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Fictions par Benjamin Levy

publié le 18 mars 2020 à 05:48 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 18 mars 2020 à 05:49 ]

Fictions

Par Benjamin Levy

à propos du film de François Margolin  "L'Automne à Pyongyang"


« C'est une fiction », dit Claude Lanzmann en désignant Pyongyang. Il est débout, en haut de la tour de radiotélévision, sur la plate-formé d'observation battue par le vent, et il surplombe cette ville, qui est une fiction. 

Le documentaire Un automne à Pyongyang vient de commencer.

« C'est ce pays qui est une fiction ? demande François Margolin, derrière la caméra.

- Non, cette ville. Les campagnes, moins. »


En écoutant Claude Lanzmann, j'ai compris pourquoi je n'arrivais pas, depuis notre retour à Paris, à écrire sur le voyage que nous avions accompli, Anne et moi, l'été précédent. Nous n’étions pas allés en Corée du Nord mais dans d'autres pays, entre l’Ouzbékistan et la France. Voilà qui nous avait permis de traverser le Turkménistan.

Ce pays était une fiction. Sa capitale, surtout. Et comment écrire vrai sur des fictions ? 


« Il veulent l'éternité », dit Claude Lanzmann à François Margolin en désignant les membres de la dynastie Kim. Le premier d'entre eux, mort depuis 25 ans, est toujours président du pays. Avec sa descendance, ils règnent sur une fiction.

Pour se moquer des guides qui le fliquent où qu'il aille, Lanzmann ajoute : « Personne n'a jamais su rien écrire de bon sur leur sourire. »

Oui, les Kim règnent, avec leur sourire hystérique. À vrai dire, vous pourrez toujours compter sur les hystériques pour régner sur des pays de fiction. 


Au Turkménistan, rien ne va mieux qu'en Corée du Nord. Prenons ce point de départ. Ce pays dispose des quatrième plus importantes ressources en gaz naturel de la planète. L'argent coule à flot, et son président veut l'éternité.

Gurbanguly Berdimuhamedov a fait l'objet d'un sketch réussi, drôle, par l'humoriste anglo-américain John Oliver sur HBO. Président du Turkménistan, Berdimuhamedov est féru de chevaux de course, se prend pour un rappeur américain, aime s'exhiber avec des armes à feu, montrer ses muscles pâlichons en conseil des ministres, et il règne sans partage. 

Cet été, nous avions bien vu, avec Anne, qu'Ashgabad est une capitale qui n'existe pas. Mais le terme de fiction me manquait pour écrire. Malgré ses avenues immenses, rutilantes et vides, ses fontaines, ses statues, cette ville n'est pas un mensonge, ni même un décor Potemkine. C'est une fiction étalée au pieds d'une chaîne de montagnes arides, à l'extrémité de la steppe à laquelle se résume le Turkménistan. 


La ville, Ashgabad, n'existe pas. Elle a pour raison d'être l'amour immodéré du président Berdimuhamedov pour la fiction, car les fictions sont éternelles. Quant aux records turkmènes qu'homologue le Guiness Books, ils sont tissés d'une étoffe fictionnelle. 

John Oliver, l'humoriste anglo-américain de HBO, fait rire son public en évoquant l'amour du président turkmène pour le Guinness Book of Records. L’immortel président Berdimuhamedov a fait homologuer :

Le plus dense des complexes monumentaux bâtis en marbre de la planète.

Le plus grand nombre de fontaines sur une place de la planète.

Le plus grand bâtiment en forme d'étoile de la planète.

Le plus grand complexe de sports aquatiques de la planète.

La plus longue chaîne de vélo-cyclistes de la planète.

La plus grande ronde de chanteurs de la planète.

Cette liste est ridicule, mais écoutez Claude Lanzmann. L'amour des records homologués par le Guiness Book traduit, chez Berdimuhamedov, une quête d'éternité. 

En retour, il y a quelque chose d’absurde à voir la quête d'éternité réduite au Guinness Book.

« Ils sont contre la mort », dit Lanzmann de la dynastie coréenne des Kim. Dans leur lutte sans espoir, ils ont bâti Pyongyang, la fiction d'une ville. La fiction ne meurt pas. Leur ville fictive n'est pas faite de galeries commerciales mais de monuments. 

« Et les monuments, c'est la commémoration. » 

Comme Pyongyang, la ville d'Ashgabad est monumentale. Comme à Pyongyang, vous y trouverez les statues gigantesques d'éternels commandeurs.


Entre la frontière ouzbéco-turkmène, au nord, et Ashgabad, à l'extrémité sud du pays, il n'y a que de la steppe, traversée en une journée de voiture. Comptez 6 à 8 heures de route. 

Sur le chemin, rien, deux dromadaires, à nouveau rien, et puis Mary, autre ville de fiction. Dômes rutilants, bâtiments blancs étincelants au soleil, baies vitrées opaques reflétant la rue, grosses cyclindrées sur les longues avenues. La jouissance des autos à moteur surpuissant est autorisée. 

Les télévisions turkmènes relaient des émissions russes. La jouissance masculine est autorisée. Les danseuses en bikini sont autorisées. Le phallus éternel est autorisée, comme les moteurs surpuissants. 

L’éternité est une question de phallus. Le  désir d'éternité a besoin, pour écrin, d’un cortège de monuments, de chevaux, d’armes, de moteurs, d’érections. 

La ruine financière ou architecturale signe la castration de l’éternité. 

Et si l’éternité est une pulsion de mort, en retour, la pulsion de mort est l’angoisse de la ruine, du manque, de la castration. La pulsion de mort, sous sa forme passionnelle, est une haine du temps passé, le temps qui passe. 


Non loin de Mary se trouvait autrefois Merv, dont il ne reste que des ruines dans la steppe. Les Mongols ont tout dévasté. C'était en 1221. 

Comme à Nishapur, dont le site se trouve de l'autre côté des montagnes séparant le Turkménistan de l'Iran, il n'y a plus à Merv que de la poussière. Plus trace des bibliothèques. Juste quelques reliques. Ici ou là, un amas de briques. Les traces de murailles gigantesques. Les grands et petits Kiz Kala, anciennes forteresses, et le silence de la steppe.

Nothing beside remains. Round the decay

Of that colossal Wreck, boundless and bare

The lone and level sands stretch far away.

À l'époque de sa splendeur, Merv fut décrite comme un paradis terrestre. Fontaines, palais, jardins. Savants, poètes, danseuses et musiciens. Le souvenir d'Omar Khayyam nous reste. Le souvenir de Farid al-Din Attar nous reste. Comme les despotes, ces poètes ont leurs mausolées, lieux de pélerinage. Poètes contre tyrans, ou parfois à leur service. L’idéologie et la littérature entretiennent, on le sait, des rapports compliqués. Non, ce n’est pas d’hier. 


L’idéologie et la religion entretiennent aussi des rapports compliqués. Une rivalité les oppose. Elle a pour enjeu l’éternité. 

Pour le visiteur qui débarque à Pyongyang, le premier geste obligé du voyage, avant d'arriver à l'hôtel, et même en pleine nuit, est d'aller, paraît-il, se prosterner devant les statues gigantesques des membres de la dynastie Kim.

« C'est le mur des lamentations », dit Claude Lanzman, en se balançant d'arrière en avant. 

Et un hommage contraint à la sublime lignée du Paektu. 

Si vous voulez, vous pourrez aller dire bonjour, ensuite, aux corps embaumés de Kim numéro 1 et de Kim numéro 2, au plus profond du Palais du soleil Kumsusan. 

Mausolée de Mao sur la place Tian’anmen, mausolée de Lénine sous les murs du Kremlin, mausolée de Hô Chi Minh à Hanoï, Palais du soleil Kumsusan à Pyongyang. Ils ont rejoint les pyramides de Gizeh, le Gour Emir de Samarkand et quelques millions d’autres tumulus oubliés dans leur course contre le temps.


Avant d'arriver à son hôtel, le voyageur qui, depuis l’aéroport, débarque à Téhéran passe, comme à Pyongyang, devant un monument bâti pour l'éternité. Il n'est pas obligé de s'y arrêter. Pourtant, il ne manque pas de l'apercevoir. Au bord de l'autoroute où son taxi crachote, c’est immanquable, il aperçoit le dôme, les minarets géants du mausolée de Khomeiny. 

Cette commémoration ayatollesque se voit répercutée, miroitée en écho par les fresques des martyrs de la Révolution, peintes couleur de sang, surplombant les axes majeurs de la capitale.

L'idéologie des révolutions, lorsqu'elle confine au totalitarisme, a pour conséquence que tout le monde ment. Et tout le monde sait que tout le monde ment, nous dit Hannah Arendt.

Le mensonge idéologique, nous dit-elle, s'accompagne d'une crise du témoignage, car ce qui s'oppose au mensonge n'est pas une vérité factuelle, mais la parole singulière.

Rien ne s'oppose autant au témoignage qu'un monument. Le monument est un mensonge, ou plutôt une fiction idéologique. La crise du témoignage vient avec le triomphe du monument.

Le monument veut être solitaire. Il faut être deux pour témoigner.


Quelques mois après notre premier périple en Iran, réalisé à l'été 2017, un mouvement de révolte était écrasé par la force. 

Quelques mois après notre second passage en Iran, réalisé à l'été 2019, un mouvement de révolte était écrasé dans un bain de sang.

Et après ce massacre, une guerre larvée avec les États-Unis.

À Téhéran, Mahyar, notre ami psychanalyste, finissait son service militaire. Il nous a envoyé une photo de lui, vêtu en civil, envoyé par l'armée pour encadrer une manifestation. 

Mahyar en était arrivé à espérer que Donald Trump envoie son armée pour envahir l'Iran, ou bombarde le pays, entraînant la chute du régime.

Qui peut avoir envie que Donald Trump bombarde son pays pour faire chuter le régime, sinon celui qui sait que son pays est une fiction ?

Mais l'Ouzbékistan aussi est une fiction, qui commence à peine à devenir un pays. La Biélorussie est une fiction. Combien d’autres pays sont encore des fictions ? 

L'URSS était une fiction, un vaste cauchemar idéologique. 

Les trop grands monuments à Tachkent, à Moscou, à Berlin Est, ailleurs, en témoignent malgré eux. Les trop grands Palais du peuple, les trop grands hôtels bâtis pour on ne sait qui, les quais de métro trop larges, les trop grands récits. Fictions, fictions. 

La Guerre froide est finie. La guerre contre l’Iran, contre la Corée du Nord n’auront pas lieu. 

Ou peut-être que si. 

La guerre n’est pas utile, ni les missiles de Trump, pour sortir d’une fiction. 

Pour témoigner, il faut être deux.


Benjamin Levy

Psychanalyse, art... et au-delà. d'Alain Didier-Weill - Une soirée et une journée de travail en hommage les 31 Janvier et 1 février 2020

publié le 19 janv. 2020 à 00:13 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 25 janv. 2020 à 01:43 ]

Psychanalyse, art... et au-delà Sur les pas d'Alain Didier-Weill


L'I-AEP propose une soirée et une journée de travail en hommage à Alain Didier-Weill, l'un des fondateurs de L'Inter-Associatif Européen de psychanalyse décédé le 17 novembre 2018.

I-AEP - Secrétariat de Psychanalyse Actuelle 

Mails : muriel.aptekier@laposte.net  /  iaep.eu@gmail.com

Présentation du film du premier congrès Inter-Associatif Européen Psychanalyse de janvier 1991 suivi d'un débat.  

Le vendredi 31 janvier de 2oh à 23h3o

Au FIAP - 3o, Rue Cabanis 75014 Paris


Ce congrès a eu lieu à la Sorbonne 10 ans après la mort de Lacan, initié par Alain Didier-Weill et quelques autres, il avait pour but de reprendre langue avec les nombreuses associations qui s'étaient formées après la Dissolution de l'École Freudienne de Paris. Quelles avancées avaient produit ces différentes associations, pouvions-nous en débattre ? C'est dans cette optique que fut imaginé ce congrès. Nous étions quatre pour l'organisation de ce congrès dont la préparation fut longue, et nous avions la veille du congrès obtenu 24o inscrits. Quel ne fut pas notre étonnement quand nous avons découvert 1260 analystes venus le matin même pour participer à ce Congres. Il fallut batailler avec l'administration de la Sorbonne pour qu'elle accepte de faire rentrer 1260 personnes dans un amphi de 800 personnes. Vous le verrez l'amphi était surchargé, mais ce fut pour nous la preuve que ces retrouvailles étaient souhaitées par un très grand nombre d'analystes. Qu'en est-il aujourd'hui ?

La qualité de l'image de ce film est médiocre, mails il nous permettra peut-être de débattre à nouveau sur le devenir de nos associations après Lacan.

C'est également un hommage à Alain Didier-Weill qui nous surprit avec cette petite pièce de théâtre qu'il avait écrite à la hâte pour ce congrès et qui mettait en scène l'après-freudisme et la récupération et la falsification entreprises par Ernst Jones dans sa biographie de Freud.

De quoi reprendre le débat, dans le contexte actuel ...

Alain-Didier Weill, après la dissolution de l'École Freudienne de Paris, a participé à la fondation du Mouvement du Coût Freudien, et à la fondation du mouvement Insistance qu'il animait encore en 2018. ADW a toujours créé des liens entre art, psychanalyse et politique autant dans sa vie que dans ses œuvres théoriques et ses pièces de théâtre. La revue Insistance, publiée chez Ères, en témoigne depuis 13 années. Le numéro 14 lui est dédié.

L'Inter, nom de naissance d'alors, n'était pas encore européen. Il était en ébullition. L'immense qualité de rassembleur d'Alain Didier-Weill a créé, avec Michel Guibal notamment et d'autres, la vague qui nous porte encore aujourd'hui. Depuis lors des associations ont décidé devant ce succès d'aller de l'avant. Des associations de différents pays, dont le Groupe psychanalytique de Chengdu (Chine), ont choisi à Bruxelles en 1995, le nom d'Inter-Associatif Européen de Psychanalyse.

Beaucoup d'événements ont eu lieu depuis, départs de certaines associations, arrivées de plusieurs autres... Et des avancées nombreuses car les associations à l'I-AEP forment un réseau traversé par les questions qui concernent les liens entre psychanalystes. Et la responsabilité face à des décideurs politiques prêts à attaquer notre discipline, beaucoup plus qu'auparavant nous a mis au travail.

Ainsi l'apport de questions actuelles sur la féminité a à prendre de plus en plus de place contre les enjeux de pouvoirs qui nous assaillent sur le mode plutôt masculin. Et par ailleurs le fait associatif, au vu du grand nombre de Groupements Psychanalytiques, et les nécessités spécifiques à chaque association, a à être réélaboré sans cesse. Notamment l'impact grandissant des pouvoirs publics a obligé l'I-AEP à se transformer en association 1901 pour prendre des décisions face à des dangers où le désir de l'analyste risque d'être submergé par l'institutionnel et le politique. En particulier l'aspect libérateur et émancipateur de l'Inter à son début est-il entamé par une telle inscription sous l'égide de la loi de 1901 qui met pourtant, mais à quel prix, l'I-AEP en posture de répliquer plutôt que d'attendre la mise au pas de notre discipline dans le champ de la Santé mentale...

 

Modérateurs du débat : Valérie Marchand, Catherine Kolko, Radjou Soundaramourty, Jean-Jacques Moscovitz.

 


Séminaire organisé par l'Inter-Associatif Européen de Psychanalyse
Le samedi 1er février de 9h3o à 18h3o
À l'Association des étudiants protestants
4, rue Titon 75011 Paris

Lors de la journée du samedi, nous tenterons de dégager l'apport singulier d'Alain Didier-Weill à la psychanalyse en particulier sa conception du réel exposée principalement dans « Un mystère plus lointain que l’inconscient » (Aubier,zow). Quelques courtes interventions introduiront les trois tables rondes ci-jointes.

 

Insistance et Transmission, animation Anne Santagostini

Cette table ronde sera consacrée à la mise en perspective de l'Inter-Associatif. Pensé dès 1991 lors du colloque à la Sorbonne, l'essence de l'Inter-Associatif, c'est ce trait inter, signe de l'hétérogène soutenu par les associations.

Michèle Skierkowski (CCAF) rapportera les entretiens qu'elle a eus avec Michel Guibal et Alain Didier-Weill, fondateurs avec d'autres, de l'Inter-Associatif de Psychanalyse (avant de devenir Inter- Associatif Européen de Psychanalyse en 1994, puis constitué en association régie par la loi 1901 en 2013).

Ensuite le bref exposé d'une mémoire singulière ouvrira les échanges avec les participants.

 

Le réel pour Alain Didier-Weill, animation Sophie Collaudin

Le « oui » originaire (Bejahung) au logos est, pour S.Freud l'acte psychique fondateur de l'inconscient, pour J. Lacan il permet à travers une «jouissance autre » un lieu d'existence à un commencement : « le réel ». Ce réel créé par le « refoulement originaire » opéré par le verbe, et noué par l'imaginaire au symbolique se situerait entre le verbe et le corps et n'est pas l'expérience d'un signifiant renvoyant à un autre signifiant. A. Didier-Weill en ayant visité les sources de Freud et de Lacan et bien d'autres, et écouté des artistes, propose, à partir par exemple de la métaphore du danseur ou du potier, une dynamique de ce réel pouvant ouvrir des voies vers d'inouï, l'invisible, et donc une autre écoute. Si les psychanalystes ne désespèrent pas du réel, même les personnes figées dans l'autisme, la schizophrénie, la mélancolie pourraient peut-être trouver un « signifiant nouveau » soutenant leur vie réelle et symbolique. Quelle est la singularité de son travail concernant le réel et quelles ouvertures apporte-t-il au travail psychanalytique ?


« J'ai essayé d'introduire quelque chose qui va plus loin que l'inconscient », animation Pierre Boismenu

Alain Didier Weil reprenant cette suggestion de Lacan du 16 novembre 1976, s'est employé à en soutenir le questionnement jusqu'à son presque dernier livre au titre explicite : « Un mystère plus lointain que l'inconscient ». C'est en effet la pratique analytique elle-même qui exige d'aller au-delà de ce sur quoi a buté Freud et que Lacan a formulé comme « au-delà de l'CEdipe » voir « au-delà de la castration », pour que l'acte analytique soit effectif. Comment rendre compte que le refoulement originaire peut être au moins partiellement rejoué ? Qu'est-ce qui pousse à advenir à la parole un simple vivant ? ... Les théorisations sans cesse remises sur le métier qu'ADW nous propose en répondent en prenant le risque de côtoyer le mythe, la religion, la métaphysique, la musique, etc. puisque le logos est ici débordé dans sa capacité à rendre raison de ce qui en précède l'institution. Comment entendre ce pas-au-delà ?


« La psychanalyse est une science à part entière » La tribune publié sur le site L'OBS en réponse à... « Pourquoi les psychanalystes doivent être exclus des tribunaux »

publié le 29 oct. 2019 à 12:39 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 29 oct. 2019 à 12:42 ]

Tribune publié sur le site L'OBS le 28 octobre 2019

TRIBUNE :  « La psychanalyse est une science à part entière »

Un groupe de psychanalystes répond à une tribune, publiée sur notre site (L'OBS), demandant de les exclure des tribunaux et de l’enseignement universitaire

Par Aspasie Bali (psychologue), Gorana Bulat-Manenti (psychologue), Jeannette Daccache (psychiatre) et Gérard Pommier (psychiatre)

Plusieurs psychanalystes et psychologues ont souhaité réagir à la tribune publiée sur le site de « l’Obs » intitulée « Pourquoi les psychanalystes doivent être exclus des tribunaux ».

Nous reproduisons (L'OBS) leur texte ci-dessous. 


« L’inceste, ça ne fait pas tellement de dégâts. » Ce docu dézingue la psychanalyse
Le lecteur de la tribune publiée dans « l’Obs » prend connaissance d’un réquisitoire. Les accusations qu’elle contient diffament les dizaines de milliers de cliniciens qui s’inspirent de la psychanalyse. En un siècle, cette dernière a conquis les esprits éclairés à travers la planète. Elle est, par exemple, reconnue comme une science d’Etat en Chine. En France, le vocabulaire freudien fait partie du langage ordinaire, comme le montre l’utilisation courante des mots comme « lapsus », « actes manqués », « refoulement », etc.

Si le lecteur impartial a connaissance des critiques formulées dans la tribune, que conclura-t-il à propos de la scientificité ? Il existe des « sciences conjecturales ». Entre autres, l’économie et les sciences politiques. Ces dernières ne s’appuient que sur leur propre épistémologie, et sur des algorithmes performatifs… Ceux qui nous contestent prétendraient-ils interdire l’enseignement des sciences conjecturales à l’université, sous prétexte qu’elles ne disposent pas des mêmes critères que les « sciences expérimentales » ?

Le savoir-faire du psychanalyste est une sorte d’art

Il faut ajouter que la psychanalyse n’est pas une science conjecturale. Sa méthode est d’abord expérimentale : elle est strictement cadrée sur ce que dit un patient singulier. Cette méthode, du divan et du fauteuil, libère la parole. La mise en série d’un grand nombre de patients dégage des invariants, réguliers et classifiables : névroses, psychoses ou perversions. Ces résultats permettent de faire des diagnostics, des pronostics et d’orienter la thérapeutique. La psychanalyse est donc une science à part entière. Elle n’a cessé de s’améliorer en fonction de ses résultats, selon les exigences rigoureuses de Karl Popper. C’est le cas par exemple à propos de l’autisme. On ne saurait reprocher aux psychanalystes les hypothèses qu’ils faisaient il y a quarante ans, lorsqu’ils étaient les seuls à s’occuper des souffrances de la première enfance.

La scientificité ne fait pas du psychanalyste un technicien. Laisser parler la singularité de chaque patient demande une formation longue et difficile. Son savoir-faire est une sorte d’art, au sens où l’on peut parler de l’art du chirurgien ou du poète.

Qu’est-ce que les « sciences expérimentales » ont apporté de nouveau ? Elles ne proposent rien de plus que des rééducations, qui sont souvent des recettes de grands-mères. Elles s’adjoignent les médicaments, et un usage dévoyé des neurosciences cherche à les justifier. Mais l’expérience dit pourtant que la parole précède la croissance de l’organisme : un enfant auquel sa mère ne parle pas meurt. Le célèbre neuroscientifique Pierre Changeux a montré que – sans l’audition de la voix maternelle – les neurones cérébraux périclitent et meurent. Du point de vue des recherches les plus avancées, aucun neuroscientifique honnête ne sait localiser l’aire de la conscience, ni où se situe le sujet dans le cerveau. Le dernier livre du Pr Dehaene ne propose qu’une hypothèse, qui repose sur un processus, et non sur une localisation. D’ailleurs, s’il fallait admettre que le cerveau est un ordinateur, cela ne dirait pas qui introduit le logiciel.

Les patients ne sont pas des souris de laboratoire

L’expérience ordinaire ne suffit-elle pas ? Le sujet de la conscience n’apparaît que lorsque quelqu’un s’adresse à quelqu’un d’autre, au moins mentalement. Le sujet n’est donc pas dans le cerveau, sinon dans la rétroaction de l’interlocution. L’imagerie cérébrale ne saurait photographier un tel processus.

Enfin, il est vrai que la psychanalyse ne prouve pas ses résultats grâce à des statistiques effectuées en double aveugle : les patients ne sont pas des souris de laboratoire. En revanche, la méthode freudienne s’appuie sur les innombrables témoignages de ceux à qui la psychanalyse a permis de vivre.

Quant aux solutions que proposent les sciences expérimentales, elles ont déjà un résultat, avec les pseudo-diagnostics du TDA/H et des « dys » testés chez les très jeunes enfants à l’école. Ils installent une ségrégation sous un prétendu couvert scientifique, alors que les causes sont le plus souvent culturelles ou familiales.

Qu’exigent les inquisiteurs ?

Que le tribunal pénal ou criminel soit expurgé de ses psychanalystes ! Mais enfin, un peu de sérieux s’il vous plaît. Jamais un juge ne fait appel à un psychanalyste. Le juge prend le conseil d’experts assermentés qui sont des psychiatres ou des psychologues. Il ne s’occupe pas de leurs références scientifiques : ce sont en règle générale celles de la psychiatrie classique (névrose, psychose ou perversion). Ce sont d’ailleurs les mêmes classifications que celles de la psychanalyse.

Les signataires de la tribune du 22 octobre exigent également la proscription de l’enseignement de la psychanalyse à l’Université. Ils en appellent à l’autodafé des livres de Freud. C’est un bien triste souvenir. Les mêmes accusateurs publics se réclament de la génétique. Pourtant, dans une récente tribune du journal « le Monde », des généticiens aussi réputés que les professeurs Atlan et Testard ont déclaré qu’il n’existait pas de preuves génétiques de la souffrance psychique. Voilà une réponse aux affirmations de M. Ramus, signataire de l’acte d’accusation. Sa référence à l’eugénisme évoque, elle aussi, de bien mauvais souvenirs.

Régulièrement attaquée depuis son enfance, non seulement la psychanalyse renaît de ses cendres, mais de plus, le nombre de psychanalystes s’accroît d’année en année. Ils prennent en charge en première ligne la souffrance psychique, qui est la plus importante pathologie française. Cet énorme marché intéresse beaucoup l’industrie pharmaceutique. Sans diffamer, le lecteur impartial remarquera que Big Pharma tire profit de l’appel du 22 octobre. Par exemple, six millions d’enfants aux USA prennent de la Ritaline (ce médicament contient des molécules considérées comme des drogues).

En France, Freud est enseigné depuis les classes de terminales. Sa scientificité lui a accordé sa place à l’Université. Son enseignement devrait faire partie de la formation de chaque psychiatre et de chaque psychologue. Nous souhaitons une formation pluridisciplinaire, sans pensée unique. Nous ne sommes pas opposés aux rééducations, qui peuvent accompagner le traitement de fond de la souffrance psychique. La tolérance est nécessaire. Elle permettra aux recherches de progresser.

Les signataires :

Aspasie Bali, psychologue PhD

Gorana Bulat-Manenti, psychologue PhD

Pr Jeannette Daccache, psychiatre, psychanalyste

Pr Gérard Pommier, psychiatre, psychanalyste

Tribune publié sur le site L'OBS le 28 octobre 2019


Séminaire de Psychanalyse Actuelle 2019 / 2020

publié le 15 oct. 2019 à 05:30 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 17 mars 2020 à 11:03 ]


LES RÉUNIONS ANNONCÉES POUR MARS ET AVRIL 2020 ONT ÉTÉ ANNULÉES


SÉMINAIRE À PSYCHANALYSE ACTUELLE 2019 - 2020

FREUD LACAN ET… NOUS

LES INCIDENCES DU CONTEMPORAIN DANS LES PROCESSUS DE SUBJECTIVATION

Séminaire animé par

Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste (psychiatre)

Benjamin Lévy, psychanalyste, enseignant, ancien élève de l’ENS

À L’École Normale Supérieure

45, rue d’Ulm 75005 PARIS - Salle Samuel Beckett au rez-de-chaussée

OUVERT À TOUS PAF 5€

PROGRAMME

Les mercredis à 21h jusqu’à 23h


MERCREDIS EN 2019 : 23 OCTOBRE - 20 NOVEMBRE - 18 DÉCEMBRE

MERCREDIS EN 2020 : 15 JANVIER - 26 FÉVRIER -18 MARS - 22 AVRIL-20 MAI - 24 JUIN


Mercredi 23 octobre 2019 de 21h jusqu’à 23h

Bernard TOBOUL

Psychanalyste, membre de l’association Espace analytique et des Forums du champ lacanien

PEUT-ON PARLER D’ASPERGER….

Il est désormais connu qu’Hans Asperger a été un des participants au programme national-socialiste d’assassinat de masse des enfants souffrant d’une affection psychique.

Il est important pour nous aujourd’hui de retracer la genèse du syndrome d’Asperger et de sa mise en pratique dans la psychiatrie ; en un mot de saisir les présupposés théoriques et pratiques de cette notion.


Mercredi 20 novembre 2019 de 21h jusqu’à 23h

Miguel SIERRA RUBIO

psychologue, psychanalyste, chercheur associé à l'université de Rennes viendra nous parler de son ouvrage

LES STRUCTURES CLINIQUES

publié aux Presses universitaires de Rennes(2019)


Mercredi 18 décembre 2019 de 21h jusqu’à 23h

Florence FREDOUILLE

Gynécologue, psychanalyste, docteure en psychanalyse et psychopathologie abordera

La Procréation médicalement assistée

et les enjeux de passage entre médecine et psychanalyse


Mercredi 15 janvier 2020 de 21h jusqu’à 23h

LUIS IZCOVICH

psychiatre psychanalyste, membre de l'Internationale des Forums du Champ lacanien, nous présentera son dernier livre

L’Identité, choix ou destin ?


Mercredi 26 février 2020 de 21h jusqu’à 23h

PATRICK LANDMAN

psychiatre psychanalyste, membre d'Espace Analytique 

Logique scientifique, logique de la psychanalyse

À l’heure de l’imagerie cérébrale triomphante et de la neuromania, quels sont les risques et les enjeux d’un décloisonnement entre neurosciences et psychanalyse ?


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LE 18 MARS 2020

JEAN-JACQUES MOSCOVITZ

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LE 22 AVRIL 2020

GÉRARD POMMIER

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LE 20 MAI 2020

BRUNO VINCENT et JEAN-YVES SAMACHER

Bruno Vincent, auteur de l’ouvrage Lacan, Style des écrits, viendra dialoguer avec Jean-Yves Samacher qui présentera ses travaux sur l’œuvre d’Antonin Artaud

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LE 24 JUIN 2020

CLAUDE-NOËLLE PICKMANN

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INTERVENANTS PRÉSSENTIS :

Pascal Kané, François Ardeven, Paul Zawadski, Valérie Marchand, Jérémie Clément …

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Pour contacter l’un des organisateurs : Jean-Jacques Moscovitz 0616295189 jjmoscovtz@gmail.com Benjamin Lévy : benjamin.levy@outlook.fr

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INSCRIPTION ANNUELLE A PSYCHANALYSE ACTUELLE

AU 1er OCTOBRE 2019 JUSQU’ À FIN SEPTEMBRE 2020 MEMBRE PRATICIEN : 180 € - CORRESPONDANT : 80 € - AUDITEUR LIBRE (étudiant ou autre) :35 €

VEUILLEZ ENVOYER VOTRE CHÈQUE LIBELLE À L’ORDRE DE PSYCHANALYSE ACTUELLE AU SECRÉTARIAT: Mme Muriel APTEKIER 94 AV EMILE ZOLA 75015 PARIS

en indiquant votre nom, adresse postale et votre email

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Devant l'attentat du 3 octobre 2019 à Paris au cœur de la Force Publique, quelques remarques sur les captés par le djihad. Un Tribunal Pénal International est-il envisageable pour former la jeunesse en danger de violence ?

publié le 10 oct. 2019 à 04:29 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 11 oct. 2019 à 06:36 ]


Devant l'attentat du 3 octobre 2019 à Paris au cœur de la Force Publique, quelques remarques sur les captés par le djihad. 

Un Tribunal Pénal International est-il envisageable pour former la jeunesse en danger de violence ?

Cliquer ici pour lire le texte de Jean-Jacques Moscovitz


Forum Psychanalyse et politique face aux violences d'état

publié le 20 sept. 2019 à 08:17 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 22 sept. 2019 à 08:06 ]

 

FORUM

 

PSYCHANALYSE ET POLITIQUE FACE AUX VIOLENCES D’ÉTAT

 

ACTUEL ET  PSYCHANALYSE AU BRÉSIL ET DANS D’AUTRES PAYS

 

MERCREDI 25 SEPTEMBRE 2019

A 20H45

A L’ENS  45 RUE D’ULM PARIS 75005

SALLE SAMUEL  BECKETT au rdc

IL EST DEMANDÉ PAR L’ENS  D’INSCRIRE SON NOM À L'ENTRÉE SOUS LA RUBRIQUE « FORUM »

 


LES CONSÉQUENCES DES VIOLENCES D’ÉTAT SUR LA PSYCHANALYSE NOUS METTENT TOUS FACE AUX DANGERS DE DESTRUCTION DE L'ÉTHIQUE DE LA PAROLE, DE LA JUSTICE, DU POLITIQUE.

FACE À QUOI IL NOUS FAUT RÉAGIR AU PLUS VITE ET EN GRAND NOMBRE POUR SOUTENIR AUJOURD’HUI NOS COLLÈGUES DU BRÉSIL, MAIS AUSSI RÉAGIR  FACE À D’AUTRES ATTAQUES DE LA PSYCHANALYSE DANS DES REFUS POLITIQUES AVÉRÉS, COMME EN ITALIE ET D’AUTRES PAYS MENACÉS EN EUROPE.

CE  SONT  MAINTENANT DES  ENJEUX RECONNUS AU NIVEAU DE LA PSYCHANALYSE DANS LE CHAMP SOCIAL MAIS AUSSI  POUR CELLES ET CEUX QUI FONT L'EXPÉRIENCE D’UNE PSYCHANALYSE OU QUI L’EXERCENT.

LES DÉMOCRATIES SONT CONFRONTÉES AUJOURD’HUI À  UNE DESTRUCTIVITÉ ACCRUE DE L’HUMAIN DEPUIS LES ATROCITÉS DES GUERRES D’EXTERMINATIONS DU XXe SIÈCLE.
UNE ATTEINTE DE LA CULTURE DES  LUMIÈRES EST À REPÉRER SANS CESSE AFIN QUE LES POUVOIRS PUBLICS ET POLITIQUES DE CHAQUE PAYS, LÀ OU IL Y A DES PSYCHANALYSTES, SACHENT QUE NOUS SOMMES DES TÉMOINS, CERTES, MAIS DES TÉMOINS ACTIFS DES VIOLENCES DES ETATS . IL NOUS FAUT DÈS LORS FAIRE DES AVANCÉES DISCURSIVES PERTINENTES SUR DE TELS  EFFETS ET MALGRÉ LA VIOLENCE POLITIQUE.


CE FORUM DU MERCREDI 25 SEPTEMBRE

EST INITIÉ PAR PSYCHANALYSE ACTUELLE ET ASSOCIÉ  À 

LA FONDATION EUROPÉENNE POUR LA PSYCHANALYSE, 

et Articulação das Entidades Psicanalíticas (Brésil)


IL EST CONCOMITANT DU COLLOQUE  DE CONVERGENCIA, MOUVEMENT LACANIEN POUR LA PSYCHANALYSE FREUDIENNE DES  28 ET 29 09 À PARIS

SUR « CRISE DANS LA CULTURE »

http://convergencia-clf.org


Modérateurs 
 

Benjamin Levy ( Psy actuelle : benjamin.levy@outlook.fr  )

Prado De Oliveira (Espace  Analytique et Ass Psa Unidos Democracia*

Gérard Pommier (FEP)

JJ Moscovitz (Psy actuelle : jjmoscovitz@gmail.com )

Et d’autres….

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 liens consultables


Manifeste de psychanalystes brésiliens 


Psychanalyse dans la tourmente au Brésil 

http://www.pradodeoliveira.org


http://www.psychanalyseactuelle.com


Manifeste du 1er août 2019 Rio De Janeiro / Nota de repùdio

publié le 16 sept. 2019 à 07:05 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 16 sept. 2019 à 10:22 ]

CONVERGENCIA
FUNCIÓN INFORMACIÓN Y DIFUSIÓN

Prezados colegas - As seguintes instituições da CER - Brasil apoiam a nota de repùdio : - Appoa - Laço Analítico - Maiêutica - Florianópolis - Praxis Lacaniana

MANIFESTE DE CONDAMNATION ET DE REJET

Nous, les Psychanalystes unis pour la démocratie, condamnons les déclarations inhumaines, infâmes et indignes de Jair Bolsonaro. L’actuel président de la République attaque la vérité historique, incite à la haine et à la violence, offense et méprise des citoyens qui se sont battus et se battent toujours pour la démocratie au Brésil.
Et il ne fait pas autrement envers les plus démunis, les femmes, les Noirs, les Autochtones, les LGBTQ+ pour atteindre le comble de l’inacceptable, l’obscène vilipendage de la mémoire d’un militant de l’AP (Action populaire) torturé et assassiné dans les geôles de la dictature militaire.
L’actuel président s’avoue complice de ce crime d’État et se rend en l'occurrence coupable d’un autre crime : l’occultation et l’omission de la vérité historique ( il « sait très bien » comment cette mort a eu lieu), son devoir étant de la rendre publique et de faire punir les criminels au lieu de s’associer à eux. Et voilà que nous apprenons qu’il a destitué le président et trois autres membres de la CSMDP) (Commission spéciale sur les morts et disparus politiques) pour y placer ses pions.
Avec les preuves récemment diffusées des illégalités commises pour le faire élire à la fonction suprême de la République et face aux dangers auxquels est exposée notre démocratie avec les menaces aux libertés garanties par la Constitution, il devient clair que Jair Bolsonaro ne mérite pas d’être le président de tous les Brésiliens compte tenu de son biais partisan, de son absence d’engagement avec la vérité, de son manque d’éthique et de sa cruauté.
Ce qui nous humanise est la vérité historique qui nous insère dans une langue, une culture, une classe sociale, une nation, une histoire et une ligne transgénérationnelle entre nos parents et nos enfants ; ce sont les affects et les pulsions dans les liens sociaux, lesquels nous permettent de promouvoir des institutions garantes d’un pacte social de coexistence où l’autre ne peut être réduit à un objet, abusé ou éliminé ; c’est la liberté individuelle de vivre ses propres choix et de manifester ses opinions et leur potentiel de création et de transformation dans la diversité qui fait de chacun un être singulier.
Nous condamnons tous les actes et toutes les déclarations qui mettent en péril ce qui nous humanise. Nous rejetons le projet en cours de l’actuel gouvernement du Brésil qui va à l’encontre du lien social civilisé et démocratique et promeut la barbarie sociale. Nous condamnons cette necropolitique mue par la pulsion de mort avec ses conséquences dévastatrices pour l’individu, la société, la culture et l’environnement.

Rio de Janeiro, 1er août 2019


NOTA DE REPUDIO

Nosotros, Psicoanalistas Unidos por la Democracia, repudiamos las declaraciones inhumanas, infames e indignas de Jair Bolsonaro. El actual presidente de la República ataca a la verdad histórica, promueve la incitación al odio y la violencia, falta al respeto y desprecia a los ciudadanos que vienen luchando por la democracia en Brasil. Es lo mismo que viene haciendo con los menos favorecidos, las mujeres, los negros, los indios, la comunidad LGBTQ+, culminando con la inaceptable y obscena denigración a la memoria de un joven militante de Acción Popular, torturado y muerto en los centros clandestinos de detención de la dictadura militar.
El actual presidente se confiesa cómplice de ese crimen de Estado, e incidentalmente incurre en otro: el de ocultamiento y omisión de la verdad histórica (él “sabe muy bien” como sucedió esa muerte), ya que sería su obligación tornarla pública y hacer que los criminales fuesen castigados, en lugar de asociarse a ellos. Y hoy leemos que desplazó de sus cargos al presidente y a 3 miembros de la Comisión especial de Muertos y Desaparecidos Políticos, para ubicar a sus correligionarios.
Con las recientes pruebas de ilegalidades cometidas para elegirlo para el mayor cargo de la República, y los riesgos que viene sufriendo nuestra democracia con amenazas a las libertades garantizadas por la constitución, queda claro que Jair Bolsonaro no está a la altura del cargo de presidente de todos los brasileros por su parcialidad partidaria, falta de compromiso con la verdad, falta de ética y deshumanismo.
Lo que nos humaniza es la verdad histórica que nos inserta en una lengua, una cultura, una clase social, una nación, una historia y una línea transgeneracional entre nuestros padres y nuestros hijos; son los afectos y las pulsiones dentro de los lazos sociales, los cuales nos permiten promover instituciones que garanticen el pacto social y la convivencia con el otro, sin hacer de él un objeto a ser abusado o eliminado; es la libertad de cada ser humano de vivir sus elecciones y manifestar sus opiniones con sus potencialidades creativas y transformadoras en la diversidad, que hace –de cada uno-, un ser singular.
Repudiamos todos los actos y declaraciones que ataquen o pongan en riesgo aquello que nos humaniza. Repudiamos el proyecto en curso del actual gobierno de Brasil, que opera en contramano del lazo social civilizado y democrático promoviendo la barbarie social. Repudiamos esa necropolítica movida por la pulsión de muerte con sus consecuencias devastadoras para el individuo, la sociedad, la cultura y el medio ambiente.
Rio de Janeiro, 1 de agosto de 2019


LETTER OF CONDEMNATION

We, Psychoanalysts United for Democracy, condemn the inhuman, shameful, undignified declarations of Jair Bolsonaro. The current President of the Republic denies historical facts, incites hatred and violence, and denigrates and disrespects citizens who campaign for democracy in Brazil. He has been doing likewise with the most vulnerable members of society—women, African Brazilians, indigenous peoples, and the LGBTQ+ community—culminating in an obscene and totally unacceptable vilification of the memory of a young activist tortured and murdered by the military regime.
The current occupant of the presidency admits complicity in this crime against society and in doing so commits the further crime of obstructing justice and withholding the truth. If he “knows very well” how this young man died, he should make this knowledge public and help bring the criminals to justice, rather than siding with them. Furthermore, we now hear that the Brazilian President has dismissed the chairperson and three other members of the Special Commission on Political Deaths and Disappearances and replaced them with his political allies.
With recent proof of illegal acts committed to elect him to the highest office in the land and threats to our democracy and freedoms guaranteed by the constitution, it is clear that Jair Bolsonaro is unworthy of the office of president of all Brazilians, on account of his partisan bias, dishonesty, and lack of ethics and humanity.
We are made human by the historical truth that embeds us in a language, a culture, a social class, a nation, a history and a cross-generational link between our parents and our children. These are the feelings and drives that enable us to create social institutions that undergird the social contract and social relations with others that do not turn them into objects to be abused or eliminated. Herein lies the freedom, with which each and every human being is endowed, to live one’s own life as one see fit and to express opinions that draw on the diversity and transformative creative potential that makes each one unique.
We condemn any act or declaration that assails our humanity or puts it at risk. We condemn the current Brazilian government’s barbarous project, which violates all civilized and democratic social norms. We condemn this necro-politics driven by the death drive and its devastating consequences for individuals, society, culture and the environment.
Rio de Janeiro, August 1st 2019


NOTA DE REPÚDIO

Nós, Psicanalistas Unidos pela Democracia, repudiamos as declarações desumanas, infames e indignas de Jair Bolsonaro. O atual presidente da República ataca a verdade histórica, promove a incitação ao ódio e a violência, desrespeita e despreza cidadãos que vêm lutando pela democracia no Brasil. É o mesmo que ele vem fazendo com os menos favorecidos, as mulheres, os negros, os índios, os LGBTQ+, culminando com o inaceitável e obsceno vilipêndio à memória de um jovem militante da Ação Popular torturado e morto nos porões da ditadura militar.
O atual presidente confessa-se cúmplice desse crime de Estado e incidentalmente incorre em outro: o de ocultação e omissão da verdade histórica (ele “sabe muito bem” como ocorreu essa morte), pois seria sua obrigação torná-la pública e fazer com que os criminosos fossem punidos, ao invés de associar-se a eles. E hoje lemos que ele exonerou a presidente e mais 3 membros da Comissão Especial de Mortos e Desaparecidos Políticos para colocar seus correligionários.
Com as recentes provas de ilegalidades cometidas para elegê-lo ao cargo maior da República, e os riscos que nossa democracia vem sofrendo com ameaças às liberdades garantidas pela constituição, fica claro que Jair Bolsonaro não faz jus ao cargo de presidente de todos os brasileiros por sua parcialidade partidária, descompromisso com a verdade, falta de ética e desumanidade.
O que nos humaniza é a verdade histórica que nos insere em uma língua, uma cultura, uma classe social, uma nação, uma história e uma linha transgeracional entre nossos pais e nossos filhos; são os afetos e as pulsões dentro dos laços sociais, os quais nos permitem promover instituições que garantam o pacto social e a convivência com o outro sem fazer dele um objeto a ser abusado ou eliminado; é a liberdade de cada ser humano de viver suas escolhas e manifestar suas opiniões com suas potencialidades criativas e transformadoras na diversidade que faz, de cada um, um ser singular.
Repudiamos todos os atos e declarações que ataquem ou coloquem em risco aquilo que nos humaniza. Repudiamos o projeto em curso do atual governo do Brasil que opera na contra-mão do laço social civilizado e democrático promovendo a barbárie social. Repudiamos essa necropolítica movida pela pulsão de morte com suas consequências devastadoras para o indivíduo, a sociedade, a cultura e o meio ambiente.
Rio de Janeiro, 1 de agosto de 2019

Colloque International Schibboleth 30 octobre et 1er novembre 2019 : " L'identité en Question"

publié le 13 sept. 2019 à 03:54 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 13 sept. 2019 à 03:59 ]


J-J Moscovitz présentera "Violences en cours" à Marseille le samedi 28 septembre 2019

publié le 10 sept. 2019 à 16:33 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 10 sept. 2019 à 16:34 ]


Colloque Convergencia - Paris 2019 - "Crise dans la culture"

publié le 10 sept. 2019 à 15:56 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 10 sept. 2019 à 16:34 ]


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