PROJECTION SUIVIE D'UN DÉBAT 

Vendredi 28 juin 2019 à 20H

Cinéma Beau Regard

22, Rue Guillaume Apollinaire 75006 Paris
(Ex Cinéma Etoile Saint-Germain-des-Près)
LE JEUNE AHMED
réalisé par Jean-Pierre et Luc Dardenne - Belgique - 2019 

La projection, en présence de notre invité Luc Dardenne, sera suivie d'un débat
Débat animé par : Jean-Jacques Moscovitz, Fred Siksou, Vannina Micheli-Rechtman, Simone Wiener, Laura Koffler, Guillaume Moscovitz

synopsis : Marqués par les attentats, Jean-Pierre et Luc Dardenne s’intéressent dans ce nouveau long métrage au complexe personnage d’Ahmed, un garçon mystérieux de 13 ans qui, au nom de ses convictions religieuses, est déterminé à commettre un meurtre. Séduit par Youssouf, l’imam de la mosquée qu’il fréquente, l’adolescent va rapidement plonger dans le fanatisme religieux et refuser de « s’ouvrir à la vie » comme tous les adolescents de son âge. Aveuglé par ses idéaux de pureté, Ahmed devient inaccessible, et fermé à toute aide extérieure, y compris celle de sa famille et de ses proches. Centré sur ce personnage qui s’enfonce dans une folie meurtrière, le film évoque les tentatives vaines de son entourage de le ramener à la raison.

l’avant-propos de Jean-Jacques Moscovitz : ... « la jolie Louise taquine Ahmed amoureusement avec un brin d’herbe, lui n’en peut mais devant ce cadeau du ciel… Un magnifique élan d’amour adolescente leur arrive, regard à regard, où se profilent sourires… Promesse. La jeunesse triomphe. Mais il ne peut aller plus loin si elle ne veut pas devenir musulmane. Nous sommes dans un monde laïque, une laïcité postchrétienne qui, politiquement, est la nôtre. En France en Belgique et ailleurs. Peut-on parler de religion musulmane alors qu’il s’agit plutôt d’un mode de vie qui peut s’exacerber, se radicaliser. Dès lors ce mode d’être bouscule nos repères occidentaux. Ce n’est pas une religion avec une hiérarchie rigoureuse comme le christianisme acceptant un écart entre croyance et vie citoyenne. Le mode d’être musulman une fois exacerbé n’est plus seulement fondé par un texte, un tapis, un livre de prière, il cherche aussi l’apostat pour l’égorger. Nous sommes dès lors face à un impossible à traiter. Avec le style, la simplicité du film de Jean-Pierre et Luc Dardenne, « Le jeune Ahmed » nous met face à un tel impossible à résoudre, allant jusqu’à l’irréparable. Le héros se prépare en fixant ses lunettes, en fermant bien son blouson pour combattre sans recul Inès son professeur de français. Elle qui propose d’apprendre aux élèves l’arabe du quotidien à côté de celui du Coran. Mais notre loi commune ne convient pas à Ahmed, il fera la loi lui-même, il rendra justice en étant prêt à tuer l’apostat. C’est là une fracture avec son mode de vie dans une action quasiment de guerre. Le cinéma est-il mieux placé pour que chacun se laisse questionner par le radicalisme arabo-musulman chez certains ados ? Ahmed offre des mouchoirs à sa mère pleurant pour la consoler du fait du risque qu’il passe à l’acte meurtrier, comme s’il allait accepter enfin de reculer devant le pire qui le guette... En vain. Que se produit-il alors dans cette fracture où mort et vie s’équivalent ? et qui aboutit à cette captation d’Ahmed et d’autres ados ? En fusionnant mort et vie, ils reviendraient au stade le plus archaïque d’indivision entre naissance de la vie et la non-vie, en les rembobinant (terme de cinéma...) vers le temps originaire où s’instaure l’écart à peine survenu entre vie et non vie. Voilà un des enjeux où ce film place le spectateur face à notre actuel » ...