LES ARCHIVES DU REGARD QUI BAT


Mars 2020
Cinéma Beau Regard
Dimanche 8 mars 2020
En Avant-Première
PROJECTION SUIVIE D'UN DÉBAT
L'Automne à Pyongyang
un film de François Margolin - France 2020
Projection suivie d'une rencontre-débat avec François Margolin
débat animé par : Jean-Jacques Moscovitz, Fred Siksou, Simone Wiener, Françoise Moscovitz...
synopsis : Le dernier grand voyage de Claude Lanzmann, le célèbre réalisateur de "Shoah". En Corée du Nord. Il parle de la vie, de Simone de Beauvoir, de Jean-Paul Sartre, du communisme, de la mort... 
l’avant-propos de Jean-Jacques Moscovitz : "... La caméra de François Margolin filme Claude Lanzmann, son visage, ses mots, son style, ses silences, sa capacité d'étonnement, l'incarnation d'un souvenir "écran" d'une merveilleuse histoire d'amour de la vie, d'amour du désir , de l'élan infini entre lui et une femme au sourire toujours présent, intact et magnifique, déjà mis en scène dans Napalm par Lanzmann lui-même . Et que L'Automne à Pyongyang par sa beauté, nous fait revivre . Un tel amour embellit les gens, les images, les mots, les films, les corps, le temps, les âges, la vie. L'Automne à Pyongyang et Napalm sont des films d'amour contre la violence des guerres. Acte formidable de la victoire sans faille de l'intime sur le politique, du désir d'amour dans sa singularité la plus mystérieuse contre les organisations collectives quelles qu'elles soient. Shoah et son auteur, sont en lutte ici contre tout ce qui taire toute parole, et qui avec un humour mille fois en acte - comment faire une omelette avec des baguettes ! - donne vie, futur, avenir. Exemple de lutte contre un conformisme lâche et enténébrant si fréquent de nos jours. François Margolin montre l'artiste qui par son acte crée le sujet, le monde du sujet où l'amour enrichit le sentiment de la permanence de soi-même. Et rappelle à chacun son désir d'enfance, d'être enfant qui vit un présent qui, ayant déjà eu lieu avant , sans cesse s'innove au cinéma. Qui fait exister ce qui n'existe pas "avant d'être mis en images". Il dit l'amour actuel des lieux d'avant. Acte de dire le maintenant d'un Là était Le Lieu ... Toujours vécu dans l'instant éphémère du présent ... " 
à propos du film par Fred Siksou : Ce "dernier" automne de Claude Lanzmann, ce dernier voyage encore plus lointain que la Patagonie... au bout du monde et de nulle part. Cette fiction d'une fiction avec des Juifs, des communistes, Israël et avec Sartre, Beauvoir et Shoah… Le sourire de Claude Lanzmann faisant face à l'effigie sourire de Kim Il-sung le « grand dirigeant immortel » en tous lieux reproduite, sa souffrance de se savoir au bout de son voyage et de le laisser porter à l'écran par François Margolin. François Margolin compagnon de cet ultime voyage en Exopotamie, signe avec L’Automne à Pyongyang un portrait de Claude Lanzmann d’une grande justesse, et un si singulier testament…

Février 2020
Cinéma Beau Regard
Dimanche 2 février 2020
PROJECTION SUIVIE D'UN DÉBAT
La Dernière d'Entre Elles
réalisé par Pierre Goetschel - France 2019
Projection suivie d'un débat avec Pierre Goetschel et sera animé par : Jean-Jacques Moscovitz, Simone Wiener, Fred Siksou, Michel Gad Wolkowicz...
En présence d'Elie Buzyn, auteur de "J'avais 15 ans, vivre, survivre, revivre " éditions Alisio
synopsis : Pierre Goetschel a rencontré miraculeusement Rosette, la dernière survivante d’un petit groupe de femmes rescapées d’Auschwitz-Birkenau, dont sa grand-mère Fernande a fait partie. À partir des fragments exhumés de leurs récits écrits dès leur retour, il retisse la destinée tragique de ces femmes indéfectiblement liées par le destin. Mais Rosette, elle, n’a pas écrit et a préféré se taire pendant plus de soixante ans. Arrivera-t-elle à lire le texte de son amie Fernande ? Entre les premiers témoignages et la présence singulière de Rosette, le film interroge au plus intime ce qu’il s'est passé "là-bas" pour ces femmes à Auschwitz.
l’avant-propos de Jean-Jacques Moscovitz, Simone Wiener, Fred Siksou :  « La dernière d'entre elles, c'est d'abord et aussi, "...entre elles", le lien entre ces femmes. Et les images de Pierre Goetschel nous les présentent; et nous sommes avec elles dans l'enfer qu'elles ont vécu, sans que jamais l'intolérable nous oblige à fermer yeux et oreilles. Ainsi ce film fait, permet une écriture, et ce n'est pas son moindre mérite. L'une, est-il dit par une des lectrices, évoque le vol d'une mouche, pour dire l'appel de la liberté..., la lutte contre la solitude. Rosette Lévy est parmi nous, et par son silence qu'elle nous transmet, elle se protège, nous protège de cette laideur immense sur ce qu’il s'est passé "là-bas". Douleurs. Désarroi sans nom et pourtant nommés avec l'élégance de sa présence vis-à-vis d'elle-même comme pour ses amies. Suzanne, Fernande, Hélène et d'autres revivent; elles sont magnifiques de vérité. "Là-bas" est le mot qu'elles utilisent pour désigner le camp. Anne-Lise Stern déportée nous l'enseignait dans ses si nombreuses et inoubliables paroles de témoin sur "Histoire, Camps. Psychanalyse". Impossible de constituer un savoir fini, un objet d'archive sans vie. Ainsi avec ce film, "Là-bas" est actuel. Il se continue, aujourd'hui avec ces images qui nous montre la Marche de la mort où des dizaines de milliers d'internés sont traînés sur les routes, abattus, gardés comme butin, de camp en camp, jusqu'à l'arrivée de l'Armée Rouge à Auschwitz, fin janvier 1945. Peut-on dire fermeture du camp, libération... ? Aucun mot ne convient, sinon sans doute, lieu de sépulture pour tant de disparus, de leur corps, de leur nom, de leur histoire intime. Ce film nous dit l'intime de ces femmes entre elles, "là-bas". Elles apparaissent comme des matriarches. Elles ne peuvent être effacées. Elles sont toutes aussi premières que dernières... Sans fin est la vie, la vie de chacune, sans fin est la force de vivre, malgré tout ... par leurs écrits, par les images de ce film qui, à notre tour, nous font témoins. C'est la force de ce film de constituer une écriture. Ainsi et aussi. Pour nos enfants, les enfants de nos enfants...