte.

De Belzec, dont pourtant on ne sait rien ou presque, le politique veut en faire un lieu de commémoration : commémoration de quoi ? Du secret partagé par les habitants du village ? Que veut dire commémorer sans savoir, si ce n’est, oublier, participer à la destruction ? Le bulldozer qui devait construire un nouveau mémorial et couler du béton, est arrêté dans sa course bruyante, par la découverte de fosses. Métaphore de la limite entre désirs de mémoire et d’oubli. Désir d’effacement des traces de la mort et résistance à cet effacement ?

En choisissant un camp qui n’intéresse personne (peu d’archives jusqu’alors alors exploitables) où pourtant au moins 600 000 juifs ont été assassinés, Guillaume Moscovitz montre que, malgré la fragilité de l’existence réelle (au sens de matérielle, tangible, visible, etc.) de Belzec, sa réalité tient à la violence inouïe, toujours actuelle, des disparitions collectives que le réalisateur a su rendre plus présentes. Loin d’être matérielles, les traces du camp de Belzec sont psychiques. Elles débordent la petite localité, loin, très loin de nous. Les frontières géographiques n’endiguent pas le fracas de cette atteinte au plus profond de l’humain.

 

Bénédicte Reynaud

 

[1] Parmi les deux survivants, l’un deux fut assassiné le jour de sa déposition.

 

[2] Dans mon souvenir, ce jeune garçon cligne des yeux tout le temps de la narration de son grand-père. A vérifier.

 

[3] Lire Christophe Charle, « Micro-histoire sociale et macro-histoire sociale », in C. Charle (dir.), Histoire sociale, Histoire globale ? Editions de la Maison des Sciences de l’Homme,1989, p. 45-57.

 


Juillet 2006

A propos du film être sans destin

de Lajos Koltaï écrit par Imre Kertesz, présenté par Le Regard Qui Bat, mardi 11juillet 2006.

Par Anne-Marie Houdebine-Gravaud

Film beau, émouvant. Certes. Trop beau, trop léché, et trop émouvant, pathétique. Trop de musique envahissante quasi pompière ; et l’on a reproché celle de Nuit et Brouillard !!! Bien plus pudique alors !

Trop d’images comme a dit quelqu’un, sauf peut-être au retour du héros où s’entend l’impossible des paroles et la haine et la solitude de l’incommensurable advenu (scène du tramway), l’impartageable.

Trop d’images, jusqu’aux obscènes – celles des corps nus exhibés, trop en chair, trop en premier plan, bien portants jusqu’au sexe trop plein ; « c’était ainsi » dit un témoin…

Silence ….

Car « nul ne témoigne pour le témoin » (Celan), sauf en effet le témoin – c’est pourquoi on ne peut rien dire. Impossible pour quelqu’un qui n’y était pas. Sauf que justement même si « c’était ainsi » ON (je) n’y était(s) pas.

 

Cela ne l’est « ainsi » que pour eux – les témoins – touchés dans leur corps rappelés dans la boue, les appels ; mais non pour nous qui n’y étions pas

C’est de l’identification imaginaire que cela nous demande ou bien de l’œil (du voyeurisme). Du voyeurisme certes élégant mais nous n’y étions pas : nous n’avons aucune raison même tripale de croire que nous y étions (et pourtant cela s’est dit).

 

Nous n’y étions pas et l’on nous enjoint d’y être, touchés au ventre – d’où ce malaise constant pendant la projection (elle porte bien son nom celle-là !) devant cette demande pathétique.

On se balance avec les corps titubant dans les appels. On y est !!! A peu de frais !!

 

Et quel bel acteur, quel beau visage, en gros plan de plus en plus mutique aux yeux immenses témoignant de l’incompréhension devant la chose – l’achose ; comme au retour quand nul ne peut comprendre.

Belles scènes du retour marquant cela et les rejets : l’appartement pris (« c’était ainsi ») et, même plus, le rejet empressé des amis le mettant ensemble en un seul geste à la porte, ô gentiment, avec sollicitude – il doit aller voir sa mère - mais empressement : nul ne peut supporter ce savoir intransmissible… belle scène.

Belles scènes et venues d’un témoin…alors… ?

Alors « Seul le silence est grand »…

 

Et pourtant il faut transmettre. Injonction paradoxale. Peut-être fallait-il la « Verfremdung » brechtienne, un peu plus de maquillage, un peu plus de distance par une mise en scène visible ; pourtant on la sent ; on repère par exemple la reconstruction théâtrale du décor …

Et voilà que j’associe celle de « la vie est belle » et tout à coup moi qui suis très loin de cette attitude je crois comprendre pourquoi certains l’ont aimé (le film de Benigni) - après tout il s’agit de transmission sans trop de souffrances, un peu d’affect, mais ça finit bien : avec le sauvetage américain ; comme cela a eu lieu, c’est vrai ; comme dans la vie est belle 

Mais dans ce film, Etre sans destin, heureusement une résistance permet une fin tout autre – encore qu’il sera parlé de bonheur – solitude (marche du dos de l’acteur s’éloignant, comme un héros solitaire). Bonheur… « Il y eut même des moments heureux… » Certes. Peut-être. Triomphe de la vie. Pourtant la violence surgit, m’envahit : non ! Pas de happy end !!

 

Et toujours ce malaise venu pendant le film et continuant après, revenant, s’incrustant : je ne comprends pas, mais je sais et sens mon malaise grandissant pendant, après, le film.

Musique envahissante, symptôme ?

Malaise … malaise jusqu’à ce qu’enfin arrive la colère et que monte, se formulant, l’interrogation : Pourquoi ? Pourquoi nousPsychanalyse Actuelle donnant cela à voir, à commenter.

Pourquoi ne pas avoir laissé cela au hasard privé ?

Comment est-ce possible après « la leçon de Shoah », que nous donnions cela à voir ? Et pourquoi ne pas avoir écouté ce silence et proposé d’en reparler, une autre fois, plus tard, après coup, comme avec une scansion : rien à dire…(le silence de la salle, immédiatement après). Rien à dire sauf par le témoin s’il le veut, s’il le désire et Marceline Loridan ne parle pas ; alors …  « seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse » dit A. de Vigny. Ce jour-là, dans ce lieu, j’ai senti la justesse de ce dire.

 

« Commentons » puisque tel est le jeu : parler après, avec, autour du film.

Alors l’obscénité va parler, l’identification facile insupportable : « j’y étais », « j’étais dans le camp » dit de personnes qui n’y étaient pas, car devant celles qui y étaient, le respect, que je crois leur devoir, construit mon silence ; et puis arrive le politiquement correct de la victimologie (le colonialisme, les autres souffrances etc., etc. )…

Il me semble qu’à de Hahn ou à Cetinje quand de jeunes juifs ont dit qu’ils voulaient voir Nuit et Brouillard, qu’ils auraient voulu voir ces trains, Jean-Jacques Moscovitz leur a dit « non IMPOSSIBLE de voir ; SAVOIR est l’important ; ni voir ni comprendre. Ni même comprendre qui supposerait l’identification » ; je pense qu’il avait raison.

Donc pourquoi ce film ? Et pourquoi ces paroles ? N’aurait-on pas dû « lever la séance », écouter le silence, l’interpréter en repoussant - comme dans les groupes de questions cliniques - à un après, à un autre jour, d’en reparler quand le temps, les rêves auraient œuvré, délestant le pathétique.

 

C’est de pire en pire, le malaise ne se dissipe pas au contraire et je sens la fascination qu’exerce le film, à mon corps défendant ; trop beau, trop d’images, et de si belles paroles…(la fin reprenant quasi texto le livre).

Et puis revient la colère contre l’argument d’autorité du témoin « c’était ainsi » la boue, les corps vivants-morts, la soupe volée… non ! La belle image luisante, les nuages inversés vu du corps transporté, alors que je suis dans un fauteuil… Des têtes s’inclinent, suivent le mouvement…Non ce n’était pas ainsi ; même troublée, émue jusqu’aux larmes et malgré ce qu’ont dit certains, JE N’Y ÉTAIS PAS.

 

Et alors parce que « c’est ainsi » on pourrait nous montrer « comme si on y était », la pédophilie, l’assassinat, le viol, sans dommage ?

Question éternelle : injonction cathartique ou mimétique ; le kapo arpente les rangs, maltraite … qui saura où se niche aussi cette identification.

Pathos : la salle jette un cri. Quand ? A quelle image ? En voyant le ver surgir du genou ? Preuve de l’identification du corps – l’archaïque, la plus animale, la mimétique ; l’image – miroir-  emprisonne ; imaginaire au sens lacanien et non symbolique.

 

Décidément cela ne me convient pas ; cette projection me paraît antinomique avec ce que nous avons tenu avec Shoah et l’argument d’autorité «  Un tel a beaucoup aimé » n’en est pas un pour moi, ne fonctionne pas – s’il s’agit d’un auteur, l’œuvre toujours dépasse l’auteur. S’il s’agit d’un témoin : « seul le silence … » arrive ; il, elle dit, et moi, je ne peux qu’écouter, entendre sans pour autant lâcher ce que Shoah m’a appris.

 

Etonnamment quasi obsessionnellement une phrase martelait mon silence « peut-être ce film sera-t-il important dans 100 ans » … Dans cent ans ? S’entend ? Qu’est-ce que j’entends ?

« Rien à voir » - L’horreur de la scène de la douche … Nous voilà près de « la liste de Schindler » - Benigni, Spielberg… quelqu’un associe le pianiste…

On dirait un curseur où se placent différemment ces films, à une extrémité, à l’autre mais toujours sur la même ligne qui court du moins bon (La vie est belle) au meilleur (Etre sans destin) ; mais c’est toujours la même posture du bon vouloir*, du faire connaître etVOIR…

* la charité jamais oubliée revenant au détour « faire le bien de l’autre ».

Posture narrative, posture énonciative en radicale différence d’avec Shoah.

 

En radicale différence d’avec Shoah. Qu’avons-nous appris ? Qu’avons-nous transmis ?

 

Anne-Marie Houdebine-Gravaud

Mercredi 19-07-06