Charlie-Hebdo, "un bout de papier" qui change le monde

Par Jean-Jacques Moscovitz

Un dessin est une représentation, et pour notre actualité, c ‘est celle  de Mahomet, ce n’est pas le prophète  et pourtant il a fait se produire une tuerie abominable.  Que s’est-il passé pour que soient confondus à ce point le réel et sa représentation qui le symbolise ? Ici le psychanalyste est convoqué.

Freud dit que pour répondre à l'incomplétude narcissique de l'homme , il existe deux façons : la violence des armes et c'est la barbarie, et d'autre part le droit et la parole, et c'est la civilisation. Nous devons nous proposer de penser la violence en ce moment  en France. Et la réussite des rassemblements en France  nous y oblige.

Il y a deux plans: subjectif et objectif.

Celui subjectif c'est l'atteinte à la liberté de dessiner et d'avoir de l'humour. Face à cela la République va honorer ses morts. Notons que parmi les victimes, il y a une psychanalyste qui avait une rubrique à Charlie-Hebdo. Elle s'appelait Elsa Cayat. Le terroriste lui aurait demandé de dire une prière du Coran . Comme elle n'a pas pu, il l'a abattue froidement.

Le défilé aura été une sépulture pour chaque victime. Afin que leur mort ne reste pas dans le monde des assassins. Que leur mort soit la leur.

Sur le plan collectif nous savons que les français une fois dans la rue ont déjà changé le monde . Ils savent le faire. Et les leaders politiques le savent bien et ils peuvent recevoir une véritable interprétation de leur impuissance .

Au plan collectif AUJOURD'HUI l'attaque de la liberté de la presse est un acte de guerre. Ce n'est plus politique uniquement . FAUDRA-t il QUE LES ARMÉES PROTÈGENT LES SALLES DE REDACTION pour que nos artistes  fassent de l'humour!.  Il y a là une démétaphorisation. La chute de la métaphore est source de révolutions .Elles peuvent être bonnes et elles peuvent être mauvaises. Des lors que le réel  s'en dégage a ciel ouvert.. - Que nous ont-ils dit ce ciel et les chefs d'États  qui nous gouvernent au dessus de nos têtes , ce dimanche...??

Le "blasphème" anti-islamique est-il une attaque de guerre au point que l'ennemi  du genre humain s'est révélé à y répondre en tuant? Notre début d'année le montre... Et il a aussi  montré le formidable élan de la puissance de la parole...

Mais que faire et comment penser après les crimes, et celui dans la supérette Kacher "effroyablement antisémite " comme le dit Hollande sur le 20h de ce 9 janvier. Il faudrait que la masse compacte de dimanche soit suivie et relève le gant : Provoquer des États généraux des enjeux républicains en France pour dire les changements à envisager et que ces 17 morts et combien de blessés ne le soient pas pour rien.

Jean-Jacques Moscovitz