Allô, allô...? Vous m'entendez...?

Par Jean-Jacques Moscovitz
Les séances par téléphone, à distance..La limite, la séparation entre dedans et dehors, la présence du corporel, notion majeure du sujet  individuel face au collectif, changent de nom, ça devient gestes-barrières (masque-gants-Hydro gel-confinement) . Comme si dedans et dehors allaient se mélangeaient au point d'y perdre le réel. 

Le réel c'est le virus. Le combattre sans l'idolâtrer à le confiner dans nos émois de confinés. 

Avec Benjamin Lévy et Fred Siksou, a été décidé ce moyen du blog pour innover, maintenir, ne pas rester silenciés dans nos échanges entre analystes, non-analystes, le tout venant... 

Le thème va de soi, genre  d'aller sonner à sa propre porte pour savoir si mon Moi est toujours  là... Allô allô ici appel à Freud: le moi n'est plus maître en sa demeure... c'est vrai? Dis moi tout Sigmund! Car le réel des mots c'est toi qui nous l'a refilé  avec Le Ça . 

Actuelle, la psychanalyse l'est depuis son début à se confronter à ceux qui voudraient la faire taire. Soit à céder  le pas à la radicalité du danger extérieur extrême , pour que notre radicalité intérieure intime s'efface. Que l'analyste quitte son écoute ... Non !et même aujourd'hui au téléphone..  surtout aujourd'hui.

D'où l'usage d'outils informatiques pour que l'intime du sujet, le parl'étre se fasse entendre et écouter entre deux personnes liées par leur désir de parole analytique, de présence psychothérapeutique. Outils aussi utilisés dans nos échanges entre psychanalystes, psychothérapeutes, non-analystes, le tout venant de chacune/chacun de nous, face aux effets d'une pratique socio-politique, celle du confinement. Qui est bien une pratique qui convoque logique et intuition au quotidien. Erreurs  aussi. Cette pratique nous devons y faire face par la nôtre. La nôtre, c'est celle qui lie celles et ceux par un contrat de parole avec la parole. Quels sont les effets repérables déjà du contemporain, de l'actuel sur notre subjectivité. De commencer à les repérer pour s'en défaire dès que cela sera possible. Apprendre déjà à s'en défaire, voilà le but de nos échanges, comme les séances que nous menons avec qui nous parlons. . 

Mais avec le blog, attention aux  clics et le doigt sur le clavier . Attention le clic n'a pas de surmoi, il est même souvent décérébré. C'est pourquoi pour ce blog Allô allô ... vous m'entendez? il est souhaitable plus que souhaitable que  les textes qui y seront mis soient si possible courts, pas plus de deux pages, qu'ils prêtent au commentaire et au débat pour envisager le futur.

Doigt, geste, l'interdit du toucher, celui  que @metoo était en train de nous faire savoir  avant ce Covid 19, combien un homme pouvait être une sale bête, eh bien avec notre actuel ce toucher interdit a viré à l'injonction de s'en  protéger avec des gants médicaux... . Exemple de préparation de notre futur, Sigmund, encore lui, nous en dit pas mal. Freud cite un certain MOLL à propos de la « contrectatio » (attouchement) signifiée comme un besoin de contact épidermique de « cruauté sadique » ( dans les Trois essais , Henri Fontana notre collègue en a fait une étude étymologique  ). Et vu le problème viral universel mondial, le toucher devient une pulsion dangereuse, de toucher et d'être touché... et s'en protéger devient une opération de créer de nouveaux objets d'art:une rampe de métro, une poignée de porte, un papier d'emballage . Le smartphone, lui aussi... Déjà traces du travail mémoriel qui anticipe la suite ... nos rêves en témoignent.

Son titre est la raison de sa mise en lecture. Michel Durel en avait parlé. voila l'origine du choix de soumettre cet exposé à une lecture critique , très actuelle


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