ACTUEL ET NOVATIONS - LE BLOG DE PSYCHANALYSE ACTUELLE

Hommage à Pascal Kané

publié le 2 sept. 2020 à 03:19 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 6 sept. 2020 à 09:58 ]

Pascal Kané
Notre cher ami Pascal Kané s’est éteint ce matin. C’est une immense peine.
Nous le savions malade et l’avions invité à dîner pour lui témoigner notre amitié. Il luttait contre la maladie et lorsque nous l’avons entendu parler des grands vins dont il était amateur, lui pourtant qui en avait perdu le goût, c’est lui qui nous a remonté le moral.
Nous le consultions souvent sur les positions à prendre dans la défense de nos droits d’auteur. Il avait toujours une analyse pertinente, c’était un cinéaste de convictions et il voyait toujours à long terme.
Ses films n’ont pas toujours reçu l’accueil à la hauteur de leurs qualités, ils reflétaient pourtant ses positions, celles d’un cinéaste convaincu, indépendant et inféodé à aucune chaîne.
De grande culture, avec de fermes convictions sans être dogmatique, il avait une idée du cinéma qui était pour lui, une intense raison de vivre.
C’était aussi un cinéaste utopiste : il croyait que le cinéma devait se faire sans entrave.
En toute liberté, à la première personne.
Pascal était aussi un cinéaste de principes et souvent il nous disait : le cinéma est comme la vie, il ne vaut que lorsqu’on reste intègre à ses idées et à ses principes.
Il pouvait être pugnace dans la défense de ses convictions. Mais au regard des années, les idées qu’il a défendues, sont devenues plus menacées encore. Et pourtant, le combat n’était jamais perdu. Le cinéma restera pour lui et à jamais d’abord une affaire de cinéastes.
Ses films sont d’émouvants témoignages de ce que furent ses origines familiales juives polonaises, de ses engagements politiques et éditoriaux (notamment dans les Cahiers du Cinéma). C’est pourquoi il faut les revoir.
Liberty Belle, L'Éducatrice, La fête des mères, Je ne vous oublierai jamais, La Théorie du fantôme et ses entretiens avec Serge Daney resteront des témoignages indispensables à qui veut le comprendre et comprendre notre temps.
Et au-delà de ses films qui seront honorés à la Cinémathèque Française le 11 septembre à 19 h, Pascal restera un grand défenseur du cinéma d’auteur qui ne baissa jamais les bras.
Il aura d’ailleurs tenté jusqu’à son dernier souffle de mener à bien son aventure-cinéma commencée en 1973. Son dernier scénario à partir de la Vierge enceinte de Piero della Francesca était la preuve éclatante de son désir intact, et nous regrettons que ce film n’ait pas vu le jour.

Je ne vous oublierai jamais
Débat avec Pascal Kané après la projection du film. Le Regard Qui Bat - 21 mars 2010 - Cinéma La Pagode
Je ne vous oublierai jamais - bande annonce


La pratique de Lacan

publié le 8 juil. 2020 à 08:24 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 2 sept. 2020 à 03:02 ]

La pratique de Lacan

Ouvrage collectif
Sous la direction de Luis Izcovich


Auteurs : ​Jean-Jacques Moscovitz, Marc Nacht, Gérard Pommier, Erik Porge, Moustapha Safouan, Christian Simatos, Annie Staricky, Patrick Valas, Jean-Pierre Winter

​Neuf analystes témoignent de nos jours de ce que leur expérience analytique avec Lacan a été pour eux. Il s’agira, dans cet ouvrage collectif, de suivre la façon dont chacun d’entre eux a été marqué par cette rencontre, et ce qui reste de décisif pour chacun pour leur propre pratique de la psychanalyse. Un fil se dégage au fur et à mesure, c'est le style de Lacan, et ce livre est une véritable contribution à éclairer sa pratique. Chaque auteur, dans sa singularité, tente de rendre compte ce qui a changé définitivement dans leur vie à partir de l’analyse avec Lacan.

Parution : 1er juillet 2020
Collection : Nouages
Rayon : Psychanalyse – Sciences Humaines
Broché 14 x 21,5 cm - 152 pages - 17,00 € TTC
EAN : 9791095543206

Allô, allô...? Vous m'entendez...?

publié le 13 avr. 2020 à 04:06 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 31 août 2020 à 07:07 ]

Allô, allô...? Vous m'entendez...?

Par Jean-Jacques Moscovitz
Les séances par téléphone, à distance..La limite, la séparation entre dedans et dehors, la présence du corporel, notion majeure du sujet  individuel face au collectif, changent de nom, ça devient gestes-barrières (masque-gants-Hydro gel-confinement) . Comme si dedans et dehors allaient se mélangeaient au point d'y perdre le réel. 

Le réel c'est le virus. Le combattre sans l'idolâtrer à le confiner dans nos émois de confinés. 

Avec Benjamin Lévy et Fred Siksou, a été décidé ce moyen du blog pour innover, maintenir, ne pas rester silenciés dans nos échanges entre analystes, non-analystes, le tout venant... 

Le thème va de soi, genre  d'aller sonner à sa propre porte pour savoir si mon Moi est toujours  là... Allô allô ici appel à Freud: le moi n'est plus maître en sa demeure... c'est vrai? Dis moi tout Sigmund! Car le réel des mots c'est toi qui nous l'a refilé  avec Le Ça . 

Actuelle, la psychanalyse l'est depuis son début à se confronter à ceux qui voudraient la faire taire. Soit à céder  le pas à la radicalité du danger extérieur extrême , pour que notre radicalité intérieure intime s'efface. Que l'analyste quitte son écoute ... Non !et même aujourd'hui au téléphone..  surtout aujourd'hui.

D'où l'usage d'outils informatiques pour que l'intime du sujet, le parl'étre se fasse entendre et écouter entre deux personnes liées par leur désir de parole analytique, de présence psychothérapeutique. Outils aussi utilisés dans nos échanges entre psychanalystes, psychothérapeutes, non-analystes, le tout venant de chacune/chacun de nous, face aux effets d'une pratique socio-politique, celle du confinement. Qui est bien une pratique qui convoque logique et intuition au quotidien. Erreurs  aussi. Cette pratique nous devons y faire face par la nôtre. La nôtre, c'est celle qui lie celles et ceux par un contrat de parole avec la parole. Quels sont les effets repérables déjà du contemporain, de l'actuel sur notre subjectivité. De commencer à les repérer pour s'en défaire dès que cela sera possible. Apprendre déjà à s'en défaire, voilà le but de nos échanges, comme les séances que nous menons avec qui nous parlons. . 

Mais avec le blog, attention aux  clics et le doigt sur le clavier . Attention le clic n'a pas de surmoi, il est même souvent décérébré. C'est pourquoi pour ce blog Allô allô ... vous m'entendez? il est souhaitable plus que souhaitable que  les textes qui y seront mis soient si possible courts, pas plus de deux pages, qu'ils prêtent au commentaire et au débat pour envisager le futur.

Doigt, geste, l'interdit du toucher, celui  que @metoo était en train de nous faire savoir  avant ce Covid 19, combien un homme pouvait être une sale bête, eh bien avec notre actuel ce toucher interdit a viré à l'injonction de s'en  protéger avec des gants médicaux... . Exemple de préparation de notre futur, Sigmund, encore lui, nous en dit pas mal. Freud cite un certain MOLL à propos de la « contrectatio » (attouchement) signifiée comme un besoin de contact épidermique de « cruauté sadique » ( dans les Trois essais , Henri Fontana notre collègue en a fait une étude étymologique  ). Et vu le problème viral universel mondial, le toucher devient une pulsion dangereuse, de toucher et d'être touché... et s'en protéger devient une opération de créer de nouveaux objets d'art:une rampe de métro, une poignée de porte, un papier d'emballage . Le smartphone, lui aussi... Déjà traces du travail mémoriel qui anticipe la suite ... nos rêves en témoignent.

Son titre est la raison de sa mise en lecture. Michel Durel en avait parlé. voila l'origine du choix de soumettre cet exposé à une lecture critique , très actuelle


*Pour voir votre commentaire à ce texte publié ci-dessous, merci de l'envoyer par mail à : infos@psychanalyseactuelle.com

Fictions par Benjamin Levy

publié le 18 mars 2020 à 05:48 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 27 avr. 2020 à 08:31 ]

Fictions

Par Benjamin Levy

à propos du film de François Margolin " L'Automne à Pyongyang "

« C'est une fiction », dit Claude Lanzmann en désignant Pyongyang. Il est débout, en haut de la tour de radiotélévision, sur la plate-formé d'observation battue par le vent, et il surplombe cette ville, qui est une fiction. 

Le documentaire Un automne à Pyongyang vient de commencer.

« C'est ce pays qui est une fiction ? demande François Margolin, derrière la caméra.

- Non, cette ville. Les campagnes, moins. »


En écoutant Claude Lanzmann, j'ai compris pourquoi je n'arrivais pas, depuis notre retour à Paris, à écrire sur le voyage que nous avions accompli, Anne et moi, l'été précédent. Nous n’étions pas allés en Corée du Nord mais dans d'autres pays, entre l’Ouzbékistan et la France. Voilà qui nous avait permis de traverser le Turkménistan.

Ce pays était une fiction. Sa capitale, surtout. Et comment écrire vrai sur des fictions ? 


« Il veulent l'éternité », dit Claude Lanzmann à François Margolin en désignant les membres de la dynastie Kim. Le premier d'entre eux, mort depuis 25 ans, est toujours président du pays. Avec sa descendance, ils règnent sur une fiction.

Pour se moquer des guides qui le fliquent où qu'il aille, Lanzmann ajoute : « Personne n'a jamais su rien écrire de bon sur leur sourire. »

Oui, les Kim règnent, avec leur sourire hystérique. À vrai dire, vous pourrez toujours compter sur les hystériques pour régner sur des pays de fiction. 


Au Turkménistan, rien ne va mieux qu'en Corée du Nord. Prenons ce point de départ. Ce pays dispose des quatrième plus importantes ressources en gaz naturel de la planète. L'argent coule à flot, et son président veut l'éternité.

Gurbanguly Berdimuhamedov a fait l'objet d'un sketch réussi, drôle, par l'humoriste anglo-américain John Oliver sur HBO. Président du Turkménistan, Berdimuhamedov est féru de chevaux de course, se prend pour un rappeur américain, aime s'exhiber avec des armes à feu, montrer ses muscles pâlichons en conseil des ministres, et il règne sans partage. 

Cet été, nous avions bien vu, avec Anne, qu'Ashgabad est une capitale qui n'existe pas. Mais le terme de fiction me manquait pour écrire. Malgré ses avenues immenses, rutilantes et vides, ses fontaines, ses statues, cette ville n'est pas un mensonge, ni même un décor Potemkine. C'est une fiction étalée au pieds d'une chaîne de montagnes arides, à l'extrémité de la steppe à laquelle se résume le Turkménistan. 


La ville, Ashgabad, n'existe pas. Elle a pour raison d'être l'amour immodéré du président Berdimuhamedov pour la fiction, car les fictions sont éternelles. Quant aux records turkmènes qu'homologue le Guiness Books, ils sont tissés d'une étoffe fictionnelle. 

John Oliver, l'humoriste anglo-américain de HBO, fait rire son public en évoquant l'amour du président turkmène pour le Guinness Book of Records. L’immortel président Berdimuhamedov a fait homologuer :

Le plus dense des complexes monumentaux bâtis en marbre de la planète.

Le plus grand nombre de fontaines sur une place de la planète.

Le plus grand bâtiment en forme d'étoile de la planète.

Le plus grand complexe de sports aquatiques de la planète.

La plus longue chaîne de vélo-cyclistes de la planète.

La plus grande ronde de chanteurs de la planète.

Cette liste est ridicule, mais écoutez Claude Lanzmann. L'amour des records homologués par le Guiness Book traduit, chez Berdimuhamedov, une quête d'éternité. 

En retour, il y a quelque chose d’absurde à voir la quête d'éternité réduite au Guinness Book.

« Ils sont contre la mort », dit Lanzmann de la dynastie coréenne des Kim. Dans leur lutte sans espoir, ils ont bâti Pyongyang, la fiction d'une ville. La fiction ne meurt pas. Leur ville fictive n'est pas faite de galeries commerciales mais de monuments. 

« Et les monuments, c'est la commémoration. » 

Comme Pyongyang, la ville d'Ashgabad est monumentale. Comme à Pyongyang, vous y trouverez les statues gigantesques d'éternels commandeurs.


Entre la frontière ouzbéco-turkmène, au nord, et Ashgabad, à l'extrémité sud du pays, il n'y a que de la steppe, traversée en une journée de voiture. Comptez 6 à 8 heures de route. 

Sur le chemin, rien, deux dromadaires, à nouveau rien, et puis Mary, autre ville de fiction. Dômes rutilants, bâtiments blancs étincelants au soleil, baies vitrées opaques reflétant la rue, grosses cyclindrées sur les longues avenues. La jouissance des autos à moteur surpuissant est autorisée. 

Les télévisions turkmènes relaient des émissions russes. La jouissance masculine est autorisée. Les danseuses en bikini sont autorisées. Le phallus éternel est autorisée, comme les moteurs surpuissants. 

L’éternité est une question de phallus. Le  désir d'éternité a besoin, pour écrin, d’un cortège de monuments, de chevaux, d’armes, de moteurs, d’érections. 

La ruine financière ou architecturale signe la castration de l’éternité. 

Et si l’éternité est une pulsion de mort, en retour, la pulsion de mort est l’angoisse de la ruine, du manque, de la castration. La pulsion de mort, sous sa forme passionnelle, est une haine du temps passé, le temps qui passe. 


Non loin de Mary se trouvait autrefois Merv, dont il ne reste que des ruines dans la steppe. Les Mongols ont tout dévasté. C'était en 1221. 

Comme à Nishapur, dont le site se trouve de l'autre côté des montagnes séparant le Turkménistan de l'Iran, il n'y a plus à Merv que de la poussière. Plus trace des bibliothèques. Juste quelques reliques. Ici ou là, un amas de briques. Les traces de murailles gigantesques. Les grands et petits Kiz Kala, anciennes forteresses, et le silence de la steppe.

Nothing beside remains. Round the decay

Of that colossal Wreck, boundless and bare

The lone and level sands stretch far away.

À l'époque de sa splendeur, Merv fut décrite comme un paradis terrestre. Fontaines, palais, jardins. Savants, poètes, danseuses et musiciens. Le souvenir d'Omar Khayyam nous reste. Le souvenir de Farid al-Din Attar nous reste. Comme les despotes, ces poètes ont leurs mausolées, lieux de pélerinage. Poètes contre tyrans, ou parfois à leur service. L’idéologie et la littérature entretiennent, on le sait, des rapports compliqués. Non, ce n’est pas d’hier. 


L’idéologie et la religion entretiennent aussi des rapports compliqués. Une rivalité les oppose. Elle a pour enjeu l’éternité. 

Pour le visiteur qui débarque à Pyongyang, le premier geste obligé du voyage, avant d'arriver à l'hôtel, et même en pleine nuit, est d'aller, paraît-il, se prosterner devant les statues gigantesques des membres de la dynastie Kim.

« C'est le mur des lamentations », dit Claude Lanzman, en se balançant d'arrière en avant. 

Et un hommage contraint à la sublime lignée du Paektu. 

Si vous voulez, vous pourrez aller dire bonjour, ensuite, aux corps embaumés de Kim numéro 1 et de Kim numéro 2, au plus profond du Palais du soleil Kumsusan. 

Mausolée de Mao sur la place Tian’anmen, mausolée de Lénine sous les murs du Kremlin, mausolée de Hô Chi Minh à Hanoï, Palais du soleil Kumsusan à Pyongyang. Ils ont rejoint les pyramides de Gizeh, le Gour Emir de Samarkand et quelques millions d’autres tumulus oubliés dans leur course contre le temps.


Avant d'arriver à son hôtel, le voyageur qui, depuis l’aéroport, débarque à Téhéran passe, comme à Pyongyang, devant un monument bâti pour l'éternité. Il n'est pas obligé de s'y arrêter. Pourtant, il ne manque pas de l'apercevoir. Au bord de l'autoroute où son taxi crachote, c’est immanquable, il aperçoit le dôme, les minarets géants du mausolée de Khomeiny. 

Cette commémoration ayatollesque se voit répercutée, miroitée en écho par les fresques des martyrs de la Révolution, peintes couleur de sang, surplombant les axes majeurs de la capitale.

L'idéologie des révolutions, lorsqu'elle confine au totalitarisme, a pour conséquence que tout le monde ment. Et tout le monde sait que tout le monde ment, nous dit Hannah Arendt.

Le mensonge idéologique, nous dit-elle, s'accompagne d'une crise du témoignage, car ce qui s'oppose au mensonge n'est pas une vérité factuelle, mais la parole singulière.

Rien ne s'oppose autant au témoignage qu'un monument. Le monument est un mensonge, ou plutôt une fiction idéologique. La crise du témoignage vient avec le triomphe du monument.

Le monument veut être solitaire. Il faut être deux pour témoigner.


Quelques mois après notre premier périple en Iran, réalisé à l'été 2017, un mouvement de révolte était écrasé par la force. 

Quelques mois après notre second passage en Iran, réalisé à l'été 2019, un mouvement de révolte était écrasé dans un bain de sang.

Et après ce massacre, une guerre larvée avec les États-Unis.

À Téhéran, Mahyar, notre ami psychanalyste, finissait son service militaire. Il nous a envoyé une photo de lui, vêtu en civil, envoyé par l'armée pour encadrer une manifestation. 

Mahyar en était arrivé à espérer que Donald Trump envoie son armée pour envahir l'Iran, ou bombarde le pays, entraînant la chute du régime.

Qui peut avoir envie que Donald Trump bombarde son pays pour faire chuter le régime, sinon celui qui sait que son pays est une fiction ?

Mais l'Ouzbékistan aussi est une fiction, qui commence à peine à devenir un pays. La Biélorussie est une fiction. Combien d’autres pays sont encore des fictions ? 

L'URSS était une fiction, un vaste cauchemar idéologique. 

Les trop grands monuments à Tachkent, à Moscou, à Berlin Est, ailleurs, en témoignent malgré eux. Les trop grands Palais du peuple, les trop grands hôtels bâtis pour on ne sait qui, les quais de métro trop larges, les trop grands récits. Fictions, fictions. 

La Guerre froide est finie. La guerre contre l’Iran, contre la Corée du Nord n’auront pas lieu. 

Ou peut-être que si. 

La guerre n’est pas utile, ni les missiles de Trump, pour sortir d’une fiction. 

Pour témoigner, il faut être deux.


Benjamin Levy

Sur les pas d'Alain Didier-Weill

publié le 19 janv. 2020 à 00:13 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 20 avr. 2020 à 05:29 ]

Psychanalyse, art... et au-delà. Sur les pas d'Alain Didier-Weill


L'I-AEP propose une soirée et une journée de travail en hommage à Alain Didier-Weill, l'un des fondateurs de L'Inter-Associatif Européen de psychanalyse décédé le 17 novembre 2018.
I-AEP - Secrétariat de Psychanalyse Actuelle 
Mails : muriel.aptekier@laposte.net  /  iaep.eu@gmail.com

Présentation du film du premier congrès Inter-Associatif Européen Psychanalyse le janvier 1991 suivi d'un débat.  

Le vendredi 31 janvier de 2oh à 23h3o

Au FIAP - 3o, Rue Cabanis 75014 Paris

Ce congrès a eu lieu à la Sorbonne 10 ans après la mort de Lacan, initié par Alain Didier-Weill et quelques autres, il avait pour but de reprendre langue avec les nombreuses associations qui s'étaient formées après la Dissolution de l'École Freudienne de Paris. Quelles avancées avaient produit ces différentes associations, pouvions-nous en débattre ? C'est dans cette optique que fut imaginé ce congrès. Nous étions quatre pour l'organisation de ce congrès dont la préparation fut longue, et nous avions la veille du congrès obtenu 24o inscrits. Quel ne fut pas notre étonnement quand nous avons découvert 1260 analystes venus le matin même pour participer à ce Congres. Il fallut batailler avec l'administration de la Sorbonne pour qu'elle accepte de faire rentrer 1260 personnes dans un amphi de 800 personnes. Vous le verrez l'amphi était surchargé, mais ce fut pour nous la preuve que ces retrouvailles étaient souhaitées par un très grand nombre d'analystes. Qu'en est-il aujourd'hui ?

La qualité de l'image de ce film est médiocre, mails il nous permettra peut-être de débattre à nouveau sur le devenir de nos associations après Lacan.

C'est également un hommage à Alain Didier-Weill qui nous surprit avec cette petite pièce de théâtre qu'il avait écrite à la hâte pour ce congrès et qui mettait en scène l'après-freudisme et la récupération et la falsification entreprises par Ernst Jones dans sa biographie de Freud.

De quoi reprendre le débat, dans le contexte actuel ...

Alain-Didier Weill, après la dissolution de l'École Freudienne de Paris, a participé à la fondation du Mouvement du Coût Freudien, et à la fondation du mouvement Insistance qu'il animait encore en 2018. ADW a toujours créé des liens entre art, psychanalyse et politique autant dans sa vie que dans ses œuvres théoriques et ses pièces de théâtre. La revue Insistance, publiée chez Ères, en témoigne depuis 13 années. Le numéro 14 lui est dédié.

L'Inter, nom de naissance d'alors, n'était pas encore européen. Il était en ébullition. L'immense qualité de rassembleur d'Alain Didier-Weill a créé, avec Michel Guibal notamment et d'autres, la vague qui nous porte encore aujourd'hui. Depuis lors des associations ont décidé devant ce succès d'aller de l'avant. Des associations de différents pays, dont le Groupe psychanalytique de Chengdu (Chine), ont choisi à Bruxelles en 1995, le nom d'Inter-Associatif Européen de Psychanalyse.

Beaucoup d'événements ont eu lieu depuis, départs de certaines associations, arrivées de plusieurs autres... Et des avancées nombreuses car les associations à l'I-AEP forment un réseau traversé par les questions qui concernent les liens entre psychanalystes. Et la responsabilité face à des décideurs politiques prêts à attaquer notre discipline, beaucoup plus qu'auparavant nous a mis au travail.

Ainsi l'apport de questions actuelles sur la féminité a à prendre de plus en plus de place contre les enjeux de pouvoirs qui nous assaillent sur le mode plutôt masculin. Et par ailleurs le fait associatif, au vu du grand nombre de Groupements Psychanalytiques, et les nécessités spécifiques à chaque association, a à être réélaboré sans cesse. Notamment l'impact grandissant des pouvoirs publics a obligé l'I-AEP à se transformer en association 1901 pour prendre des décisions face à des dangers où le désir de l'analyste risque d'être submergé par l'institutionnel et le politique. En particulier l'aspect libérateur et émancipateur de l'Inter à son début est-il entamé par une telle inscription sous l'égide de la loi de 1901 qui met pourtant, mais à quel prix, l'I-AEP en posture de répliquer plutôt que d'attendre la mise au pas de notre discipline dans le champ de la Santé mentale...


Modérateurs du débat : Valérie Marchand, Catherine Kolko, Radjou Soundaramourty, Jean-Jacques Moscovitz.


Séminaire organisé par l'Inter-Associatif Européen de Psychanalyse
Le samedi 1er février de 9h3o à 18h3o
À l'Association des étudiants protestants
4, rue Titon 75011 Paris
Lors de la journée du samedi, nous tenterons de dégager l'apport singulier d'Alain Didier-Weill à la psychanalyse en particulier sa conception du réel exposée principalement dans « Un mystère plus lointain que l’inconscient » (Aubier,zow). Quelques courtes interventions introduiront les trois tables rondes ci-jointes.

 

Insistance et Transmission, animation Anne Santagostini

Cette table ronde sera consacrée à la mise en perspective de l'Inter-Associatif. Pensé dès 1991 lors du colloque à la Sorbonne, l'essence de l'Inter-Associatif, c'est ce trait inter, signe de l'hétérogène soutenu par les associations.

Michèle Skierkowski (CCAF) rapportera les entretiens qu'elle a eus avec Michel Guibal et Alain Didier-Weill, fondateurs avec d'autres, de l'Inter-Associatif de Psychanalyse (avant de devenir Inter- Associatif Européen de Psychanalyse en 1994, puis constitué en association régie par la loi 1901 en 2013).

Ensuite le bref exposé d'une mémoire singulière ouvrira les échanges avec les participants.

 

Le réel pour Alain Didier-Weill, animation Sophie Collaudin

Le « oui » originaire (Bejahung) au logos est, pour S.Freud l'acte psychique fondateur de l'inconscient, pour J. Lacan il permet à travers une «jouissance autre » un lieu d'existence à un commencement : « le réel ». Ce réel créé par le « refoulement originaire » opéré par le verbe, et noué par l'imaginaire au symbolique se situerait entre le verbe et le corps et n'est pas l'expérience d'un signifiant renvoyant à un autre signifiant. A. Didier-Weill en ayant visité les sources de Freud et de Lacan et bien d'autres, et écouté des artistes, propose, à partir par exemple de la métaphore du danseur ou du potier, une dynamique de ce réel pouvant ouvrir des voies vers d'inouï, l'invisible, et donc une autre écoute. Si les psychanalystes ne désespèrent pas du réel, même les personnes figées dans l'autisme, la schizophrénie, la mélancolie pourraient peut-être trouver un « signifiant nouveau » soutenant leur vie réelle et symbolique. Quelle est la singularité de son travail concernant le réel et quelles ouvertures apporte-t-il au travail psychanalytique ?


« J'ai essayé d'introduire quelque chose qui va plus loin que l'inconscient », animation Pierre Boismenu

Alain Didier Weil reprenant cette suggestion de Lacan du 16 novembre 1976, s'est employé à en soutenir le questionnement jusqu'à son presque dernier livre au titre explicite : « Un mystère plus lointain que l'inconscient ». C'est en effet la pratique analytique elle-même qui exige d'aller au-delà de ce sur quoi a buté Freud et que Lacan a formulé comme « au-delà de l'CEdipe » voir « au-delà de la castration », pour que l'acte analytique soit effectif. Comment rendre compte que le refoulement originaire peut être au moins partiellement rejoué ? Qu'est-ce qui pousse à advenir à la parole un simple vivant ? ... Les théorisations sans cesse remises sur le métier qu'ADW nous propose en répondent en prenant le risque de côtoyer le mythe, la religion, la métaphysique, la musique, etc. puisque le logos est ici débordé dans sa capacité à rendre raison de ce qui en précède l'institution. Comment entendre ce pas-au-delà ?


« La psychanalyse est une science à part entière » Tribune publié sur le site L'OBS

publié le 29 oct. 2019 à 12:39 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 20 avr. 2020 à 05:36 ]

« La psychanalyse est une science à part entière »


Un groupe de psychanalystes répond à une tribune, publiée sur notre site (L'OBS), demandant de les exclure des tribunaux et de l’enseignement universitaire

Par Aspasie Bali (psychologue), Gorana Bulat-Manenti (psychologue), Jeannette Daccache (psychiatre) et Gérard Pommier (psychiatre)

Plusieurs psychanalystes et psychologues ont souhaité réagir à la tribune publiée sur le site de « l’Obs » intitulée « Pourquoi les psychanalystes doivent être exclus des tribunaux ».

Nous reproduisons (L'OBS) leur texte ci-dessous. 


« L’inceste, ça ne fait pas tellement de dégâts. » Ce docu dézingue la psychanalyse
Le lecteur de la tribune publiée dans « l’Obs » prend connaissance d’un réquisitoire. Les accusations qu’elle contient diffament les dizaines de milliers de cliniciens qui s’inspirent de la psychanalyse. En un siècle, cette dernière a conquis les esprits éclairés à travers la planète. Elle est, par exemple, reconnue comme une science d’Etat en Chine. En France, le vocabulaire freudien fait partie du langage ordinaire, comme le montre l’utilisation courante des mots comme « lapsus », « actes manqués », « refoulement », etc.

Si le lecteur impartial a connaissance des critiques formulées dans la tribune, que conclura-t-il à propos de la scientificité ? Il existe des « sciences conjecturales ». Entre autres, l’économie et les sciences politiques. Ces dernières ne s’appuient que sur leur propre épistémologie, et sur des algorithmes performatifs… Ceux qui nous contestent prétendraient-ils interdire l’enseignement des sciences conjecturales à l’université, sous prétexte qu’elles ne disposent pas des mêmes critères que les « sciences expérimentales » ?

Le savoir-faire du psychanalyste est une sorte d’art

Il faut ajouter que la psychanalyse n’est pas une science conjecturale. Sa méthode est d’abord expérimentale : elle est strictement cadrée sur ce que dit un patient singulier. Cette méthode, du divan et du fauteuil, libère la parole. La mise en série d’un grand nombre de patients dégage des invariants, réguliers et classifiables : névroses, psychoses ou perversions. Ces résultats permettent de faire des diagnostics, des pronostics et d’orienter la thérapeutique. La psychanalyse est donc une science à part entière. Elle n’a cessé de s’améliorer en fonction de ses résultats, selon les exigences rigoureuses de Karl Popper. C’est le cas par exemple à propos de l’autisme. On ne saurait reprocher aux psychanalystes les hypothèses qu’ils faisaient il y a quarante ans, lorsqu’ils étaient les seuls à s’occuper des souffrances de la première enfance.

La scientificité ne fait pas du psychanalyste un technicien. Laisser parler la singularité de chaque patient demande une formation longue et difficile. Son savoir-faire est une sorte d’art, au sens où l’on peut parler de l’art du chirurgien ou du poète.

Qu’est-ce que les « sciences expérimentales » ont apporté de nouveau ? Elles ne proposent rien de plus que des rééducations, qui sont souvent des recettes de grands-mères. Elles s’adjoignent les médicaments, et un usage dévoyé des neurosciences cherche à les justifier. Mais l’expérience dit pourtant que la parole précède la croissance de l’organisme : un enfant auquel sa mère ne parle pas meurt. Le célèbre neuroscientifique Pierre Changeux a montré que – sans l’audition de la voix maternelle – les neurones cérébraux périclitent et meurent. Du point de vue des recherches les plus avancées, aucun neuroscientifique honnête ne sait localiser l’aire de la conscience, ni où se situe le sujet dans le cerveau. Le dernier livre du Pr Dehaene ne propose qu’une hypothèse, qui repose sur un processus, et non sur une localisation. D’ailleurs, s’il fallait admettre que le cerveau est un ordinateur, cela ne dirait pas qui introduit le logiciel.

Les patients ne sont pas des souris de laboratoire

L’expérience ordinaire ne suffit-elle pas ? Le sujet de la conscience n’apparaît que lorsque quelqu’un s’adresse à quelqu’un d’autre, au moins mentalement. Le sujet n’est donc pas dans le cerveau, sinon dans la rétroaction de l’interlocution. L’imagerie cérébrale ne saurait photographier un tel processus.

Enfin, il est vrai que la psychanalyse ne prouve pas ses résultats grâce à des statistiques effectuées en double aveugle : les patients ne sont pas des souris de laboratoire. En revanche, la méthode freudienne s’appuie sur les innombrables témoignages de ceux à qui la psychanalyse a permis de vivre.

Quant aux solutions que proposent les sciences expérimentales, elles ont déjà un résultat, avec les pseudo-diagnostics du TDA/H et des « dys » testés chez les très jeunes enfants à l’école. Ils installent une ségrégation sous un prétendu couvert scientifique, alors que les causes sont le plus souvent culturelles ou familiales.

Qu’exigent les inquisiteurs ?

Que le tribunal pénal ou criminel soit expurgé de ses psychanalystes ! Mais enfin, un peu de sérieux s’il vous plaît. Jamais un juge ne fait appel à un psychanalyste. Le juge prend le conseil d’experts assermentés qui sont des psychiatres ou des psychologues. Il ne s’occupe pas de leurs références scientifiques : ce sont en règle générale celles de la psychiatrie classique (névrose, psychose ou perversion). Ce sont d’ailleurs les mêmes classifications que celles de la psychanalyse.

Les signataires de la tribune du 22 octobre exigent également la proscription de l’enseignement de la psychanalyse à l’Université. Ils en appellent à l’autodafé des livres de Freud. C’est un bien triste souvenir. Les mêmes accusateurs publics se réclament de la génétique. Pourtant, dans une récente tribune du journal « le Monde », des généticiens aussi réputés que les professeurs Atlan et Testard ont déclaré qu’il n’existait pas de preuves génétiques de la souffrance psychique. Voilà une réponse aux affirmations de M. Ramus, signataire de l’acte d’accusation. Sa référence à l’eugénisme évoque, elle aussi, de bien mauvais souvenirs.

Régulièrement attaquée depuis son enfance, non seulement la psychanalyse renaît de ses cendres, mais de plus, le nombre de psychanalystes s’accroît d’année en année. Ils prennent en charge en première ligne la souffrance psychique, qui est la plus importante pathologie française. Cet énorme marché intéresse beaucoup l’industrie pharmaceutique. Sans diffamer, le lecteur impartial remarquera que Big Pharma tire profit de l’appel du 22 octobre. Par exemple, six millions d’enfants aux USA prennent de la Ritaline (ce médicament contient des molécules considérées comme des drogues).

En France, Freud est enseigné depuis les classes de terminales. Sa scientificité lui a accordé sa place à l’Université. Son enseignement devrait faire partie de la formation de chaque psychiatre et de chaque psychologue. Nous souhaitons une formation pluridisciplinaire, sans pensée unique. Nous ne sommes pas opposés aux rééducations, qui peuvent accompagner le traitement de fond de la souffrance psychique. La tolérance est nécessaire. Elle permettra aux recherches de progresser.

Les signataires :

Aspasie Bali, psychologue PhD

Gorana Bulat-Manenti, psychologue PhD

Pr Jeannette Daccache, psychiatre, psychanalyste

Pr Gérard Pommier, psychiatre, psychanalyste

Tribune publié sur le site L'OBS le 28 octobre 2019


Séminaire de Psychanalyse Actuelle 2019 / 2020

publié le 15 oct. 2019 à 05:30 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 14 mai 2020 à 03:44 ]




SÉMINAIRE À PSYCHANALYSE ACTUELLE 2019 - 2020

FREUD LACAN ET… NOUS

LES INCIDENCES DU CONTEMPORAIN DANS LES PROCESSUS DE SUBJECTIVATION

Séminaire animé par

Jean-Jacques Moscovitz, psychanalyste (psychiatre)

Benjamin Lévy, psychanalyste, enseignant, ancien élève de l’ENS


Le séminaire Psychanalyse actuelle prévu le mercredi 20 mai à l'ENS n'aura pas lieu sur place


Nous vous proposons donc de vous joindre à nous lundi prochain, 18 mai, de 20h30 à 22h30 environ

pour une réunion virtuelle par visioconférence Zoom en compagnie des intervenants qui devaient nous rejoindre en mai :


Bruno VINCENT
psychanalyste et enseignant, 

présentera son livre "Lacan, Style des écrits " et discutera avec nous,

ainsi qu'avec :

Jean-Yves SAMACHER

chercheur en lettres (Le Mans Université)

qui présentera l'avancée de ses travaux sur l’œuvre d’Antonin Artaud


SVP, aux personnes qui souhaiteraient assister par visioconférence à cette soirée, vous devez nous adresser au plus tôt une demande d'accès par email

Vous recevrez l’invitation à vous connecter à la réunion lundi prochain, entre 20h15 et 20h30

Contact :

Jean-Jacques Moscovitz -  jjmoscovitz@gmail.com - 06 16 29 51 89

Benjamin Lévy -  benjamin.levy@outlook.fr - 06 47 52 80 10


Mercredi 23 octobre 2019 de 21h jusqu’à 23h

Bernard TOBOUL

Psychanalyste, membre de l’association Espace analytique et des Forums du champ lacanien

PEUT-ON PARLER D’ASPERGER….

Il est désormais connu qu’Hans Asperger a été un des participants au programme national-socialiste d’assassinat de masse des enfants souffrant d’une affection psychique.

Il est important pour nous aujourd’hui de retracer la genèse du syndrome d’Asperger et de sa mise en pratique dans la psychiatrie ; en un mot de saisir les présupposés théoriques et pratiques de cette notion.


MERCREDIS EN 2019 : 23 OCTOBRE - 20 NOVEMBRE - 18 DÉCEMBRE

MERCREDIS EN 2020 : 15 JANVIER - 26 FÉVRIER


Mercredi 20 novembre 2019 de 21h jusqu’à 23h

Miguel SIERRA RUBIO

psychologue, psychanalyste, chercheur associé à l'université de Rennes viendra nous parler de son ouvrage

LES STRUCTURES CLINIQUES

publié aux Presses universitaires de Rennes(2019)


Mercredi 18 décembre 2019 de 21h jusqu’à 23h

Florence FREDOUILLE

Gynécologue, psychanalyste, docteure en psychanalyse et psychopathologie abordera

La Procréation médicalement assistée

et les enjeux de passage entre médecine et psychanalyse


Mercredi 15 janvier 2020 de 21h jusqu’à 23h

LUIS IZCOVICH

psychiatre psychanalyste, membre de l'Internationale des Forums du Champ lacanien, nous présentera son dernier livre

L’Identité, choix ou destin ?


Mercredi 26 février 2020 de 21h jusqu’à 23h

PATRICK LANDMAN

psychiatre psychanalyste, membre d'Espace Analytique 

Logique scientifique, logique de la psychanalyse

À l’heure de l’imagerie cérébrale triomphante et de la neuromania, quels sont les risques et les enjeux d’un décloisonnement entre neurosciences et psychanalyse ?


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LE 18 MARS 2020

JEAN-JACQUES MOSCOVITZ

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LE 22 AVRIL 2020

GÉRARD POMMIER

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LE 20 MAI 2020

BRUNO VINCENT et JEAN-YVES SAMACHER

Bruno Vincent, auteur de l’ouvrage Lacan, Style des écrits, viendra dialoguer avec Jean-Yves Samacher qui présentera ses travaux sur l’œuvre d’Antonin Artaud

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LE 24 JUIN 2020

CLAUDE-NOËLLE PICKMANN

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INTERVENANTS PRÉSSENTIS :

Pascal Kané, François Ardeven, Paul Zawadski, Valérie Marchand, Jérémie Clément …

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Pour contacter l’un des organisateurs : Jean-Jacques Moscovitz 0616295189 jjmoscovtz@gmail.com Benjamin Lévy : benjamin.levy@outlook.fr

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INSCRIPTION ANNUELLE A PSYCHANALYSE ACTUELLE

AU 1er OCTOBRE 2019 JUSQU’ À FIN SEPTEMBRE 2020 MEMBRE PRATICIEN : 180 € - CORRESPONDANT : 80 € - AUDITEUR LIBRE (étudiant ou autre) :35 €

VEUILLEZ ENVOYER VOTRE CHÈQUE LIBELLE À L’ORDRE DE PSYCHANALYSE ACTUELLE AU SECRÉTARIAT: Mme Muriel APTEKIER 94 AV EMILE ZOLA 75015 PARIS

en indiquant votre nom, adresse postale et votre email

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Devant l'attentat du 3 octobre 2019 à Paris, quelques remarques sur les captés par le djihad

publié le 10 oct. 2019 à 04:29 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 24 avr. 2020 à 01:42 ]

Devant l'attentat du 3 octobre 2019 à Paris au cœur de la Force Publique, quelques remarques sur les captés par le djihad. 

Un Tribunal Pénal International est-il envisageable pour former la jeunesse en danger de violence ?

Questions sur les médias, les images, le cinéma, la psychanalyse dans l’approche de la violence et la captation d’adolescents et de jeunes adultes captés vers le meurtre et l’action kamikaze : quelle prévention possible ?[1] extraits de l’ouvrage « Violences en cours » ed. érès (2017). Le terme de capté est de loin préférable à celui de radicalisé qui donne la voix aux chefs des organisations de la violence alors que celui de captés par de tels chefs, permet une possible action préventive malgré tout. Nous n’abordons pas évidemment ici la responsabilité des autorités judiciaires et politiques de notre Éta

Jean-Jacques Moscovitz

Psychanalyste (psychiatre) Paris

CHOC MORTEL

Un choc mortel a lieu, où Daesh et ses débris actuels prennent le pouvoir par la violence et une fois le pouvoir obtenu il l'exerce en vue de son but : la cruauté. Actes de cruauté au Mali, en Syrie, en Irak, à Gao, à Tombouctou, à Sousse en Tunisie, à Nouakchott en Mauritanie…  En Belgique, en France et ailleurs. Tout le monde a vu ces images monstrueuses trop souvent exhibées sans état d'âme par nos médias face à ce réel, celui de la haine, la haine totale, celle de l’État islamique. Cela participe-t-il à une propagande de la violence par une culture dévoyée de l’image ?

CULTURE DE L’IMAGE

C’est que la culture de l’image a changé depuis 20 ans et plus, et son enjeu se soutient d’une transmission de ce qu’il se passe dans notre monde exigeant d’affirmer sans ambages et très ouvertement, les violences dont la presse papier et télévisuelle nous abreuvent. Nous en sommes très avertis, nul besoin de se poser en citoyens innocents et ignorants.  Cette situation est due à un usage intensif et débridé de la vidéo, du filmique, du « smartphonique », des réseaux sociaux. Le cinéma, celui qui intéresse la jeunesse se doit dès lors d’inventer des plans séquences, surtout d’actualité, qui montrent au spectateur de façon prompte et sans détours le sujet du film. 

SALAFISTES

Le quotidien des membres de Daesh (cf. le documentaire « Salafistes » de François Margolin et Amine Ould Salem 2015) se déroule par exemple en suivant un « magazine du salafiste moderne » détaillant les 18 objets indispensables pour partir en Syrie, comment ne plus du tout regarder les filles dans la rue, comment acquérir le tout dernier smartphone, les derniers Nike… Voilà une religion de l’extrême dont la mort donnée, et la mort reçue sont leurs armes, leur « sabre » qui évoque le non encore humain, l’avant de l’homme, le retour à l’avant vie où un tel Dieu, celui des djihadistes se pose en origine de ce qu’ils sont où qu’ils possèdent. Un échange est-il possible dès lors que nous sommes devant de tels hommes et leur certitude si compacte que l'on ne perçoit aucun recul, aucune faille, aucune question ni miroir à ce trop-plein qui signe le style de l’actuel changement dans le statut de l’image allant s’accentuant dans la production de violence. Le film Salafistes a fait l’objet de polémique, voire d’une censure très sévère qui le prive de sa diffusion auprès des ado en France et ailleurs. Or Salafistes montre une critique serrée de Daesh, dans des séquences comme celle après le générique, où un blues de Ali Farka Touré choisi par François Margolin et Amine Ould Salem accompagne la tournée de la police islamique dans un village. Cette musique strictement interdite situe d’emblée de quel côté réalisateur et nous-mêmes nous nous trouvons.  Cela n’a rien d’une propagande pour l’Islamisme comme certains veulent nous le faire entendre. Au contraire. De même en fin du film, un Touareg dans sa magnifique robe bleue s’oppose verbalement au groupe de moudjahidines qui lui prennent sa pipe, lui interdisant de fumer en le menacent. Il sait leur répondre et ils lui rendent sa pipe, c‘est le dernier plan du film, c’est l’affiche dans l’annonce qui est trait d’une ouverture vers la vie « normale », à nouveau possible un temps.  De même, le plan de cette vieille dame édentée (ancienne danseuse du Crazy Horse à Paris, retournée au Mali) qui dit, face caméra, combien ici il n’y a plus rien, où la mort est partout, la vie est partie…

ETRE TÉMOINS

Savoir cela dès lors nous pose comme témoins des immenses cruautés de cette violence multiforme. Jean Améry dans son très grand ouvrage « Par-delà le crime et le châtiment, comment surmonter l’insurmontable » (ED Acte Sud 1987), affirme que le nazisme n’utilisait pas la torture comme simple moyen de faire avouer ses victimes, il était lui-même la torture, la cruauté comme telles, le pouvoir en usait pour établir une haine, une cruauté à l’échelon de l’État nazi…  Ainsi de même dans les documents de propagande de l’EI, se montre cette cruauté comme seul but de l’action politique dominée par la destruction en tant que punition. Par exemple toujours dans Salafistes un homme, homosexuel - parce qu’homosexuel-, est jeté du haut d’un immeuble. La caméra nous montre dans un premier temps la scène depuis la rue, elle se place elle-même en témoin, et une fois témoin dans le film, ce témoin devenu acteur, il est capté car dans le plan suivant c‘est lui qui participe à pousser l’homme attaché, cagoulé, dans le vide du haut de l’immeuble… Le voilà complice capté, oui capté, des meurtriers et bientôt lui-même assassin. Le pouvoir des djihadistes type Daesh est dans ce mouvement. Ne faudrait-il pas le juger lors d'un Procès à l'instar de celui instauré à Nuremberg après la 2ème guerre mondiale...comme étant un crime contre l’humanité très proche de celui commis par les nazis, devant ces carnages d’État.

ETRE CAPTÉ

Aucun écart, aucune pensée critique ne sont permis au spectateur, celui qui est un futur capté. Voilà la parole prise dans le désarroi, un sans recours face à cette cruauté d’État.  La représentation de l’acte de meurtre se confond avec les effets du meurtre lui-même…  Ainsi à Lunel, rappelons-le, « quinze jeunes gens sont partis en Syrie rejoindre l’EI en 2014. Huit y ont péri. Un drame qui hante le quotidien de cette bourgade de l’Hérault. (in La Matinale du Monde 25 JANVIER 2016). La parole, les mots des « captés » seraient lestés par l’imminence de l’acte moteur, qui colle leur corps à leur arme… Où détruire et punir sont équivalents… Cela s’entend au grand jour en affirmant, sans rien cacher, une violence où le dedans de leur psychisme se confond avec la « motricité » de leurs proférations.  La violence originaire au-dedans du psychique, la voilà également au dehors non en pensée mais tout en acte moteur. Dans une sorte d’« affirmationnisme» d’une parole «motricisée», ordonnatrice du social devenu acte de meurtre.

PSYCHANALYSE ?

En tant qu’analyste, avons-nous à nous porter témoins du vacarme et des turbulences du monde ? Qu'est-ce qui nous y engage…   Oui nous y sommes engagés car cela fait écho à la fameuse « prophétie » des années 1950 attribuée à André Malraux : « Le XXIe siècle sera religieux (ou spirituel) ou ne sera pas » (ce serait la Bombe ?). Nous savons combien il prévoyait que l’Occident allait en découdre avec l’Islam et le monde arabo-musulman, au point qu’il dise vers la fin de sa vie (1975) que le monde « commençait à ressembler à mes livres ».  Et en 1953 il avait soutenu : « Depuis cinquante ans la psychologie réintègre les démons dans l’homme. Tel est le bilan sérieux de la psychanalyse. Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connu l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux ». Nous sommes engagés du fait de la perte de repères et la mise en place d’autres repères très dangereux pour certains, qui deviennent alors des avant-djihadistes en partance pour l’extrême.   Y a-t-il d'autres repères plus accessibles - espérons-le - où l’entrée dans la violence prend quelque temps et marque le pas devant l’histoire actuelle, pour moins l'abolir. Pour que l'infantile en chacun de nous ne disparaisse pas tout entier dans des actes dont notre époque nous fait témoins ? Tout se passe comme si le devenir adulte se fait très vite, trop vite, et dès lors va brusquement régler les comptes avec cet adulte qu’il est devenu, et le suicider en tuant ? par l'acte kamikaze sans même que l’on puisse reconnaître l'existence d'un trauma fondateur de l’actuel d’avant l’acte ?

KAMIKAZE ACTUEL

Rappelons le départ du kamikaze. il ne s’agit pas de délinquance ou pas, de psychopathologie ou pas, mais le kamikaze, s’il peut être issu d’un milieu défavorisé, peut aussi très bien venir d’un milieu qui ne l’est pas. Les kamikazes actuels proviennent des actions de l’Armée rouge japonaise dans les années suivant la révolution culturelle chinoise (Cf le film Les Années rouges de Michael Prazan de 2002). En février 1968 dans l’université de Todaï à Tokyo, après une gigantesque grève extrêmement dure contre l’usage des exfoliants par les USA au Vietnam, ce groupa s’organise en section paramilitaire pour attaquer la police. Le public lui donne ses faveurs.... Mais rapidement la police japonaise les pourchasse. ils vont se retrouver dans les zones soi-disant in-atteignables des montagnes autour de Tokyo, pour finalement être obligés de fuir. Et, notons le bien, ils vont fuir vers la plaine de la Bekaa au Liban. Là ils forment les premiers kamikazes dans le groupe du FPLP de Georges Habache, groupe chrétien agissant contre des civils Israéliens. Notamment en 1972 à l’aéroport de Lod où ils vont à quatre attaquer au sol les passagers sortant d’un avion. Il y aura de très nombreux blessés. Parmi les 4 terroristes, 3 se sont dévisagés pour ne pas être reconnus et se suicident. Le quatrième sera fait prisonnier et lors de son procès il réclamera uniquement les moyens de se tuer.    Ce terme de kamikaze signe en partie certes une rébellion contre le pouvoir occidental. Mais une fois la mort/meurtre prise comme modèle de combat par Daesh, vont se produire les kamikazes à travers le monde. Nous percevons combien dès lors quelque chose a changé. Accuser l’Occident judéo-chrétien ne suffit pas à expliquer les actes de captations mis en place active par les organisations terroristes. Ce qui a changé est le fait que le modèle occidental de jouissance de la vie est délogé par le modèle de jouissance de la mort/meurtre prôné par Daesh. Cela éclaire les voies envisageables d’une déconstruction possible de la captation.

CHANGEMENT DE MODÈLE DE JOUISSANCE

Car vouloir continuer à prétendre que c’est la domination occidentale qui serait la cause des kamikazes en exercice ou à venir, c’est les déposséder de leurs actions si terribles soient elles. C’est continuer à les dominer et exclure leurs actions provenant de leurs nouveaux modèles de terreur prônés par leurs chefs.  Là s’évoquerait trop aisément un rejet du passé parental, un rejet de l'histoire de l’Islam, pour valoriser une unique auto-référence à leur Islam ? Aucune anfractuosité dans le discours où un registre individuel ferait conflit psychique partageable, datable. Le traumatisme n’est que collectif : la charia ne peut que s’appliquer toute entière et nécessite « le sabre » de la loi pour triompher de tout sur tous et toutes. C’est repérable, c'est ce qui se produit sans cesse dans le collectif qui noie toute subjectivité dans des actions violentes sur les corps à anéantir. Tout devient embrouillé entre les temps originaires et celui de l'histoire présente, de l'actuel où nous sommes. Où l’origine se retrouve équivalente à la fin des temps.  La mort équivalente à la vie. L’une vaut l’autre. Dans une violence sans fantasme.  Où le corps du djihadiste devient un objet moteur qui doit agir sans cesse, identique à son arme.

LA VIE VAUT LA MORT QUI NE VALENT PLUS RIEN

Tout se passerait ici comme si le moment où le Moi d’un humain enfant va naître, il va peut-être ne pas advenir, retourner au néant où l’origine et la fin de la vie se jouxtent pour se détruire. Comme si dans la montée de ce djihadisme, s’instaure la fin de l’humanité parlante et son origine, l’avant-vie (Violence et Islam, d’Adonis et Houria Abdelouhaed, Le Seuil novembre 2015), et prend le pas sur toute vie sociale. Seule la non-vie règne.
Déperdition de la métaphore qui ne nous donne plus un recul ouvrant sur une pensée. Ici il n'y a plus la possibilité de dire le mot comme, signifiant de toute métaphore humanisante… Aragon qualifiait ce mot d’être le plus beau mot de la langue française, et il l’est dans toutes les langues probablement.

UNE GRANDE BRUTALITÉ

Zineb El Rhazoui, journaliste de Charlie Hebdo, énonce dans son interview sur RTL du 1er août 2016, et dans de nombreuses autres interventions, combien « la plus grande brutalité doit être opposée » aux tueurs adeptes de la cruauté du Salafisme.
La pulsion, l’énergie à tuer sont présentes dans les attentats djihadistes débordant de leurs jouissances destructrices. Pulsion et jouissance à tuer s’incarnent dans la ceinture explosive du kamikaze. Où le couteau de l’attaque dans la Préfecture de Paris, le cœur de l’État. Ces armes font corps avec le tueur, ça devient son corps tout autant que sa kalachnikov. Ou son couteau, ou son camion-bélier de 19 tonnes. Au cours de sa jouissance inhérente à la tuerie, il s’assassine dans la foule de ses victimes en s’y mêlant, dans une fusion incestueuse entre les morts et les vivants. En fusionnant mort et vie, meurtre et inceste avec la mort, il reviendrait au stade le plus archaïque d’indivision entre naissance de la vie et non vie, retournant, rembobinant le temps où allaient se discerner la mort de la vie, d’une vie à peine survenue.  Dans ces attentats les criminels font fusionner bourreaux et victimes en s’y mêlant eux-mêmes. Ce n’est pas sans évoquer les propos des survivants des camps nazis. Mais où une telle fusion bourreau/victime n’avait pas lieu. Daesh et Nazisme se rejoignent cependant par un lien à la cruauté. Le pouvoir de l’Organisation qui organise la haine, ici, n’est pas obtenu par la cruauté, mais pour l’exercer et le plus loin possible. C‘est ce qui capte les assassins et les capte de façon définitive probablement. La jouissance du retour à la non-vie se propulse par le retour vers ces temps de cruauté primordiale où c‘est la motricité inhérente aux pulsions de meurtres qui s’exercent sans cesse de plus en plus. La jouissance des meurtriers produit la jouissance des kamikazes qui vont l’être ensuite.  Les effets collectifs dans le temps s’accomplissent dans des modèles de jouir s’auto-entretenant à l’infini. Pour le redire encore, existe certes que c’est notre civilisation occidentale et la laïcité française qui produiraient de telles horreurs commises par des jeunes hommes franco-musulmans issus des banlieues défavorisées. Je tiens cependant à dire que cela est vrai parfois, mais dès lors que le djihadisme s’empare des idéaux de ces hommes, la référence qui y apparaît est cette captation vers le retour à la non-vie que j’essaie de définir. Dès lors qu’un djihadiste va user de son arme, il y a un changement de la causalité habituelle, genre c’est le social occidental qui l’aura bien cherché. Mais il y un saut, un changement de leur perception du monde jour à jour dès lors que le modèle collectif jihadiste s’instaure. Et évidemment c’est la guerre confondue avec la cruauté. Disons que deux possibilités s’en dégagent : 

- soit la prise en charge socio-psychique de ceux qui sont repérés comme djihadistes non encore en voie d’être des criminels, avant d’exercer la cruauté contre la vie d’autrui et d’eux-mêmes.
- sinon exercer la « brutalité la plus grande » comme le dit Zined El Karhoui pour les exclure de nos sociétés, voire plus, sans hésiter comme cela a lieu de plus en plus lors de leurs tueries. 

Comment espérer une identification humanisante, un recul devant la certitude des propos des (futurs) assassins.

ADOLESCENTS ET JEUNES ADULTES… OU VIE ET MORT S'ÉQUIVALENT

La référence à leur nouvelle « religion » s'avère seule à avoir quelque valeur. Dans la mesure où toute religion réclame d'être propriétaire de l'origine de l'humain et de l'humanité, celle à laquelle nous avons à faire réclamerait d’être la seule parmi toutes les religions, y compris celles en Islam.  D’être le seul mouvement qui puisse avoir cette propriété, cette appropriation de l’origine. Et du coup le corps apparaît comme le lieu d’un règlement de comptes permanent s'effectuant à ce niveau-là. Où victimes et bourreaux sont confondus. Nous sommes dans l’a-humain comme le qualifiait Vladimir Jankélévitch après la Shoah.

QUE VOUS A-t-ON FAIT VOUS SI JEUNES ENCORE POUR SORTIR AINSI DE L’HUMAIN.

Serait-ce que vos pères auront fauté, à l’instar des États totalitaires des pays de l’axe nazi, rappelons-nous, où pour réparer les fautes de leurs pères, Bande à Bader, en Allemagne, Armée rouge japonaise, Brigades rouges en Italie, Action Directe en, France, et d’autres encore, répétèrent les fautes de leurs pères sans le savoir apparemment. Vos pères n’auront pas renouvelé leur Islam, trop soumis et trop corrompu ? au point que pour les réparer vous l’exacerbez à l’extrême aujourd’hui ? Comment repérer cet actuel au niveau individuel, où des ados et jeunes adultes risquent de succomber. Comment dès lors essayer de les comprendre pour arrêter la marche vers l’abîme ?  où ils se laissent fasciner par l’horreur où vie et mort se valent et ne valent plus rien. La parole-là n’a plus cours. Ces jeunes lancés dans leur monologue terrorisant, imberbes ou barbus comme le montre très précisément le film Salafistes, entourés de livres, de fait ne parlent pas, ils affirment sans recul leur certitude où le hors monde a vidé leur monde intérieur. Plus d’intériorité psychique. D’où la fascination dés lors de ne plus avoir à faire de la place aux excitations sexuelles ou agressives, à la condition de se mettre au diapason imposé dans la violence masculine et la jouissance du meurtre de masse mis en scène collective reprise dans leur propagande.

QUEL LIEU POUR LA PAROLE à la hauteur de la défendre et qui court le risque de sa disparition ? …

« Habituellement », pour que   le monde de la parole ait lieu, il lui faut un monde, une scène, un lieu. Mais il faut que l’immonde reste en dehors de la scène, pour qu’il n’ait pas lieu… Et un jour l’immonde re-monte sur la scène et oblige la parole à faire un petit tour bien spécial, dans les meurtres… L’immonde est ce sur quoi de la parole trouve se cause… à condition d’être séparé du Monde… La haine d’État brouille à mort une telle séparation. Tout le dedans de l’humain est passé au dehors et instaure l’immonde en agent des échanges moteurs, tueurs. Ce qui est en cause au plus profond de soi, chez chacun, ce qui nous fait nous penser comme sujet, le voilà chez certains adolescents se faire engloutir dans le collectif meurtrier. Où la pratique de soi, de soi-même, court le risque de massification de la subjectivité de certains jeunes dès lors en terrible danger de succomber au pire. Avec l’horreur des meurtres l’acte de parler, de dire Je, fait retour à la compacité du réel, du collectif. Cela se perçoit dans une scène planétaire qui, usant de l’immonde, envahit nos pensées, c’est celle du couplage bourreau victime lesté par la mort/meurtre, couplage sans cesse jeté à notre regard.  Et les médias sont toujours trop là pour nous fixer un rendez-vous.  Regard qui pour nous au jour à jour, n’a pas à s’absenter mais prendre la mesure du réel pour préserver quelque chance pour un Moi parlant et vivant. Et tenter de le désembourber des actions de génocides… Lors d’échanges avec des collègues psychanalystes (des femmes oui notons-le) ce qui ressort est ceci : « l’image brute de la cruauté haineuse fait violence, à déchirer le voile du semblant qui humanise le regard. Sans récit et sans sujet, l'emprise de la fascination du mal est sans appel ». Écho au livre de Christiane Taubira, Murmures à la jeunesse (chez Philippe Rey).

LA CLINIQUE EST POLITIQUE

Séduites, captées, capturées puis « mariées » par Skype, une fois en Syrie, ces adolescentes ne voient pas leur prince, leur soi-disant « mari » (in commentaire du film Le ciel Attendra de Marie-Castille Meantion-Schaar, 2016). Elles ne le verront jamais, car il est probablement hors de Syrie… À leur arrivée, énonce dans le film Dounia Bouzar, elles reçoivent en cadeau de noce un chat et …une kalachnikov ! Le chat comme symbole du lion et de sa force et la AK47 pour tuer et être tuées. Cruauté et pouvoir sur l’intime ici sont d’une intensité sans nom.  Évidemment l’éducation parentale et spécialisée tant invoquée devrait nous soutenir dans nos efforts pour sauver nos adolescents et jeunes adultes. Mais nous restons là au niveau intime, certes nécessaire mais non suffisant. Car c’est par une action politique, collective, juridique, que de tels enjeux éducatifs seront sans doute beaucoup plus efficaces. Un grand Procès pour instruire le monde des horreurs de la nébuleuse de Daesh, « l’hydre islamique » dit le Président Macron, devrait avoir lieu sous l'égide d’un Tribunal Pénal international où les assassins diront leurs méfaits, les victimes survivantes décriront leurs douleurs. Nous apprendrons alors à parler de ces crimes et ils cesseront d’offrir à la jeunesse et à d’autres une fausse utopie aussi désastreuse.

Jean-Jacques Moscovitz
Le 8 octobre 2019

[1] Les films cités et leurs commentaires sont issus de l’ouvrage de décembre 2017 VIOLENCES EN COURS (psychanalyse cinéma politique) : ils sont un éclairage clinique et politique que le cinéma sait si bien nous transmettre et qui nous renvoient à des débats, des observations cliniques, et des rencontres avec des psychanalystes. 

Forum Psychanalyse et politique face aux violences d'état

publié le 20 sept. 2019 à 08:17 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 20 avr. 2020 à 05:45 ]

 

FORUM PSYCHANALYSE ET POLITIQUE FACE AUX VIOLENCES D’ÉTAT

 

ACTUEL ET  PSYCHANALYSE AU BRÉSIL ET DANS D’AUTRES PAYS

 

MERCREDI 25 SEPTEMBRE 2019 A 20H45


A L’ENS  45 RUE D’ULM PARIS 75005

SALLE SAMUEL  BECKETT


LES CONSÉQUENCES DES VIOLENCES D’ÉTAT SUR LA PSYCHANALYSE NOUS METTENT TOUS FACE AUX DANGERS DE DESTRUCTION DE L'ÉTHIQUE DE LA PAROLE, DE LA JUSTICE, DU POLITIQUE.

FACE À QUOI IL NOUS FAUT RÉAGIR AU PLUS VITE ET EN GRAND NOMBRE POUR SOUTENIR AUJOURD’HUI NOS COLLÈGUES DU BRÉSIL, MAIS AUSSI RÉAGIR  FACE À D’AUTRES ATTAQUES DE LA PSYCHANALYSE DANS DES REFUS POLITIQUES AVÉRÉS, COMME EN ITALIE ET D’AUTRES PAYS MENACÉS EN EUROPE. CE  SONT  MAINTENANT DES  ENJEUX RECONNUS AU NIVEAU DE LA PSYCHANALYSE DANS LE CHAMP SOCIAL MAIS AUSSI  POUR CELLES ET CEUX QUI FONT L'EXPÉRIENCE D’UNE PSYCHANALYSE OU QUI L’EXERCENT. LES DÉMOCRATIES SONT CONFRONTÉES AUJOURD’HUI À  UNE DESTRUCTIVITÉ ACCRUE DE L’HUMAIN DEPUIS LES ATROCITÉS DES GUERRES D’EXTERMINATIONS DU XXe SIÈCLE. UNE ATTEINTE DE LA CULTURE DES  LUMIÈRES EST À REPÉRER SANS CESSE AFIN QUE LES POUVOIRS PUBLICS ET POLITIQUES DE CHAQUE PAYS, LÀ OU IL Y A DES PSYCHANALYSTES, SACHENT QUE NOUS SOMMES DES TÉMOINS, CERTES, MAIS DES TÉMOINS ACTIFS DES VIOLENCES DES ETATS . IL NOUS FAUT DÈS LORS FAIRE DES AVANCÉES DISCURSIVES PERTINENTES SUR DE TELS  EFFETS ET MALGRÉ LA VIOLENCE POLITIQUE.


CE FORUM DU MERCREDI 25 SEPTEMBRE EST INITIÉ PAR PSYCHANALYSE ACTUELLE ET ASSOCIÉ  À  LA FONDATION EUROPÉENNE POUR LA PSYCHANALYSE,  et Articulação das Entidades Psicanalíticas (Brésil)


IL EST CONCOMITANT DU COLLOQUE  DE CONVERGENCIA, MOUVEMENT LACANIEN POUR LA PSYCHANALYSE FREUDIENNE DES  28 ET 29 09 À PARIS SUR « CRISE DANS LA CULTURE »


http://convergencia-clf.org



Modérateurs 
 

Benjamin Levy ( Psy actuelle : benjamin.levy@outlook.fr  )

Prado De Oliveira (Espace  Analytique et Ass Psa Unidos Democracia*

Gérard Pommier (FEP)

JJ Moscovitz (Psy actuelle : jjmoscovitz@gmail.com )

Et d’autres….


 liens consultables


Manifeste de psychanalystes brésiliens 


Psychanalyse dans la tourmente au Brésil 

http://www.pradodeoliveira.org


http://www.psychanalyseactuelle.com

 


Manifeste du 1er août 2019 Rio De Janeiro / Nota de repùdio

publié le 16 sept. 2019 à 07:05 par Psychanalyse Actuelle   [ mis à jour : 16 sept. 2019 à 10:22 ]

CONVERGENCIA
FUNCIÓN INFORMACIÓN Y DIFUSIÓN

Prezados colegas - As seguintes instituições da CER - Brasil apoiam a nota de repùdio : - Appoa - Laço Analítico - Maiêutica - Florianópolis - Praxis Lacaniana

MANIFESTE DE CONDAMNATION ET DE REJET

Nous, les Psychanalystes unis pour la démocratie, condamnons les déclarations inhumaines, infâmes et indignes de Jair Bolsonaro. L’actuel président de la République attaque la vérité historique, incite à la haine et à la violence, offense et méprise des citoyens qui se sont battus et se battent toujours pour la démocratie au Brésil.
Et il ne fait pas autrement envers les plus démunis, les femmes, les Noirs, les Autochtones, les LGBTQ+ pour atteindre le comble de l’inacceptable, l’obscène vilipendage de la mémoire d’un militant de l’AP (Action populaire) torturé et assassiné dans les geôles de la dictature militaire.
L’actuel président s’avoue complice de ce crime d’État et se rend en l'occurrence coupable d’un autre crime : l’occultation et l’omission de la vérité historique ( il « sait très bien » comment cette mort a eu lieu), son devoir étant de la rendre publique et de faire punir les criminels au lieu de s’associer à eux. Et voilà que nous apprenons qu’il a destitué le président et trois autres membres de la CSMDP) (Commission spéciale sur les morts et disparus politiques) pour y placer ses pions.
Avec les preuves récemment diffusées des illégalités commises pour le faire élire à la fonction suprême de la République et face aux dangers auxquels est exposée notre démocratie avec les menaces aux libertés garanties par la Constitution, il devient clair que Jair Bolsonaro ne mérite pas d’être le président de tous les Brésiliens compte tenu de son biais partisan, de son absence d’engagement avec la vérité, de son manque d’éthique et de sa cruauté.
Ce qui nous humanise est la vérité historique qui nous insère dans une langue, une culture, une classe sociale, une nation, une histoire et une ligne transgénérationnelle entre nos parents et nos enfants ; ce sont les affects et les pulsions dans les liens sociaux, lesquels nous permettent de promouvoir des institutions garantes d’un pacte social de coexistence où l’autre ne peut être réduit à un objet, abusé ou éliminé ; c’est la liberté individuelle de vivre ses propres choix et de manifester ses opinions et leur potentiel de création et de transformation dans la diversité qui fait de chacun un être singulier.
Nous condamnons tous les actes et toutes les déclarations qui mettent en péril ce qui nous humanise. Nous rejetons le projet en cours de l’actuel gouvernement du Brésil qui va à l’encontre du lien social civilisé et démocratique et promeut la barbarie sociale. Nous condamnons cette necropolitique mue par la pulsion de mort avec ses conséquences dévastatrices pour l’individu, la société, la culture et l’environnement.

Rio de Janeiro, 1er août 2019


NOTA DE REPUDIO

Nosotros, Psicoanalistas Unidos por la Democracia, repudiamos las declaraciones inhumanas, infames e indignas de Jair Bolsonaro. El actual presidente de la República ataca a la verdad histórica, promueve la incitación al odio y la violencia, falta al respeto y desprecia a los ciudadanos que vienen luchando por la democracia en Brasil. Es lo mismo que viene haciendo con los menos favorecidos, las mujeres, los negros, los indios, la comunidad LGBTQ+, culminando con la inaceptable y obscena denigración a la memoria de un joven militante de Acción Popular, torturado y muerto en los centros clandestinos de detención de la dictadura militar.
El actual presidente se confiesa cómplice de ese crimen de Estado, e incidentalmente incurre en otro: el de ocultamiento y omisión de la verdad histórica (él “sabe muy bien” como sucedió esa muerte), ya que sería su obligación tornarla pública y hacer que los criminales fuesen castigados, en lugar de asociarse a ellos. Y hoy leemos que desplazó de sus cargos al presidente y a 3 miembros de la Comisión especial de Muertos y Desaparecidos Políticos, para ubicar a sus correligionarios.
Con las recientes pruebas de ilegalidades cometidas para elegirlo para el mayor cargo de la República, y los riesgos que viene sufriendo nuestra democracia con amenazas a las libertades garantizadas por la constitución, queda claro que Jair Bolsonaro no está a la altura del cargo de presidente de todos los brasileros por su parcialidad partidaria, falta de compromiso con la verdad, falta de ética y deshumanismo.
Lo que nos humaniza es la verdad histórica que nos inserta en una lengua, una cultura, una clase social, una nación, una historia y una línea transgeneracional entre nuestros padres y nuestros hijos; son los afectos y las pulsiones dentro de los lazos sociales, los cuales nos permiten promover instituciones que garanticen el pacto social y la convivencia con el otro, sin hacer de él un objeto a ser abusado o eliminado; es la libertad de cada ser humano de vivir sus elecciones y manifestar sus opiniones con sus potencialidades creativas y transformadoras en la diversidad, que hace –de cada uno-, un ser singular.
Repudiamos todos los actos y declaraciones que ataquen o pongan en riesgo aquello que nos humaniza. Repudiamos el proyecto en curso del actual gobierno de Brasil, que opera en contramano del lazo social civilizado y democrático promoviendo la barbarie social. Repudiamos esa necropolítica movida por la pulsión de muerte con sus consecuencias devastadoras para el individuo, la sociedad, la cultura y el medio ambiente.
Rio de Janeiro, 1 de agosto de 2019


LETTER OF CONDEMNATION

We, Psychoanalysts United for Democracy, condemn the inhuman, shameful, undignified declarations of Jair Bolsonaro. The current President of the Republic denies historical facts, incites hatred and violence, and denigrates and disrespects citizens who campaign for democracy in Brazil. He has been doing likewise with the most vulnerable members of society—women, African Brazilians, indigenous peoples, and the LGBTQ+ community—culminating in an obscene and totally unacceptable vilification of the memory of a young activist tortured and murdered by the military regime.
The current occupant of the presidency admits complicity in this crime against society and in doing so commits the further crime of obstructing justice and withholding the truth. If he “knows very well” how this young man died, he should make this knowledge public and help bring the criminals to justice, rather than siding with them. Furthermore, we now hear that the Brazilian President has dismissed the chairperson and three other members of the Special Commission on Political Deaths and Disappearances and replaced them with his political allies.
With recent proof of illegal acts committed to elect him to the highest office in the land and threats to our democracy and freedoms guaranteed by the constitution, it is clear that Jair Bolsonaro is unworthy of the office of president of all Brazilians, on account of his partisan bias, dishonesty, and lack of ethics and humanity.
We are made human by the historical truth that embeds us in a language, a culture, a social class, a nation, a history and a cross-generational link between our parents and our children. These are the feelings and drives that enable us to create social institutions that undergird the social contract and social relations with others that do not turn them into objects to be abused or eliminated. Herein lies the freedom, with which each and every human being is endowed, to live one’s own life as one see fit and to express opinions that draw on the diversity and transformative creative potential that makes each one unique.
We condemn any act or declaration that assails our humanity or puts it at risk. We condemn the current Brazilian government’s barbarous project, which violates all civilized and democratic social norms. We condemn this necro-politics driven by the death drive and its devastating consequences for individuals, society, culture and the environment.
Rio de Janeiro, August 1st 2019


NOTA DE REPÚDIO

Nós, Psicanalistas Unidos pela Democracia, repudiamos as declarações desumanas, infames e indignas de Jair Bolsonaro. O atual presidente da República ataca a verdade histórica, promove a incitação ao ódio e a violência, desrespeita e despreza cidadãos que vêm lutando pela democracia no Brasil. É o mesmo que ele vem fazendo com os menos favorecidos, as mulheres, os negros, os índios, os LGBTQ+, culminando com o inaceitável e obsceno vilipêndio à memória de um jovem militante da Ação Popular torturado e morto nos porões da ditadura militar.
O atual presidente confessa-se cúmplice desse crime de Estado e incidentalmente incorre em outro: o de ocultação e omissão da verdade histórica (ele “sabe muito bem” como ocorreu essa morte), pois seria sua obrigação torná-la pública e fazer com que os criminosos fossem punidos, ao invés de associar-se a eles. E hoje lemos que ele exonerou a presidente e mais 3 membros da Comissão Especial de Mortos e Desaparecidos Políticos para colocar seus correligionários.
Com as recentes provas de ilegalidades cometidas para elegê-lo ao cargo maior da República, e os riscos que nossa democracia vem sofrendo com ameaças às liberdades garantidas pela constituição, fica claro que Jair Bolsonaro não faz jus ao cargo de presidente de todos os brasileiros por sua parcialidade partidária, descompromisso com a verdade, falta de ética e desumanidade.
O que nos humaniza é a verdade histórica que nos insere em uma língua, uma cultura, uma classe social, uma nação, uma história e uma linha transgeracional entre nossos pais e nossos filhos; são os afetos e as pulsões dentro dos laços sociais, os quais nos permitem promover instituições que garantam o pacto social e a convivência com o outro sem fazer dele um objeto a ser abusado ou eliminado; é a liberdade de cada ser humano de viver suas escolhas e manifestar suas opiniões com suas potencialidades criativas e transformadoras na diversidade que faz, de cada um, um ser singular.
Repudiamos todos os atos e declarações que ataquem ou coloquem em risco aquilo que nos humaniza. Repudiamos o projeto em curso do atual governo do Brasil que opera na contra-mão do laço social civilizado e democrático promovendo a barbárie social. Repudiamos essa necropolítica movida pela pulsão de morte com suas consequências devastadoras para o indivíduo, a sociedade, a cultura e o meio ambiente.
Rio de Janeiro, 1 de agosto de 2019

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