ACTUEL ET NOVATIONS - LE BLOG DE PSYCHANALYSE ACTUELLE

Pour Christian Simatos

publié le 15 nov. 2020, 03:42 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 20 nov. 2020, 02:41 ]

Pour Christian Simatos

Par Jean-Jacques Moscovitz


Écoutons Alain Bashung, le bienvenu, il nous donne un cap :

« « « Je ne t'ai jamais dit
Mais nous sommes sommes immortels
Pourquoi es-tu parti avant que je te l'apprenne?
Le savais-tu déjà?
Avais-tu deviné?
Que des dieux se cachaient sous des faces avinées
Mortels, mortels, nous sommes immortels
Je ne t'ai jamais dit
Mais nous sommes immortels
As-tu vu ces lumières, ces pourvoyeuses d'été
Ces leveuses de barrières, toutes ces larmes épuisées
Les baisers reçus, savais-tu qu'ils duraient?
Qu'en se mordant la bouche, le goût on revenait
Mortels, mortels, nous sommes immortels
Je ne t'ai jamais dit
Mais nous sommes immortels
As-tu senti parfois que rien ne finissait?
Et qu'on soit là ou pas quand même on y… » » »

…De suspension les points à la fin de la chanson, Christian fait arrêter la machine à Oxygène, celle mondiale de notre époque bien ralentie, et il part la nuit de ce 12 novembre… 2020
Un Novembre terrible pour la psychanalyse , de vrais amis partent , Moustapha Safouan, Abram Coen. Christian, . Oui nous nous voyons mi-septembre lors de la présentation chez Tschann du livre «La pratique de Lacan », aux Éditions Stilus , où lui, moi et d’autres avons un texte. Et nous sommes ensuite au Select, fief des psy depuis longtemps. Christian porte beau, cheveux bien fournis, blancs, blancs, blancs. Élégant en tout, tenue, parole, accueil. On a de l’amitié en cours… il est cannois moi niçois. Le livre en commun nous amène à deviser sur notre sorcière préférée, la pensée psychanalytique. Et les arcanes des liens entre praticiens. Christian, chacun en convient, je le lui dis - il est féru de culture juive - est un Mensh, celui qui sait être où Il est, qui ne lâche pas sa position, celui qui ne la ramène jamais, sur qui on peut compter. Son propos dans le livre le souligne : avoir fini son analyse avec Lacan, le quitter mais sans lâcher l’analyse ni l’EFP. Oui, dit il, il y a du désir de l’analyste , pas la peine d’en faire une passion.
Il me parle des cartels comme le moyen où s’éprouve le style analytique de chacun . Et qui construit des raisons d’être ensemble, ou pas. On évoque son poste de secrétaire à l’Ecole . C’est lui qui accueille les nouveaux venus durant toute la durée de l’EFP de 1964 à 1980. Lors de ma venue chez lui il y a des belles années depuis, pour demander , intimidé, mon entrée à l’EFP, il fait ce qu’il fait pour que je reparte tranquille . Mon entrée effectuée, je le retrouve tout aussi accueillant pour parler avec lui, et deux autres membres de L’Ecole, de mon passage de la SPP ( IPA de Paris) à l’EFP. Il m’en rend compte lors de ce dîner. Boostés que nous sommes par le débat sur le livre il me dit que Lacan comme lui-même voulaient savoir s’ll s’agissait d’une passe. Malgré sa santé attaquée par le cancer, il surmonte l’adversité , et reste souriant, présent, généreux . C’est un Homme de mesure Jamais un mot de trop.

Les points de suspension de la chanson sont pour nous, les vivants que nous sommes, le signe de le rester au plus loin en soi-même…

Tchao CHRISTIAN

Très sincères condoléances à toute ta famille

Jean-Jacques Moscovitz

Situation du monde contemporain

publié le 11 nov. 2020, 05:59 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 11 nov. 2020, 05:59 ]

Situation du monde contemporain 

Par Emmanuel Brassat


Synthèse synoptique 

Pour comprendre ce qui nous arrive sans rester prisonniers de l’agitation médiatique et du climat  d’anxiété qui s’est déployé, il faut prendre en compte plusieurs phénomènes d’ensemble déterminants  à la fois structuraux et d’ordre historique.  

1/ Les conséquences économiques critiques de l’épidémie de Covid19 ne sont pas seulement causées  par l’épidémie et les mesures qu’elle entraîne. Elle provoque seulement leur accentuation. Depuis  quelques années, le fonctionnement du capitalisme est régulé de fait par des crises qui, désormais  gérées au mieux avec des instruments théoriques et pratiques puissants - en partie issus de la critique  socialiste de l’économie capitaliste et en réaction vis-à-vis d’elle - évitent son effondrement et assurent  tant bien que mal sa conservation. Le passage à une économie mondialisée organisée par les systèmes  numériques et les nouvelles régulations qu’ils permettent, cela aux dépends de toute autre forme  d’échange et de production économiques, se voit aussi accéléré. L’un de ses traits est la prolétarisation  et l’industrialisation du travail intellectuel et des professions libérales : santé, droit, enseignement,  recherche scientifique, ingénierie. En ce sens, la crise de la Covid permet l’accélération de la  liquidation de ce qui subsistait de l’ancienne économie (antérieure à la numérisation des échanges et  de la gestion des activités de production, de commerce et de capitalisation). Les crises économiques  permettent assez naturellement à l’économie capitaliste un réajustement des formes de l’activité en  détruisant du travail, de l’entreprise et du capital pour relancer les processus d’accumulation de ce  même capital. Rappelons que la crise actuelle de l’économie, définie comme un système économique  global dépendant de la valorisation du revenu du capital, crise que le capitalisme provoque et qui le  limite tout à la fois, est déterminée par la concentration extrême et inégalitaire des revenus du capital,  la faiblesse des salaires, le chômage massif, la disparition partielle du travail due à la numérisation, la  faiblesse mondiale de la consommation, la surproduction des biens, la privatisation des services  publics, la concentration de la valorisation des capitaux dans l’activité financière, la désintégration ou  affaiblissement des Etats-nations. De tels processus impliquent des phénomènes massifs de  paupérisation, d’exclusion sociale et de déqualification qui maintenant atteignent aussi le prolétariat  qualifié, les classes moyennes, la bourgeoisie moyenne et qui sont susceptibles de générer des  violences sociales. Paradoxalement, des groupes sociaux salariés nouveaux en bénéficient massivement sous condition d’une acceptation des conséquences sociales et culturelles de cette  transformation : professions de la communication, de la gestion et de l’évaluation, de l’industrie  culturelle du divertissement, ingénieurs et techniciens du numérique, entrepreneurs du numérique, de  la santé, de l’enseignement, militaires, professions sécuritaires.  

2/ Avec les mesures de confinement et le recours au télétravail qu’elles appellent, le processus global  de numérisation du travail, en partie autoritaire, s’accentue et force de fait les multiples résistances  qu’il rencontrait encore. Ces résistances sont dues à la disruption culturelle et sociale que  l’informatisation provoque et à la déperdition des pratiques sociales de vie ou de travail que celle-ci  induit, accompagnée d’une crise des statuts sociaux, de la définition des fonctions et des qualifications  professionnelles dont l’un des traits est la dédifférenciation. La numérisation des échanges et des  formes du travail a pour conséquence de nombreuses et puissantes transformations de l’organisation  sociale et des modes d’administration de la société. Elle a donc des conséquences politiques et  institutionnelles majeures.

3/ La conjonction des processus de réadaptation du capitalisme dans son ensemble et de numérisation  des sociétés, dans leurs effets différenciés, engendre une évolution politique nouvelle. L’exercice du  pouvoir politique devient celui d’un contrôle généralisé des formes de la communication numérisée,  celles-ci étant à la fois déterminantes des liens sociaux, des modes de production, des formes  culturelles et des processus politiques. 

Les pouvoirs politiques étatiques, ne pouvant résorber les crises sociales que le capitalisme mondialisé  numérisé engendre au sein des équilibres sociaux nationaux - crises se manifestant par la perte de  consensus stabilisés et négociés entre forces sociales et politiques, entre groupes sociaux - accentuent  les mesures autoritaires et le contrôle global de la vie sociale. 

Une telle évolution illibérale, qui se produit dans tous les Etats, pas seulement dans ceux qui sont déjà  institutionnellement autoritaires comme la Chine, se traduit par le recours à des mesures d’urgence qui  sont de fait, et peu à peu de droit, un maniement institutionnalisé de procédures relevant d’un état  d’exception – ou correspondant à un état de guerre. Elles conduisent à une limitation progressive des 

libertés juridiques fondamentales et à leur suspension partielle, momentanée ou définitive. Un tel processus s’accompagne très naturellement de l’augmentation et de la multiplication de lois  pénales et sécuritaires, créant sans cesse de nouveaux délits, ainsi que de pratiques répressives  organisées aux limites de la loi, notamment dans la gestion de plus en plus policière de l’espace  public et du contrôle des échanges et déplacements, ainsi que des manifestations politiques sur la voie  publique. 

La numérisation des sociétés et de leur activité, du fait également de l’extension des réseaux  d’échange et de communication qu’elle permet et appelle, entraîne une généralisation du contrôle  administratif et technologique de la vie sociale par des moyens numériques. La puissance technique de  ces moyens permettant la mise en place de procédés de surveillance, de contrôle et de répression sans  précédent dans l’histoire humaine et qui ont déjà de fait modifié très profondément les formes  politiques issues de la modernité juridique libérale. 

4/ Trois remarques complémentaires sont ici nécessaires. 

● De tels processus généraux n’impliquent pas qu’il n’y ait aucune résistance et pratiques alternatives indépendantes et singulières à leur déploiement. 

● Leur caractérisation comme procédant de formes totalitaires est possible, mais elle appelle à  discussion à la fois du point de vue de leur désignation comme tels et du degré réel d’extension de leur  possible hégémonie. 

● Les technologies numériques, dans leurs usages possibles, si elles ne sont pas absolument  réductibles à un modèle social autoritaire, à l’organisation capitaliste productiviste du travail et des  échanges et à un contrôle social informatisé, dépendent tout de même très largement d’un régime ou  dispositif de discursivité qui modifie les conditions sémantiques et fonctionnelles de la culture  commune et de la subjectivation individuelle. 

Pour conclure provisoirement, l’épidémie de Covid 19 conjuguées aux tensions provoquées par les  épisodes diffus de violence terroriste, indépendamment de la réalité désastreuse de leurs effets réels  sur les personnes, tendent désormais à accentuer, intentionnellement et inconsciemment,  idéologiquement et matériellement, des processus de transformation politique, économique et sociale  qui relèvent d’une mutation des normes et modalités de l’organisation des sociétés industrielles à l’âge  de l’hyper-capitalisme darwinien post-néolibéral. 

Le 7 novembre 2020 

Emmanuel Brassat

Le Courrier 2020 / 2021

publié le 9 nov. 2020, 06:37 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 21 nov. 2020, 08:48 ]

PSYCHANALYSE ACTUELLE

fondée en 1986 à Paris

Association membre de l'Inter-Associatif Européen de Psychanalyse

et de Convergencia Mouvement lacanien de la psychanalyse freudienne.

«  FREUD, LACAN, ET NOUS » 

 infos@psychanalyseactuelle.com

COURRIER 2020 / 2021

« le présent est un instant qui a de la chance »

 

L’actuel du temps qui passe, au fait passe-t-il ? Stagnation…

Qui va bien, qui va mal vient et revient aujourd’hui sur la scène et pas seulement sur celle du médical quelque peu enfin à sa place. Aujourd’hui cette scène devient le bien et le mal, de telle sorte qu’aller mal c’est être une victime, aller bien quasiment un bourreau !  Ce couple, scène de notre actuel, est directement issu du retour de la rupture de l’Histoire des années quarante, au point de nous faire de plus en plus participer passivement à cette scène de l’actuel de notre temps où la morale devient un objet de consommation de masse ! Puissent nos démocraties y remédier, grâce à ses valeurs de la parole, de la responsabilité et de la liberté, celle qui, dans les ténèbres comme le dit le Chant des Partisans, c’est elle qui nous écoute.

Contre voire parfois avec toutes sortes d’intégrismes suraigus, flous, passagers…

En attendant, ce couple victime/bourreau trop fusionnel prolifère et ne serait-il pas en train de se mettre à l’aise chez les « psy » sur les questions de notre formation, question pourtant toujours vivante et majeure à l’évidence.

Nous en sommes à un présentisme, mot nouveau dans les réseaux sociaux, sorte d’arrêt sur la Covid et ses dangers. Stagner à un poste avancé du retard du temps mou de nos jours. Immobilité d’un soi-disant JE innocent subissant sa marche sur place et en alertes, fausses ou pas.

En pénurie de pensée en tous les cas, telle que la psychanalyse ici n’a rien de révolutionnaire comme certains le chantent sur l’air de La Marseillaise... La peur de la psychanalyse chez certains psychanalystes est à noter. La séance Covid à distance, appelons-la téléphonia par rapport à celle, préférée, la présentia. La Covid ne provoque pas un changement radical dans un tournant irréversible de la psychanalyse, mais simplement de l’adaptation à la situation que tout le monde subit. La psychanalyse par son origine même fondée sur le langage et le sexuel freudien permet que le corps soit présent dans les échanges des présents, il est évoqué, réclamé, récusé, il est là en séance, par téléphone ou pas.

La psychanalyse ne ressort pas amoindrie mais toujours là, présente, et toujours proche de faire scandale pour le simple citoyen qui n’accepte pas l’existence de l’inconscient et de ses effets sur la subjectivité contemporaine.

Comme praticiens, nous tenons bon, et c’est tout à fait impressionnant que cela puisse avoir lieu aussi bien -tout le monde en conviendra - sauf certains psychanalystes probablement phobiques de la psychanalyse elle-même, rassurés par la présence corporelle de leurs analysants plutôt que d’en écouter les signifiants qui structurent leur discours. La séance aux smartphones ou en scaphandre soulève la question de la phobie, c’est-à-dire du carrefour nosographique psychiatrico-psychanalytique : névroses, perversions, psychoses, et quelques autres syndromes. Rien de nouveau donc sinon d’être averti tel le phobique que le surplace du temps guette, mais ce temps est aussi bien intérieur au dedans de soi, comme toujours. Et rien n’empêche justement de l’écouter en séance individuelle, ou en Zoom dans des petits colloques d’analystes comme cela se fait de plus en plus.

Et au fait rêvons nous ? C’est très réparateur, les rêves, et très indicatifs de nos désirs de rencontrer le pire et le meilleur. L’amour et le désir n’y sont pas absents, c’est bien pourquoi, avec ce tournant que nous prenons du fait de cette réalité adaptative, nous proposons de faire des rencontres sur les histoires du mouvement analytique de tous bords. Comment la psychanalyse fonctionne-t-elle depuis 1981, du côté de chez Lacan et aussi bien du côté de l’IPA, depuis la dissolution de l’École Freudienne de Paris et la disparition de Jacques Lacan et de beaucoup d’autres ?

De nombreuses associations de psychanalystes comprenant aussi des psychothérapeutes formés à la psychanalyse, se regroupent souvent en réseaux informatiques très actifs ; dont on sait qu’ils s’appuient et ont des échanges constructifs avec les groupes analytiques existants ayant pignon sur rue. Les résistances à l’analyse trouvent ainsi à qui s’affronter, le paratonnerre de le haine de la psychanalyse après Freud et Lacan n’est pas absent, il nous incombe, désormais, d’où le  sous-titre au nom de Psychanalyse Actuelle « Freud, Lacan, et Nous ». Ce nous s’indexe aux réseaux internationaux, L’inter-associatif Européen de Psychanalyse et Convergencia/Mouvement lacanien de la psychanalyse freudienne, regroupant des associations des Amériques, de Chine, d’Europe…. 

Jean-Jacques Moscovitz


Pour un écho à cet avant-propos  s’adresser  à infos@psychanalyseactuelle.com 

Le blog    http://www.psychanalyseactuelle.com/le-blog

*** 

LE PROGRAMME DE PSYCHANALYSE ACTUELLE, PUBLIE ICI, A LIEU EN ZOOM TANT QUE LA SITUATION SANITAIRE L’EXIGE. 

 ACTIVITES ESSENTIELLES DE L’ASSOCIATION :

- Le séminaire de Psychanalyse Actuelle

- Le Regard qui bat… .

- Des cartels

- Des informations sur les activités de soins, de recherches et d’enseignements de membres de l’association

-I-

PAR ZOOM

SÉMINAIRE À PSYCHANALYSE ACTUELLE

LES INCIDENCES DU CONTEMPORAIN

DANS LES PROCESSUS DE SUBJECTIVATION

Séminaire animé par

Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste (psychiatre)

Benjamin Lévy, enseignant, psychanalyste (psychologue)

- Une CAGNOTTE en ligne, permet aux non-adhérents, aux auditeurs irréguliers et à nos soutiens de contribuer aux divers frais d’organisation - montant SUGGERE 10€ par personne 

- cliquer ici : https://cagnotte.me/75900-psychanalyse-actuelle/fr

* * *

PROGRAMME DU SÉMINAIRE MENSUEL DE PSYCHANALYSE ACTUELLE

Un mercredi par mois

Ouvert à tous - Contribution libre

* * *

14 octobre 2020 de 21h à 23h  

FRANÇOIS ARDEVEN

PSYCHANALYSTE, LECTEUR DU MIDRASH LAÏQUE AU CENTRE MEDEM

VARIATIONS CYBERNÉTIQUES

* * *

18 novembre 2020 de 21h à 23h

Par ZOOM

Pascal LAETHIER

Psychanalyste, réalisateur du film :

« Psychanalyse et Psychanalystes au temps du confinement » 

Un débat sera proposé à partir du film documentaire réalisé par Pascal LAETHIER et Clovis STOCCHETTI sur la pratique analytique en période de confinement.

* * *

PROCHAINS INTERVENANTS CONFIRMÉS 

Florence FREDOUILLE

 Gynécologue, docteure en psychopathologie, psychanalyste

Le mercredi 16 décembre 2020 de 21h à 23h

Lectures de Charles LASÈGUE : « des anorexies au délire à deux » 

* * *

Eduardo PRADO DE OLIVEIRA

Psychanalyste, professeur de psychopathologie

éditeur international de la Revista Brasileira de Psicanálise

Le mercredi 20 janvier 2021

MISE AU POINT SUR LA PLACE DU PERE, DE LA MERE, AVEC FREUD, AVEC LACAN 

* * *

Michel-Gad WOLKOWICZ,

psychanalyste, professeur de psychopathologie

Le mercredi 10 février 2021

« ET TU CHOISIRAS LA VIE … ! »

UNE APPROCHE PSYCHANALYTIQUE 

* * *

CLAUDE-NOËLE PICKMANN

Psychanalyste

Le mercredi 17 mars 2021

(titre à déterminer)

 * * *

Pour proposer une intervention au séminaire

 Veuillez contacter l’un des organisateurs :

Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste (psychiatre), 06-16-29-51-89, jjmoscovitz@gmail.com

Benjamin Lévy, enseignant, psychanalyste (psychologue),06-47-52-80-10,  Benjamin.levy@outlook.fr 

* * *

ET INTERVENANTS PRESSENTIS 

Dimitri LORRAIN, Gérard POMMIER, Jérémie CLÉMENT, Valérie MARCHAND, Lysiane LAMANTOWICZ…

  

-II- 

LE REGARD QUI BAT

L’association Psychanalyse Actuelle propose depuis 2004 un débat en présence du réalisateur dans la rencontre entre psychanalyse et cinéma. Voilà un défi, celui de percevoir les effets réciproques entre désir du psychanalyste et œuvre de cinéma : quels liens sont en jeu entre cinéma, image et psychanalyse ?  Pour ce séminaire public en salle de cinéma, il est proposé d’élaborer les approches cliniques, théoriques, éthiques  sur la féminité, la masculinité, la sexualité qui, interrogées, nous interrogent en retour, ainsi que la destructivité collective et intra-psychique  mises en acte dans la haine d’États dépeupleurs de l’humanité.

Cela permet aux analystes de parler de leur pratique en public sans avoir à parler de leur cures, de garder le secret inhérent au respect envers le discours des analysants. Et dès lors apparaissent des effets qui enrichissent la formation et la transmission  de la discipline de Freud reprise par Lacan, et la culture cinématographique des présents.

 

***

Les INTERVENANTS aux rencontres sont Simone Wiener, Vannina Micheli-Rechtman, Françoise Moscovitz, Laura Kofler, Fred Siksou, Daniel Friedmann, Jean-Jacques Moscovitz… et d’autres dont la participation est à confirmer.

Pour l’heure, le 8 mars 2020 a été la dernière projection suivie d’un débat qui a eu lieu au cinéma Au Beau Regard, à St Germain des Près. C’était l’avant-1ére de 

L’Automne A Pyongyang de François Margolin qui filme le tournage en Corée du Nord du dernier film de Claude Lanzmann Napalm.

Voici le lien du débat sur ce film impressionnant de beauté et de simplicité des images sur un sujet aussi difficile.

http://www.psychanalyseactuelle.com/le-regard-qui-bat

POUR SORTIR DE NOTRE INERTIE PANDEMIQUE, DES DEBATS PAR ZOOM SONT PREVUS,

- le mercredi 18 novembre, Pascal Laethier comme cela est indiqué ci-dessus, fera un débat par Zoom sur son film 

- En Chine PAR ZOOM le samedi 14 novembre à 14h (heure française),

notre collègue Mme Zhaomin nous propose une 2e rencontre par Zoom cinéma-psychanalyse après celle de septembre, sur le film que nos collègues de Chengdu ont choisi : Nymphomaniac de Lars Van Trier ; et ce pour étudier le féminin et la sexualité féminine, selon Freud, Lacan et nous.

Le visionnage des deux dvd de ce film remarquable, se fait seul chez soi ou à quelques-uns, et ensuite a lieu le débat par Zoom. Six rencontres sont prévues. 

UN DEBAT par Zoom est en train d’être fixé à partir d’un des FILMS DE PASCAL KANE, disparu ce 31 aout  2020

Il était membre assidu du Regard Qui Bat… auquel il aimait tant participer et nous faire profiter de ses qualités immenses d’artiste de cinéma . 

-III-

CARTELS

Lectures du SEMINAIRE DE LACAN

 Nous sommes aujourd'hui huit psychanalystes, venus d’horizons divers, qui confrontons notre lecture de Lacan, de manière libre et informelle, depuis septembre 2018. Nous avons commencé par Un discours qui ne serait pas du semblant (1970-1971), nous poursuivons nos rencontres cette année avec Ou pire (1971-1972), chaque premier mercredi du mois, sur Zoom en raison de la situation sanitaire. Pour nous joindre écrire à
MICHEL DUREL
 mdurel@gmail.com ou lui téléphoner (01 43 21 81 36)

*** 

GROUPE CLINIQUE

Nous avons mis en place un groupe clinique d'échange et de partage d'expériences cliniques sur la base d'un espace commun de pensée et d'associations d'idées qui nous aide à mieux entendre nos patients. Il a lieu tous les 1ers jeudis du mois à 21h dans le cabinet de l'un de nous

 et maintenant par zoom.
Pour l'instant le groupe est au complet.
FULVIA CASTELLANO : 0687283839
LYSIANE LAMANTOWICZ : 0660277743

***

BENJAMIN LÉVY

GROUPE DE LECTURE PSYCHANALYSE ET APPROCHES CRITIQUES DE LA « SANTÉ MENTALE » : ce groupe de lecture rassemble plusieurs praticiens psychologues et psychiatres ainsi que des personnes intéressées par l’actualité de la psychanalyse et sur des enjeux contemporains liés à la notion de « santé mentale ». Des ouvrages sont discutés, à raison de 4 à 6 chaque année.

- Pour les nouveaux CARTELS  ET GROUPES DE TRAVAIL,

s’adresser à Muriel Aptekier muriel.aptekier@orange.fr ou à l’un des responsables des séminaires, Cartels en cours où les coordonnées sont indiquées. 

-IV-

INFO SUR DES LIEUX D’ACCUEIL, DE SOINS D’ENSEIGNEMENTS SOUS LA RESPONSABILITE

 DE MEMBRES DE L’ASSOCIATION.

PASSAGES ASSOCIATIFS - ALINE MIZRAHI

L’association « PASSAGES ASSOCIATIFS », créée il y a 8 ans à Gentilly, en banlieue parisienne, propose à quiconque en éprouve le besoin un lieu d’expression et d’élaboration de ses difficultés et souffrances psychiques.  Les consultations sont assurées par les psychologues/psychanalystes de l’équipe, selon des modalités adaptées à la situation de chacun (participation en fonction des ressources, gratuité pour certains). Initialement destiné aux enfants et familles, notre public s’est rapidement élargi à des adultes qui en faisaient la demande. Nous avons aussi ouvert, il y a quelques années, un accueil collectif pour les tout petits et leurs parents. Notre engagement analytique dans la cité, à l’écoute de l’intime, participe à la réparation du lien social.

 Contact : 06 52 47 69 14 

***

Dirigé par JEAN-MARC BEN KIMOUN le CMPP Fernand Niderman à Saint-Mandé

est un lieu de consultations, de dépistage, de prévention et de traitements, qui prend en charge les problèmes médico-psychologiques et pédagogiques que peuvent rencontrer un enfant et sa famille. Il est implanté dans le réseau social du quartier géographique, et accessible à toute personne souhaitant venir consulter, notamment quel que soit son lieu de résidence.
Adresse 135 Avenue Gallieni, 94160 Saint-Mandé. Téléphone 01 4808 4662 

***

BENJAMIN LEVY

-GROUPE DE LECTURE « MICHEL FOUCAULT », ce groupe de lecture est animé par Laurence Croix à Espace Analytique et nous rassemble autour de la lecture d’œuvres de Michel Foucault. Nous arrivons cette année à la fin du cycle L’Histoire de la sexualité. Un colloque de fin d’année est envisagé.

***

SCHIBBOLETH/ACTUALITES DE FREUD. JJ MOSCOVITZ,

Membre avec Micha Wolkowicz, Thibaud Moreau et d’autres, en France et en Israël, c’est un lieu de conférences et de colloques .

Dernière manifestation :  LES FIGURES DU MAL

Deux sessions, la 1ere session a eu lieu par zoom de 18h30 à 22H, Du 25 au 29 octobre 2020, la 2e session de 18h30 à 22H, aura lieu les 20-21-22-23 et 27 décembre.

Association SCHIBBOLETH — ACTUALITÉS DE FREUD — 

https://www.schibboleth.fr/soirees-schibboleth-figures-du-mal/ 

INFO : contact@schibboleth.fr

-V-

PARTICIPATION et INSCRIPTION À L’ASSOCIATION,

ENTREE DANS L’ASSOCIATION,

Veuillez vous adresser à l’un d’entre nous dont les coordonnées sont indiquées dans ce courrier, une rencontre préalable est à envisager.

COTISATIONS ET INSCRIPTIONS

- PRATICIENS :200€

- CORRESPONDANT : 70€ -

 - AUDITEUR LIBRE (étudiant ou autre) : 35€ 

REGLEMENT PAR VIREMENT BANCAIRE

À Psychanalyse actuelle pourquoi

IBAN FR76 1751 5900 0004 5671 0606 594

BIC: CEPAFRPP75 

Ou bien, veuillez envoyer votre chèque libellé à l’ordre de PSYCHANALYE ACTUELLE

À Mme Muriel APTEKIER

94 AV. EMILE ZOLA 75015 PARIS

0033 (0) 682 37 66 37

muriel.aptekier@laposte.net

En indiquant vos nom, prénom, adresse postale, numéro de mobile, et e-mail - Un reçu vous sera délivré.

Sites http://www.psychanalyseactuelle.com  et  ici sur Facebook

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Freud subversif, plus que jamais !

publié le 31 oct. 2020, 08:19 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 1 nov. 2020, 07:07 ]

Freud subversif, plus que jamais !


  

Bon… maintenant que nous savons qu’il est possible d’être réinfecté, que le virus peut sommeiller dans l’organisme et repartir à l’assaut soft ou hard en présence d’un petit camarade du même type, d’un mutant ou encore de n’importe quel autre virus, que la létalité de ce virus est faible, qu’elle peut augmenter à tout moment, qu’un vaccin ne garantirait pas une protection au virus Covid mutant, réinfectant, que la contamination par ce virus reste forte, peut diminuer, augmenter, bref, que nous ne pouvons rien prévoir, que nous ne savons pas grand-chose…
 
Si nous reprenions les rennes de la vie joyeusement et dans une créativité comme jamais, par-delà les mesures de sécurité (masques, distanciation, lavages fréquents des mains) ?
 
En produisant la psychanalyse, principal outil de nos jours encore en matière d’aide psychothérapeutique, Freud, à titre d’exemple, a pensé et publié ses œuvres majeures, changé la culture, la manière de penser du monde en entier, tandis qu’il souffrait de douleurs intenses et d’un trismussubissait plus de 30 opérations de la mâchoire. Il dut, de surcroît, menacé par le régime nazi, s’exiler à Londres et penser la violence de son temps pour aider de sa place de savant le grand collectif en folie, tandis que cette violence le touchait lui et les siens de plein fouet, en tant que Juif mis en place de paria comme jamais dans l’histoire de l’humanité.
 
Finissons en musique : Beethoven a continué d’œuvrer dans la musique, pour notre bonheur, en étant sourd.
 
Le remède à la covid, ou plutôt, au mal de notre époque : arrêter de vivoter. Retrouver le goût de la vie, l’appétit, le désir farouche, qui ne va pas sans risque, comme Nietzche s’époumonait à le rappeler. Cesser de vouloir le beurre et l’argent du beurre, avec des leurres d’«assurance vie » remboursés par la sécu, des formations et aides psychologiques prises en charges par l’État qui norment et rendent informes.
 
Il est temps de se ré imprégner de l’esprit freudien, garant des libertés nécessaires, subversif, exigent dans le rapport à la vérité qu’un humain se doit et doit à ses proches et lointains, jusqu’à l’inconscient, inconscient dont il a fait de nous les responsables tout autant que de notre conscient.
 
Reprenons les rennes de notre liberté de penser et d’agir, d’inventer la vie envers et contre ses inévitables et intemporelles vicissitudes ! Retrouvons et cultivons notre force de caractère !

Léa Schwartz-Ghidalia

Hommage à Pascal Kané

publié le 2 sept. 2020, 03:19 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 6 sept. 2020, 09:58 ]

Pascal Kané
Notre cher ami Pascal Kané s’est éteint ce matin. C’est une immense peine.
Nous le savions malade et l’avions invité à dîner pour lui témoigner notre amitié. Il luttait contre la maladie et lorsque nous l’avons entendu parler des grands vins dont il était amateur, lui pourtant qui en avait perdu le goût, c’est lui qui nous a remonté le moral.
Nous le consultions souvent sur les positions à prendre dans la défense de nos droits d’auteur. Il avait toujours une analyse pertinente, c’était un cinéaste de convictions et il voyait toujours à long terme.
Ses films n’ont pas toujours reçu l’accueil à la hauteur de leurs qualités, ils reflétaient pourtant ses positions, celles d’un cinéaste convaincu, indépendant et inféodé à aucune chaîne.
De grande culture, avec de fermes convictions sans être dogmatique, il avait une idée du cinéma qui était pour lui, une intense raison de vivre.
C’était aussi un cinéaste utopiste : il croyait que le cinéma devait se faire sans entrave.
En toute liberté, à la première personne.
Pascal était aussi un cinéaste de principes et souvent il nous disait : le cinéma est comme la vie, il ne vaut que lorsqu’on reste intègre à ses idées et à ses principes.
Il pouvait être pugnace dans la défense de ses convictions. Mais au regard des années, les idées qu’il a défendues, sont devenues plus menacées encore. Et pourtant, le combat n’était jamais perdu. Le cinéma restera pour lui et à jamais d’abord une affaire de cinéastes.
Ses films sont d’émouvants témoignages de ce que furent ses origines familiales juives polonaises, de ses engagements politiques et éditoriaux (notamment dans les Cahiers du Cinéma). C’est pourquoi il faut les revoir.
Liberty Belle, L'Éducatrice, La fête des mères, Je ne vous oublierai jamais, La Théorie du fantôme et ses entretiens avec Serge Daney resteront des témoignages indispensables à qui veut le comprendre et comprendre notre temps.
Et au-delà de ses films qui seront honorés à la Cinémathèque Française le 11 septembre à 19 h, Pascal restera un grand défenseur du cinéma d’auteur qui ne baissa jamais les bras.
Il aura d’ailleurs tenté jusqu’à son dernier souffle de mener à bien son aventure-cinéma commencée en 1973. Son dernier scénario à partir de la Vierge enceinte de Piero della Francesca était la preuve éclatante de son désir intact, et nous regrettons que ce film n’ait pas vu le jour.

Je ne vous oublierai jamais
Débat avec Pascal Kané après la projection du film. Le Regard Qui Bat - 21 mars 2010 - Cinéma La Pagode
Je ne vous oublierai jamais - bande annonce


La pratique de Lacan

publié le 8 juil. 2020, 08:24 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 2 sept. 2020, 03:02 ]

La pratique de Lacan

Ouvrage collectif
Sous la direction de Luis Izcovich


Auteurs : ​Jean-Jacques Moscovitz, Marc Nacht, Gérard Pommier, Erik Porge, Moustapha Safouan, Christian Simatos, Annie Staricky, Patrick Valas, Jean-Pierre Winter

​Neuf analystes témoignent de nos jours de ce que leur expérience analytique avec Lacan a été pour eux. Il s’agira, dans cet ouvrage collectif, de suivre la façon dont chacun d’entre eux a été marqué par cette rencontre, et ce qui reste de décisif pour chacun pour leur propre pratique de la psychanalyse. Un fil se dégage au fur et à mesure, c'est le style de Lacan, et ce livre est une véritable contribution à éclairer sa pratique. Chaque auteur, dans sa singularité, tente de rendre compte ce qui a changé définitivement dans leur vie à partir de l’analyse avec Lacan.

Parution : 1er juillet 2020
Collection : Nouages
Rayon : Psychanalyse – Sciences Humaines
Broché 14 x 21,5 cm - 152 pages - 17,00 € TTC
EAN : 9791095543206

Allô, allô...? Vous m'entendez...?

publié le 13 avr. 2020, 04:06 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 31 août 2020, 07:07 ]

Allô, allô...? Vous m'entendez...?

Par Jean-Jacques Moscovitz
Les séances par téléphone, à distance..La limite, la séparation entre dedans et dehors, la présence du corporel, notion majeure du sujet  individuel face au collectif, changent de nom, ça devient gestes-barrières (masque-gants-Hydro gel-confinement) . Comme si dedans et dehors allaient se mélangeaient au point d'y perdre le réel. 

Le réel c'est le virus. Le combattre sans l'idolâtrer à le confiner dans nos émois de confinés. 

Avec Benjamin Lévy et Fred Siksou, a été décidé ce moyen du blog pour innover, maintenir, ne pas rester silenciés dans nos échanges entre analystes, non-analystes, le tout venant... 

Le thème va de soi, genre  d'aller sonner à sa propre porte pour savoir si mon Moi est toujours  là... Allô allô ici appel à Freud: le moi n'est plus maître en sa demeure... c'est vrai? Dis moi tout Sigmund! Car le réel des mots c'est toi qui nous l'a refilé  avec Le Ça . 

Actuelle, la psychanalyse l'est depuis son début à se confronter à ceux qui voudraient la faire taire. Soit à céder  le pas à la radicalité du danger extérieur extrême , pour que notre radicalité intérieure intime s'efface. Que l'analyste quitte son écoute ... Non !et même aujourd'hui au téléphone..  surtout aujourd'hui.

D'où l'usage d'outils informatiques pour que l'intime du sujet, le parl'étre se fasse entendre et écouter entre deux personnes liées par leur désir de parole analytique, de présence psychothérapeutique. Outils aussi utilisés dans nos échanges entre psychanalystes, psychothérapeutes, non-analystes, le tout venant de chacune/chacun de nous, face aux effets d'une pratique socio-politique, celle du confinement. Qui est bien une pratique qui convoque logique et intuition au quotidien. Erreurs  aussi. Cette pratique nous devons y faire face par la nôtre. La nôtre, c'est celle qui lie celles et ceux par un contrat de parole avec la parole. Quels sont les effets repérables déjà du contemporain, de l'actuel sur notre subjectivité. De commencer à les repérer pour s'en défaire dès que cela sera possible. Apprendre déjà à s'en défaire, voilà le but de nos échanges, comme les séances que nous menons avec qui nous parlons. . 

Mais avec le blog, attention aux  clics et le doigt sur le clavier . Attention le clic n'a pas de surmoi, il est même souvent décérébré. C'est pourquoi pour ce blog Allô allô ... vous m'entendez? il est souhaitable plus que souhaitable que  les textes qui y seront mis soient si possible courts, pas plus de deux pages, qu'ils prêtent au commentaire et au débat pour envisager le futur.

Doigt, geste, l'interdit du toucher, celui  que @metoo était en train de nous faire savoir  avant ce Covid 19, combien un homme pouvait être une sale bête, eh bien avec notre actuel ce toucher interdit a viré à l'injonction de s'en  protéger avec des gants médicaux... . Exemple de préparation de notre futur, Sigmund, encore lui, nous en dit pas mal. Freud cite un certain MOLL à propos de la « contrectatio » (attouchement) signifiée comme un besoin de contact épidermique de « cruauté sadique » ( dans les Trois essais , Henri Fontana notre collègue en a fait une étude étymologique  ). Et vu le problème viral universel mondial, le toucher devient une pulsion dangereuse, de toucher et d'être touché... et s'en protéger devient une opération de créer de nouveaux objets d'art:une rampe de métro, une poignée de porte, un papier d'emballage . Le smartphone, lui aussi... Déjà traces du travail mémoriel qui anticipe la suite ... nos rêves en témoignent.

Son titre est la raison de sa mise en lecture. Michel Durel en avait parlé. voila l'origine du choix de soumettre cet exposé à une lecture critique , très actuelle


*Pour voir votre commentaire à ce texte publié ci-dessous, merci de l'envoyer par mail à : infos@psychanalyseactuelle.com

Fictions par Benjamin Levy

publié le 18 mars 2020, 05:48 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 27 avr. 2020, 08:31 ]

Fictions

Par Benjamin Levy

à propos du film de François Margolin " L'Automne à Pyongyang "

« C'est une fiction », dit Claude Lanzmann en désignant Pyongyang. Il est débout, en haut de la tour de radiotélévision, sur la plate-formé d'observation battue par le vent, et il surplombe cette ville, qui est une fiction. 

Le documentaire Un automne à Pyongyang vient de commencer.

« C'est ce pays qui est une fiction ? demande François Margolin, derrière la caméra.

- Non, cette ville. Les campagnes, moins. »


En écoutant Claude Lanzmann, j'ai compris pourquoi je n'arrivais pas, depuis notre retour à Paris, à écrire sur le voyage que nous avions accompli, Anne et moi, l'été précédent. Nous n’étions pas allés en Corée du Nord mais dans d'autres pays, entre l’Ouzbékistan et la France. Voilà qui nous avait permis de traverser le Turkménistan.

Ce pays était une fiction. Sa capitale, surtout. Et comment écrire vrai sur des fictions ? 


« Il veulent l'éternité », dit Claude Lanzmann à François Margolin en désignant les membres de la dynastie Kim. Le premier d'entre eux, mort depuis 25 ans, est toujours président du pays. Avec sa descendance, ils règnent sur une fiction.

Pour se moquer des guides qui le fliquent où qu'il aille, Lanzmann ajoute : « Personne n'a jamais su rien écrire de bon sur leur sourire. »

Oui, les Kim règnent, avec leur sourire hystérique. À vrai dire, vous pourrez toujours compter sur les hystériques pour régner sur des pays de fiction. 


Au Turkménistan, rien ne va mieux qu'en Corée du Nord. Prenons ce point de départ. Ce pays dispose des quatrième plus importantes ressources en gaz naturel de la planète. L'argent coule à flot, et son président veut l'éternité.

Gurbanguly Berdimuhamedov a fait l'objet d'un sketch réussi, drôle, par l'humoriste anglo-américain John Oliver sur HBO. Président du Turkménistan, Berdimuhamedov est féru de chevaux de course, se prend pour un rappeur américain, aime s'exhiber avec des armes à feu, montrer ses muscles pâlichons en conseil des ministres, et il règne sans partage. 

Cet été, nous avions bien vu, avec Anne, qu'Ashgabad est une capitale qui n'existe pas. Mais le terme de fiction me manquait pour écrire. Malgré ses avenues immenses, rutilantes et vides, ses fontaines, ses statues, cette ville n'est pas un mensonge, ni même un décor Potemkine. C'est une fiction étalée au pieds d'une chaîne de montagnes arides, à l'extrémité de la steppe à laquelle se résume le Turkménistan. 


La ville, Ashgabad, n'existe pas. Elle a pour raison d'être l'amour immodéré du président Berdimuhamedov pour la fiction, car les fictions sont éternelles. Quant aux records turkmènes qu'homologue le Guiness Books, ils sont tissés d'une étoffe fictionnelle. 

John Oliver, l'humoriste anglo-américain de HBO, fait rire son public en évoquant l'amour du président turkmène pour le Guinness Book of Records. L’immortel président Berdimuhamedov a fait homologuer :

Le plus dense des complexes monumentaux bâtis en marbre de la planète.

Le plus grand nombre de fontaines sur une place de la planète.

Le plus grand bâtiment en forme d'étoile de la planète.

Le plus grand complexe de sports aquatiques de la planète.

La plus longue chaîne de vélo-cyclistes de la planète.

La plus grande ronde de chanteurs de la planète.

Cette liste est ridicule, mais écoutez Claude Lanzmann. L'amour des records homologués par le Guiness Book traduit, chez Berdimuhamedov, une quête d'éternité. 

En retour, il y a quelque chose d’absurde à voir la quête d'éternité réduite au Guinness Book.

« Ils sont contre la mort », dit Lanzmann de la dynastie coréenne des Kim. Dans leur lutte sans espoir, ils ont bâti Pyongyang, la fiction d'une ville. La fiction ne meurt pas. Leur ville fictive n'est pas faite de galeries commerciales mais de monuments. 

« Et les monuments, c'est la commémoration. » 

Comme Pyongyang, la ville d'Ashgabad est monumentale. Comme à Pyongyang, vous y trouverez les statues gigantesques d'éternels commandeurs.


Entre la frontière ouzbéco-turkmène, au nord, et Ashgabad, à l'extrémité sud du pays, il n'y a que de la steppe, traversée en une journée de voiture. Comptez 6 à 8 heures de route. 

Sur le chemin, rien, deux dromadaires, à nouveau rien, et puis Mary, autre ville de fiction. Dômes rutilants, bâtiments blancs étincelants au soleil, baies vitrées opaques reflétant la rue, grosses cyclindrées sur les longues avenues. La jouissance des autos à moteur surpuissant est autorisée. 

Les télévisions turkmènes relaient des émissions russes. La jouissance masculine est autorisée. Les danseuses en bikini sont autorisées. Le phallus éternel est autorisée, comme les moteurs surpuissants. 

L’éternité est une question de phallus. Le  désir d'éternité a besoin, pour écrin, d’un cortège de monuments, de chevaux, d’armes, de moteurs, d’érections. 

La ruine financière ou architecturale signe la castration de l’éternité. 

Et si l’éternité est une pulsion de mort, en retour, la pulsion de mort est l’angoisse de la ruine, du manque, de la castration. La pulsion de mort, sous sa forme passionnelle, est une haine du temps passé, le temps qui passe. 


Non loin de Mary se trouvait autrefois Merv, dont il ne reste que des ruines dans la steppe. Les Mongols ont tout dévasté. C'était en 1221. 

Comme à Nishapur, dont le site se trouve de l'autre côté des montagnes séparant le Turkménistan de l'Iran, il n'y a plus à Merv que de la poussière. Plus trace des bibliothèques. Juste quelques reliques. Ici ou là, un amas de briques. Les traces de murailles gigantesques. Les grands et petits Kiz Kala, anciennes forteresses, et le silence de la steppe.

Nothing beside remains. Round the decay

Of that colossal Wreck, boundless and bare

The lone and level sands stretch far away.

À l'époque de sa splendeur, Merv fut décrite comme un paradis terrestre. Fontaines, palais, jardins. Savants, poètes, danseuses et musiciens. Le souvenir d'Omar Khayyam nous reste. Le souvenir de Farid al-Din Attar nous reste. Comme les despotes, ces poètes ont leurs mausolées, lieux de pélerinage. Poètes contre tyrans, ou parfois à leur service. L’idéologie et la littérature entretiennent, on le sait, des rapports compliqués. Non, ce n’est pas d’hier. 


L’idéologie et la religion entretiennent aussi des rapports compliqués. Une rivalité les oppose. Elle a pour enjeu l’éternité. 

Pour le visiteur qui débarque à Pyongyang, le premier geste obligé du voyage, avant d'arriver à l'hôtel, et même en pleine nuit, est d'aller, paraît-il, se prosterner devant les statues gigantesques des membres de la dynastie Kim.

« C'est le mur des lamentations », dit Claude Lanzman, en se balançant d'arrière en avant. 

Et un hommage contraint à la sublime lignée du Paektu. 

Si vous voulez, vous pourrez aller dire bonjour, ensuite, aux corps embaumés de Kim numéro 1 et de Kim numéro 2, au plus profond du Palais du soleil Kumsusan. 

Mausolée de Mao sur la place Tian’anmen, mausolée de Lénine sous les murs du Kremlin, mausolée de Hô Chi Minh à Hanoï, Palais du soleil Kumsusan à Pyongyang. Ils ont rejoint les pyramides de Gizeh, le Gour Emir de Samarkand et quelques millions d’autres tumulus oubliés dans leur course contre le temps.


Avant d'arriver à son hôtel, le voyageur qui, depuis l’aéroport, débarque à Téhéran passe, comme à Pyongyang, devant un monument bâti pour l'éternité. Il n'est pas obligé de s'y arrêter. Pourtant, il ne manque pas de l'apercevoir. Au bord de l'autoroute où son taxi crachote, c’est immanquable, il aperçoit le dôme, les minarets géants du mausolée de Khomeiny. 

Cette commémoration ayatollesque se voit répercutée, miroitée en écho par les fresques des martyrs de la Révolution, peintes couleur de sang, surplombant les axes majeurs de la capitale.

L'idéologie des révolutions, lorsqu'elle confine au totalitarisme, a pour conséquence que tout le monde ment. Et tout le monde sait que tout le monde ment, nous dit Hannah Arendt.

Le mensonge idéologique, nous dit-elle, s'accompagne d'une crise du témoignage, car ce qui s'oppose au mensonge n'est pas une vérité factuelle, mais la parole singulière.

Rien ne s'oppose autant au témoignage qu'un monument. Le monument est un mensonge, ou plutôt une fiction idéologique. La crise du témoignage vient avec le triomphe du monument.

Le monument veut être solitaire. Il faut être deux pour témoigner.


Quelques mois après notre premier périple en Iran, réalisé à l'été 2017, un mouvement de révolte était écrasé par la force. 

Quelques mois après notre second passage en Iran, réalisé à l'été 2019, un mouvement de révolte était écrasé dans un bain de sang.

Et après ce massacre, une guerre larvée avec les États-Unis.

À Téhéran, Mahyar, notre ami psychanalyste, finissait son service militaire. Il nous a envoyé une photo de lui, vêtu en civil, envoyé par l'armée pour encadrer une manifestation. 

Mahyar en était arrivé à espérer que Donald Trump envoie son armée pour envahir l'Iran, ou bombarde le pays, entraînant la chute du régime.

Qui peut avoir envie que Donald Trump bombarde son pays pour faire chuter le régime, sinon celui qui sait que son pays est une fiction ?

Mais l'Ouzbékistan aussi est une fiction, qui commence à peine à devenir un pays. La Biélorussie est une fiction. Combien d’autres pays sont encore des fictions ? 

L'URSS était une fiction, un vaste cauchemar idéologique. 

Les trop grands monuments à Tachkent, à Moscou, à Berlin Est, ailleurs, en témoignent malgré eux. Les trop grands Palais du peuple, les trop grands hôtels bâtis pour on ne sait qui, les quais de métro trop larges, les trop grands récits. Fictions, fictions. 

La Guerre froide est finie. La guerre contre l’Iran, contre la Corée du Nord n’auront pas lieu. 

Ou peut-être que si. 

La guerre n’est pas utile, ni les missiles de Trump, pour sortir d’une fiction. 

Pour témoigner, il faut être deux.


Benjamin Levy

Sur les pas d'Alain Didier-Weill

publié le 19 janv. 2020, 00:13 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 20 avr. 2020, 05:29 ]

Psychanalyse, art... et au-delà. Sur les pas d'Alain Didier-Weill


L'I-AEP propose une soirée et une journée de travail en hommage à Alain Didier-Weill, l'un des fondateurs de L'Inter-Associatif Européen de psychanalyse décédé le 17 novembre 2018.
I-AEP - Secrétariat de Psychanalyse Actuelle 
Mails : muriel.aptekier@laposte.net  /  iaep.eu@gmail.com

Présentation du film du premier congrès Inter-Associatif Européen Psychanalyse le janvier 1991 suivi d'un débat.  

Le vendredi 31 janvier de 2oh à 23h3o

Au FIAP - 3o, Rue Cabanis 75014 Paris

Ce congrès a eu lieu à la Sorbonne 10 ans après la mort de Lacan, initié par Alain Didier-Weill et quelques autres, il avait pour but de reprendre langue avec les nombreuses associations qui s'étaient formées après la Dissolution de l'École Freudienne de Paris. Quelles avancées avaient produit ces différentes associations, pouvions-nous en débattre ? C'est dans cette optique que fut imaginé ce congrès. Nous étions quatre pour l'organisation de ce congrès dont la préparation fut longue, et nous avions la veille du congrès obtenu 24o inscrits. Quel ne fut pas notre étonnement quand nous avons découvert 1260 analystes venus le matin même pour participer à ce Congres. Il fallut batailler avec l'administration de la Sorbonne pour qu'elle accepte de faire rentrer 1260 personnes dans un amphi de 800 personnes. Vous le verrez l'amphi était surchargé, mais ce fut pour nous la preuve que ces retrouvailles étaient souhaitées par un très grand nombre d'analystes. Qu'en est-il aujourd'hui ?

La qualité de l'image de ce film est médiocre, mails il nous permettra peut-être de débattre à nouveau sur le devenir de nos associations après Lacan.

C'est également un hommage à Alain Didier-Weill qui nous surprit avec cette petite pièce de théâtre qu'il avait écrite à la hâte pour ce congrès et qui mettait en scène l'après-freudisme et la récupération et la falsification entreprises par Ernst Jones dans sa biographie de Freud.

De quoi reprendre le débat, dans le contexte actuel ...

Alain-Didier Weill, après la dissolution de l'École Freudienne de Paris, a participé à la fondation du Mouvement du Coût Freudien, et à la fondation du mouvement Insistance qu'il animait encore en 2018. ADW a toujours créé des liens entre art, psychanalyse et politique autant dans sa vie que dans ses œuvres théoriques et ses pièces de théâtre. La revue Insistance, publiée chez Ères, en témoigne depuis 13 années. Le numéro 14 lui est dédié.

L'Inter, nom de naissance d'alors, n'était pas encore européen. Il était en ébullition. L'immense qualité de rassembleur d'Alain Didier-Weill a créé, avec Michel Guibal notamment et d'autres, la vague qui nous porte encore aujourd'hui. Depuis lors des associations ont décidé devant ce succès d'aller de l'avant. Des associations de différents pays, dont le Groupe psychanalytique de Chengdu (Chine), ont choisi à Bruxelles en 1995, le nom d'Inter-Associatif Européen de Psychanalyse.

Beaucoup d'événements ont eu lieu depuis, départs de certaines associations, arrivées de plusieurs autres... Et des avancées nombreuses car les associations à l'I-AEP forment un réseau traversé par les questions qui concernent les liens entre psychanalystes. Et la responsabilité face à des décideurs politiques prêts à attaquer notre discipline, beaucoup plus qu'auparavant nous a mis au travail.

Ainsi l'apport de questions actuelles sur la féminité a à prendre de plus en plus de place contre les enjeux de pouvoirs qui nous assaillent sur le mode plutôt masculin. Et par ailleurs le fait associatif, au vu du grand nombre de Groupements Psychanalytiques, et les nécessités spécifiques à chaque association, a à être réélaboré sans cesse. Notamment l'impact grandissant des pouvoirs publics a obligé l'I-AEP à se transformer en association 1901 pour prendre des décisions face à des dangers où le désir de l'analyste risque d'être submergé par l'institutionnel et le politique. En particulier l'aspect libérateur et émancipateur de l'Inter à son début est-il entamé par une telle inscription sous l'égide de la loi de 1901 qui met pourtant, mais à quel prix, l'I-AEP en posture de répliquer plutôt que d'attendre la mise au pas de notre discipline dans le champ de la Santé mentale...


Modérateurs du débat : Valérie Marchand, Catherine Kolko, Radjou Soundaramourty, Jean-Jacques Moscovitz.


Séminaire organisé par l'Inter-Associatif Européen de Psychanalyse
Le samedi 1er février de 9h3o à 18h3o
À l'Association des étudiants protestants
4, rue Titon 75011 Paris
Lors de la journée du samedi, nous tenterons de dégager l'apport singulier d'Alain Didier-Weill à la psychanalyse en particulier sa conception du réel exposée principalement dans « Un mystère plus lointain que l’inconscient » (Aubier,zow). Quelques courtes interventions introduiront les trois tables rondes ci-jointes.

 

Insistance et Transmission, animation Anne Santagostini

Cette table ronde sera consacrée à la mise en perspective de l'Inter-Associatif. Pensé dès 1991 lors du colloque à la Sorbonne, l'essence de l'Inter-Associatif, c'est ce trait inter, signe de l'hétérogène soutenu par les associations.

Michèle Skierkowski (CCAF) rapportera les entretiens qu'elle a eus avec Michel Guibal et Alain Didier-Weill, fondateurs avec d'autres, de l'Inter-Associatif de Psychanalyse (avant de devenir Inter- Associatif Européen de Psychanalyse en 1994, puis constitué en association régie par la loi 1901 en 2013).

Ensuite le bref exposé d'une mémoire singulière ouvrira les échanges avec les participants.

 

Le réel pour Alain Didier-Weill, animation Sophie Collaudin

Le « oui » originaire (Bejahung) au logos est, pour S.Freud l'acte psychique fondateur de l'inconscient, pour J. Lacan il permet à travers une «jouissance autre » un lieu d'existence à un commencement : « le réel ». Ce réel créé par le « refoulement originaire » opéré par le verbe, et noué par l'imaginaire au symbolique se situerait entre le verbe et le corps et n'est pas l'expérience d'un signifiant renvoyant à un autre signifiant. A. Didier-Weill en ayant visité les sources de Freud et de Lacan et bien d'autres, et écouté des artistes, propose, à partir par exemple de la métaphore du danseur ou du potier, une dynamique de ce réel pouvant ouvrir des voies vers d'inouï, l'invisible, et donc une autre écoute. Si les psychanalystes ne désespèrent pas du réel, même les personnes figées dans l'autisme, la schizophrénie, la mélancolie pourraient peut-être trouver un « signifiant nouveau » soutenant leur vie réelle et symbolique. Quelle est la singularité de son travail concernant le réel et quelles ouvertures apporte-t-il au travail psychanalytique ?


« J'ai essayé d'introduire quelque chose qui va plus loin que l'inconscient », animation Pierre Boismenu

Alain Didier Weil reprenant cette suggestion de Lacan du 16 novembre 1976, s'est employé à en soutenir le questionnement jusqu'à son presque dernier livre au titre explicite : « Un mystère plus lointain que l'inconscient ». C'est en effet la pratique analytique elle-même qui exige d'aller au-delà de ce sur quoi a buté Freud et que Lacan a formulé comme « au-delà de l'CEdipe » voir « au-delà de la castration », pour que l'acte analytique soit effectif. Comment rendre compte que le refoulement originaire peut être au moins partiellement rejoué ? Qu'est-ce qui pousse à advenir à la parole un simple vivant ? ... Les théorisations sans cesse remises sur le métier qu'ADW nous propose en répondent en prenant le risque de côtoyer le mythe, la religion, la métaphysique, la musique, etc. puisque le logos est ici débordé dans sa capacité à rendre raison de ce qui en précède l'institution. Comment entendre ce pas-au-delà ?


« La psychanalyse est une science à part entière » Tribune publié sur le site L'OBS

publié le 29 oct. 2019, 12:39 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 20 avr. 2020, 05:36 ]

« La psychanalyse est une science à part entière »


Un groupe de psychanalystes répond à une tribune, publiée sur notre site (L'OBS), demandant de les exclure des tribunaux et de l’enseignement universitaire

Par Aspasie Bali (psychologue), Gorana Bulat-Manenti (psychologue), Jeannette Daccache (psychiatre) et Gérard Pommier (psychiatre)

Plusieurs psychanalystes et psychologues ont souhaité réagir à la tribune publiée sur le site de « l’Obs » intitulée « Pourquoi les psychanalystes doivent être exclus des tribunaux ».

Nous reproduisons (L'OBS) leur texte ci-dessous. 


« L’inceste, ça ne fait pas tellement de dégâts. » Ce docu dézingue la psychanalyse
Le lecteur de la tribune publiée dans « l’Obs » prend connaissance d’un réquisitoire. Les accusations qu’elle contient diffament les dizaines de milliers de cliniciens qui s’inspirent de la psychanalyse. En un siècle, cette dernière a conquis les esprits éclairés à travers la planète. Elle est, par exemple, reconnue comme une science d’Etat en Chine. En France, le vocabulaire freudien fait partie du langage ordinaire, comme le montre l’utilisation courante des mots comme « lapsus », « actes manqués », « refoulement », etc.

Si le lecteur impartial a connaissance des critiques formulées dans la tribune, que conclura-t-il à propos de la scientificité ? Il existe des « sciences conjecturales ». Entre autres, l’économie et les sciences politiques. Ces dernières ne s’appuient que sur leur propre épistémologie, et sur des algorithmes performatifs… Ceux qui nous contestent prétendraient-ils interdire l’enseignement des sciences conjecturales à l’université, sous prétexte qu’elles ne disposent pas des mêmes critères que les « sciences expérimentales » ?

Le savoir-faire du psychanalyste est une sorte d’art

Il faut ajouter que la psychanalyse n’est pas une science conjecturale. Sa méthode est d’abord expérimentale : elle est strictement cadrée sur ce que dit un patient singulier. Cette méthode, du divan et du fauteuil, libère la parole. La mise en série d’un grand nombre de patients dégage des invariants, réguliers et classifiables : névroses, psychoses ou perversions. Ces résultats permettent de faire des diagnostics, des pronostics et d’orienter la thérapeutique. La psychanalyse est donc une science à part entière. Elle n’a cessé de s’améliorer en fonction de ses résultats, selon les exigences rigoureuses de Karl Popper. C’est le cas par exemple à propos de l’autisme. On ne saurait reprocher aux psychanalystes les hypothèses qu’ils faisaient il y a quarante ans, lorsqu’ils étaient les seuls à s’occuper des souffrances de la première enfance.

La scientificité ne fait pas du psychanalyste un technicien. Laisser parler la singularité de chaque patient demande une formation longue et difficile. Son savoir-faire est une sorte d’art, au sens où l’on peut parler de l’art du chirurgien ou du poète.

Qu’est-ce que les « sciences expérimentales » ont apporté de nouveau ? Elles ne proposent rien de plus que des rééducations, qui sont souvent des recettes de grands-mères. Elles s’adjoignent les médicaments, et un usage dévoyé des neurosciences cherche à les justifier. Mais l’expérience dit pourtant que la parole précède la croissance de l’organisme : un enfant auquel sa mère ne parle pas meurt. Le célèbre neuroscientifique Pierre Changeux a montré que – sans l’audition de la voix maternelle – les neurones cérébraux périclitent et meurent. Du point de vue des recherches les plus avancées, aucun neuroscientifique honnête ne sait localiser l’aire de la conscience, ni où se situe le sujet dans le cerveau. Le dernier livre du Pr Dehaene ne propose qu’une hypothèse, qui repose sur un processus, et non sur une localisation. D’ailleurs, s’il fallait admettre que le cerveau est un ordinateur, cela ne dirait pas qui introduit le logiciel.

Les patients ne sont pas des souris de laboratoire

L’expérience ordinaire ne suffit-elle pas ? Le sujet de la conscience n’apparaît que lorsque quelqu’un s’adresse à quelqu’un d’autre, au moins mentalement. Le sujet n’est donc pas dans le cerveau, sinon dans la rétroaction de l’interlocution. L’imagerie cérébrale ne saurait photographier un tel processus.

Enfin, il est vrai que la psychanalyse ne prouve pas ses résultats grâce à des statistiques effectuées en double aveugle : les patients ne sont pas des souris de laboratoire. En revanche, la méthode freudienne s’appuie sur les innombrables témoignages de ceux à qui la psychanalyse a permis de vivre.

Quant aux solutions que proposent les sciences expérimentales, elles ont déjà un résultat, avec les pseudo-diagnostics du TDA/H et des « dys » testés chez les très jeunes enfants à l’école. Ils installent une ségrégation sous un prétendu couvert scientifique, alors que les causes sont le plus souvent culturelles ou familiales.

Qu’exigent les inquisiteurs ?

Que le tribunal pénal ou criminel soit expurgé de ses psychanalystes ! Mais enfin, un peu de sérieux s’il vous plaît. Jamais un juge ne fait appel à un psychanalyste. Le juge prend le conseil d’experts assermentés qui sont des psychiatres ou des psychologues. Il ne s’occupe pas de leurs références scientifiques : ce sont en règle générale celles de la psychiatrie classique (névrose, psychose ou perversion). Ce sont d’ailleurs les mêmes classifications que celles de la psychanalyse.

Les signataires de la tribune du 22 octobre exigent également la proscription de l’enseignement de la psychanalyse à l’Université. Ils en appellent à l’autodafé des livres de Freud. C’est un bien triste souvenir. Les mêmes accusateurs publics se réclament de la génétique. Pourtant, dans une récente tribune du journal « le Monde », des généticiens aussi réputés que les professeurs Atlan et Testard ont déclaré qu’il n’existait pas de preuves génétiques de la souffrance psychique. Voilà une réponse aux affirmations de M. Ramus, signataire de l’acte d’accusation. Sa référence à l’eugénisme évoque, elle aussi, de bien mauvais souvenirs.

Régulièrement attaquée depuis son enfance, non seulement la psychanalyse renaît de ses cendres, mais de plus, le nombre de psychanalystes s’accroît d’année en année. Ils prennent en charge en première ligne la souffrance psychique, qui est la plus importante pathologie française. Cet énorme marché intéresse beaucoup l’industrie pharmaceutique. Sans diffamer, le lecteur impartial remarquera que Big Pharma tire profit de l’appel du 22 octobre. Par exemple, six millions d’enfants aux USA prennent de la Ritaline (ce médicament contient des molécules considérées comme des drogues).

En France, Freud est enseigné depuis les classes de terminales. Sa scientificité lui a accordé sa place à l’Université. Son enseignement devrait faire partie de la formation de chaque psychiatre et de chaque psychologue. Nous souhaitons une formation pluridisciplinaire, sans pensée unique. Nous ne sommes pas opposés aux rééducations, qui peuvent accompagner le traitement de fond de la souffrance psychique. La tolérance est nécessaire. Elle permettra aux recherches de progresser.

Les signataires :

Aspasie Bali, psychologue PhD

Gorana Bulat-Manenti, psychologue PhD

Pr Jeannette Daccache, psychiatre, psychanalyste

Pr Gérard Pommier, psychiatre, psychanalyste

Tribune publié sur le site L'OBS le 28 octobre 2019


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